Quoi de neuf ?

Pauvre Ukraine

Pauvre Ukraine et pauvre de nous !

L’Union européenne ne trouve rien de mieux que d’envoyer Fabius-et-ses-pochettes-ridicules en mission de bons offices à Kiev. Pauvre Ukraine ! Heureusement il est encadré par les ministres des affaires étrangères polonais et allemands, ennemis historiques irréductibles, mais qui savent où sont les intérêts de leurs nations respectives.

Heureusement, Fabius a mieux à faire à Pékin et quitte cette troïka au bout de quelques heures, la laissant signer hier soir un accord avec le président ukrainien Ianoukovytch, lui aussi repris de justice, qui commence à sentir la situation basculer en sa défaveur.

Aussitôt signé cet accord est immédiatement jeté à la poubelle et le Parlement où les partis règlent plus souvent leurs affaires à coups de poing plutôt qu’avec des bulletins de vote, vote la destitution de Ianoukovytch. Les oligarques se débandent, fuient vers la Russie, le gouvernement lâche prise, la police politique rentre dans ses casernes, le peuple croit avoir gagné et Fabius-et-ses-pochettes-ridicules approuve le processus depuis le Quai d’Orsay, d’un air pénétré et convaincu de sa propre importance.

Répression en Ukraine

Avec la subtilité d’un troupeau d’éléphants dans un magasin de porcelaine, les gouvernants ukrainiens, moitié gangsters – moitié affairistes, font tirer sur leurs opposants, il y aurait une centaine de morts. L’Ukraine, un pays ruiné et ambigu, de tous temps envahi par ses voisins, martyrisé par Staline comme tant d’autres, accueillant l’armée allemande en 1941 en libératrice du joug soviétique, ré-envahie par l’armée rouge en 1944, laissant plusieurs millions de morts durant cette guerre mondiale s’étant battus contre les deux côtés, l’Ukraine retrouvant une simili-indépendance après l’effondrement de l’Union soviétique, mise à sac par des oligarques sans foi ni loi pillant le pays tel un essaim de sauterelles sur un champs de sorgho, l’Ukraine en totale faillite financière et politique est à genoux et fait tirer sur ses citoyens contestataires aux objectifs pas toujours très clairs. Pour garder la tête hors de l’eau, le pays se vend au plus offrant ; entre l’Europe qui propose de grandes idées et la démocratie, et la Russie qui offre des sous et le souvenir d’une histoire commune slave le cœur des ukrainiens balance.

Le pays est tout sauf prêt à adhérer à l’Union européenne, il lui faudra encore des décennies pour se débarrasser de son système de corruption et reprendre l’acquis communautaire minimum avant une éventuelle adhésion. Il faudra aussi passer par une mise sous perfusion financière durable de cette économie dévastée par l’incompétence et la prévarication de sa classe politique. Mais soyons clair, en Ukraine comme dans le reste du monde, un système de corruption ne peut fonctionner que si les grands sont très corrompus, les moyens sont moyennement corrompus et les petits petitement corrompus. Il va falloir désintoxiquer tout un pays. Vous avez aimé la Grèce ? Vous allez adorer l’Ukraine !

Faut-il d’ailleurs que l’Ukraine s’associe ou adhère à l’Union européenne ? Ce n’est même pas sûr ; ce qu’il faut c’est que le pays soit sauvé de la banqueroute et, dans la mesure du possible, que les oligarques et autres dirigeants corrompus rendent gorge, mais ça c’est une autre histoire. L’Ukraine est un immense Tchernobyl, radioactif pour encore des siècles, mais que l’on peut difficilement laisser dériver. Cela aurait été aussi bien de laisser la Russie s’occuper du problème mais ce n’est pas l’option qui semble l’emporter à Kiev.

Ce qui est également sûr c’est que le contribuable international va payer, et payer durablement, pour redresser les errements d’un pays mal gouverné, catastrophiquement dirigé et intégralement pillé. C’est une responsabilité ukraino-ukrainiene dont le reste du monde va devoir gérer les conséquences pour encore de longues années.

Pauvre Ukraine, malmenée par un gouvernement de forbans, elle n’a d’autres alternatives qu’entre un chef de l’opposition ancien boxeur, Vitali Klitschko, et une revenante, Ioulia Timochenko, affairiste post-chute du mur de Berlin, qualifiée de « Princesse du gaz » pour ses investissements variés dans le secteur de l’énergie et d’autres, avant de se refaire une virginité lors de la « Révolution orange » de 2004 puis quelques années de prison où elle croupit depuis 2011 pour malversations financières, peine prononcée par un tribunal aux ordres du pouvoir ; une espèce de Bernard Tapie en nattes blondes.

Pauvre Ukraine et pauvre de nous !

L’immigration en Suisse

La Suisse vote pour une limitation l’immigration de masse. Aussitôt la droite forte, le front national et autres tenants de la théorie du complot européen contre les nations applaudissent et veulent s’en inspirer pour le programme de leur retour au pouvoir.

La question qui a été posée en Suisse a été un peu biaisée et brutale, du style « Etes-vous pour ou contre l’immigration de masse » ? En fait pour être honnête il aurait fallu demander « Etes-vous pour ou contre l’immigration de masse et, pour la partie européenne de cette immigration, êtes-vous prêts à renégocier les traités d’adhésion à l’union douanière avec l’Union européenne ». La Confédération helvétique ne fait pas partie de l’Union européenne mais a accès au grand marché, c’est-à-dire qu’elle en a tous les avantages commerciaux sans en affronter les difficultés politiques. Ces avantages commerciaux ont été donnés à la Suisse en échange notamment de son acceptation des libertés de circulation et d’établissement des capitaux et des citoyens. Si la Suisse instaure des lois renonçant à ou limitant la liberté de circulation des citoyens européens, il suffira de changer les traités d’Union douanière. C’est techniquement possible.

Le coté rigolo de l’affaire c’est que comparé à la France, les flux migratoires suisses sont très différents puisque majoritairement européens. Les Suisses ont donc dit aux européens : « restez chez-vous ». Cela vise entre autre une population de frontaliers, français par exemple, qui habitent à Evian et travaillent à Lausanne. Ce dont ne veulent plus les français c’est de l’immigration africaine, ils sont sans doute plus tolérants avec l’immigration purement européenne même s’ils ont quelques prévenances à l’encontre des Roumains, des Bulgares et demain, des Croates, Serbes et tutti quanti. Il sera sans doute délicat dans un référendum de demander à Mme. Michu : « Etes-vous pour l’immigration (i) non européenne, (ii) des européens à l’ouest de la ligne Oder-Neisse et (iii) des européens à l’est de la ligne Oder-Neisse ? »

L’immigration non-européenne relève de la souveraineté nationale, à quelques réserves près. Si la France veut arrêter de distribuer la nationalité française ou des permis de travail à des populations non européennes type Rama Yade, Fleur Pellerin ou les arrivants au titre du regroupement familial, il suffit de le décider. C’est au programme de la « Droite forte », clan droitier de l’UMP, et de l’extrême droite. Les gouvernements plus modérés s’y sont cassé les dents depuis des décennies. C’est un peu comme les 35 heures, difficiles à démanteler car elles ont obligé les entreprises à procéder à des changements d’organisation si majeurs qu’ils sont quasiment impossibles à défaire ! Depuis l’immigration durant la IIème guerre mondiale pour débarquer en Provence, celle post 1945 pour travailler dans les usines de la France dévastée, le regroupement familial décidé par Giscard dit d’Estaing pour des raisons morales dans les années 70 et enfin, la mondialisation sans doute irréversible, il est difficile d’inverser le mouvement de l’immigration. Même Sarkozy y a échoué.

Dans la vraie vie il faut sans doute réguler l’immigration sans trop le crier sur les toits. C’est d’ailleurs ce qui est fait en France depuis des années avec plus ou moins de flexibilité selon les majorités. Le reste ne représente plus un problème majeur, y compris les 10 000 ou 20 000 roms qui perturbent la population. C’est un problème mineur par rapport à la question des finances publiques ou des lobbies économiques qui bloquent toute réforme de la société française. Il serait préférable que nos politiques passent plus de temps à faire de la pédagogie pour expliquer pourquoi on ne peut plus endetter les générations futures pour financer notre niveau de vie actuel, plutôt que pour désigner à la vindicte populaire le voleur de poules comme responsable de la crise économique.

Sujet connexe tout aussi rigolo, la mauvaise volonté du pouvoir français à mettre en œuvre ce fameux referendum d’initiative populaire, outil qui permettrait éventuellement un jour à un parti populiste de provoquer une consultation référendaire sur le modèle de celle intervenu en Suisse.

La France a modifié sa constitution en 2008 (sous l’inspiration de Sarkozy), article 11, qui instaure le référendum d’initiative populaire :

« Un référendum portant sur un objet mentionné au premier alinéa [tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la nation et aux services publics qui y concourent, ou tendant à autoriser la ratification d’un traité] peut être organisé à l’initiative d’un cinquième des membres du Parlement, soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales. Cette initiative prend la forme d’une proposition de loi et ne peut avoir pour objet l’abrogation d’une disposition législative promulguée depuis moins d’un an. »

Le monde politique n’a jamais voté les textes d’application, ce qui fait que cette modification constitutionnelle est restée lettre morte depuis ce temps, et constitue l’une des nombreuses escroqueries intellectuelles imposées au peuple français. Donc un référendum d’initiative populaire en France sur l’immigration n’est pas pour demain. Par contre si en 2017 émergeait un pouvoir de droite avec le clan UMP de la « Droite forte » en haut de l’affiche, voire quelques maires et députés d’extrême droite bien installés, le gouvernement d’alors pourra proposer un tel référendum.

La droite parisienne en dépression

La droite parisienne s’achemine semble-t-il vers une défaite municipale à Paris pour les élections de mars. NKM-et-ses-cheveux-fous se heurtent à des listes dissidentes dans lesquelles elle n’arrive pas à mettre bon ordre. Son programme plutôt flou n’est guère renforcé par ses annonces intempestives, vite ravalées et semble-t-il non partagées avec son équipe, comme la destruction de la Tour Montparnasse ou la piétonisation du centre de Paris. Bref, à l’heure de la démocratie participative et de la politique sans réflexion, elle ne fait pourtant pas fureur alors qu’elle tourne comme une girouette autour du vent de la démagogie qui fait voleter ses cheveux-fous.

Les bobos parisiens se prépareraient à renouveler un troisième mandat socialiste pour leur mairie. Pauvre NKM, elle risque de revenir au chignon si jamais elle perd.

Nous allons voter pour toi NKM-aux-cheveux-fous, rassure-toi ! Quels que soient ses mérites, l’équipe socialiste actuelle est à la mairie de Paris depuis 2001, il est temps de changer. D’ailleurs leur programme n’est pas moins insignifiant que le tien NKM délurée. Tiens-bon NKM.

Libération : la fin

Libération se meurt, quelle tristesse ! Effondrement des ventes, baisse substantielle de la qualité et du nombre de pages ces dernières années, conflit entre actionnaires et journalistes, entre rédacteurs et directeurs, absence de business modèle de remplacement, bref, ce symbole des années 70’ fondé par Serge July et Jean-Paul Sartre va bientôt tirer le rideau derrière lui, à moins qu’il ne se fasse racheter par un marchand d’armes ou un Tycoon de l’industrie du luxe, pour y perdre u peu plus encore son âme.

Guéant le farceur

Les archives papier de Claude Guéant, ex-secrétaire général de la présidence de la République sous Sarkozy, ont disparu. Du moins elles n’ont pas été versées aux archives comme le veut la tradition républicaine mais comme ne l’exige pas formellement la Loi. Ces documents sont recherchés par la Justice dans le cadre de la mise en examen de François Pérol pour prise illégale d’intérêts. Quel sacré farceur ce Guéant

Anna Calvi – 2014/02/15 – Paris le Trianon

Anna Calvi de retour au Trianon avec un nouveau disque : One Breath, au design de couverture aussi crépusculaire que le précédent (Anna Calvi) : gros plan de sa bouche sur premier, gros plan d’un œil sur le second. La révélation rock de 2010 repart en tournée et fait preuve sur scène de la même volcanique fulgurance !

Le trio de 2012 (batterie, percussions-clavier et guitares) est accompagné cette année d’un claviériste-bassiste. Anna est habillée de noir, montée sur d’improbables talons aiguilles, blondeur à frisures et rouge à lèvres, elle regarde l’assistance avec un air un peu hautain, plutôt ailleurs et c’est quand elle joue sur ses guitares éraillées qu’on la sent revivre et s’exprimer.

Démarrage sur Suzanne & I qui s’enchaîne sur un incroyable puzzle de virtuosité vocale et instrumentale, alternant les moments d’intimité, Sing to Me : Got on your skin, colder than night/ The last of the one, the one we divide/ Lying so still, lying so still here/ Sing to me, beautiful one, murmuré comme au confessionnal, avec des instants de fureur volcanique, les refrains de Cry, les rythmiques de Love of my Life…

Elle reprend un troublant Fire de Bruce Springsteen entamé d’une voix caverneuse, comme extra-terrestre, au gré de la rythmique pesante de ce morceau et de son célèbre refrain : …’Cause when we kiss, fire ; on ne peut mieux dire !

Un final de rêve sur l‘enchaînement Desire, puis Love Won’t Be Leaving, son refrain scandé de l’amour qui ne nous quittera pas, les murmures susurrés d’une voix polissonne et un long solo qui tend au mystique, la tête renversée, laissant parler la fureur de ses cordes. Puis l’artiste rend les armes, dépose sa guitare à ses pieds et quitte discrètement la salle laissant ses spectateurs proprement abasourdis par tant de talent.

D’une culture classique elle mêle de multiples influences dans ses compositions dont l’interprétation sur scène est un spectacle époustouflant. Rarement une artiste donne à ce point l’impression d’un engagement si total, émotionnel et technique, dans sa musique. Voix et guitare sont l’extériorisation d’une même vision qui exprime le coté sauvage de la force créatrice, et avec quel éclat !

Ce deuxième album s’enfonce dans des profondeurs plus personnelles de l’artiste qui dévoile des faiblesses et des souffrances oh combien sublimées par cette musique fauve.

Setlit : Suzanne & I/ Eliza/ Sing to Me/ Suddenly/ Cry/ Rider to the Sea/ First We Kiss/  I’ll Be Your Man/ Love of My Life/ Piece by Piece/ Carry Me Over/ Bleed Into Me/ Fire (Bruce Springsteen cover)/ Desire/ Love Won’t Be Leaving

Encore : A Kiss to Your Twin/ Blackout / Jezebel (Frankie Laine cover)

Le nonos à Copé

Copé-j’en-ai-une-grosse-paire se distingue en vouant aux gémonies un livre pour enfants illustrant la nudité et relance le débat sur la soi-disant volonté de la perverse majorité actuelle à vouloir enseigner la théorie du genre à la maternelle, voire même dans les crèches. L’outrance des propos et la beaufitude de l’argumentation, font tomber d’eux-mêmes les aboiements du chefaillon de l’UMP qui résonnent dans le désert de la pensée politique, tel l’écho rebondissant sur les murailles de la bêtise.

Il n’en demeure pas moins que subsistent quelques acharnés de l’indifférenciation des sexes, quelques illuminés du tout-est-pareil-pour-tout-le-monde, quelques dévots des pratiques minoritaires qu’il faut imposer à la majorité, quelques soixante-huitards attardés qui ont trop consommé LSD et William Burroughs. Il faut ferrailler avec eux sur le plan intellectuel en rappelant que la démocratie exige la majorité, et tout rentrera tranquillement dans l’ordre.

Capacité de nuisance des taxis parisiens

Les taxis parisiens continuent à nuire à la population à grands coups de grèves et d’opérations escargots pour défendre leurs intérêts corporatistes. Nous sommes là dans un vrai archaïsme français dont personne n’arrive à se dépêtrer depuis des décennies, quelle que soit la couleur des gouvernants. Une profession protégée pour des raisons préhistoriques, en échange de licences, dont le nombre est contrôlé pour protéger le marché, vendues par l’administration ou les taxieurs eux-mêmes.

Si le marché est libéralisé il faudra trouver une solution financière de sortie pour dédommager les détenteurs de licences. L’obstination des parties, l’égoïsme des corporations concernées, l’immobilisme général de la société française maintiennent le blocage. Paris reste une ville mal desservie par les taxis et ceux-ci continuent à perturber la population, le monde politique marche sur des œufs en n’osant pas affronter la colère des acteurs de ce marché protégé d’un autre âge.

Le dispositif de licence a sans doute été mis en place en son temps pour de bonnes raisons, du moins peut-on l’espérer, mais comme toujours en pareil cas des corporatismes et baronnies en sont résulté, rendant quasiment impossible toute évolution.

Droit dans ses bottes !

Denis Gautier-Sauvagnac, ex-responsable patronal de la fédération patronale de la sidérurgie, auteur de la célèbre explication pour justifier la distribution de fonds occultes aux organisations syndicale : « pour fluidifier le dialogue social » est condamné à trois années de prison dont une ferme. Durant son procès il a continué à refuser de dévoiler les noms des responsables syndicaux à qui des années durant sa fédération a versé des sommes en liquide, 15 millions d’euros de sorties de caisse ont été identifiés pour la période 2000-2007. Il s’est tu, a assumé et est condamné, un peu comme Juppé-le-raide-comme-un-passe-lacet qui a payé dans les mêmes conditions pour couvrir le maire de Paris, Chirac, dans l’affaire des emplois fictifs de cette mairie. Cela est noble, qualificatif que l’on ne peut que rarement attribuer dans la vie politique.

Chypre négocie

Bonne nouvelle : les négociations reprennent pour la réunification de Chypre. Rappelons que cette ile tiraillée entre sa partie « turque » dont la souveraineté n’a jamais été reconnue par la communauté internationale depuis la guerre de 1974, et sa partie « grecque », Chypre donc est la symbole de l’impuissance européenne. Après avoir longtemps clamé que jamais l’Union européenne n’accepterait l’adhésion de Chypre tant que le conflit ne serait réglé, nos diplomates communautaires ont bien entendu cédé : Chypre a intégré l’Union européenne en 2004, important avec elle un conflit armé dans l’Union entre la Turquie qui ne reconnaît pas ce membre de l’Union, dont elle occupe une partie du territoire, tout en poursuivant ses propres négociations d’adhésion…

Depuis lors Chypre, spécialisée dans le recyclage de capitaux douteux en provenance de l’Est, a fait faillite en 2012 et a dû être refinancée par le contribuable communautaire.

Bref, si tout ce galimatias diplomatico-méditerranéen pouvait se régler un jour autour d’un verre d’Ouzo, tout le monde s’en porterait mieux.

L’actualité des banques

  • François Pérol, fonctionnaire français, ex-conseiller économique de Sarkozy, parachuté en 2009 comme pédégé du groupe Banque Populaire Caisses d’Epargne, groupe au bord de la faillite suite aux errements de ses dirigeants, est mis en examen pour prise illégale d’intérêt. La loi française limite en effet les conditions dans lesquelles un fonctionnaire peut aller pantoufler dans une entreprise privée dont il a eu à traiter le dossier dans l’administration. Le Pérol tombe pile dans la cible. Que la justice passe !
  • Le patron de la banque britannique Barclays a annoncé qu’il renonçait à son bonus au titre de l’année 2013 mais par contre annonce l’augmentation des bonus versés à ses cadres et autres traders-fraudeurs de 10% pour atteindre 2,4 milliards de livres. Rappelons que Barclays a racheté en 2008 la division banque d’investissement et de courtage de Lehman Brothers, dont la faillite suite à ses exploits sur les marchés a déclenché la crise financière de 2008 ; un actif certainement de grande valeur. Barclays a par ailleurs été condamnée en 2012 à une lourde amende suite à l’implication de ses traders-fraudeurs dans le scandale de la manipulation des taux LIBOR sur le marché.
  • Le patron de la banque américaine JP Morgan Chase lui n’a pas renoncé à son bonus de 20 millions d’USD en 2014, bien au contraire, puisque celui-ci a quasiment doublé pour compenser sa baisse en 2013. Rappelons également les exploits très variés de cette banque qui a été condamnée à des amendes cumulées d’une douzaine de milliards de dollars pour son implication reconnue dans plusieurs scandales financiers.

Bataille de tracts pour une mairoe

Nos boîtes aux lettres commencent à être envahies de tracts publicitaires au sujet des prochaines élections municipales, remplis des mêmes slogans tapageurs et vides de sens. Rien ne change vraiment, qu’on en juge pour ceux du XIVème arrondissement de Paris où les deux cruches Nathalie Kosciusko-Morizet et Anne Hidalgo affichent leurs bobines à tout bout de champ :

Nathalie Kosciusko-Morizet

« Candidate dans le 14ème arrondissement, j’ai acquis à travers nos échanges de ces derniers mois une conviction claire : vous attendez aujourd’hui plus et mieux de votre mairie. »

Carine Petit soutenue par Anne Hidalgo

« Au service de Paris et du XIVème ! Depuis 2001, Paris et le XIVème ont changé : tramway, rénovation urbaine, logements, espaces verts, services publics. »

Ian Brossat soutenu par Anne Hidalgo

« Ensemble rendons Paris moins cher. »

Etc. etc.

Serge Poliakoff – Le rêve des formes

Exposition « Serge Poliakoff – Le rêve des formes » au musée d’art moderne de Paris, un régal de couleurs et de formes par cet artiste abstrait. Citoyen russe, arrivé en famille en France au début du XXème siècle pour fuir la révolution bolchévique, il vit de ses prestations de guitariste dans les bars russo-tsiganes qui accueillent cette population de russes « blancs », avant de se lancer dans la peinture. Il réalisera des œuvres mystérieuses et colorées qui vous plongent dans des abimes de méditation. Yves Saint-Laurent dessinera une collection de robes inspirées de Poliakoff.

Impôt et cotisation

La question de la déductibilité de la Cotisation sociale généralisée (CSG) revient sur la table au parlement. En effet, cette cotisation n’est que partiellement déductible de l’impôt sur le revenu, c’est-à-dire que le contribuable paye de l’impôt sur une rémunération obligatoire qu’il ne reçoit pas puisque prélevée pour cette cotisation. On aurait pu imaginer que les parlementaires s’émeuvent de cette situation et veuillent rétablir la pleine déductibilité ; que nenni, ils veulent au contraire la supprimer arguant que la moitié des ménages ne payant pas l’impôt sur le revenu sont donc défavorisé car ils ne peuvent déduire d’un impôt qu’ils ne payent pas.

C’est un peu la quadrature du cercle car il faudrait abaisser les tranches d’imposition pour que tous les contribuables puissent bénéficier de la déduction de la CSG… ce qui risque de n’être point populaire ! Il reste soit à supprimer la déductibilité pour tout le monde, soit de l’élargir à tous en reversant son produit en cash à ceux qui ne payent pas d’impôt sur les revenus. Le débat sera intéressant.

Léger revidrement capitaliste

Un certain nombre d’Etats libéraux occidentaux réfléchissent à remettre en œuvre un salaire minimum. La dérégulation des codes du travail a été mise en œuvre depuis les années 80’s « Tchatcher / Reegan ». Cette nouvelle jungle rétablie sur les marchés du travail a permis des croissances soutenues et un enrichissement des pays concernés au prix d’une précarisation de l’emploi. Les petits jobs ont permis d’enrayer le chômage au prix également d’un accroissement des inégalités dans le monde capitaliste.

Au même moment les pays émergents devenaient les usines du monde et produisaient les produits à faible valeur ajoutée à des conditions salariales défiant toute concurrence, proche du travail gratuit. Aujourd’hui la plus grosse usine au monde est celle de la société taiwanaise Foxcon localisée en Chine qui emploie 800 000 travailleurs sur le même site pour fabriquer, entre autre, les Aïe-phones et autres bimbeloteries rivées aux doigts de la génération « Y ».

Ce système arrive aujourd’hui à certaines limites et les pays libéraux confrontés à la crise et aux revendications de leurs électeurs commencent à rétablir des salaires minima qui permettent aux classes défavorisées de se remettre sur le marché de la consommation. L’Allemagne vient de décider ce salaire minimum, avec bien des limites, mais décidé quand même, et le président américain vient de déclarer : « Donnez une augmentation à l’Amérique ! ». Venant de leaders qui ne sont pas a priori des bolchéviques convaincus, cette amorce de mouvement de retour vers (un peu) d’économie de la demande de la part des tenants de son alter-égo de l’offre ne repose bien entendu pas sur un sentiment de générosité soudaine, mais plutôt sur la nécessité de remettre un peu de bois dans la chaudière sociale.

Lorsque la classe des gogos juste maintenue en état de survie, sans plus être en état de consommer mais juste de contester, devient majoritaire, le pouvoir économique peut avoir intérêt à inverser le mouvement. C’est ce qui est en train de se passer.

Voyage au bout de l’enfer

La République Centrafricaine poursuit sa descente vers l’enfer et l’on se demande où s’arrêtera cet effondrement. La presse internationale raconte par le menu des scènes de lynchage, diffuse jusqu’à la nausée des photos d’enfants blessés ou tués à coups de machettes… Bref, une régression humaine que la communauté internationale essaye d’enrayer, du bout des doigts.

La France post-colonialiste a beaucoup pêché dans ce pays, maintenant une présence militaire lourde, entretenant des conseillers occultes des années durant, entre proconsuls et repris de justice, pour manipuler ce dérisoire et sanguinaire confetti de l’empire. Il n’est que de relire le Voyage au Congo de Gide, publié en 1927, pour y découvrir comment sa caravane y fut pillée à Bossangoa par la population locale mais aussi les pratiques détestables des colons français de l’époque. Plus récemment j’ai vécu deux années dans ce pays, encore et toujours en guerre civile, entre rébellions militaires et coups d’Etat, de 1996 à 1998, et je n’ai souvenir que de pillage généralisé, anarchie complète, conflits ethniques et violence fauve. A l’époque lorsqu’un voleur était attrapé par la population, et quel que soit son âge, on l’attachait à un poteau, on lui plantait un clou dans la tête qui lui transperçait le cerveau le laissant mourir à petit feu au soleil. J’ai vu un de mes collègues rafalé, c’est-à-dire se faire déchiqueter les jambes par une rafale de Kalachnikov par des coupeurs de route, des bandits de grand chemin ayant élevé le pillage au rang d’unique mode de vie, le tout dans les vapeurs d’alcool.

Pour bien faire il faudrait mettre ce pays sous tutelle mais ce n’est plus dans l’air du temps, et, même si l’ONU en décidait ainsi, qui voudrait assurer cette tutelle de toute manière vouée à l’échec et au rejet ? Alors la communauté internationale fait ce qu’elle peut, assurant le service minimum lorsque le niveau de violence dépasse les bornes de la décence et se faisant plaisir avec de beaux discours sur la démocratie et l’organisation d’élections. Il est regrettable que la France soit en première ligne dans cette affaire car son rôle négatif d’ancienne puissance coloniale fait qu’elle est régulièrement rejetée par la population, mais après tout nous nous devons d’assurer une responsabilité collective sur le mal qui a été fait à ce pays, alors buvons le calice jusqu’à la lie et faisons attention de ne pas trop traîner dans cette Afrique centrale dont la France n’arrive pas à s’extraire depuis les indépendances dans les années 60 !

Terminator

Christian Jacob, avec sa tête de maquignon mal dégrossi, chefaillon de l’UMP à l’assemblée nationale, aboyeur numéro 1 de Copé-j’en-ai-une-grosse-paire, est sur tous les coups. D’abord il grossi, il n’est pourtant pas économe de son énergie pour démolir tout ce qui bouge dans la majorité socialiste, mais manifestement il consomme plus de calories dans les palais de la République qu’il n’en brûle sur les plateaux de télévision.

Petit point qui doit agacer et qui confirme son manque de subtilité : sur les ondes et devant les caméras il appelle Mme. Vallaud-Belkacem, Mme. Belkacem tout simplement, histoire de bien marquer les origines.

Le garçon cogne sur tous les sujets du gouvernement avec une mauvaise foi et un simplisme assumés. Il est impressionnant d’énergie et ne lâche rien. Il a la force d’un bulldozer et les arguments de Mme. Michu. C’est un opposant classique qui martèle des messages basiques comme l’Oréal fourgue ses publicités pour shampoing antipelliculaires. C’est du carpet bombing pour reprendre une expression de marketing évoquant l’inondation d’un marché par des représentants de commerces, par référence historique aux vagues de bombardiers B52 qui écrasaient le Vietnam de bombes…

Le Jacob est un opposant formé à l’école de la mauvaise foi parlementaire française, très réputée en la matière. Il ne fait pas avancer le débat, il n’est pas programmé pour ça, il cogne et c’est tout. Peut-être un jour ce genre de personnages seront démodés et renvoyés dans leur pénates par des électeurs lassés. Mais pour l’instant le Jacob reste la star des médias, hélas ! En 2017 si la droite revient au pouvoir, le garçon sera ministre de l’intérieur ou quelque poste comparable, non point pour sa compétence mais en remerciement de sa fidélité brute.

Enfer et damnation

On apprend avec consternation que les hôtels construits à la hâte à Sotchi en Russie pour accueillir les journalistes venus couvrir les jeux olympiques ne seraient pas complètement finis. Certains reporters n’auraient pas de rideaux dans leurs chambres, ou que de l’eau colorée non potable coulerait des tuyaux ! Mon Dieu quelle horreur, vont ils survivre à un tel traitement ?

Si tel n’était pas le cas et que ces plumitifs au cœur tendre ne résistent pas à ce dénuement, ils rentreront chez eux et la couverture de ces mondanités sportives sera moins abrutissante.

Altermoiement sur la famille

Une nouvelle manifestation s’est déroulée ce dimanche, cette fois-ci tournée contre les projets « famille » du gouvernement actuel. Avec quelque raison, l’opposition pense que malgré les dénégations du gouvernement, la majorité, ou au moins quelques parlementaires de cette majorité, ont toujours en tête d’élargir le principe de la procréation médicale assistée ou de la gestation pour autrui (PMA et GPA) aux couples homosexuels. Ils n’ont sans doute pas tort… Du coup ce soir le gouvernement reporte à des jours meilleurs la présentation de sa loi sur la famille.

Bon, rien ne presse finalement, bien que le projet comportait également bien d’autres points non liés à la PMA ni à la GPA, il y a suffisamment de sujets sur la table pour occuper nos responsables pour le moment. Ce qui est amusant c’est de voir l’opposition, qui devrait se réjouir de ce retrait, en profiter pour agonir Hollande et son gouvernement qui ont eu tort de vouloir présenter ce texte comme de le retirer…

Ceci étant dit il y a effectivement des parlementaires et des citoyens qui souhaitent que cette PMA-GPA bénéficie aux couples homosexuels. Comment fait-on ? On ne va pas les pousser dans la Seine ! Parlons, expliquons, argumentons et laissons le parlement décider. Et puis si une loi de gauche ne plaît pas à la droite, il suffira lors de la prochaine alternance de voter une nouvelle loi pour annuler la précédente. Nos élus font ça tous les matins en arrivant au parlement : défaire ce qui a été fait précédemment. Ce n’est pas la peine d’en faire tout un plat.