Quoi de neuf ?

Nelson Mandela, ‘Un long chemin vers la liberté’.

Sortie : 1994, Chez : Le Livre de Poche 14063. L’autobiographie par Nelson Mandela de ses années de combat, de sa naissance jusqu’à son élection comme président de la nouvelle Afrique du Sud, en passant bien sûr par 30 années de prison. Un destin incomparable pour celui qui grâce à sa foi et sa persévérance en une nation « multiraciale » a su mener son pays sans trop de violence vers l’abolition de l’apartheid.

Leonard Cohen – 2012/09/29-30 – Paris l’Olympia

Gentleman Leonard est de retour à Paris pour le Old Ideas Tour : A lazy bastard/ leaving in a suit, comme il se qualifie lui-même dans Going Home, un délicieux poète qui n’en finit pas de nous enchanter dans une tournée sans fin.

Il était passé en France en 2008 et 2009, et le voici qui repasse en 2012 après la sortie de Old Ideas en début d’année. Peu de changements sur scène sinon un violoniste moldave qui remplace le souffleur d’instruments à vent, apportant une tonalité encore un peu plus déchirante aux arrangements. Le reste de l’équipe est le même, avec Sharon Robinson et les sublimes Webb sisters aux chœurs apportant voix cristallines et sensibilité féminine à une musique déjà hautement chargée en tendresse. Le groupe est attentif, tout entier dédié à la prestation de son Maestro qui le leur rend bien d’ailleurs avec force saluts dé-chapeautés et humbles génuflexions.

Costume gris de clergyman et borsalino de même teinte, il confesse nos années d’illusions et nous prépare au pire. Les dernières compositions sont habilement mélangées à la set-list de toute une vie de subtilité musicale et poétique. Le public reste en vénération du début à la fin… trois heures trente plus tard. L’homme approche maintenant les 80 ans, sa voix s’est faite encore plus sépulcrale, ses mots plus dépouillés et sereins.

Le show mène sa route devant un Olympia subjugué par tant de grâce. Le poète semble hors du temps, flottant dans la galaxie comme dans son costume sombre, dégageant une nostalgique sérénité qui se faufile dans nos âmes : Tell me again : When I ‘ve seen through the horror/ Tell me again/ Tell me over and over/ Tell me you want me then/ Amen.

Les classiques déclenchent l’enthousiasme surtout quand Leonard les appuie de son phrasé de guitare si doux: Suzanne, The Partisan. Nombreux sont les cœurs qui se serrent sur Alexandra Leaving (merveilleusement interprété par Sharon), sur Hallelujah, So Long Marianne… les yeux qui se plissent de bonheur sur First We Take Manhattan, I’m Your Man… les larmes furtives qu’on écrase sur Anthem, Bird on the Wire…

Les setlists des deux soirées seront quasiment identiques, la dernière sera clôturée dans la joie de toute l’équipe technique montée sur scène pour le troisième rappel après le toujours bouleversant If It Be Your Will interprété par les Webb sisters.

C’en est fini pour cette nouvelle étape, Gentleman Leonard quitte la scène en sautillant sur les tapis persans qui la nappent, troubadour d’une génération qui va vers sa fin, Amen. Mais heureusement quelques jeunes gens sont là ce soir qui feront perdurer cette tradition, celle de l’élégance et de la beauté :

Like a bird on the wire,/ Like a drunk in a midnight choir/ I have tried in my way to be free./ Like a worm on a hook,/ Like a knight from some old fashioned book/ I have saved all my ribbons for thee./ If I, if I have been unkind,/ I hope that you can just let it go by./ If I, if I have been untrue/ I hope you know it was never to you.

 

Set list 29 septembre : First set

Dance Me to the End of Love/ The Future/ Bird on the Wire/ Everybody Knows/ Who by Fire/ Darkness/ Sisters of Mercy/ Hey, That’s No Way to Say Goodbye/ Amen/ Come Healing/ In My Secret Life/ Going Home/ Waiting for the Miracle/ Anthem

Second Set

Tower of Song/ Suzanne/Night Comes On/ Heart with No Companion/ The Gypsy’s Wife/ The Partisan/ Democracy/ Coming Back to You (performed by the Webb sisters)/ Alexandra Leaving (performed by Sharon Robinson)/ I’m Your Man/ Hallelujah/ Take This Waltz

Encore

So Long, Marianne/ First We Take Manhattan

Encore 2: Famous Blue Raincoat/ Different Sides/Closing Time

Encore 3: I Tried to Leave You

Set list 30 septembre : First set

Dance Me to the End of Love/ The Future/ Bird on the Wire/ Everybody Knows/ Who by Fire/ Darkness/ Sisters of Mercy/ Hey, That’s No Way to Say Goodbye/ Amen/ Come Healing/ In My Secret Life/ Going Home/ Waiting for the Miracle/ Anthem

Second Set

Tower of Song/ Suzanne/Night Comes On/ Heart with No Companion/ The Gypsy’s Wife/ The Partisan/ Democracy/ Coming Back to You (performed by the Webb sisters)/ Alexandra Leaving (performed by Sharon Robinson)/ I’m Your Man/ Hallelujah/ Take This Waltz

Encore

So Long, Marianne/ First We Take Manhattan

Encore 2: Famous Blue Raincoat/ If It Be Your Will (performed by the Webb sisters)/ Closing Time

Encore 3: I Tried to Leave You/ Save the Last Dance for Me (The Drifters cover)

The Asteroids Galaxy Tour – 2012/08/24 – Paris le Parc de Saint-Cloud

The Asteroids Galaxy Tour continue son petit bonhomme de chemin et ouvre le festival Rock en Seine 2012 sur la grande scène. Les danois diffusent leur pop échevelée sous les nuages pluvieux de Saint-Cloud.

Mette et ses mecs présentent un deuxième disque plutôt sympathique Out Of Frequency. Evidemment on aurait pu se passer du clip du single Heart Attack sur lequel notre héroïne joue une France Gall sucre d’orge minaudant sur une musique entraînante qui vaut mieux que ça.

En cette après-midi parisienne notre joyeuse bande tressaute aux rythmes d’une musique mélangée et légère. Un nouveau musicien, manifestement asiatique, saute avec allégresse de ses claviers à ses guitares, caché sous ses lunettes noires. Les cuivres chevelus vont et viennent des sax aux percussions en passant par les bassons et les boites à rythme.

Et Mette arpente la scène dans son short à paillettes réchauffant un public déjà inondé par les rafales de pluie. Les Asteroids ne s’aperçoivent de rien, jouent et dansent comme si de rien n’était. Un délicieux son pop/reggae/funk met les festivaliers d’humeur guillerette. Le minois pollisson de Mette achève de les convaincre :

Head over heels you raise your flag/ Come on bang bang bang give me Heart attack/ Heart attack/ Burning down the wheels tonight/ Hey! Are you ready.

Bien sûr que nous sommes prêts pour suivre l’aventure de ces astéroïdes dans notre galaxie musicale.

KHADRA Yasmina, ‘L’équation africaine’.

Sortie : 2011, Chez : Julliard.

L’histoire terrifiante de deux allemands pris en otage sur leur voilier par des pirates au large de la Somalie ! C’est un ouragan de sentiments et de violence qui s’affrontent : la haine recuite de l’Afrique contre ses anciens esclavagistes et colonisateurs, la culpabilité de « l’homme blanc », l’attrait du gain, la perte de toute humanité et la mort qui rôde partout. Mais nous sommes dans la fiction alors l’auteur introduit une petite lueur d’espoir qui n’existe sans doute pas dans la vraie vie.

Littell Jonathan, ‘Carnets de Homs’.

Sortie : 2012, Chez : Gallimard. Jonathan Littell, auteur des « Bienveillantes » prix Goncourt 2006, publie son journal d’un séjour de trois semaines dans Homs pour le compte du journal Le Monde. Il raconte au jour le jour le martyr de cette ville syrienne prise sous le joug d’un régime sans foi ni loi. Au cœur des rues de Homs, certaines sous contrôle du gouvernement d’autres sous celui de la rébellion, c’est une guerre urbaine, sinistre où on ne fait de cadeaux à la partie adverse : assassinats, torture, snippers et règlements de compte ; personne n’est à l’abri, ni femmes ni enfants ni civils, c’est une guerre à mort où les intérêts personnels s’entremêlent avec les idéologies, et où l’aveuglement d’un pouvoir familial pose les bases d’un chaos régional dont on est encore loin de la conclusion.

Leroy Gilles, ‘Alabama Song’.

Sortie : 2007, Chez : Folio 4867. La biographie romancée de Zelda, femme de Scott Fitzgerald, écrite à la première personne : l’histoire d’un naufrage, celui de deux talents, celui d’un couple. Une dérive qui se termine dans l’alcool, la dépression et les hôpitaux psychiatriques, et, la mort prématurée de ces deux personnages emblématiques de l’Amérique du début du Xxème siècle. Prix Goncourt 2007, ce roman est écrit sur un style vif et fluide, un excellent bouquin d’été.

Le Bris Michel, ‘Un hiver en Bretagne’.

Sortie : 1996, Chez : Points 369. L’évocation amoureuse de la Bretagne par Michel Le Bris, écrivain voyageur : les parties de pêche de son enfance, le ramassage des goémons en hiver, l’évocation des grands ancêtres coureurs d’océan, sa découverte de la voile dans la baie de Morlaix, ses descriptions émouvantes des couleurs bretonnes, bref, son attachement viscéral à ce pays pur et dur. Son dernier chapitre commence par « Ici, nous habitons le vent », comme un symbole.

Péan Pierre, ‘Le monde selon K.’.

Sortie : 2009, Chez : Fayard. Un ouvrage du polémiste Pierre Péan, à charge contre Bernard Kouchner : sa stratégie de médiatisation humanitaire, son égo surdimensionné ses prises de position pro-tutsis au Rwanda, pro-américaines en général, ses compromissions politiques dans le gouvernement Sarkozy et bien sûr, l’affaire de son épouse nommée à la tête de l’audiovisuel extérieur de la France alors qu’il était lui-même ministre des affaires étrangères. Il y a certainement du vrai dans ce brûlot, mais aussi des excès. Il donne une nouvelle fois une image pas vraiment positive du microcosme politicard et de ses trublions…

Radiohead – 2012/07/11 – Nimes les Arènes

C’est enfin l’été et le soleil tape sur Nimes où les Radiohead se produisent depuis hier soir dans les arènes de la ville. Ils ont repris en France leur tournée interrompue au Canada par un effondrement de superstructure durant un sound-check ayant tué un roadie et blessé quelques autres. Le concert d’hier soir a été dédié au disparu.

Depuis la gare de Nîmes et tout au long du chemin vers les arènes, les T-shirts Radiohead ont envahi la ville écrasée de chaleur. Vers 18h un court sound-check anime le centre-ville avant l’ouverture des portes.
Après une sympathique première partie électro-pop canadienne : Caribou, les Radiohead entrent en scène alors que le jour décline, sur une bande mixée de superpositions samplées couches de la voix de Thom ; Ed en chapeau melon et applaudissant, Thom, barbe et catogan, chemise bleue pâle bien proprette, Jonny caché sous un vaste T-shirt siglé d’un énigmatique « 3 », Colin calé entre les deux batteurs, dont Clive Deamer qui officie habituellement avec Portishead et venu en renfort de Phil pour cette tournée. Le light show reconstruit à la hâte après l’accident de Toronto affiche 12 écrans sur lesquels diffusent des images brouillées et saccadés des musiciens et de leurs instruments.

Le show démarre sur le résolument moderne et complexe Bloom qui inaugure leur dernier disque The King of Limbs et marque le ton de ce concert hors norme :

Open your mouth wide/ A universal sigh/ And while the ocean blooms/ It’s what keeps me alive/ So why does this still hurt/ Don’t blow your mind with why.

Le groupe enchaîne sur du plus classique et reposé avec Kid A où Thom se débarrasse de sa guitare et entre deux pas de danse alterne entre clavier et micro vocodé. Sur 15 Steps la nuit est presque tombée et l’on retrouve la mystérieuse légèreté de Radiohead qui nous emmène si loin dans nos rêves. Puis vient The National Anthem sur un déluge de rythme et de lumières qui font vibrer tous les sens d’une audience attentive. Et s’en suit une set-list épuisante, sans un instant de répit, où l’oreille est constamment accrochée par cassures et dissonances sur lesquels plane l’incroyable voix de Thom, à la fois apaisante et furieuse.
Cette voix contrôle l’aspect volcanique de la musique, canalisant son énergie ou déclenchant le feu. Mais elle est parfois aussi, intimiste, éthérée, chaude, nous faisant nous retirer profondément en nous-mêmes, sur Exit Music, Nude ou Codex : Jump off the end/ The water’s clear/ And innocent… Cette voix n’est que pureté et émotion, de loin l’instrument clé du groupe au service de compositions exceptionnelles.

Les autres musiciens ne sont pas en reste, jonglant entre les instruments, avec une palme d’or pour Jonny souvent perdu dans ses ordinateurs ou accroché au bout d’un transistor qu’il répercute dans la sono, toujours caché derrière les mèches rebelles de ses cheveux noirs lorsqu’il extirpe d’incroyables sonorités de ses guitares.

Après deux heures de passion, le show s’achève sur de surpuissantes montées d’adrénaline avec Feral et Bodysnatchers, des morceaux emblématiques de leurs deux derniers disques et de leur complexité musicale.

Mais deux rappels nous donneront une heure supplémentaire de musique et la soirée s’achèvera définitivement sur Street Spirit, retour aux sources de l’album The Bends en 1993, une chanson triste et simple :

I can feel death can see it’s beady eyes/ All these things into position/ All these things we’ll one day swallow whole/ And fade out again and fade out again/ Immerse yourself in love/ Immerse yourself in love.

Voir Radiohead et mourir, ou en tout cas voir Radiohead dans le somptueux site des arènes de Nimes c’est s’endormir intellectuellement plus riche que l’on ne s’est éveillé. Chacun s’égaye alors dans les rue de Nimes avec la conscience d’avoir vécu un moment musical d’exception avec ce groupe qui n’en finit pas d’étonner. Les cinq d’Oxford aux allures de post-adolescents romantiques développent une créativité musicale rarement égalée, un sens de l’innovation technique redoutable qui leur permet de mettre en valeur leur musique d’une façon toujours plus excitante et renouvelée. Le public ne s’y trompe pas qui voue à ce groupe une dévotion éternelle. Radiohead, les Dieux du Rock seront à Paris en octobre prochain ; soyons-y !

Set list: Bloom/ Kid A/ 15 Step/ Morning Mr. Magpie/ The National Anthem/ The Gloaming/ Supercollider/ Codex/ Airbag/ Climbing Up the Walls/ Nude/ Exit Music (for a Film)/ Lotus Flower/ There There/ Feral/ Bodysnatchers
Encore: Treefingers/ Give Up the Ghost/ House of Cards/ Reckoner/ Myxomatosis/ Everything In Its Right Place (True Love Waits intro)/ Idioteque
Encore 2: Street Spirit (Fade Out)
Warm-up: Caribou

Bruce Springsteen & The E-Street Band – 2012/07/04 – Paris Bercy


Il y a 33 ans Bruce Springsteen débarquait en Europe avec son E-Street Band après avoir été érigé en nouveau messie de la jeunesse occidentale. Il faisait à l’époque les couvertures de Newsweek et de Times qui le qualifiaient de successeur génial de Dylan et voyaient en lui l’avenir du monde. The Boss incarnait (et incarne toujours) le conteur de l’Amérique profonde, le père spirituel d’une société post-guerre du Vietnam, le héraut d’un prolétariat américain alors que démarrait la décrépitude industrielle. Des concerts fleuves de plus de trois heures, la sortie de Darkness of the edge of town salué comme le chef d’œuvre du siècle, c’est peu dire que Paris attendait son héros, et Paris ne fut pas déçu avec le concert de Puteaux de 1978 (ou 79 ?) : ébahis et irrémédiablement marqués, les spectateurs qui assistèrent à cet incroyable show s’en souviennent encore.

Beaucoup sont revenus à Bercy ce soir 4 juillet 2012, fête nationale américaine, pour le Wrecking Ball Tour, ils ne seront pas plus déçus qu’il y a 33 ans… De l’eau a coulé sous les ponts du New Jersey depuis Darkness, beaucoup de musique a été produite, des kilomètres parcourus et des décibels délivrés à travers la planète, des disparitions dans le groupe (Clarence Clemons et Danny Frederici), des engagements politiques, des dissolutions et des reformations du E-Street Band, des explosions commerciales et des succès d’estime, mais Bruce est toujours là, rocker pur et tendre, chic type de premier ordre.

16 musiciens en plus du Boss sont sur scène. Clarence, irremplaçable, a été remplacé par une section cuivre de 5 personnes (dont son neveu Jake Clemons), c’est mieux ainsi et évite les comparaisons forcément douloureuses. 4 percussionnistes-choristes, 1 violoniste, Steve Van Zandt et Nils Lofgren aux guitares, Garry Talent à la basse, Max Weinberg à la batterie, et Patty Scialfa bien sûr, la femme du patron, guitare et chœur. Tout ce petit monde est habillé de jeans et chemises noirs, chaussé de cuir de la même couleur. Ce sont les cow-boys d’Il était une fois dans l’Ouest descendu dans l’arène de Bercy !

Lumières allumées l’intro est lancée à deux accordéons qui jouent les premières notes de La vie en rose de Piaf, sympathique coup d’œil à l’escale française de cette tournée, les musiciens s’installent sur la vieille ritournelle et après le One-Two/ One-Two-Three-Four de circonstance repris par 15 000 fans, lancent le show avec deux nouveaux titres avant d’asséner un Badlands d’anthologie. Bercy est déjà en flamme. Debout sur leurs sièges, des gamins nés 25 ans après la sortie de Darkness scandent cette chanson de légende avec le Maître de l’univers rock :

Lights out tonight, trouble in the heartland./ Got a head-on collision, smashin in my guts man./ Im caught in a crossfire that I don’t understand./ But there’s one thing I know for sure girl: Talk about a dream; try to make it real./ You wake up in the night with a fear so real./ You spend your life waiting for a moment that just don’t come./ Well don’t waste your time waiting/
Badlands you gotta live it every day/ Let the broken hearts stand/ As the price youve gotta pay/ Well keep pushin till it’s understood/ And these badlands start treating us good.
Badlands…

6 guitares sur le front de scène, le Boss nous gratifie du solo grinçant d’origine, reprend le refrain avec Steve sur le même micro et termine l’interminable final d’un tonitruant « bonsoir Pariiiiiiiiiiis ! ».

Et c’est parti pour 3h30 du rock et de sueur, des allers retours joyeux entre le passé glorieux et les créations récentes, 17 musiciens explosifs et joyeux à l’assaut d’un des plus fantastiques répertoires de l’Histoire. La citadelle de Bercy ploie sous la charge et les coups de boutoir de l’électricité. Les mots virevoltent dans l’atmosphère sur-vitaminée, ils n’ont plus guère d’importance dans cette fureur de jouer, mais on sait qu’ils sont là et donnent du sens à cette débauche de notes et ce déluge d’énergie. C’est une éruption solaire, une explosion nucléaire, sous la botte en cuir du Boss !
Tout y passe : Because the Night, Sandy, The River, City of Ruins, Johnny 99, Darkness… Sur Waiting on a Sunny Day il fait monter sur scène une jeune fille à peine nubile, lui passe le micro et lui fait reprendre le refrain dans l’allégresse, qu’elle termine en chantant « I don’t remenber the words… Bruce je t’aiiiiiiiiiiiiime », il la prend alors dans ses bras et la redépose délicatement dans la foule dont il l’a extraite. Sur Dancing in the Dark, guitare en bandoulière, il danse la valse avec la mère de la pré-nubile.

Il joue seul au piano Independance Day. Même les plus vieux fans ne l’avaient jamais vu au piano sur scène, mais en cette soirée du 4 juillet il a décidé « something special for today. »

Bien sûr les sections cuivres et percussion donne à ce show une allure un peu plus soul que le E-Street Band d’origine plus ramassé et rock, mais qu’importe, le groupe trace sa route.

Un rappel flamboyant de 60 minutes est lancé sur l’enchaînement miraculeux Born in the USA/ Born to Run. Les premiers rangs défaillent. Entre deux riffs ravageurs Bruce fait le porteur d’eau et vient arroser le public. Et puis sur Tenth Avenue, démarré debout sur le piano de Roy, une longue interruption, les deux bras levés il rend hommage à Clarence dont les images défilent sur les écrans.

Tout le monde jubile, pleure, hurle, trépigne, hoquette et rend les armes devant une telle gigantesque performance. Le feeling de ce musicien avec son public est quelque chose d’indicible, ses shows sont une tranche de vie inoubliable dans le monde du rock qui en a pourtant vu d’autres.

Bruce Springsteen : une légende !

Set-list : Intro (La Vie en Rose)/ 1. We Take Care Of Our Own/ 2. Wrecking Ball/ 3. Badlands/ 4. Death to My Hometown/ 5. My City of Ruins/ 6. Spirit in the Night/ 7. The E Street Shuffle/ 8. 4th of July, Asbury Park (Sandy)/ 9. Jack of All Trades/ 10. Because the Night/ 11. Darkness on the Edge of Town/ 12. Johnny 99/ 13. Darlington County/ 14. Easy Money/ 15. Waitin’ on a Sunny Day/ 16. The Promised Land/ 17. Apollo Medley/ 18. Independence Day/ 19. The River/ 20. The Rising/ 21. Out in the Street/ 22. Land of Hope and Dreams/
Encore : 23. We Are Alive/ 24. Born in the U.S.A./ 25. Born to Run/ 26. Bobby Jean/ 27. Dancing in the Dark/ 28. Tenth Avenue Freeze-Out/ 29. American Land

Suyin Han, ‘La montage est jeune’.

Sortie : 1958, Chez : Livre de Poche 1580>1582. L’histoire d’un amour fusionnel à l’ombre des montagnes de l’Himalaya dans la vallée de Katmandou entre une anglaise et un indien. Dans une Asie en voie de décolonisation les cultures occidentales et locales se confrontent sous le regard des Dieux et au bruit des moulins à prières bouddhistes. Une aventure un peu surannée, une écriture agréable pour une histoire d’amour éternelle racontée par une auteur elle-même issue du mélange des cultures chinoises et européennes.

Kerouac Jack, ‘Sur la route’.

Sortie : 1960, Chez : . La relecture d’un ouvrage mythique de nos 20 ans, à l’heure où ce roman de Kerouac est adapté à l’écran. Le livre n’a pas pris beaucoup de rides et permet de se replonger avec excitation dans les pérégrinations délirantes de Sal Paradise et Dean Moriarty, très sérieusement inspirées des vies de l’auteur et de Neal Cassady. C’est la fin des années quarante aux Etats-Unis, la respiration d’après le deuxième conflit mondial, l’explosion du jazz, l’apparition des poètes-philosophes de la beat génération (Allen Ginsberg qui sera un ami du duo), Dean et Sal sont pris d’une incroyable frénésie d’aller-retour entre les côtes Est et Ouest des Etats-Unis. Ils empruntent et volent n’importe quel véhicule et transforment leurs voyages en une accumulation sauvage d’expériences de drogue, d’aventures de femmes et surtout de délires verbaux sur leur vision du monde qui n’est pas commune. Ce sont les nouveaux cow-boys de la pensée à l’attaque d’une Amérique où tout est encore possible. Le rythme est palpitant, à chaque pas on s’attend au pire mais ces hurluberlus s’en sortent toujours avec toujours plus de folie, d’énergie et d’enthousiasme. Dans la « vraie vie » leur fin sera souvent plus désespérée, mais qu’importe, ce livre est celui d’une génération et n’en finit pas d’inspirer les suivantes.

Portishead – 2012/06/25 – Vienne Théâtre antique

Vienne, petite ville française de l’Isère, encaissée entre ses collines allobroges, pavoisée de drapeaux espagnols en hommage à une récente défaite de la France contre l’Espagne de fouteballe, traîne paresseusement sa misère industrielle entre les rives du Rhône et du Gère. Vienne reçoit ce soir les Portishead dans son théâtre romain avant Joan Baez demain, le festival annuel Jazz à Vienne qui ouvre le 28 juin, Simple Minds, Selah Sue et quelques autres artistes en juillet.

Vienne, dans la moiteur d’un été, s’apprête à accueillir les messies du Trip-Hop dans le cadre somptueux de son théâtre antique. Leur rareté ajoute encore à leur talent : seulement trois disques en 25 années de carrière, peu de tournées, quasiment pas d’interview, mais les Portishead sont ici ce soir, venus de Bristol, patrie de ce genre musical, où ils cohabitent avec Massive Attack, Tricky et bien d’autres. Le trio fondateur Geoff Barrow-Beth Gibbons -Adrian Utley est renforcé sur scène par John Baggott (clavier de Massive Attack), Clive Deamer (batteur de Radiohead) et un bassiste.

A la nuit tombante le logo du groupe se déploie lentement sur l’écran du fond de la scène sur le beat lent d’une bass, puis démarre l’intro brésilienne de Silence sur laquelle entrent les musiciens qui nous ouvrent les portes de leur univers pour 90 minutes.

Beth est habillée en T-shirt noir et pantalon vert-de-gris, dos au public elle regarde ses musiciens s’échauffer avant de se retourner en lançant sa voix si troublante se perdre dans le ciel étoilé de Vienne.

Derrière le groupe sont projetées les visions de la scène et des gros plans de Beth, les images sont comme brouillées par une mauvaise réception, la frimousse de la chanteuse accrochée à son pied de micro se déploie à l’infini laissant le spectateur plonger, planer, voguer dans l’atmosphère brumeuse qui émane des mots et des notes de ce groupe inventif.

Les musiciens sont attentionnés et parfaitement posés pour entourer leur chanteuse, Adrian tire des miracles aériens et mélancoliques de ses guitares, Geoff manipule des machines et des percussions avec à-propos, John œuvre sur des claviers tout en subtilité.

Et cette voix, surtout cette voix, marque l’âme de la musique des Portishead. Le théâtre chavire lorsque Beth entame Wandering Star seulement accompagnée par Adrian et Geoff (à la basse). Assise sur un tabouret, elle chante, noyée sous ses cheveux roux une bouleversante version de cette chanson extraite de leur premier album :

Please could you stay awhile to share my grief/ For its such a lovely day/ To have to always feel this way/ And the time that I will suffer less/ Is when I never have to wake/ Wandering stars, for whom it is reserved/ The blackness of darkness forever…

et de terminer cet instant de pure poésie par une vocalise qui n’en finit pas de monter dans les aigus, transperçant le cœur de tous les spectateurs.
Une bonne partie de leur catalogue nous est servie sur le site unique de ce théâtre si approprié à un parcours musical introspectif : Hunter, The RIP, Mysterons, Magic Doors… ce n’est qu’émotion, douceur et douleur. Sur Glory Box elle alterne une voix nasillarde pour l’intro :

I’m so tired of playing/ Playing with this bow and arrow/ Gonna give my heart away/ Leave it to the other girls to play/ For I’ve been a temptress too long…

avant de laisser ses musiciens donner libre cours à des solos dissonants et déchirants puis de reprendre inlassablement :

Give me a reason to love you/ Give me a reason to be a woman/ I just wanna be a woman.

Mais le groupe sait aussi s’aventurer dans sur les chemins du beat et nous servir des versions enlevées de Machine Gun, Chase The Tears et un extraodinaire We Carry On en final à la fin duquel Beth descend dans la foule puis, une Corona en main, laisse ses musiciens achever le spectacle sur le rythme obsédant de ce morceau. Un petit « thank you », le seul mot prononcé du spectacle, et le quintet nous laisse méditer sur ce moment de grâce partagée.

Portishead, le groupe sans doute le plus achevé du Trip-Hop, définitivement le plus réfléchi et émouvant ; Portishead, le son tragique de son époque !

Set list : 1. Silence/ 2. Hunter/ 3. Nylon Smile/ 4. Mysterons/ 5. The Rip/ 6. Sour Times/ 7. Magic Doors/ 8. Wandering Star/ 9. Machine Gun/ 10. Over/ 11. Glory Box/ 12. Chase the Tear/ 13. Cowboys/ 14. Threads
Encore : 15. Roads/ 16. We Carry On

Ayo – 2012/06/13 – Paris le Café de la Danse


Ayo en acoustique” annonçait le programme, pas si acoustique que cela finalement, et pour notre plus grande joie. Au moins le show ce soir est en petit comité dans cette salle intimiste du quartier de la Bastille.

Elle est sympa Ayo, elle est cool mais très bavarde, métisse nigériane, elle développe l’enthousiasme de sa belle jeunesse, l’inspiration soul de ses origines africaines, et elle est nature Ayo, tellement nature avec son sourire éclatant. Sur scène elle est accompagnée d’un pianiste, d’un bassiste et d’un batteur. Elle accueille deux rappeurs français (Sly Johnson et Leeroy) le temps d’une chanson. Elle monte dans les gradins pour fêter l’anniversaire d’un spectateur qu’elle prend dans ses bras, alors tout le monde se découvre né un 13 juin pour l’attirer de son coté.

Et puis elle est vive Ayo, et elle est surtout musicienne. Elle joue de la guitare rythmique comme une déesse de ses longues mains aux doigts infinis, elle a le beat dans la peau Ayo avec ses locks qui lui tombent dans le dos, elle compose de jolies chansons multiculturelles dans lesquelles on retrouve toutes les influences du reggae, de la soul et du rock.

Mais Ayo, c’est aussi une voix magnifique, une voix de gamine, au vibrato délicieux, aux envolées stridentes dans les aigues lorsqu’elle crie sa joie ou son désespoir, à la sincérité désarmante.

Elle est sympa Ayo, elle raconte en musique les histoires de tout le monde, elle met des notes sur l’ordinaire, mais si elle était un peu moins bavarde Ayo, elle pourrait faire un rappel un peu plus long avant le couvre-feu…

Warmup : franco-australienne Emilie Gassin

Suzanne Vega – 2012/06/11 – Paris la Cigale

Suzanne Vega poursuit son projet solo de réédition en acoustique de tout son catalogue : la série Close-Up déjà riche de trois disques. Solo ou presque, le fidèle Gerry Leonard est aux guitares sur ces enregistrements comme sur scène ce soir.

Suzanne Vega est toujours un délice de subtilité musicale et d’élégance féminine. Pour l’intro de Marlene on the Wall elle chausse un chapeau-claque pour annoncer le show, pour le reste elle est habillée de noir et de rouge à lèvres, avec une longue veste et un foulard bohème autour du cou.
Guitariste de talent, son instrument électro-acoustique sonne clair comme sa voix est brumeuse et feutrée. Gerry l’accompagne avec talent et électricité, ne négligeant pas à l’occasion quelques charges électroniques. Plus souvent qu’à son habitude Suzanne abandonne sa guitare et entame quelques discrets pas de danse sur ses ballerines en chantant.

Quelques nouvelles chansons tout de même, notamment celles écrites pour le livret d’une pièce de théâtre de Carson McCullers, écrivaine américaine du XXème siècle dont elle évoque la vie dissolue. Instant of the Hour After raconte une fin de soirée alcoolisée entre Carson et son amour :

On your cheek, that sweet/ shadow falling./ The pulse in your neck, how I’ll/ know it, right to the end./ How I love you/ How I loathe you./ All you can say is:/ “Reverberating acuity”/ “Lousy simile”/ “Vacant majesty.”/ In the instant of the hour after.

Une soirée avec Suzanne c’est une ballade en musique sur le chemin escarpé d’un folk urbain nuageux. Sa voix est une caresse, une direction ; ses compositions sont une mélancolie, une raison de vivre ; son personnage est une élégance sans égal. La douceur exsude de tous ses gestes, l’intelligence marque ses créations et New York rôde au-dessus de ses chansons.

Ce même soir un autre new-yorkais se produit à Paris, entre Lou Reed et Suzanne il a fallu choisir, il n’y a pas à regretter.

Cette reconstitution de toute son œuvre en acoustique est la meilleure des idées (même si assortie semble-t-il de quelques considérations mercantiles de récupération de droits), on a déjà oublié la période où elle était accompagnée d’un groupe. Cette évolution vers plus de simplicité et de sérénité est salutaire, elle nous laisse l’image d’une artiste accomplie en pleine possession de ses moyens, diffusant une pureté sans égale !

Warm up : James Walsh

The Two – 2012/06/01 – Paris le Café de la Danse

The Two au Café de la Danse, un grand escogriffe à la guitare (David, fils de Jean-Michel Jarre), une petite délicieuse au chant (Ara, peintre, fille de Philippe Stark) qui susurre suavement :

I’m 22 and I’m feeling blue/ I’m 22 don’t know what to do.

Accompagnés d’un bassiste et d’un batteur, ces deux là se lancent dans le grand bain de la scène pop-rock. Cela sent les débuts, cela fleure la naïveté, mais il faut bien commencer ! Et il y a derrière cette timidité musicale des années de répétition et de compositions sur cahiers à spirale. Les mélodies sont malignes, les textes un peu amers, les deux voix se complètent harmonieusement, le résultat est agréable d’autant plus que David s’y entend aux guitares, ils nous offriront même une reprise de Michael Jackson (They don’t really care about us), sympathique diversion, et une prestation avec le chanteur de No One is Innocent. L’ambiance est pop-légère, la soirée bobo-bastille. On peut certainement acheter leur premier disque.

Bonne surprise en première partie avec FM Laeti, chanteuse black à la voix soul, accompagnée d’un guitariste : de la joie, de la gaucherie mais du talent, et une voix incontestable.

Churchill Winston, ‘Mémoire de guerre 1941-1945’.

Sortie : 2010, Chez : Tallandier. Depuis la bataille de l’Atlantique jusqu’à Hiroshima, la fin de la 2ème guerre mondiale et les prémices de la guerre froide si bien anticipée par Churchill qui est l’inventeur du terme « rideau de fer ». L’auteur nous emmène sur tous les théâtres d’opération : l’Europe occidentale, les Balkans, la Méditerranée, l’Afrique, l’extrême Orient ; nous fait partager les secrets des réunions des 3 alliés (Roosevelt [puis Truman], Staline et Churchill) menées à travers la planète pour diriger la guerre et préparer la paix, tout au long de ce conflit qui a véritablement embrasé la planète entière.
La traduction a été améliorée par rapport aux éditions originales, le texte sérieusement réduit et agrémenté de notes historiques tempérant l’enthousiasme de l’auteur ou rétablissant la vérité historique.

Elvis Costello & the Imposters – 20120529 – Paris l’Olympia

Elvis Costello à l’Olympia ce soir : Elvis et ses Imposters c’est un peu une cure de jouvence pour les quinquas+, dont quelques VIP, qui s’installent sur les fauteuils rouges du théâtre parisien. Les Imposters ont en partie remplacé les Attractions, en partie seulement car Steve Nieve (claviers) et Pete Thomas (batterie) sont du groupe actuel comme ils furent de l’ancien (Davey Faragher est le novice de la soirée à la bass). Et avant les Attractions il y eu le gang de The Rumour, parti ensuite sur la route de Graham Parker, puis celle de Garland Geffreys plus apte que Graham à leur assurer un salaire en fin de mois… Toute cette bande du petit monde intello-krypto-punk de la fin des années 70’s est toujours là : Garland vient de sortir un disque, Graham est exilé aux Etats-Unis où il donne des concerts solo, et Elvis est face à nous ce soir.

Après une introduction de quatre chansons Elvis coiffe un chapeau-claque, s’empare d’une baguette de magicien et nous explique la suite du déroulement du show, c’est-à-dire principalement la désignation par une hôtesse de spectateurs volontaires pour monter sur scène et faire tourner la grande roue à chansons qui permettra de choisir les morceaux à interpréter. Il y a là un large échantillon de 35 années de carrière et lorsque par hasard la roue semble s’arrêter sur un titre déjà joué, Elvis la pousse un peu vers la suivante.

A gauche de la scène se trouve une cabine a go-go-dancing, une table de bar et deux chaises où s’assoient les volontaires après leur choix, avec un cocktail multicolore, le temps de l’exécution des morceaux désignés par la chance et pendant qu’une beauté black se déhanche dans la cabine. Antoine de Caunes sera l’un de ces volontaires et ira même rejoindre la danseuse dans sa cabine pour se déhancher à l’unisson, et tout ceci pendant qu’Elvis et ses imposteurs travaillent !

Au-delà de cette mise en scène un peu tape-à-l’œil mais finalement sympathique, le plus formidable est surtout de retrouver Elvis dans une forme olympique avec une voix qui n’a pas changé d’un iota depuis tout ce temps, avec ce même timbre un peu brumeux-métallique et capable d’acrobaties rythmiques et harmoniques assez incroyables. Et il y a la guitare rythmique dont il joue toujours avec brio et détachement. Et il y a surtout les claviers de Steve qui enrobent cette musique originale de leurs nappes énergiques et joyeuses.

La recette Costello ce sont des morceaux concis et percutants, marqués par de fréquentes ruptures de rythmes et de tons, le tout sur des textes narquois. Cette recette fait encore fureur à l’Olympia ce soir, des tubes légendaires passent en trombe au milieu d’items du répertoire moins connus : Accident Will Happen, Watching the Detectives, Veronica

C’est ce qui avait permis à ce desperado de transcender l’énergie primale des groupes punks de son époque pour accoucher d’une musique tout de même sacrément plus évoluée et jouissive. Une débauche de disques est furieusement déversée sur le marché depuis les années 70’s par ce créateur hors pair et infatigable, avalant toutes les inspirations, du rythme & blues au reggae, en passant par la country et même des incursions dans la musique classique et le jazz, pour synthétiser le tout dans une musique à part, difficile à ranger dans une case, faite de notes et de mots pétillants, riches et joyeux, servis par un groupe de vieux requins de la scène rock qui jouent de leurs instruments avec un brio et un naturel exceptionnels.
Elvis Costello : un grand musicien, un créateur ambitieux !

Et lorsqu’il rechausse le chapeau claque, la fin approche. Le meneur de jeux a beaucoup donné, avec un enthousiasme de jeune homme, alors avec ses trois potes ils vont jouer Pump it Up en finale : …Out in the fashion show,/ Down in the bargain bin,/ You put your passion out/ Under the pressure pin./ Fall into submission,/ Hit-and-run transmission./ No use wishing now for any other sin./ Pump it up until you can feel it./ Pump it up when you don’t really need it.

Et I Want You pour terminer, un monument !

Set list :
Overture – featuring the former Mother Superior of Our Lady of Perpetual Torment, Dixie De La Fontaine
I Hope You’re Happy Now/ Heart Of The City/ Mystery Dance/ Radio Radio
The Spectacular Spinning Songbook
Motel Matches – Spin 1/ Accidents Will Happen – Spin 2
« Joanna » Jackpot – Spin 3
I Still Have/ That Other Girl/ She/ Talking In The Dark
« Numbers » Jackpot – Spin 4
Less Than Zero/ 45/ One Bell Ringing/ Watching The Detectives/Help Me – Spin 5/ Oliver’s Army – Spin 6/ Bedlam – Spin 7 – M. Antoine de Caunes’ Spin
Chelsea – Featuring The Crazy Go-Go Stylings Of M. Antoine de Caunes – IMPROMPTU
Interlude
A Slow Drag With Josephine – Napoleon Solo/ Jimmie Standing In The Rain – Napoleon Solo/ Who’s The Meanest Girl In Town, Josephine – Napoleon « Ukulele » Solo/ Veronica – with the Imposters/ Shipbuilding/ National Ransom No.9
The Hammer Of Songs
So Like Candy/Don’t Let Me Be Misunderstood/ Everyday I Write The Book – IMPROMPTU/ Alison/The Wind Cries Mary
Finale
« Happy » Jackpot – Napoleon’s Choice
I Can’t Stand Up For Falling Down/ High Fidelity/ Pump It Up/ Peace, Love And Understanding/
Poor Napoleon – Pour Sofia et Thomas/ I Want You

Jeanne Added / Laetitia Shériff / Lisa Portelli – 2012/05/14 – Paris le Café de la Danse

Jolies (presque) découvertes au Café de la Danse où se produisent en trois shows, courts et enlevés : Jeanne Added, Latetia Shériff et Lisa Portelli.

Jeanne, bassiste-chanteuse, une réincarnation de Marlène Dietrich électronique, le cheveu hirsute, chemisier frou-frou, une voix trouble portée par la bass sacadée, une atmosphère froide et contemporaine.

Laetitia, abonnée aux premières parties avec sa guitare baryton et ses samples. Elle mériterait les feux de la rampe, elle devrait les retrouver avec la reconstitution annoncée de son groupe. En attendant, elle continue à nous charmer de sa voix sombre posées sur ses arpèges répétitifs et obsédants.

Lisa, un petit brin de femme blonde en chaussure blanche, montée sur ressorts, accrochée à sa guitare, virevoltante et agile, accompagnée d’un guitariste-grande-bringue et d’un batteur-sympathique, chantant en français d’une voix sucrée des textes charmants, elle est tout simplement exquise.

Plaquant des riffs automatiques sur sa guitare en dialogue avec les six cordes de l’escogriffe, ils font monter la tension et terminent les morceaux dans des paroxysmes de rythmes électriques sens dessus dessous, et des vagues de cheveux blonds fouettant les airs. Un petit air de Vanessa Paradis mais ne nous y trompons pas, c’est une rockeuse… au cœur tendre.

Churchill Winston, ‘Mémoire de guerre 1919-1941’.

Sortie : 2009, Chez : Tallandier. L’irrépressible montée du nazisme post-traité de Versailles dans l’entre deux-guerres mondiales, l’incroyable faiblesse de la politique européenne face à l’Allemagne re-conquérante, l’esprit de résistance du peuple britannique, le grignotage territorial et violent d’Hitler et finalement l’entrée en guerre de la France et du Royaume-Uni ; une aventure insensée, celle du siècle de nos parents, racontée avec la verve et l’enthousiasme d’un dirigeant de légende : Churchill !