Un dirigeant socialiste en fin de parcours

Gérard Filoche, 71 ans, ancien militant trotskiste reconverti en frondeur socialiste dans les années 2000 a publié un tweet sur son compte représentant le président de la République française grimé en nazi (la croix gammée sur son brassard étant remplacée par le sigle du dollar) et laissant planer l’idée qu’il est associé avec des lobbyistes de confession juive.

Aussitôt publié aussitôt retiré quand l’impétrant s’est rendu compte que ce montage avait été confectionné par des groupes extrémistes, mais ce fut trop tard et ce « retweet » de M. Filoche a été largement commenté et lui vaut une exclusion de parti socialiste malgré ses plates excuses publiques.

Tout ceci relève de la tempête dans un verre d’eau et n’a guère d’importance, il suffit de traiter ce non-évènement par l’indifférence, s’agissant d’un homme âgé qui devrait d’ailleurs s’être retiré de la vie politique depuis déjà longtemps. Le plus frappant dans cette petite histoire est la constance de ces hommes publics à perdre leur temps sur leurs comptes Tweeter où ils publient tout et n’importe quoi. On dirait que la perspective d’envoyer dans la nature des messages de 140 signes génère une excitation pavlovienne qui décérèbre immédiatement le titulaire du compte.

Les seuls qui lisent ces messages insignifiants sont des journalistes qui s’empressent de les relayer dès que l’amorce d’une polémique susceptible de faire vendre leurs papiers s’annonce à l’horizon. Tous les hommes et femmes se disant « politiques » se sont plus ou moins déjà fait prendre les doigts dans la porte. Croyez-vous que cela leur servit de leçon ? L’affaire Filoche montre avec éclat que ce n’est pas le cas !

M. Filoche n’est pas content et conteste son exclusion devant la commission des litiges de son parti. Encore beaucoup de temps perdu pour pas grand-chose pour un parti à la dérive. Ce garçon sera oublié sous peu, il est peu probable qu’il ne soit jamais réélu à quoi que ce soit désormais, le mieux pour lui est maintenant de tirer sa révérence et de goûter les joies d’une retraite bien méritée après des décennies d’engagement politique qui l’ont beaucoup usé.

Et ça continue…

Avec pugnacité et mauvaise foi l’opposition au nouveau président de la République française continue à présenter aux électeurs l’un des éléments du programme fiscal annoncé de façon subjective. Il est prévu de baisser les charges sociales (cotisations maladie et chômage) de 3,15% et de financer cette diminution par une hausse de la Contribution sociale généralisée (CSG) de 1,7%. L’opposition ne parle que de la hausse bien sûr, pas de la baisse… Pour ce qui concerne la position de Les Républicains, leur position ne manque pas de faire sourire quand on se souvient que leur candidat à la présidence prônait une hausse de la TVA de 2%.

Il s’agit en fait d’un transfert de financement d’une taxe vers une autre. C’est en principe globalement neutre même s’il y aura des gagnants et des perdants, comme dans toute réforme. Dire le contraire serait mentir. La loi de Finance qui sera finalement votée par la nouvelle majorité dira finalement ce qu’il en sera dans la vraie vie.

Maurice Thorez à la Mairie d’Ivry

Mariage à la Mairie d’Ivry : dans le hall d’entrée trône un monument à la gloire de Maurice Thorez « militant éminent du mouvement ouvrier français et international ».

Secrétaire général du parti communiste français lors de la deuxième guerre mondiale, Thorez est mobilisé en septembre 1939 alors que l’Union soviétique a signé le pacte germano-soviétique avec l’Allemagne nazi. L’international communiste dirigée par Moscou enjoint alors à Thorez de déserter, ce qu’il fera avec sa femme Jeannette Vermeersch en rejoignant Moscou. Il est alors condamné à six ans de prison pour « désertion en temps de guerre » par la justice française et déchu de sa nationalité française. Il est également déchu de son mandat de député.

Il restera en Union soviétique jusqu’en novembre 1944 date à laquelle le gouvernement provisoire de de Gaulle (qui comprend deux ministres communistes) lui octroie une grâce individuelle. Il réintègre aussitôt son poste de secrétaire général et n’a pas perdu sa popularité auprès du monde ouvrier. Stalinien compulsif il fut ensuite ministre et poursuivra son œuvre partisane.

Il fallait à l’époque réconcilier les français, et nombre d’entre eux étaient communistes dont certains furent de nobles résistants durant la guerre après la rupture du pacte germano-soviétique. Tout ceci relève maintenant de l’Histoire.

La grande salle des mariages est décorée d’une vaste fresque en hommage à la révolution française de 1789. On y voit le peuple réjouit portant des fleurs vers un ciel bleu et pur, en avant pour un monde nouveau et radieux.

« Mutualiser la dette », la nouvelle illusion !

Benoît Hamon, comme d’autres candidats de gauche à l’élection présidentielle, veut faire battre le cœur de la France, mais veut aussi alléger ses engagements en prônant « la mutualisation de la dette en zone euro » ! En mots plus compréhensibles, cela revient à faire cautionner la dette publique française par les autres, a priori par ceux qui gèrent mieux leurs finances, ceux qui ont une situation financière plus florissante. Quand vous avez besoin d’une caution pour signer un bail d’habitation, vous la demandez plutôt à votre grand-mère assise sur ses Louis d’or plutôt qu’au cousin désargenté.

Cautionner, cela veut bien dire que, in fine, votre dette sera payée par la caution si vous n’êtes pas en mesure de le faire vous-même. Alors bien sûr, quand l’Allemagne qui est en excédent budgétaire (c’est-à-dire que l’Etat dépense moins d’argent qu’il n’en encaisse) voit arriver les français avec leur cohorte de mauvaise gestion, de dette très significative et de déficit budgétaire chronique depuis les années 70’ (c’est-à-dire que l’Etat dépense plus d’argent qu’il n’en encaisse et ce depuis 40 ans) quand un utopiste leur propose la « mutualisation de la dette », ils ne peuvent s’empêcher de penser que ces maudits français veulent faire payer leurs dettes par les rigoureux allemands… Il n’est pas sûr que la proposition rencontre un franc succès à Berlin.

Passer la patate chaude au voisin permettrait de continuer à dépenser comme si de rien n’était. C’est la nouvelle illusion.

En fait, la dette des pays de la zone euro est déjà informellement mutualisée mais sous réserve que les Etats membres respectent des critères minima de gestion d’un bon père de famille. Le cas de la Grèce a bien montré que sa dette était mutualisée puisque les autres membres de la zone ont évité que ce pays ne soit prononcé en défaut en refinançant ses dettes et, très probablement, en les remboursant à la place de la Grèce le moment venu. Mais il faudra bien un jour avouer aux citoyens français qu’ils vont payer à la place des grecs une partie de sa dette qu’ils ont cautionnée et ne pas être remboursés d’une partie des fonds que la France a prêtés en direct.

C’est ainsi, en matière de prêt/emprunt, il y a toujours quelqu’un qui dépense au début et qui paye à la fin, ou qui n’est pas remboursé, ce qui revient au même en terme de trésorerie. En principe c’est la personne qui dépense qui doit rembourser… Ce principe basique est bien compris par les allemands et Benoît Hamon, sauf qu’ils n’ont pas exactement la même idée sur celui qui doit payer in fine la dette française.

Pas de second mandat pour le président socialiste de la République

François Hollande
François Hollande

Comme il l’avait laissé supposer à de nombreuses reprises, le président de la République vient de rendre publique sa décision de ne pas se présenter à l’élection pour un deuxième mandat. Il avait conditionné une nouvelle candidature notamment à « l’inversion de la courbe du chômage ». On ne peut pas dire que cet objectif ait été atteint, il a donc renoncé. C’est correct de sa part. Il devait se décider en décembre, ce calendrier fut également tenu comme annoncé.

La presse de circonstance qui glosait depuis des mois sur la participation de François Hollande aux élections primaires de la gauche en est pour ses frais. Une nouvelle fois l’obsession des journalistes pour le sensationnalisme et l’immédiat les a détournés des questions de fond. Et de plus, ils se sont pour la plupart lourdement trompé sur l’immédiat : Hollande ne se représente pas.

Ils auraient pu passer du temps à analyser les programmes des candidats de gauche mais ils ont préféré vouloir jouer les devins et anticiper la décision du Président, c’est plus facile et plus vendeur. A peine leur nouvel échec consumé, les voilà désormais tous tournés sur la nouvelle question clé : est-ce que le premier ministre actuel sera candidat à la primaire ?

La courbe du chômage
La courbe du chômage

Un ministre à la dérive

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Le ministre de l’Economie démissionne et déclenche une fébrilité de première catégorie dans les médias et le microcosme politico-mondain. L’effet sur la croissance économique et le rééquilibrage de la France est nul, l’apport au débat politique inexistant à ce stade, la pollution médiatique maximum !

Le garçon est sympathique et bien habillé. Il a essayé de moderniser la gauche française. C’est une tâche ardue tant sont prégnantes les vieilles habitudes et les réflexes antédiluviens. Il y a un peu réussi mais semble trop frustré et impatient pour continuer l’expérience dans un gouvernement de gauche. Alors il part à la plage !

On ne sait pas trop quel est son programme ni ses plans pour l’avenir. Il les précisera sans doute à son retour de vacances, on pourra alors mieux se prononcer sur l’utilité de ce garçon pour la République.

Eh Oh La Gauche !

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Des partisans du pouvoir actuel cherchent à réveiller la gauche pour lui faire défendre son bilan et, sans doute, envisager la candidature à sa réélection du président actuel de la République : François Hollande. Ils n’ont rien trouvé de mieux que de dénommer leur démarche « He Oh la Gauche ! ». C’est aussi ridicule que le badge « 1 million d’emplois » que le chef du patronat Pierre Gattaz affichait il y a quelques mois sur son veston.

Comme toujours le débat s’élève à peine au-dessus de celui du Café du Commerce et ce slogan « He Oh la Gauche ! » ne pousse pas vraiment à l’intelligence. Qu’une majorité veuille défendre et expliquer ses réalisations, quoi de plus classique. Que l’opposition lui dénie toute avancée positive, c’est hélas aussi dans l’ordre des choses en attendant, peut-être un jour, l’émergence d’une opposition intelligente.

Le problème de la candidature de M. Hollande est un tout autre sujet. En toute logique il ne devrait pas se représenter puisqu’il avait conditionné sa candidature à l’inversion de la courbe du chômage et, quoi qu’il réussisse au cours des dix prochains mois cette courbe ne sera pas inversée durablement. Il doit d’ailleurs dire ce qu’il fera d’ici à la fin de l’année 2016 soit dans huit mois.

Il serait décent et raisonnable qu’il ne se représente pas afin de respecter cet engagement. Il n’est d’ailleurs pas complètement exclu qu’il opte pour un retrait. Cela serait d’une certaine élégance et changerait finalement assez peu de choses puisqu’il a de toutes façons assez peu de chances d’être réélu sauf si l’opposition actuelle est encore plus bête qu’on ne l’imagine et arrive à perdre cette élection qui s’ouvre devant elle comme un boulevard rectiligne…

Titine monte à nouveau au front

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Martine Aubry, 65 ans, maire de Lille, membre du parti socialiste tendance archéo, cosigne une tribune dans le journal Le Monde du 25/02/2016 avec quelques élus verts et socialistes et des membres de la société civile. Ensemble ils se plaignent de la politique libérale du pouvoir en place, du projet constitutionnel de déchéance de la nationalité au « pacte avec le MEDEF » en terminant bien sûr avec le projet de réforme en cours du code du travail. Tout est à jeter selon les signataires qui assortissent leur jugement des grands mots de circonstance sur les valeurs, le nouveau modèle de développement social et écologique, l’identité de la France et patati-et-patata.

Toutes ces idées sont nobles et légitimes mais quelle est l’utilité de les publier dans la presse ? A peu près nulle sinon de vendre un peu de papier dans les kiosques, quelques clics sur les médias sociaux et du temps d’antenne sur les plateaux mondains car les journalistes, comme toujours, adorent se jeter sur ces combats de basse-cour.

Il faut que Martine Aubry et les siens se comptent, au sein du parti socialiste pour commencer, puis sur les bancs du parlement pour finir. Ils doivent présenter des motions au congrès du PS, des candidats aux primaires s’il y en a, et un programme de gouvernement aux électeurs. Ils verront bien après ce travail s’ils ont des citoyens derrière eux. Ce n’est pas dans Le Monde qu’ils feront notablement avancer leurs idées.

Rappelons la haine politique que Martine Aubry voue au premier ministre Manuel Valls qui nous avait valu cette exceptionnelle lettre signée par elle en 2009 en tant que chef du parti socialiste où elle recommandait à l’impétrant de démissionner du parti. Il faut la relire car c’est une vraie leçon de morale et de socialisme à celui qui est devenu premier ministre et essaye de moderniser la gauche française contre les vieilles lunes du socialisme français : cliquez ici pour la lettre et sa réponse.

Accessoirement, on constate que Mme. Aubry continue à ses teindre les cheveux, ce qui lui fait au moins un point commun avec le président de la République. Ils se retrouvent tous deux sur le terrain de ceux qui n’assument pas leur âge et cherchent à maquiller la réalité.