Ségolène Royal : le retour

Qu’est ce qui peut pousser un chef de gouvernement à reprendre Ségolène Royal comme ministre ? Elle n’a jamais surperformé dans ses fonctions ministérielles précédentes, elle n’est pas même élue député, ses camarades socialistes dans leur grande majorité au mieux se moquent d’elle au pire la traitent d’incapables, elle est un peu nunuche sur les bords, elle a zéro capacité de nuisance, ne dispose pas vraiment d’un vaste mouvement de soutien populaire et pourtant elle se retrouve ministre de la République.

C’est incompréhensible. A quoi peut bien donc servir une Ségolène Royal dans un gouvernement ?

Uns nouvelle couverture pour Paris-Match

Le nouveau premier ministre français Manuel-Valls-qui-pose-dans-Paris-Match-comme-une-starlette annonce sa volonté de démonter l’organisation territoriale de la République pour la rendre plus simple et, surtout, moins coûteuse. Il faut diminuer le nombre des régions et des départements, tout le monde est d’accord mais à condition de commencer chez le voisin. Le projet de Valls a immédiatement déclenché le défilé des pleureuses annonçant les pires catastrophes en cas de disparition de leurs collectivités. Des sénateurs vieillissants et cumulards détaillent leur opposition à un tel projet, des députés de droite comme de gauche scient consciencieusement les branches sur lesquelles ils prospèrent depuis des années et crient leur projet de rester figés et accrochés à leurs prébendes territoriales.

Ce projet de réforme indispensable, lancé sous le précédent gouvernement, en partie remis en cause par le gouvernement actuel à son arrivée au pouvoir (suppression des conseillers territoriaux avant même qu’ils n’existent dans les faits) devrait en principe rencontrer l’unanimité nationale pour peu que les petits intérêts personnels des uns et des autres puissent être balayés par l’intérêt de la République. Ce n’est pas gagné.

Et une Ségolène, une !

Ségolène Royal, 61 ans, mère des quatre enfants qu’elle a eus avec le président de la République, est membre du nouveau gouvernement français. On se demande bien ce qui a pu pousser à une telle décision. Un peu nunuche, plutôt démagogique, pas vraiment techno, ni plus novatrice, il est peu probable qu’elle soit d’un apport majeur pour la République, et pourtant elle est revenue. Cela ressemble un peu aux arrangements entre copains et coquins !

La force des membres de ces corporations est d’arriver à faire croire qu’ils sont indispensables, ou que leur capacité de nuisance est forte. C’est le même genre de situation dans le monde de l’entreprise où l’on voit des pédégés faire modifier les statuts de leurs entreprises pour rester en poste (cas de Total en ce moment dont le chef est atteint par les mesures d’âge) ou des traders-fraudeurs justifier de rémunérations gigantesques sous peine de partir à la concurrence.

La vérité est que toutes ces élites sont aisément interchangeables mais réussissent à faire croire le contraire. Ségolène Royal, ministre il y a 22 ans en est le parfait exemple, hélas !

La gauche et l’économie

En pleine forme notre président à la double vie (privée) : il fait un tabac à sa conférence de presse sous les ors de l’Elysée en annonçant qu’il va réduire les charges des entreprises en les exonérant des cotisations familiales. Nouveauté : cette mesure serait financée non pas par un transfert sur le contribuable mais par une baisse des dépenses publiques. On se souvient en effet que le crédit d’impôts pour la compétitivité et l’emploi (Cice) annoncé en 2012, en gros une baisse des impôts des entreprises, doit être financé par le consommateur via un relèvement de la TVA intervenu depuis le 1er janvier de cette année. C’est un mode de financement similaire à celui de la TVA dite « anti-délocalisation » dans sa version sarkoziste et que la majorité précédente n’avait pas eu le temps de mettre en œuvre.

En l’espèce, la politique familiale devrait désormais peser sur le contribuable à qui l’on demandera moins dans d’autres domaines. Le choix des lignes budgétaires sur lesquelles il va falloir rogner sérieusement risque d’être sportif et annonce des sommets de démagogie et de mauvaise foi, à moins que, pour la première fois depuis 1945 une sorte d’union nationale se fasse, au moins sur ce sujet ? Ce serait juste : le choix des domaines où il faudra réduire le train de vie de la République, ce dont tous les citoyens souffriront d’une façon ou d’une autre, mériterait un accord d’une grande majorité du peuple et de ses représentants.

Vie publique – Vie privée

Incroyable : notre bon président Hollande que la France entière accuse depuis 18 mois d’être mou et indécis aurait une liaison avec une starlette ! Des photos de la presse pipole le montrent sortant en scooter de chez sa maîtresse. Du coup sa maîtresse officielle fait un malaise vagal et se retrouve en repos à l’hôpital. Un vaudeville inattendu qui fait la une des journaux français et occidentaux…

La politicaille et la presse mondaine ressortent les vieux débats sur « vie privée et vie publique pour un président de la République ». Ce qui est sûr c’est que sa double vie se fait au détriment de ladite République. Le garçon est tout de même payé par les contribuables pour veiller au feu nucléaire et à la gestion du pays 24 heures sur 24, pas pour batifoler. Pour ceux qui ont déjà vécu ce genre de situation, ils en connaissent les contraintes : il faut mentir, se cacher, bref le double-jeu occupe l’esprit et prend du temps. Cela ne rentre donc pas dans les attributs d’un président qui a autre chose à faire et doit considérer sa charge comme un sacerdoce.

Encore des fausses factures pour détourner l’argent du contribuable

L’ancien maire socialiste d’Hénin-Beaumont est condamné à 4 années de prison, dont 3 fermes, plus cinq années d’inéligibilité, pour détournement d’argent public. Il y a 17 autres condamnés dans cette affaire de fausses factures, encore une. Le camarade ex-maire crie son innocence sur tous les toits et laisse entendre que les fonds détournés alimentaient le PS, et qu’il va dire la vérité, etc. etc. Eh bien qu’il dise la vérité et s’il faut condamner 20 autres personnes, condamnons donc !

Il affiche déjà qu’il se présentera aux suffrages de ses électeurs aux municipales de 2014 (il a fait appel donc sa peine d’inéligibilité doit probablement être suspendue jusqu’à l’arrêt de la cour d’appel) ou à l’issue de sa période d’inéligibilité. Comme Emmanuelli, Juppé et tant d’autres repris de justice, il risque bien d’êtreréélu avec les félicitations du jury.
On a les dirigeants que l’on mérite !

La noyade des partis politiques

C’est l’été, il y a des noyés sur les plages, ni plus ni moins que les années précédentes. La plupart du temps les victimes se baignaient dans des zones indiquées comme dangereuses, voire même interdite. La droite accuse la gauche de laxisme dans la surveillance des plages, et, bien entendu, la gauche répond qu’il s’agit là du résultat de la politique de la droite pendant dix années. Les requins qui bouffent les surfeurs à la Réunion, c’est aussi la faute à Flamby…

Est-ce que la politique ne s’honorerait pas pour une fois à mettre les citoyens devant leurs responsabilités plutôt que de se rejeter la balle d’un parti à un autre ?

Le yo-yo fiscal

Certains responsables de la majorité actuelle s’émeuvent du niveau intolérable des impôts pesant sur les classes moyennes. On se demande s’ils le font exprès ou s’ils prennent vraiment des vessies pour des lanternes. En tout cas, ils considèrent les électeurs comme des gogos.

La politique du yo-yo fiscal semble être la tactique favorite de nos gouvernants avec une petite variante selon la couleur : la droite commence par les baisser puis les augmente, alors que la gauche les accroit puis les diminue. Et aucune des deux tendances n’arrive durablement à maîtriser les dépenses publiques face à la puissance des lobbys divers et varier qui arrive coûte que coûte à forcer l’Etat à dépenser plus qu’il ne gagne. On peut remonter ainsi jusqu’à Louis XVI, car l’une des causes de la révolution française fut aussi la faillite financière de la monarchie qui, déjà, grâce aux astuces de Necker, roi de la dette publique, vivait au-dessus de ses moyens.

On a les dirigeants que l’on mérite !

Interdisons les tweets pour mettre les ministres au boulot !

Un nouveau ministre de l’écologie remplace son prédécesseur, viré pour déclaration intempestive sur le budget de son ministère. Delphine Batho est remplacée par Philippe Martin, l’une est aussi inconnue que l’autre. Député du Gers le garçon n’avait pas de compte Tweeter, absence qui est incompatible avec une fonction ministérielle. Ce manque a été aussitôt comblé et les gaz de schistes n’ont qu’a bien se tenir.

Il n’a pas encore commis de tweet mais sans doute s’occupe-t-il d’abord de ses dossiers. Il semble n’avoir pas bien compris l’ordre des priorités, Cécile Duflot lui donnera des cours de tweetos pour qu’il puisse réussir dans son nouveau job.

Corruption à Marseille

Entre deux règlements de compte de dealers, trois émeutes de fans de fouteballe, Marseille regarde son personnel politique rendre des comptes devant la justice. Les frères Guerini mis en examen pour corruption, et avec eux un nombre important de personnes du conseil général des Bouches du Rhône, voilà Sylvie Andrieux, députée socialiste de cette ville, condamnée à trois ans de prison dont une année ferme, 100 000 euros d’amende et cinq années d’inéligibilité pour détournements de fonds publics à des fins clientélistes commis au préjudice du conseil régional Provence-Alpes-Côte d’Azur où elle est vice-présidente de quelque-chose. Elle aurait distribué l’argent du contribuable à tout va en accordant des subventions bidons aux copains et aux coquins. Elle a fait appel de cette condamnation. Tout ceci est bien marseillais mais guère brillant.

Cahuzac au marché

Cahuzac le ministre-fraudeur fait son petit tour de marché à Villeneuve-sur-Lot, son ancienne circonscription, comme si de rien n’était. Il serre quelques paluches, discute avec Madame Michu, se fait prendre en photo avec la crémière et baguenaude tranquillement. Il a sans doute en ligne de mire de se représenter à des élections dans son bled, après tout les élus repris de justice en France sont souvent réélus avec les honneurs à l’issue de leurs périodes d’inéligibilité : Juppé, Tibéri, Emmanuelli, Flosse,… Guérini, mis en examen à Marseille, pourra sans doute bientôt concourir pour le score du meilleur repris de justice élu ? Et on attend Tapie.

Le ministre-fraudeur à la télé

Le Cahuzac, ministre-fraudeur, ne peut s’empêcher de venir faire le zouave auto-contrit sur un plateau de télévision pour une confession psycho-communicante sans grand intérêt. Il serait plus décent que ce garçon reste discret plutôt que de se remettre à parader huit jours après ses aveux de fraude.

Cahuzac le félon

A l’unanimité et avec toute la faux-jetonnerie qui la caractérise la classe politique tombe à bras raccourcis sur Cahuzac-le-fraudeur-repenti : la Le Pen demande le retour aux urnes des citoyens, Copé et ses âmes damnées Christian Jacob et Nadine Morano hurlent au remaniement ministériel, la Mélenche en profite pour nous refourguer son projet de 6ème République au cri de « L’Elysée est enlisé », Bayrou réclame un référendum, les anciens amis de Cahuzac font assaut de formules alambiquées pour rappeler que le ministre-fraudeur est certes un fraudeur mais n’en fut pas moins un bon ministre du budget. Bref, Cahuzac-le-fraudeur a semé une pagaille de premier ordre dans le monde politique !

Un ministre félon démissionne

L’incroyable se concrétise : un ministre du budget de rencontre, soupçonné de « blanchiment de fraude fiscale » avoue après moult démentis, et sa démission, que finalement, c’est vrai, il détient des comptes en Suisse et à Singapour dotés d’environ 600 000 euros. C’est un million d’euros qui aurait abouti sur ces comtes, d’origine à confirmer, et qui a priori n’auraient jamais été soumis à l’impôt.

C’est le pompon, le ministre chargé de l’administration fiscale détient des comptes à l’étranger… Il déclare sur son blog :

Par lettre du 26 mars 2013, j’ai demandé à Messieurs les juges d’instruction Roger Le Loire et Renaud Van Ruymbeke de bien vouloir me recevoir afin que, délivré des obligations de ma fonction, je puisse enfin donner les explications qui s’imposent au regard de la détention à l’étranger d’un compte bancaire dont je suis le bénéficiaire depuis une vingtaine d’années.

J’ai rencontré les deux juges aujourd’hui. Je leur ai confirmé l’existence de ce compte et je les ai informés de ce que j’avais d’ores et déjà donné les instructions nécessaires pour que l’intégralité des actifs déposés sur ce compte, qui n’a pas été abondé depuis une douzaine d’années, soit environ 600.000 €, soient rapatriés sur mon compte bancaire à Paris.

A Monsieur le Président de la République, au Premier Ministre, à mes anciens collègues du gouvernement, je demande pardon du dommage que je leur ai causé. A mes collègues parlementaires, à mes électeurs, aux Françaises et aux Français j’exprime mes sincères et plus profonds regrets. Je pense aussi à mes collaborateurs, à mes amis et à ma famille que j’ai tant déçus.

J’ai mené une lutte intérieure taraudante pour tenter de résoudre le conflit entre le devoir de vérité auquel j’ai manqué et le souci de remplir les missions qui m’ont été confiées et notamment la dernière que je n’ai pu mener à bien. J’ai été pris dans une spirale du mensonge et m’y suis fourvoyé. Je suis dévasté par le remords.

Penser que je pourrais éviter d’affronter un passé que je voulais considérer comme révolu était une faute inqualifiable. J’affronterai désormais cette réalité en toute transparence.

Jérôme Cahuzac, ex-ministre du budget

Une fois encore s’illustre la décadence qui pervertit nos sociétés modernes : la perte de tout sens de l’intérêt général au profit de la défense d’intérêts personnels, même à ce niveau de responsabilités. Au-delà de la morale, il semble que la Loi française ait été violée, la justice est saisie, qu’elle passe !

La couleur du président

Hollande preste sur France 2 dans un décor clinquant et tape-à-l’œil, sur fond d’écrans LED gigantesques qui ont surtout pour effet de faire ressortir ses cheveux (mal) teints. La teinture ne va pas du tout, le brun tourne au rougeoyant sous le feu des LED. Comment prendre au sérieux le discours d’un homme qui ne réussit pas même sa couleur ? Et quel besoin a-t-il de se teindre les cheveux ? C’est du temps perdu et du ridicule accumulé

A la recherche de la compétence

SégolèneRoyal, la madone du Chabichou, twitos fébrile, est nommée vice-présidente de la Banque Publique d’Investissement (BPI). Nous verrons si elle s’y montre aussi incompétente que les grands esprits qui ont géré Lehman Brothers, Le Crédit Lyonnais ou Dexia. Il n’est pas sûr qu’elle y arrive car tous ces énarques et matheux ont quand même placé la barre assez haute. Ils seront difficiles à battre.

La politique des affaires

Borloo, ancien avocat de Tapie dans ses affaires houleuses, crée un énième parti politique centriste.

En parlant d’affaires, aviez-vous remarqué que les deux candidats au poste de chef du parti socialiste (PS) étaient tous deux repris de justice ? C’est finalement Désir qui l’a emporté contre Cambadélis mais tous deux avaient été condamnés par la justice en leurs temps pour des affaires financières. N’aurait-il pas été possible de choisir des candidats avec un casier judiciaire vierge ? Ces deux garçons sont sympathiques, l’un un peu moins trotskiste que l’autre, mais il suffit de shooter sur un des lampadaires de la rue de Solferino et il vous tombe au moins cinquante candidats au poste de chefaillon du PS, tous aussi sympathiques, qui n’ont pas eu maille à partir avec la justice et qui présentent des compétences comparables à celles de Désir pour faire le job. C’aurait été plus propre, mais cela n’a pas été.