Six mois d’émeute à Paris

Ce 1er mai a vu se réaliser la convergence des râleurs, le traditionnel défilé syndical a dû partager la rue avec les émeutiers qui l’occupent tous les samedis depuis six mois, y compris leur courant ultraviolent d’extrême gauche. Celui-ci s’est distingué à Paris notamment en attaquant ses habituelles cibles capitalistes ainsi que le commissariat de police du XIIIème arrondissement.

La CGT qui a l’habitude de la tête de ce genre de cortège a dû en rabattre un peu sur ses ambitions et, alors que son secrétaire général, l’ineffable moustachu Philippe Martinez, se préparait à asséner un « point-presse », des échauffourées entre la police et les émeutiers ont forcé le moustachu à reculer quelque peu et repousser son « point-presse ». Aussitôt la CGT s’est répandue contre les attaques « inouïes » des forces de police contre la liberté syndicale. La situation est assez risible et le citoyen se demande légitiment : « à quoi peut donc bien servir un point-presse de la CGT au milieu d’une manifestation du 1er mai ? ». La démocratie se remettra du report du « point-presse » de la CGT !

Moins drôle, un groupe d’émeutiers a envahi l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière en forçant les grilles d’entrée et tentant d’envahir un service de réanimation dont le personnel a réussi à bloquer l’entrée. S’en est suivi une polémique franchouillarde comme celles dans lesquelles notre personnel politique adore se vautrer plutôt que de s’attaquer à la résolution des vrais problèmes du pays, tâche pour laquelle ils sont rémunérés par les fonds prélevés sur les contribuables ! Le soir de cet évènement le ministre de l’intérieur l’a qualifié d’attaque, le lendemain la ministre de la santé a parlé d’intrusion et le monde politicard est immédiatement entré en ébullition appelant à la démission du ministre trop bavard, et bla-bla-bla, et bla-bla-bla. Les « envahisseurs » quant à eux clament leur innocence et le fait qu’ils fuyaient la « l’ultra-violence policière ». Ils ont fondé le collectif « les 34 de la Pitié » pour communiquer sur leur aventure et tout ce petit monde va sans doute porter plainte contre l’Etat… à suivre.

Les râleurs de tous ordres ne sont pas à l’abri d’une contradiction pour nourrir les polémiques sans fin qui leur tiennent lieu de succédané de politique. Quand l’Etat ordonne à ses forces de sécurité de rester statiques pour éviter trop d’affrontements directs : il laisse les casseurs dévaster les villes. Quand l’Etat organise ses forces vers plus de mobilité pour empêcher les casseurs d’agir, il est accusé « d’ultra-violence » ou de « répression inouïe », et bla-bla-bla, et bla-bla-bla. Ce qui est sûr c’est qu’après chaque manifestation la puissance publique engage les sous des contribuables pour nettoyer les rues, reconstruire ce qui a été détruit, et là, tout le monde trouve ceci normal. Personne n’a demandé à la République de laisser les rues en l’état avec des carcasses de voiture brûlées, des façades détruites ou simplement tagués, des boutiques dévastées, etc. Ce serait peut-être une solution pour qu’au moins sur ce sujet la France retrouve une certaine unité : oui le contribuable doit payer tous les weekends pour nettoyer les dégâts des émeutes.

Si une petite partie seulement de toute cette énergie verbeuse était consacrée sur comment financer intelligemment la vingtaine de milliards annuels qui vont être dépensés pour atténuer quelque peu les inégalités sociales qui ont déclenché ces émeutes depuis six mois, la France s’en porterait mieux. Hélas, comme toujours, la préférence est donnée à la polémique plutôt qu’à l’action, au débat futile plutôt qu’à la raison, à la querelle politicienne plutôt qu’à l’intérêt général. Ainsi va la vie publique de notre vieux pays.

Nos enfants vont payer


Nous nous demandions récemment qui allait devoir payer pour que les émeutiers cessent d’imposer leur chaos à la majorité. Le président de la République a donné la réponse hier soir à l’occasion d’une conférence de presse : ce sont nos enfants qui paieront pour maintenir notre niveau de vie d’aujourd’hui. Différentes mesures de baisses des dépenses publiques prises depuis deux ans sont annulées, de nouvelles dépenses sont annoncées et des impôts doivent baisser. C’est le cocktail classique en France depuis des décennies pour les sorties de crises sociales (le dernier budget de la nation voté en équilibre remonte à 1974) qui explique la situation tendue des finances publiques : on augmente les dépenses et on baisse les recettes, le résultat est explosif. C’est comme à la maison : la dette augmente.

Les bonnes résolutions sur la réduction des déficits et du niveau de dette sont jetées aux oubliettes, il est fort peu probable que les engagements électoraux du président vis-à-vis de ses électeurs comme de nos partenaires financiers de la zone euro puissent être tenus. Et comme il va bien falloir payer, et bien la République va emprunter des sous et nos enfants les rembourseront…

La première série d’annonces en décembre pesaient déjà une dizaine de milliards d’euros en année pleine, celles dévoilées hier ajoutent une autre dizaine, on en est donc maintenant à 20 milliards d’euros à distribuer pour arrêter les émeutes et acheter le calme social. Il n’est d’ailleurs pas sûr que l’objectif soit atteint tant les revendications des émeutiers sont irrationnelles. Une revue des « niches fiscales » dont bénéficient les entreprises devraient être lancées mais en excluant les deux principales que sont le crédit impôt recherche (CIR) et le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). Il y a sans doute assez peu de chance qu’une révision à la baisse des niches résiduelles permette de financer 20 milliards. Les méthodes habituelles devraient donner les résultats attendus : la dette publique va augmenter.

Les discours lénifiants sur les effets bénéfiques de cette injection de fonds publics sur la croissance sont évidemment servis, Keynes expliqué à Mme. Michu, mais on connaît maintenant les limites de cette tactique qui consiste à dépenser d’abord puis réformer ensuite, et la seconde étape passe toujours aux oubliettes bien entendu. C’est le drame financier de la France, qui continue !

Combien va-t-il falloir payer ?

L’agitation sociale dans la République depuis le mois de novembre 17’, fortement renforcée par des émeutes hebdomadaires du samedi d’une minorité de citoyens sur l’ensemble du territoire, n’en finit pas malgré l’annonce en décembre dernier de dépenses supplémentaires pour une dizaine de milliards d’euros en année pleine qui n’a pas calmé la contestation.

Un débat national a été organisé, sorte de psychothérapie de groupe pour tenter de canaliser les mécontentements et d’en tirer la substantifique moëlle en formalisant la volonté du citoyen. Il est prévu que le président de la République fasse sou peu des annonces susceptibles de renvoyer en douceur les émeutiers dans leurs pénates. Cela ne va pas être facile !

A défaut de savoir ce qui se trame dans la pensée présidentielle, les ministres annoncent des « mesures fortes », des « décisions puissantes », des « changements majeurs »… En fait, il va falloir payer et il n’y a plus de sous dans la caisse, c’est un classique français, d’autant plus grave cette fois-ci qu’a priori l’addition risque d’être très lourde, proportionnelle à la hauteur des exigences des émeutiers pour cesser leur révolte. Petit point de pédagogie : il ne serait pas inutile au passage de signifier aux citoyens le montant des dégradations de biens publics et privés subis un peu partout en France depuis six mois en précisant comment seront financées ces dépenses imprévues.

Comment payer ? Les solutions sont maintenant bien au point. Si l’on raisonne à niveau de dépenses publiques constantes, soit l’on augmente des impôts des uns pour baisser ceux des autres, soit, ce qui revient au même, on augmente les prestations sociales dont bénéficient les uns en baissant celle des autres ; si par contre on accepte que la République dépense plus qu’aujourd’hui, il suffit de désigner les bénéficiaires et ceux qui devront payer. Après il faudra déterminer combien transférer ou combien augmenter. Finalement c’est simple la politique !

La seule solution qui vaille est celle qui verrait la France reprendre le contrôle de son budget, comme le ferait n’importe quel ménage dans la difficulté, ce qu’elle n’a jamais réussi à faire depuis 45 ans (dernier budget voté en équilibre : 1974). Il s’agirait de procéder à une véritable baisse des dépenses publiques, non pas une baisse de la hausse, non plus une baisse du déficit, mais une diminution de ce que paye l’Etat de façon à équilibrer ses dépenses avec ses recettes. Bien entendu dépenser moins signifie que moins d’argent aboutira dans les poches des citoyens et il s’agit alors de répartir la pénurie de façon acceptable pour ceux-ci. Ce n’est pas facile, spécialement avec un peuple indiscipliné, mais il ne faut pas désespérer. C’est toute la noblesse du métier de gouvernant que de remettre sans cesse l’ouvrage sur le métier.

Leur nombrilisme les fait passer par la case tribunal

Certains des émeutiers qui ont pillé des magasins parisiens n’ont pas pu s’empêcher de publier des photos leurs butins sur les réseaux dits-sociaux. Il semble que la police regarde également ces réseaux, ils ont été arrêtés à leur domicile et traduits en justice. D’autres se vantaient bruyamment dans le train retour qui les ramenait chez eux le samedi soir après leurs pillages, ils ont été dénoncés par une passagère : la police les attendait sur le quai à leur arrivée. Les fruits de leurs rapines suffisaient à les identifier plutôt facilement.

Ce besoin irrépressible de tout publier de sa vie nuit parfois à la capacité de raisonnement des utilisateurs de ces Facebook et autres Twitter. Il faut se féliciter que, pour une fois, ces réseaux permettent d’appliquer la Loi.

L’armée est mobilisée

Critiqué de toutes parts, par les opposants de tous bord, les émeutiers et les non-émeutiers, les consultants de plateaux télévisés et Mme. Michu, risée des pays étrangers, le gouvernement français se sent obligé de faire quelque chose « de plus » pour essayer de mettre fin aux émeutes qui agitent le pays depuis plusieurs semaines, sur bases de revendications sociales plus ou moins révolutionnaires, et de simples besoins de détruire. Alors il a été décidé de déployer l’armée dès samedi prochain pour garder les bâtiments officiels et permettre ainsi aux forces de l’ordre classiques de se consacrer aux combats contre les émeutiers. Accessoirement quelques lampistes, dont le préfet de Paris, en charge de la sécurité nationale sont mutés ailleurs.

Les râleurs professionnels et les critiques de salon ne se gênent pas pour, le matin, agonir le laxisme de l’exécutif, et, le soir, attaquer l’engagement de l’armée sur des opérations de maintien de l’ordre. Les débats de café du commerce sont sans fin et pendant que l’on s’entredéchire bien confortablement installés devant un verre de blanc-sec, on oublie un peu qui sont les vrais coupables, ceux qui commettent cette violence, voire on les exonère sur le thème : « on peut les comprendre face à la violence sociale ».

Si se pose la question d’appuyer ou non sur la gâchette, la décision n’est pas facile à prendre ; grandeur et servitude du pouvoir absolu. On a vu un samedi un motard sortir son pistolet et la pointer sur des émeutiers qui commençaient à lyncher son groupe de trois policiers, il n’a pas tiré et cette arme a semblé faire reculer les factieux. Ce ne sera peut-être pas toujours le cas, une étincelle peut déclencher des tirs mortels, il n’est pas exclu que la frange extrémiste des émeutiers ne soit armée. L’implication de l’armée est une étape supplémentaire de répression, dangereuse, peut-être nécessaire. Elle peut donner de bons résultats, comme de moins bons… L’avenir à court terme le dira.

La morale de tout ceci est qu’il va falloir payer pour se sortir de cette insurrection, la répression n’y suffira pas, il faudra aussi des sous. C’est la méthode unique de résolution des conflits en France depuis des siècles. Il faut s’y préparer.

Les propositions de Les Républicains

L’opposition se régale de l’impuissance actuelle de l’exécutif pour mettre fin aux émeutes en cours en France. Chacun y va de son tweet vengeur, de sa proposition de café du commerce, demande « des mesures fortes », ne craint aucune contradiction, s’affichant en « gilet jaune » le lundi et critiquant le laxisme face aux « gilets jaunes » le mardi. Bref, une opposition irresponsable qui privilégie ses propres intérêts électoraux au détriment de ceux de la République. Le parti Les Républicains n’est pas le dernier à jouer ce jeu et son chef à ne reculer devant aucune propagande :

Laurent Wauquiez pour l’ordre (mars 2019)…
Laurent Wauquiez pour le désordre (novembre 2018)…

Au moins ce parti conservateur affiche clairement ses propositions sur son site web, certaines ont été reprises par le parlement pour le vote d’une nouvelle loi anticasseur en cours d’examen par le conseil constitutionnel avant proclamation. Pour le reste, on verra lorsque le parti Les Républicains sera de nouveau aux responsabilités comment il pourra mettre en place les autres mesures proposées, dont certaines ne font pas dans la demi-mesure :

Nos propositions :

• Instaurer des peines-plancher pour tous ceux qui s’en prennent aux policiers, gendarmes, gardiens de prison et pompiers. Tous ceux qui agressent des dépositaires de l’autorité publique doivent être condamnés à des peines exemplaires et les purger.

• Interdire les manifestations dès qu’il y a des menaces à l’ordre public. Comment accepter que le Code pénal ne soit pas strictement appliqué ? Les manifestations non déclarées sont des attroupements illégaux qui doivent donner lieu à des interpellations et des poursuites systématiques. Depuis le début de la crise, 95% des individus interpellés ont été remis en liberté.

• Dissoudre les groupuscules violents, anarchistes et extrémistes ; interdire de manifester et interpeller en amont les casseurs identifiés comme le permet la loi anticasseurs. Cette proposition de loi des sénateurs des Républicains a été rejetée par les sénateurs En Marche en octobre dernier, finalement votée par les députés En Marche mais fait l’objet d’une saisine du Conseil constitutionnel par Emmanuel Macron. Il est plus que temps de rétablir l’ordre dans notre pays.

• Abaisser la majorité pénale à 16 ans pour répondre à la violence d’une délinquance de plus en plus précoce.

• Suspendre les allocations familiales des parents d’élèves absentéistes ou délinquants.

• Installer des systèmes de vidéoprotection et de contrôle d’accès dans tous les établissements scolaires.

• Permettre au juge de rendre obligatoire la castration chimique pour les prédateurs sexuels.

• Adopter une politique pénale beaucoup plus ferme : la place des criminels est en prison.

• Construire en urgence 15 000 nouvelles places de prison.

• Rétablir la double peine pour expulser les étrangers délinquants et criminels. Plus d’un prisonnier sur cinq est aujourd’hui de nationalité étrangère (15 000, soit 22% des détenus). Selon la dernière étude disponible de l’ONDRP (2013), 84% des vols à la tire, 30% des vols sans violence, 21% des vols avec violence et 18% des violences sexuelles sont commis par des étrangers.

Site web Les Républicains

Les émeutes se renforcent

Riss – Charlie-Hebdo

Les émeutes continuent et les dégâts de ce samedi sont considérables. Le miracle continue et il n’y a ni morts ni blessés graves car les forces de l’ordre font preuve d’une sérénité admirable face à des forbans qui pillent, brûlent et cassent tout ce qu’ils peuvent. Les images sont frappantes et un peu désespérantes face à des immeubles en feu, des kiosques détruits (la presse est visée), des banques saccagées (le capitalisme aussi), le mobilier urbain à terre (pour se faire la main), les voitures de police reçoivent des pavés ou sont incendiées (les biens de l’Etat sont en ligne de mire). Les coûts de remise en état vont être à la hauteur du sinistre. Les contribuables en règleront une bonne part. Il serait utile que le pouvoir communique un peu plus sur ces charges supplémentaires qui vont être payées par les citoyens.

La presse rend compte des évènements en faisant tourner en boucle ces images chocs de Paris en feu et en insistant sur un unique sujet : « est-ce que l’Etat est défaillant ? », afin de créer une polémique vendeuse. L’opposition s’engouffre dans la brèche pour expliquer ce qu’il faut faire pour rétablir l’ordre. En réalité, la question à laquelle personne n’ose vraiment répondre concerne l’intensité de la répression qu’il faut appliquer : faut-il autoriser la police à tirer, d’abord avec des armes non létales, puis ensuite avec des armes létales ? Lors des émeutes de Los Angeles de 1992, le couvre-feu fut déclaré sur la ville, la garde nationale puis l’armée furent déployées en aide aux forces de l’ordre civiles, le résultat fut de 55 morts (dont les ¾ par balles), des centaines de blessés et des milliers d’arrestations. En France une polémique est en cours sur la simple utilisation par la police des lanceurs de balles de défense (LBD), armes non létales mais qui ont blessé gravement plusieurs émeutiers. La droite, en principe défenseur de l’ordre n’apporte pas un franc soutien au pouvoir dans cette polémique un peu stérile. On entend même Jacques Toubon, 78 ans, ancien ministre de la justice de droite, actuellement « Défenseur des droits », demander le retrait de ces armes. On imagine ce qui se passera lorsqu’il y aura des morts à Paris…

Le second sujet préféré des journalistes sur les émeutes concerne le taux de soutien de la population aux émeutiers. Des sondages sortent tous les matins et les plateaux mondains se régalent en commentaires stériles sur ce soutien généralement élevé même si pas toujours majoritaire. On voit d’ailleurs que la différenciation entre émeutiers actifs et passifs n’a plus vraiment de sens, généralement les premiers cassent pendant que les seconds filment avec leurs smartphones greffés à la main. On a vu cette après-midi nombre de ces émeutiers « passifs » se prendre en photo sur les ruines des magasins, l’air réjouit, tels la Liberté guidant le peuple sur les barricades du peintre Delacroix, ou commentant doctement que face à la « violence sociale » ces débordements étaient compréhensibles !

Le pouvoir est face à ce dilemme : faut-il appuyer sur le bouton de la répression ou pas, et, si oui, avec quel niveau ? Le moment de la décision approche. Dans un monde idéal il serait bon qu’elle fasse l’objet d’un consensus national. Cela n’en prend pas le chemin, hélas !

Les destructions continuent

L’administration a annoncé qu’environ 75% des radars routiers de contrôle de la vitesse ont été endommagés ou détruits par les émeutiers qui mettent le pays sens-dessus-dessous depuis mi-novembre. Leurs revendications initiales avaient justement démarré sur le thème de la voiture : suppression de l’augmentation des taxes sur le carburant et de la limitation à 80 km/h sur les routes nationales. Elles se sont depuis beaucoup multipliées et enrichies mais la mise hors service des trois-quarts de ces radars est conforme avec le besoin de destruction du matériel public et la volonté de liberté sur les routes qui les animent.

En attendant, le ministère de l’intérieur explique doctement que le nombre de morts sur les routes est en augmentation du fait de la vitesse des véhicules qui n’est plus contrôlée… Ce n’est pas très malin car la corrélation entre les deux évènements est sans doute difficile à établir et, certainement, discutable à l’infini. Par contre, ce qui est sûr c’est que ces radars seront remis en état aux frais du contribuables et rendus au service. Comme pour l’ensemble des dégradations de biens publics et privés, il conviendrait d’en faire l’évaluation le moment venu et de publier ces chiffres, à titre pédagogique, ne serait-ce que pour responsabiliser ceux qui les ont pratiquées.

Les émeutiers minoritaires ne se découragent pas

Samedi après samedi les émeutiers tiennent le pavé où une minorité agissante perturbe la vie de la majorité et des dizaines de milliers d’effectifs des forces de sécurité. Il y a des violences, des blessés, des casses, des injures, des beaufitudes, des attaques de voyous, des charges de policiers et, à la fin de la journée des dégâts importants, dont les contribuables paieront la remise en état. Hier samedi, une nouvelle fois un manifestant a eu une main quasiment arrachée en ramassant une grenade qui a explosé. Quelle drôle d’idée de ramasser des grenades !

La composition sociologique de ces émeutiers semble avoir un peu évolué depuis trois mois mais il est difficile de la cerner complètement. La seule qualité commune qui semble surnager est leur besoin de créer le désordre, au-delà c’est un embrouillaminis d’anarchisme, de revendications sociales ou politiques, d’idées modérées, complotistes ou extrêmes, de relents nauséabonds d’antisémitisme et autres racismes… Bref, on a vu apparaître depuis novembre dernier un trop-plein de lassitude et de découragement d’émeutiers qui, par idéologie ou par dépit, veulent casser la construction républicaine telle qu’elle a été édifiée depuis l’après-guerre par les générations précédentes. On parle de « démocratie participative » pour remplacer la « démocratie représentative », de « référendum d’initiative citoyenne », de droit des citoyens à révoquer les dirigeants, de démission du président de la République, de tout un gloubi-glouba sans vraiment de direction claire sinon quelques évidences comme « il faut baisser les impôts et augmenter les prestations sociales ». On se demande par quel miracle un Etat pourrait donner satisfaction à un tel embrouillaminis de propos de café du commerce.

Lire aussi : Les revendications qui circulent

On voit les tentatives de récupération politique à tous les étages mais qui font long feu… Les Laurent Wauquiez, Isabelle Balkany et consorts n’enregistrent pas vraiment un grand succès malgré leurs compromissions avec ce mouvement, ce qui ne manque pas de sel venant de représentants d’une droite plutôt autoritaire. On voit un gouvernement qui ne sait pas comment se dépêtrer de cette situation insurrectionnelle après une première tentative qui coûte 10 à 12 milliards de dépenses publiques additionnelles aux contribuables en régime annuel pour transférer du « pouvoir d’achat » aux émeutiers. Et on suit surtout cette tentative inédite de Grand débat national, sorte de psychothérapie de groupe où des débats, grands et petits, un peu partout en France et l’ouverture d’une plateforme internet où chaque citoyen peut répondre à des questionnaires, voire même les enrichir de propositions personnelles. Ce grand débat remporte pour le moment un certain succès mais on ne sait pas encore trop ce qui en ressortira après sa clôture le 15 mars.

Les émeutiers refusent bien entendu de participer à ce débat dont le principe est copieusement descendu par les partis en dehors de la majorité qui prennent le sens du vent. Pour calmer le jeu le pouvoir sera sans doute bien obligé de mettre en œuvre d’une façon ou d’une autre quelques-unes des propositions populaires de ces cahiers doléances 2.0. Il faudra bien en finir un jour avec d’autres moyens que ceux utilisés depuis 40 ans, l’ouverture des vannes de la dépense publique. Cela va être délicat si l’on veut tout de même conserver les grands principes de la République, sans doute les solutions ne sont pas encore connues et restent à élaborer, il va falloir jouer avec finesse et efficacité face à la révolte des minoritaires à forte capacité de nuisance !

Les avantages collatéraux des émeutes

Devant les risques de perturbations par les émeutiers des cérémonies traditionnelles des vœux du président de la République à toute une palanquée de corps constitués : les ambassadeurs, la presse, les représentants des religions, les uns et les autres, ces cérémonies inutiles et couteuses ont été annulées, sauf pour ce qui concerne l’armée qui aura droit quand même à sa cérémonie de vœux, ce qui est aussi bien.

C’est un avantage collatéral inattendu et bienvenu des émeutes en cours, ces cérémonies duraient des semaines, ne servaient sans doute pas à grand-chose et mobilisaient un nombre très important de fonctionnaires et de dirigeants. Tout ce petit monde pourra cette année travailler au lieu de perdre son temps à babiller devant des montagnes de petits-fours. C’est une grande avancée et une économique symbolique pour la République. A renouveler les prochaines années, si possible sans y avoir été contraint par la rue mais juste guidé par le bon sens.

Le coût des émeutes

Les commentateurs et les agitateurs se gaussent du « soutien populaire » aux émeutes qui perturbent la République tous les samedis depuis maintenant deux mois, sans parler bien sûr du « soutien moral » que nombre de politiciens apportent à ces manifestations violentes en refusant de les condamner. Evidemment, les citoyens lambdas qui n’est pas présent sur les barricades assiste à toute cette contestation devant sa télévision qui excite son tropisme révolutionnaire. Le dimanche ou le lundi matin quand il sort de chez lui, tout a disparu : les rues ont été nettoyées par les services municipaux, les carcasses de voitures brûlées enlevées par les pompiers, les vitrines de magasins dévastées réparées au frais de commerçants, les blessés tranquillement soignés dans les hôpitaux publics financés par les cotisants, l’ordre à peu près maintenu par les fonctionnaires de police payés grâce à l’impôt. Ledit citoyen lambda ne réalise pas encore que c’est lui qui paiera l’addition le moment venu, qui la règle déjà d’ailleurs !

Une alternative, très théorique il est vrai, serait de laisser faire : laisser les émeutiers saccager les villes, laisser les carcasses de voitures brûlées au milieu des rues, laisser les poubelles brûler sur les trottoirs, laisser les rues dépavées, etc. Il n’est pas sûr dans ces conditions que le « soutien populaire » perdurerait très longtemps. Les politiciens pro-émeutes s’en prendraient alors au pouvoir pour son laxisme au lieu de l’accuser de provocation, il s’agirait juste d’un changement d’argumentaire, la cible restant la même.

Depuis des décennies le citoyen oublie qu’il est aussi contribuable, ce qu’il casse aujourd’hui il le paira demain, s’il demande une baisse des impôts il est difficile d’exiger dans la même phrase une hausse des dépenses publiques, etc. Ainsi va la France, le sursaut des élections présidentielles de 2017 semble s’estomper doucement dans les fumées des gaz lacrymogènes dans les rues des villes en fusion, hélas.

Les émeutes toujours

On a vu encore ce samedi des combats au corp à corp dans Paris et quelques autres villes françaises, entre des émeutiers et les forces de l’ordre. C’est d’ailleurs un miracle qu’il n’y ait pas plus de blessures graves, voire de décès, dans ces combats. On relève quand même à ce jour 10 morts par accident aux barrages mis en place par les émeutiers sur différents ronds-points et des centaines de blessés dont nombre sur les mêmes ronds-points ainsi qu’au cœur des émeutes.

Des commentateurs s’efforcent de séparer le bon grain de l’ivraie en cherchant à différencier les « manifestants pacifiques » des « méchants casseurs ». En fait il apparaît que la frontière est difficile à tracer dans ce melting-pot d’émeutiers qui manifestent le plus souvent sans déclaration préalable et en se rendant tout particulièrement sur les lieux où les forces de sécurité leur demandent de ne pas aller. On voit tout de même des milliers de personnes affronter des milliers de policiers et gendarmes, ce n’est pas à proprement parler des « manifestations pacifiques » ! Il y a aussi des casseurs professionnels et des pilleurs de rues qui s’en donnent à cœur joie, inspirés par des idéologies extrêmes ou juste le besoin de changer gratuitement leur aïePhone. Tous ce petit monde se mélange allégrement, se soutient sans trop de prévenance et conteste sur la même ligne toutes les institutions et, d’une façon générale, le pouvoir. C’est le vieil atavisme français pour la révolution et le « raccourcissement » du roi.

On reste donc avec une minorité d’émeutiers qui continue à jeter le trouble dans le pays en voulant imposer leur loi à la majorité. Ils ont déjà obtenu un transfert d’une dizaine de milliards pour l’année 2019 à payer par les contribuables en faveur des citoyens moins favorisés mais ce n’est pas assez. Comme le reste de la population l’abandon de tout sens de l’intérêt général les pousse à la violence encore plus facilement. Evidemment, on aimerait que ceux qui détruisent soient attrapés et condamnés à travailler gratuitement pour la République jusqu’à complet remboursement des dommages qu’ils ont causés. C’est un rêve, les contribuables paieront et les citoyens devront assumer le ralentissement économique généré par cette agitation qui perturbe la France depuis plusieurs mois. Le pouvoir n’arrive pas vraiment jusqu’ici à se dépatouiller de cette situation d’un type nouveau, au moins dans l’Histoire récente. La distribution des sous du contribuable n’a pas suffit à calmer les ardeurs des émeutiers comme c’est d’habitude le cas. Il y aura d’autres étapes !

Le syndrome français

On le sait, la France est perturbée depuis deux mois par des émeutes initiées à l’occasion de l’application d’une hausse de taxes sur les carburants afin de rendre plus chers les modes de déplacement moins « écologiques ». Au vu du niveau d’énervement des manifestants, du nombre de morts (par accident sur les barrages) et blessés et des destructions significatives, la République dans un premier temps a mis en place des « mesures d’accompagnement » consistant à compenser une partie de ces augmentations de taxes pour les plus défavorisés.

Les émeutes continuant à enflammer la France et très sérieusement perturber son économie, l’Etat a finalement décidé d’annuler ces hausses de taxes et d’ajouter à ce recul d’autres mesures financières destinées à améliorer le sort des plus défavorisés. L’ensemble coutera une dizaine de milliards en 2019 aux contribuables.

L’augmentation des taxes ayant généré les troubles étant annulée, ces « mesures d’accompagnement » auraient également dues être annulées. Mais nous sommes en France et face à la pression, le gouvernement a dû les maintenir après avoir tenté vainement de les reprendre. Les contribuables vont donc payer pour compenser une hausse des taxes qui n’existe plus.

C’est Noël et c’est ainsi que le budget de la République est déficitaire depuis 45 ans.

Les cordons de la bourse

Comme c’était à prévoir, après avoir accepté de débourser 10 milliards d’euros pour répondre aux revendications des émeutiers qui perturbent la France depuis plus d’un mois, le bureau des pleurs et des lamentations n’arrive pas à refermer ses portes et se succèdent désormais à son guichet toutes les corporations qui ont quelque chose à demander. Les forces de sécurité ont déjà commencé depuis hier et à n’en pas douter d’autres attendent déjà à la porte : les infirmières, les enseignants, d’autres catégories de fonctionnaires, la liste sera longue !

Les policiers ne sont doute pas les moins méritants mais on pourra sans doute en dire autant de nombre de corporations. Il va être difficile de renouer les cordons de la bourse et il très peu probable que ces dépenses publiques non anticipées puissent être compensées par une baisse équivalente d’autres dépenses. La République est donc repartie dans un cycle de dépenses publiques et de dettes. Comment reprendre le contrôle des choses ?

Eh oui…

Le président de la République et son premier ministre semblent un peu fatigués ces derniers temps. Il est vrai qu’ils sont soumis à rude épreuve après plus d’un mois d’émeutes hebdomadaires. Ils ont sans doute été un peu optimistes en partant bille en tête il y a dix-huit mois après leur installation pour réformer la France. L’intention est louable, la méthode connaît quelques ratés mais ni les citoyens, ni, encore moins, les partis politiques qui les représentent n’ont véritablement changé leurs (mauvaises) habitudes. Leur évolution, si elle se produit un jour prendra plusieurs générations.

En attendant, nous vivons dans un pays qui préfère financer à coups de milliards à fonds perdus des jeux sportifs (coupe du monde de rugby en 2013, jeux olympiques en 2024…) sur son territoire plutôt que de rembourser ses dettes ou d’investir dans des domaines productifs ou sociaux, une nation où une minorité agissante est capable d’imposer ses vues à la majorité, une République où depuis des siècles la grogne sociale s’éteint en distribuant l’argent du contribuable mais sans jamais le récupérer lorsque cela va mieux, où les partis politiques n’hésitent pas à se déjuger d’un plateau télévisé à l’autre, d’une élection à la suivante, juste pour occuper le terrain.

Le gouvernement d’un tel pays nécessite la prise en compte de ce terreau mouvant où l’émotion prime sur la raison. Il faut arriver à concilier l’inconciliable, c’est dans la fiche de poste d’un ministre ou d’un président, le job est difficile !

Un nouveau drame de la bêtise

La concomitance des émeutes en France avec un attentat religieux à Strasbourg provoque une recrudescence inhabituelle des théories loufoques dont Mme. Michu se laisse convaincre au Café du Commerce. Qu’on en juge : les assassinats de Strasbourg auraient été commandités par le gouvernement français pour dissiper l’attention des citoyens sur les émeutiers et leurs revendications. Les premières enquêtes en cours ne confirment pas cette hypothèse.

Encore un drame de l’abrutissement des masses attisé par le niveau du débat citoyen actuel, des tweets de Nadine Morano aux interviews des joueurs de fouteballe. Soyons optimistes, investissons dans l’éducation et l’intelligence vaincra !

Laurent Wauquiez soutient les émeutiers

Impayable : Laurent Wauquiez, chef de Les Républicains affirme sur un plateau télévisé qu’il n’a jamais porté de « gilet jaune », signe de ralliement des contestataires qui perturbent le fonctionnement de la République depuis plus d’un mois. Evidement une photo est rapidement ressortie des tiroirs montrant l’impétrant en… gilet jaune sur un barrage. La photo n’est pas contestée, M. Wauquiez a simplement expliqué qu’il avait oublié cet évènement.

Le contribuable va donc payer

Afin de tenter de calmer les émeutiers qui perturbent la France et cassent ce qui leur tombe sous la main, la République a décidé de plusieurs mesures qui vont venir mettre un peu de sous dans les chaumières. Le tout est évalué en première analyse à 10 milliards d’euros qui vont donc être dépensés en 2019 en plus de ce qui était prévu. On ne sait pas bien encore comment cette somme sera financée : par l’impôt, la dette ou des économies par ailleurs, la dernière hypothèse étant la moins probable même si elle devrait pouvoir être mise en œuvre, au moins partiellement.

Comme souvent, la France utilise la voie de la dépense pour résoudre une difficulté à laquelle elle est confrontée, renonçant par ailleurs à respecter ses engagements internationaux. Du coup, nombre de nos « amis » ont l’hilarité facile, on ne saurait vraiment leur en vouloir. Après la Turquie qui appelait le gouvernement français à la modération dans le traitement des émeutiers, c’est maintenant l’Italie qui se tient les côtes de rires après avoir subit les foudres françaises pour avoir annoncé un déficit budgétaire en hausse bien qu’inférieur à celui de la France, retour à l’envoyeur…

Cela étant dit, les émeutiers affichent bien entendu que ces transferts sont insuffisants mais ne précisent pas vraiment leur intention de poursuivre ou ralentir leurs actions de blocage et d’émeutes. Nous verrons samedi prochain puisque ces manifestations sont hebdomadaires depuis un mois!

De fortes attentes comptables

Les « experts de plateaux télévisés » enchaînent les prévisions vides de sens et annoncent comme parole d’évangile que le président de la République « après la réponse sécuritaire doit maintenant dégainer une solution politique » pour sortir des émeutes. En fait les contestataires n’attendent pas grand-chose de « politique » mais bien des annonces comptables : combien vont-ils avoir de sous en plus à court terme à la fin du mois dans leurs poches ! Pour ce faire il va bien falloir payer et financer ces dépenses, soit en augmentant des impôts, soit en baissant d’autres dépenses, soit en transférant les dépenses d’un poste à l’autre, soit en augmentant la dette.

C’est comme à la maison, cela n’a rien de politique mais relève plutôt de la tuyauterie budgétaire. L’exercice est difficile quand il faut sortir des émeutes et satisfaire aux équilibres financiers. Ainsi va la démocratie et… le caractère des français.

Du pain béni pour les pays autoritaires

Les émeutes françaises déclenchent une salve de commentaires réjouis de nombre de démocratie « illibérales » qui avaient subi elles-mêmes des remarques diplomatiques de la France à diverses occasions sur le respect des droits de l’Homme ou du droit de manifester. C’est évidemment du pain béni pour les dirigeants de nombre de ces pays qui  veulent nuire aux démocraties occidentales. La Turquie en tête de gondole appelle Paris à plus de « retenue » et dénonce « l’usage disproportionné de la force ». A Moscou, le ministère des affaires étrangères déclare :

« Nous appelons les autorités parisiennes à s’abstenir de tout recours excessif à la force, conformément aux principes généralement admis de l’humanisme. »

 Même Donald y va de son petit tweet vengeur :

« Je suis content de voir que mon ami @EmmanuelMacron et ceux qui protestent acceptent la conclusion à laquelle je suis parvenu depuis deux ans : l’accord de Paris est fondamentalement mauvais, car il provoque une hausse des prix de l’énergie pour les pays sérieux, tout en donnant un blanc-seing à certains des pires pollueurs. »

C’est évidemment de bonne guerre, même si assez peu élégant, mais la France récolte un peu le fruit des leçons de morale qu’elle se croit régulièrement autorisée à distribuer à travers la planète.