Les Pussy-Riot à Moscou

Les Pussy Riot réclament le départ de Poutine dans une ode punk chantée dans une église orthodoxe de Moscou, trois minutes durant… avant d’être arrêtées : « Vierge Marie, délivre-nous de Poutine ». Elles sont en prison et risquent sept ans de prison, pour hooliganisme et blasphème. Le lieu du méfait était aussi choisi pour contester la compromission du goupillon avec le sabre en place.

Longue vie aux Pussy Riot !

La main dans le sac de la délocalisation

La région Ile de France présidée par le rocker de gauche Huchon se fait prendre la main dans le sac en train de délocaliser au Maroc un centre d’appels. Cela faisant mauvais genre, le Huchon est prié de remballer son appel d’offres pour l’attribuer à une entreprise localisant ses services dans l’hexagone. De ce fait les contribuables franciliens vont sans doute payer un peu plus d’impôts mais les citoyens franciliens seront satisfaits de cette non-destruction d’emplois.

La main dans le sac de la mauvaise gestion

Le comité d’entreprise d’Air France au bord de la faillite, semble-t-il suite à une gestion hasardeuse, voire frauduleuse, lance un plan social pour assurer sa survie. On parle de supprimer 90 postes permanents sur un total de 260 (eh oui, il y avait 260 emplois permanents pour la gestion du comité d’entreprise !!!). Les représentants CGT, CFE-CGC, FO et CFDT ont voté pour le plan social, ou la gestion syndicale confrontée à la réalité économique.

Le site web du comité nous apprend que le bureau du comité est composé de Didier Fauverte (CGT), Secrétaire Général, Véronique Vaslin (CGT), Secrétaire Générale Adjointe, Jean-Claude Filippi (FO), Secrétaire Général Adjoint, et Alain Barbier (CGT), Trésorier Général.

Les actifs sont composés de 6 villages-détente, 4 villages-club et 17 villages-jeunes, le tout réparti sur des sites exotiques comme La Réunion, La Guyane, mais aussi la France métropolitaine.

Les comptes de ce joyeux comité d’entreprise ne sont pas publiés sur le site, hélas !

Fabius ventile

Pauvre Mali ! Déjà tiraillé entre des militaires rebelles dépenaillés, des sécessionnistes touaregs enturbannés et des islamistes barbus, voici maintenant qu’il récupère Fabius venu délivrer depuis Dakar quelques platitudes diplomatiques vides de sens. Pauvre Mali qui n’avait vraiment pas mérité un sort si funeste.

Temps et argent perdus

L’ouverture des jeux olympiques rassemblent ce soir un milliard de téléspectateurs plus quelques dirigeants français venus faire des mondanités à Londres où se tient la fête. Souriez, ce n’est que du sport et surtout un colossal puits à dépenses publiques.

On peut quand même raisonnablement se demander si le premier ministre ce soir et le président annoncé pour le 30 juillet n’ont rien d’autre à faire que d’aller perdre leur temps dans des tribunes de sport ? Au moins peut-on espérer qu’ils en profiteront pour faire avancer au passage quelques dossiers avec le Royaume-Uni !

Baisse de salaires des pédégés dans le public

En application des nouvelles règles concernant les entreprises publiques, le pédégé de La Poste va donc voir sa rémunération annuelle plafonnée à 450 000 EUR au lieu des 600 000 et quelques perçus en 2011. Gageons qu’il devrait s’en sortir tout de même avec 450 000 EUR par an et que sa conscience professionnelle lui permettra sans doute de travailler toujours aussi bien pour son employeur !

Si jamais tel n’était pas le cas, l’Etat devrait trouver sans trop de difficultés ni délais un pédégé de substitution prêt à faire le job aussi efficacement et à 450 000 EUR/an. Il suffit de shooter sur un lampadaire du VIIIème arrondissement et il en tombera en pagaille.

La chimie à la rescousse

Le régime Assad déclenche de grandes opérations militaires pour reprendre le dessus sur la rébellion qui lui a infligé de sérieux revers. Un communiqué officiel révèle que l’emploi des armes chimiques syriennes ne sera envisagé qu’en cas « d’agression extérieure ». La sympathique famille Assad et ses affidés galonnés sont sans doute capables de balancer quelques bombes chimiques sur leurs villes rebelles histoire de montrer qui est le patron.

Les tradeurs-fraudeurs manipulent les taux

Le scandale des traders-fraudeurs manipulateurs des taux d’intérêt s’étend à des banques françaises. Le marché magouille le marché et scie la branche sur laquelle il est assis. C’est indéfendable, même au-delà de toutes considérations morales. Monsieur le marché démontre tout seul, comme un grand, ses tendances perverses et autodestructrices.

Les grandes envolées lyriques sur les bienfaits du libéralisme tombent d’elles-mêmes : le marché financier fraude le cœur même de son activité, celui des taux de référence en principe fruit du sacrosaint principe de la confrontation de l’offre et de la demande ! C’est fascinant. Comme l’est d’ailleurs l’incapacité des Etats régulateurs à contrôler la pieuvre du pouvoir financier, dont hélas ils dépendent puisque qu’étant leurs plus gros débiteurs. Evidemment il est toujours difficile de couper la main qui signe le chèque… Des Etats impécunieux empruntent à des marchés financiers voyous, chacun se tient par la barbichette, menace l’autre, et l’ensemble coule sous nos yeux ébahis.

Au même moment un rapport officiel américain cloue la banque britannique HSBC au pilori pour blanchiment à grande échelle d’argent de gangsters. La presse américaine (reprise par Libération) titre : les Banksters !

Traîtrises et vengeances à Damas

Incroyable ! Trois hauts gradés de la hiérarchie militaire et du renseignement syriens tués dans un attentat en plein centre de Damas. La rébellion s’affirme, le régime vacille mais n’est pas encore à terre. Il a dû y avoir de nouvelles traîtrises au plus haut niveau pour que des insurgés puissent introduire une bombe au cœur du pouvoir syrien.

Les vengeances à tous les étages s’annoncent sanglantes, le vainqueur n’est pas encore désigné, le chaos est certain.

Désertion à Damas

Le général syrien Manaf Tlass (ami d’enfance de Bachar El-Assad), chef de troupes d’élite au service du monarque, déserte son beau pays et le pouvoir en place. Il doit sans doute sentir le vent tourner et part planter ses choux ailleurs avant qu’il ne soit trop tard. Les fourbes passent à la trahison. On a connu ça en 1944 en France avec les résistants de la dernière heure qui quatre années durant ont couché avec l’oppresseur avant de vouloir embrasser le vainqueur. Les traîtres rebootent leur disque dur pour repeindre leur hideuse façade, mais la peinture s’écaille car le support est huileux…

Le problème est que le Manaf Tlass vient s’installer à Paris alors que sa place est au mieux devant la justice internationale, au pire dans les geôles de son pays où il a fait moisir tant de ses concitoyens, certainement pas dans un hôtel particulier du XVIème arrondissement.

Pourquoi la France accueille-t-elle de pareils renégats ? Viennent-ils vendre leurs informations, leur entregent, en échange d’un confortable sauf-conduit ? On peut douter que la valeur de ces informations justifie le renoncement moral de la République qui les accueille.  Pourquoi ne passent-ils plutôt pas à l’opposition dans leur pays ? La Syrie et ses dirigeants ont trempé dans toutes les turpitudes du terrorisme international anti-occidental de ces trente dernières années. Est-il vraiment nécessaire de leur dérouler un tapis rouge ? Ils massacrent leur peuple des années durant, trahissent leurs maîtres et viennent ensuite abriter leur virginité reconstruite sur les bords de Seine. Hélas, hélas, hélas, il n’est pas le seul, il faudrait véritablement contrôler l’immigration de ces sinistres personnages, appliquer le concept de l’immigration choisie.

Guerre et savoir-vivre

Lu dans les mémoires de Churchill, la déclaration de guerre du Royaume-Uni au Japon au lendemain de l’attaque de Pearl-Harbor en décembre 1941 :

Ministère des Affaires étrangères, 8 décembre 1941
Le gouvernement de Sa Majesté dans le Royaume-Uni a appris dans la soirée du 7 décembre que des forces japonaises ont tenté de débarquer sur la côte de Malaisie et ont bombardé Singapour et Hong Kong sans avertissement préalable, que ce soit sous forme de déclaration de guerre ou d’ultimatum avec déclaration de guerre conditionnelle.
Devant ces actes injustifiables d’agression non provoquée, commis en violation flagrante du Droit international et particulièrement de l’article 1er de la Troisième Convention de La Haye relative à l’ouverture des hostilités, convention à laquelle sont parties le Japon comme le Royaume-Uni, l’ambassadeur de Sa Majesté à Tokyo a reçu instruction d’informer le gouvernement impérial japonais, au nom du gouvernement de Sa Majesté dans le Royaume-Uni, que nos deux pays sont désormais en état de guerre.
En vous exprimant mes sentiments de haute considération, j’ai l’honneur d’être, Monsieur l’Ambassadeur, votre dévoué serviteur.
Winston S. Churchill.

A ceux qui lui reprochèrent ce style cérémonieux il répondit : « Après tout, quand vous devez tuer quelqu’un, rien ne coûte d’être poli. »

Aujourd’hui on ne déclare plus les guerres, on balance des avions dans des tours, on envoie des forces de paix faire la guerre ou on demande à des soldats d’aller construire des routes et des écoles. On fait couler moins de sang mais dans plus de confusion. Ainsi va la vie !

Il faut bien financer les dépenses publiques que l’on ne sait pas réduire

Luz – Charlie Hebdo 2012

L’augmentation des impôts se poursuit : après le gel des tranches du barème de l’impôt sur le revenu (IR) et l’accroissement du taux de TVA réduits mis en place par le pouvoir de droite avant son départ, la gauche poursuit le travail. Création d’une tranche d’IR marginale à 45%, taxe exceptionnelle sur la fortune histoire de revenir plus ou moins au niveau d’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) d’avant les exonérations Sarkozy, taxe sur les dividendes payés par les grosses entreprises, suppression de l’exonération des heures supplémentaires, baisse des plafonds d’exonération des droits de succession, etc. Pour le moment les mesures « de gauche » sont assez symboliques, concernent les plus favorisés et devraient suffire pour finir l’année, l’an prochain on tondra le troupeau.

Tout ceci est raisonnable : il y a des dépenses, il faut les financer ou les réduire, mais pas les laisser à la charge des générations futures.

Radiohead – 2012/07/11 – Nîmes les Arènes

C’est enfin l’été et le soleil tape sur Nimes où les Radiohead se produisent depuis hier soir dans les arènes de la ville. Ils ont repris en France leur tournée interrompue au Canada par un effondrement de superstructure durant un sound-check ayant tué un roadie et blessé quelques autres. Le concert d’hier soir a été dédié au disparu.

Depuis la gare de Nîmes et tout au long du chemin vers les arènes, les T-shirts Radiohead ont envahi la ville écrasée de chaleur. Vers 18h un court sound-check anime le centre-ville avant l’ouverture des portes.
Après une sympathique première partie électro-pop canadienne : Caribou, les Radiohead entrent en scène alors que le jour décline, sur une bande mixée de superpositions samplées couches de la voix de Thom ; Ed en chapeau melon et applaudissant, Thom, barbe et catogan, chemise bleue pâle bien proprette, Jonny caché sous un vaste T-shirt siglé d’un énigmatique « 3 », Colin calé entre les deux batteurs, dont Clive Deamer qui officie habituellement avec Portishead et venu en renfort de Phil pour cette tournée. Le light show reconstruit à la hâte après l’accident de Toronto affiche 12 écrans sur lesquels diffusent des images brouillées et saccadés des musiciens et de leurs instruments.

Le show démarre sur le résolument moderne et complexe Bloom qui inaugure leur dernier disque The King of Limbs et marque le ton de ce concert hors norme :

Open your mouth wide/ A universal sigh/ And while the ocean blooms/ It’s what keeps me alive/ So why does this still hurt/ Don’t blow your mind with why.

Le groupe enchaîne sur du plus classique et reposé avec Kid A où Thom se débarrasse de sa guitare et entre deux pas de danse alterne entre clavier et micro vocodé. Sur 15 Steps la nuit est presque tombée et l’on retrouve la mystérieuse légèreté de Radiohead qui nous emmène si loin dans nos rêves. Puis vient The National Anthem sur un déluge de rythme et de lumières qui font vibrer tous les sens d’une audience attentive. Et s’en suit une set-list épuisante, sans un instant de répit, où l’oreille est constamment accrochée par cassures et dissonances sur lesquels plane l’incroyable voix de Thom, à la fois apaisante et furieuse.
Cette voix contrôle l’aspect volcanique de la musique, canalisant son énergie ou déclenchant le feu. Mais elle est parfois aussi, intimiste, éthérée, chaude, nous faisant nous retirer profondément en nous-mêmes, sur Exit Music, Nude ou Codex : Jump off the end/ The water’s clear/ And innocent… Cette voix n’est que pureté et émotion, de loin l’instrument clé du groupe au service de compositions exceptionnelles.

Les autres musiciens ne sont pas en reste, jonglant entre les instruments, avec une palme d’or pour Jonny souvent perdu dans ses ordinateurs ou accroché au bout d’un transistor qu’il répercute dans la sono, toujours caché derrière les mèches rebelles de ses cheveux noirs lorsqu’il extirpe d’incroyables sonorités de ses guitares.

Après deux heures de passion, le show s’achève sur de surpuissantes montées d’adrénaline avec Feral et Bodysnatchers, des morceaux emblématiques de leurs deux derniers disques et de leur complexité musicale.

Mais deux rappels nous donneront une heure supplémentaire de musique et la soirée s’achèvera définitivement sur Street Spirit, retour aux sources de l’album The Bends en 1993, une chanson triste et simple :

I can feel death can see it’s beady eyes/ All these things into position/ All these things we’ll one day swallow whole/ And fade out again and fade out again/ Immerse yourself in love/ Immerse yourself in love.

Voir Radiohead et mourir, ou en tout cas voir Radiohead dans le somptueux site des arènes de Nimes c’est s’endormir intellectuellement plus riche que l’on ne s’est éveillé. Chacun s’égaye alors dans les rue de Nimes avec la conscience d’avoir vécu un moment musical d’exception avec ce groupe qui n’en finit pas d’étonner. Les cinq d’Oxford aux allures de post-adolescents romantiques développent une créativité musicale rarement égalée, un sens de l’innovation technique redoutable qui leur permet de mettre en valeur leur musique d’une façon toujours plus excitante et renouvelée. Le public ne s’y trompe pas qui voue à ce groupe une dévotion éternelle. Radiohead, les Dieux du Rock seront à Paris en octobre prochain ; soyons-y !

Set list: Bloom/ Kid A/ 15 Step/ Morning Mr. Magpie/ The National Anthem/ The Gloaming/ Supercollider/ Codex/ Airbag/ Climbing Up the Walls/ Nude/ Exit Music (for a Film)/ Lotus Flower/ There There/ Feral/ Bodysnatchers
Encore: Treefingers/ Give Up the Ghost/ House of Cards/ Reckoner/ Myxomatosis/ Everything In Its Right Place (True Love Waits intro)/ Idioteque
Encore 2: Street Spirit (Fade Out)
Warm-up: Caribou

N’y-a-t-il rien de mieux à faire ?

Manifestement les nouveaux gouvernants ont du temps libre malgré la contrainte de devoir équilibrer les finances publiques : après le mariage et l’adoption homosexuelles, ils annoncent maintenant une loi pénalisant la négation du génocide arménien par la Turquie.

Barclays : les forbans virés mais récompensés

Les têtes commencent à tomber chez les forbans de la banque britannique Barclays après la fraude mise à jour sur la manipulation des taux d’intérêt de référence (LIBOR). Président et directeur général surpayés sont priés d’aller planter leurs choux ailleurs. C’est bien le moins ! Nul doute qu’ils arriveront à recaser sans trop de difficultés leurs incomparables qualités.

Au-delà de ces questions de personnes, et après les scandales multiples de traders-fraudeurs (Société Générale, UBS, JP Morgan Chase, et d’autres sûrement à venir) le monde économique et financier doit véritablement s’interroger sur la meilleure façon de contrecarrer les malversations endémiques, voire congénitales, de ces tocards bling-bling ! Certainement pas en leur versant des bonus de plusieurs millions d’euros, voire dizaines de millions, par an. De telles sommes complètement illégitimes et imméritées (rappelons qu’ils jouent avec l’argent des autres, celui des déposants, et non le leur) feraient perdre la raison au Saint-Esprit lui-même, c’est peut-être la première piste à lancer : comment réduire les salaires des forbans qui relèvent de l’escroquerie consentie.

Bruce Springsteen & The E-Street Band – 2012/07/04 – Paris Bercy

Il y a 33 ans Bruce Springsteen débarquait en Europe avec son E-Street Band après avoir été érigé en nouveau messie de la jeunesse occidentale. Il faisait à l’époque les couvertures de Newsweek et de Times qui le qualifiaient de successeur génial de Dylan et voyaient en lui l’avenir du monde. The Boss incarnait (et incarne toujours) le conteur de l’Amérique profonde, le père spirituel d’une société post-guerre du Vietnam, le héraut d’un prolétariat américain alors que démarrait la décrépitude industrielle. Des concerts fleuves de plus de trois heures, la sortie de Darkness of the edge of town salué comme le chef d’œuvre du siècle, c’est peu dire que Paris attendait son héros, et Paris ne fut pas déçu avec le concert de Puteaux de 1978 (ou 79 ?) : ébahis et irrémédiablement marqués, les spectateurs qui assistèrent à cet incroyable show s’en souviennent encore.

Beaucoup sont revenus à Bercy ce soir 4 juillet 2012, fête nationale américaine, pour le Wrecking Ball Tour, ils ne seront pas plus déçus qu’il y a 33 ans… De l’eau a coulé sous les ponts du New Jersey depuis Darkness, beaucoup de musique a été produite, des kilomètres parcourus et des décibels délivrés à travers la planète, des disparitions dans le groupe (Clarence Clemons et Danny Frederici), des engagements politiques, des dissolutions et des reformations du E-Street Band, des explosions commerciales et des succès d’estime, mais Bruce est toujours là, rocker pur et tendre, chic type de premier ordre.

16 musiciens en plus du Boss sont sur scène. Clarence, irremplaçable, a été remplacé par une section cuivre de 5 personnes (dont son neveu Jake Clemons), c’est mieux ainsi et évite les comparaisons forcément douloureuses. 4 percussionnistes-choristes, 1 violoniste, Steve Van Zandt et Nils Lofgren aux guitares, Garry Talent à la basse, Max Weinberg à la batterie, et Patty Scialfa bien sûr, la femme du patron, guitare et chœur. Tout ce petit monde est habillé de jeans et chemises noirs, chaussé de cuir de la même couleur. Ce sont les cow-boys d’Il était une fois dans l’Ouest descendu dans l’arène de Bercy !

Lumières allumées l’intro est lancée à deux accordéons qui jouent les premières notes de La vie en rose de Piaf, sympathique coup d’œil à l’escale française de cette tournée, les musiciens s’installent sur la vieille ritournelle et après le One-Two/ One-Two-Three-Four de circonstance repris par 15 000 fans, lancent le show avec deux nouveaux titres avant d’asséner un Badlands d’anthologie. Bercy est déjà en flamme. Debout sur leurs sièges, des gamins nés 25 ans après la sortie de Darkness scandent cette chanson de légende avec le Maître de l’univers rock :

Lights out tonight, trouble in the heartland./ Got a head-on collision, smashin in my guts man./ Im caught in a crossfire that I don’t understand./ But there’s one thing I know for sure girl: Talk about a dream; try to make it real./ You wake up in the night with a fear so real./ You spend your life waiting for a moment that just don’t come./ Well don’t waste your time waiting/
Badlands you gotta live it every day/ Let the broken hearts stand/ As the price youve gotta pay/ Well keep pushin till it’s understood/ And these badlands start treating us good.
Badlands…

6 guitares sur le front de scène, le Boss nous gratifie du solo grinçant d’origine, reprend le refrain avec Steve sur le même micro et termine l’interminable final d’un tonitruant « bonsoir Pariiiiiiiiiiis ! ».

Et c’est parti pour 3h30 du rock et de sueur, des allers retours joyeux entre le passé glorieux et les créations récentes, 17 musiciens explosifs et joyeux à l’assaut d’un des plus fantastiques répertoires de l’Histoire. La citadelle de Bercy ploie sous la charge et les coups de boutoir de l’électricité. Les mots virevoltent dans l’atmosphère sur-vitaminée, ils n’ont plus guère d’importance dans cette fureur de jouer, mais on sait qu’ils sont là et donnent du sens à cette débauche de notes et ce déluge d’énergie. C’est une éruption solaire, une explosion nucléaire, sous la botte en cuir du Boss !
Tout y passe : Because the Night, Sandy, The River, City of Ruins, Johnny 99, Darkness… Sur Waiting on a Sunny Day il fait monter sur scène une jeune fille à peine nubile, lui passe le micro et lui fait reprendre le refrain dans l’allégresse, qu’elle termine en chantant « I don’t remenber the words… Bruce je t’aiiiiiiiiiiiiime », il la prend alors dans ses bras et la redépose délicatement dans la foule dont il l’a extraite. Sur Dancing in the Dark, guitare en bandoulière, il danse la valse avec la mère de la pré-nubile.

Il joue seul au piano Independance Day. Même les plus vieux fans ne l’avaient jamais vu au piano sur scène, mais en cette soirée du 4 juillet il a décidé « something special for today. »

Bien sûr les sections cuivres et percussion donne à ce show une allure un peu plus soul que le E-Street Band d’origine plus ramassé et rock, mais qu’importe, le groupe trace sa route.

Un rappel flamboyant de 60 minutes est lancé sur l’enchaînement miraculeux Born in the USA/ Born to Run. Les premiers rangs défaillent. Entre deux riffs ravageurs Bruce fait le porteur d’eau et vient arroser le public. Et puis sur Tenth Avenue, démarré debout sur le piano de Roy, une longue interruption, les deux bras levés il rend hommage à Clarence dont les images défilent sur les écrans.

Tout le monde jubile, pleure, hurle, trépigne, hoquette et rend les armes devant une telle gigantesque performance. Le feeling de ce musicien avec son public est quelque chose d’indicible, ses shows sont une tranche de vie inoubliable dans le monde du rock qui en a pourtant vu d’autres.

Bruce Springsteen : une légende !

Set-list : Intro (La Vie en Rose)/ 1. We Take Care Of Our Own/ 2. Wrecking Ball/ 3. Badlands/ 4. Death to My Hometown/ 5. My City of Ruins/ 6. Spirit in the Night/ 7. The E Street Shuffle/ 8. 4th of July, Asbury Park (Sandy)/ 9. Jack of All Trades/ 10. Because the Night/ 11. Darkness on the Edge of Town/ 12. Johnny 99/ 13. Darlington County/ 14. Easy Money/ 15. Waitin’ on a Sunny Day/ 16. The Promised Land/ 17. Apollo Medley/ 18. Independence Day/ 19. The River/ 20. The Rising/ 21. Out in the Street/ 22. Land of Hope and Dreams/
Encore : 23. We Are Alive/ 24. Born in the U.S.A./ 25. Born to Run/ 26. Bobby Jean/ 27. Dancing in the Dark/ 28. Tenth Avenue Freeze-Out/ 29. American Land

Déplorable, comme souvent…

Discours de politique générale du nouveau premier ministre en place devant l’assemblée nationale. Exercice obligé de démocratie comme les réactions des députés de l’opposition sont un exercice obligé de mauvaise éducation. Comme à leur habitude, les élus opposés se sont comportés comme des gorets devant leur auge lorsque la fermière apporte la pâtée. C’est toujours aussi désolant et déplacé.

Le Mali à la dérive

Pauvre Mali ! Alors qu’un groupe de militaires dépenaillés a pris le pouvoir à la suite d’un coup d’Etat, leurs frères ennemis enturbannés-touaregs (et ex-mercenaires de Kadhafi) ont quasiment fait sécession en annexant toute la moitié nord (et désertique) du pays avec l’aide de leurs frères ennemis barbus-islamistes.

Six mois plus tard, les dépenaillés sont toujours vaguement au pouvoir à Bamako où un semblant de restauration constitutionnelle a essayé de voir le jour sous l’égide de la communauté africaine, mais, dans un mouvement d’humeur, ils ont tabassé si fort le président de transition que celui-ci est à l’hôpital à Paris depuis plusieurs semaines.

Les enturbannés ont déclaré l’indépendance de l’Azawad (territoire du nord) mais s’affrontent maintenant aux barbus qui ne veulent pas entendre parler d’Azawad mais au contraire veulent conquérir tout le Mali pour y établir la charia.

Les enturbannés (ex-mercenaires de Kadhafi) sont en train de revendre aux barbus les armes qu’ils ont piquées en Lybie lors de la déroute du guide, et bien sûr les barbus ont maintenant retourné ces armes contre ceux qui les leur ont vendues… Une application sahélienne du principe de Lénine : « les capitalistes nous vendront la corde pour les pendre. »

En attendant de descendre jusqu’à Bamako, les barbus détruisent des sites de saints musulmans à Tombouctou pour se venger du fait que la ville ait été inscrite au patrimoine de l’Humanité par l’Unesco. On avait déjà vu les talibans afghans détruire des statuts bouddhiques millénaires, au moins il s’agissait des symboles d’une autre religion, on peut à la limite suivre le raisonnement, mais à Tombouctou c’est plus difficile à comprendre quand des barbus cassent des sites musulmans.

Tout ceci est bien compliqué et le Mali ne mérite vraiment pas ça. Pauvre Mali !

Suyin Han, ‘La montage est jeune’.

Sortie : 1958, Chez : Livre de Poche 1580>1582. L’histoire d’un amour fusionnel à l’ombre des montagnes de l’Himalaya dans la vallée de Katmandou entre une anglaise et un indien. Dans une Asie en voie de décolonisation les cultures occidentales et locales se confrontent sous le regard des Dieux et au bruit des moulins à prières bouddhistes. Une aventure un peu surannée, une écriture agréable pour une histoire d’amour éternelle racontée par une auteur elle-même issue du mélange des cultures chinoises et européennes.