Vive l’oligopole

Quelques pointures du CAC 40 sont en train de s’écharper sévèrement pour atteinte à leur situation… d’oligopole dans les télécommunications françaises. SFR, Bouygues Telecom et France Telecom expliquent doctement que l’arrivée de Free est en train de tuer l’économie su secteur, l’écosystème comme disent les journalistes mondains. En fait Free a cassé les prix et forcé les trois opérateurs préexistants à baisser les leurs. Bien entendu cela leur fait moins de sous en poche à la fin de la journée, mais c’est ce qu’on appelle la concurrence dont les vertus sont tellement vantées par l’économie libérale

Une fois de plus on constate que dès qu’on laisse les entreprises entre elles, leur premier souci est de tenter de se partager le marché et surtout ne pas laisser faire la libre concurrence. Le prix des forfaits offerts par ces opérateurs préexistants étaient tous dans les 29,99 EUR/mois et ce petit monde vivait correctement. D’un coup tous les forfaits ont baissé et les gains ont suivi la même voie. La rentabilité a baissé et la valeur des entreprises a fait de même en bourse, et alors ? Première conséquence, SFR est à vendre et risque d’être racheté par… l’un des trois autres, recréant ainsi l’oligopole à trois, avec probablement le risque d’un retour à des pratiques moins concurrentielles. Le capitalisme est un éternel recommencement.

Ambiance à l’UMP

Rigolo : Le Point (hebdomadaire conservateur) fait sa première page sur « L’affaire Copé » dans laquelle serait impliqué le chefaillon (conservateur) du parti de la droite (conservatrice). Il s’agit d’une sombre histoire de favoritisme dans des contrats de communication évènementielle passés par l’UMP à l’occasion de la campagne présidentielle 2012. C’est peut-être vrai, peut-être faux ; en tout cas tout le monde peut y croire car les mœurs politiques de notre époque font que cela est possible.

Sans surprise également le coté racoleur de la presse hebdomadaire qui a opté depuis longtemps pour le caniveau au détriment de l’intelligence. Ce qui ne manque pas de faire sourire c’est de voir que Franz-Olivier Giesberg, journaliste mondain aux convictions floues, passé du Nouvel Observateur au Figaro, s’écoutant parler sur les plateaux et fréquentant le monde littéraire dont il se croit membre, FOG comme on le baptise se paye Copé après avoir sévèrement titillé Sarkozy. Une hyène au milieu d’un troupeau de zébus à la recherche d’un point d’eau.

Copé-j’en-ai-une-grosse-paire ne se laisse pas faire et porte plainte contre l’hebdomadaire et, au passage, contre un député UMP, social-traitre, qui a twetté immédiatement après la publication de l’article félon pour confirmer les soupçons. Chaude ambiance à l’UMP !

Les caïmans s’entre-dévorent dans le marigot boueux au milieu des bulles de vase. Il y a tous les éléments scabreux qui composent ces psychodrame politicards sans grand intérêt ni même conséquence : une presse de caniveau qui a renoncé à la réflexion, des élus ambitieux sans autre objectif que leur propre couronnement, des communicants de l’évènementiel, aussi couteux qu’inutiles (le cancer dévorant de nos démocraties), la lutte à mort interne à l’UMP et des élections municipales dans un mois.

Le sujet sera vite oublié.

Dassault s’envole

Serge Dassault, cumulard invétéré de 89 ans, actionnaire-président du groupe de presse publiant Le Figaro, actionnaire-président du groupe d’armement portant son nom, sénateur de la République, plus quelques autres fonctions publiques et privées, explique un peu penaud à la tribune d’un sénat complètement déserté, les conditions de sa garde à vue. Compte tenu de son âge avancé, il avait tout de même été autorisé à retourner dormir chez lui, mais le choc semble avoir été grand.

Dassault le cumulard justifie son intervention par le fait d’édifier ses collègues sur la réalité de la garde à vue, situation qu’ils connaissent assez mal on peut le comprendre. L’air ébahi mais narquois avec lequel il narre ses mésaventures personnelles à la tribune nationale (mais désertée par ses chers collègues) est assez désarmant. Il fait une nouvelle fois que c’est toujours avec étonnement que les puissants découvrent la condition humaine.

Sur le fond le cumulard est soupçonné d’avoir acheté des voix à Corbeille-Essone. Bon, Dassault ne nie pas avoir déversé des sommes significatives sur les électeurs, mais uniquement « pour aider ». Cette générosité s’est quand même terminée à coup de flingues dans les rues de la ville, car attisant quelques envies… Allez-donc faire la différence entre générosité et corruption, ce n’est pas facile. Il est sûr qu’il vaut sans doute mieux avoir un maire riche et généreux que pauvre et malade.

L’Ukraine fait la manche

Ca y est : le nouveau ministre des finances ukrainiens évalue ses besoins à court terme pour 35 milliard d’USD et fait la manche, plutôt à l’ouest car l’est semble légèrement contrit par l’évolution des choses, tout au moins le président russe car les retraités russes doivent plutôt se réjouir de savoir que leur caisse de retraite n’achètera plus de bons du trésor ukrainien, car c’était via des caisses de retraite que la Russie s’apprêtait à financer l’Ukraine.

Ce qui est désormais certain est qu’il va falloir payer et l’addition s’annonce lourde. Le plus insupportable dans ce genre de situation est de savoir qu’une clique de forbans ont pillé ce pays plutôt que de le gouverner, et qu’ils s’en sortent sans rendre gorge. Mais c’est ainsi, nous allons payer pour cette nouvelle faillite d’une Etat.

BRMC – 2014/02/24 – Paris le Trianon

Moins d’un an après leur dernier passage au Trianon en mars dernier, voici les Black Rebel Motorcycle Club de retour à Paris. C’est la poursuite de la la promotion de Specter At The Feast, mais surtout la continuation de la vie de ce groupe fait pour la route et les salles sombres. Et d’ailleurs ils nous informent que ce soir marque la fin d’une tournée d’un an.

A l’extinction des lumières nos trois complices vêtus de noir se glissent derrière leurs instruments : Robert en cuir et capuche, Peter en cuir et Leah en T-shirt. Dans des lumières bleues tournoyantes ils entament Fire Walker, qui introduit le nouveau disque, avec son rythme pesant de basse et la voix plaintive de Robert : Sweet birds, in the cage/ Sweet birds, in the cage… et s’en suivront, dans l’ordre, les 11 morceaux de Specter at the Feast.

Ce disque est une perle noire dans un écrin de blues. Une œuvre de maturité ; simplicité et évidence marquent l’ambiance de ces 12 morceaux. L’inspiration est sombre, comme toujours, mais atteint ici une sorte de troublante sérénité. Cachés derrière capuche et lumières tamisées en clair-obscur, ces rockers de l’au-delà nous invitent à les rejoindre pour une longue balade blues. Leurs mots sont souvent mélancoliques, il y est question d’amours impossibles, de relations distendues, de communication perturbée, il y est question de l’Autre sans qui rien n’est possible : You are the quiet in my soul/ You are the pieces of gold/Won’t you shine/ Why won’t you shine/ I will walk till I’ve no shadow/ I will walk till I’ve no shadow… (Lullaby)

La présentation intégrale sur scène de ce disque est un cadeau sans prix pour les spectateurs parisiens. Les Blacks y délivrent leur âme ! Evidemment certains restent sur leur faim devant le rythme de ce disque et du concert et regrettent les longues envolées de guitares grasses auxquels nous étions habitués. Aujourd’hui nous sommes plus dans le romantisme. Etrange atmosphère pour ce groupe définitivement rock mais c’est le mood du moment, alors laissons-nous aller.

Une fois achevé la relecture de Specter at the Feast sur Loose Yourself, le groupe revient sur ses classiques et un domaine plus familier et dynamique (Berlin, Beat the Devil’s Tattoo…). Mais on ne reste jamais loin de la mélancolie ambiante avec un rappel acoustique (sans micro) sur Mercy et Shuffle Your Feet.

Le show se termine sur le classique Whatever Happened to My Rock ‘n’ Roll (Punk Song), retour aux sources et le Trianon s’enflamme une dernière fois.

Les BRMC changent et nous le font savoir avec brio. Ils restent néanmoins inspirés par le blues et c’est ce qui fait notre bonheur. Ce dernier disque est risqué, marque une étape qui, soyons en sûrs, sera reçu par les aficionados de ce groupe d’exception.

Setlist : 1. Fire Walker/ 2. Let the Day Begin (The Call cover)/ 3. Returning/ 4. Lullaby/ 5. Hate the Taste/ 6. Rival/ 7. Teenage Disease/ 8. Some Kind of Ghost/ 9. Sometimes the Light/ 10. Funny Games/ 11. Sell It/ 12. Lose Yourself/ 13. Beat the Devil’s Tattoo/ 14. Ain’t No Easy Way/ 15. Berlin/ 16. Conscience Killer/ 17. Screaming Gun/ 18. Rifles/ 19. White Palms/ 20. Stop/ 21. Spread Your Love

Encore : 22. Mercy/ 23. Shuffle Your Feet/ 24. Whatever Happened to My Rock ‘n’ Roll (Punk Song)

Pauvre Ukraine

Pauvre Ukraine et pauvre de nous !

L’Union européenne ne trouve rien de mieux que d’envoyer Fabius-et-ses-pochettes-ridicules en mission de bons offices à Kiev. Pauvre Ukraine ! Heureusement il est encadré par les ministres des affaires étrangères polonais et allemands, ennemis historiques irréductibles, mais qui savent où sont les intérêts de leurs nations respectives.

Heureusement, Fabius a mieux à faire à Pékin et quitte cette troïka au bout de quelques heures, la laissant signer hier soir un accord avec le président ukrainien Ianoukovytch, lui aussi repris de justice, qui commence à sentir la situation basculer en sa défaveur.

Aussitôt signé cet accord est immédiatement jeté à la poubelle et le Parlement où les partis règlent plus souvent leurs affaires à coups de poing plutôt qu’avec des bulletins de vote, vote la destitution de Ianoukovytch. Les oligarques se débandent, fuient vers la Russie, le gouvernement lâche prise, la police politique rentre dans ses casernes, le peuple croit avoir gagné et Fabius-et-ses-pochettes-ridicules approuve le processus depuis le Quai d’Orsay, d’un air pénétré et convaincu de sa propre importance.

Répression en Ukraine

Avec la subtilité d’un troupeau d’éléphants dans un magasin de porcelaine, les gouvernants ukrainiens, moitié gangsters – moitié affairistes, font tirer sur leurs opposants, il y aurait une centaine de morts. L’Ukraine, un pays ruiné et ambigu, de tous temps envahi par ses voisins, martyrisé par Staline comme tant d’autres, accueillant l’armée allemande en 1941 en libératrice du joug soviétique, ré-envahie par l’armée rouge en 1944, laissant plusieurs millions de morts durant cette guerre mondiale s’étant battus contre les deux côtés, l’Ukraine retrouvant une simili-indépendance après l’effondrement de l’Union soviétique, mise à sac par des oligarques sans foi ni loi pillant le pays tel un essaim de sauterelles sur un champs de sorgho, l’Ukraine en totale faillite financière et politique est à genoux et fait tirer sur ses citoyens contestataires aux objectifs pas toujours très clairs. Pour garder la tête hors de l’eau, le pays se vend au plus offrant ; entre l’Europe qui propose de grandes idées et la démocratie, et la Russie qui offre des sous et le souvenir d’une histoire commune slave le cœur des ukrainiens balance.

Le pays est tout sauf prêt à adhérer à l’Union européenne, il lui faudra encore des décennies pour se débarrasser de son système de corruption et reprendre l’acquis communautaire minimum avant une éventuelle adhésion. Il faudra aussi passer par une mise sous perfusion financière durable de cette économie dévastée par l’incompétence et la prévarication de sa classe politique. Mais soyons clair, en Ukraine comme dans le reste du monde, un système de corruption ne peut fonctionner que si les grands sont très corrompus, les moyens sont moyennement corrompus et les petits petitement corrompus. Il va falloir désintoxiquer tout un pays. Vous avez aimé la Grèce ? Vous allez adorer l’Ukraine !

Faut-il d’ailleurs que l’Ukraine s’associe ou adhère à l’Union européenne ? Ce n’est même pas sûr ; ce qu’il faut c’est que le pays soit sauvé de la banqueroute et, dans la mesure du possible, que les oligarques et autres dirigeants corrompus rendent gorge, mais ça c’est une autre histoire. L’Ukraine est un immense Tchernobyl, radioactif pour encore des siècles, mais que l’on peut difficilement laisser dériver. Cela aurait été aussi bien de laisser la Russie s’occuper du problème mais ce n’est pas l’option qui semble l’emporter à Kiev.

Ce qui est également sûr c’est que le contribuable international va payer, et payer durablement, pour redresser les errements d’un pays mal gouverné, catastrophiquement dirigé et intégralement pillé. C’est une responsabilité ukraino-ukrainiene dont le reste du monde va devoir gérer les conséquences pour encore de longues années.

Pauvre Ukraine, malmenée par un gouvernement de forbans, elle n’a d’autres alternatives qu’entre un chef de l’opposition ancien boxeur, Vitali Klitschko, et une revenante, Ioulia Timochenko, affairiste post-chute du mur de Berlin, qualifiée de « Princesse du gaz » pour ses investissements variés dans le secteur de l’énergie et d’autres, avant de se refaire une virginité lors de la « Révolution orange » de 2004 puis quelques années de prison où elle croupit depuis 2011 pour malversations financières, peine prononcée par un tribunal aux ordres du pouvoir ; une espèce de Bernard Tapie en nattes blondes.

Pauvre Ukraine et pauvre de nous !

L’immigration en Suisse

La Suisse vote pour une limitation l’immigration de masse. Aussitôt la droite forte, le front national et autres tenants de la théorie du complot européen contre les nations applaudissent et veulent s’en inspirer pour le programme de leur retour au pouvoir.

La question qui a été posée en Suisse a été un peu biaisée et brutale, du style « Etes-vous pour ou contre l’immigration de masse » ? En fait pour être honnête il aurait fallu demander « Etes-vous pour ou contre l’immigration de masse et, pour la partie européenne de cette immigration, êtes-vous prêts à renégocier les traités d’adhésion à l’union douanière avec l’Union européenne ». La Confédération helvétique ne fait pas partie de l’Union européenne mais a accès au grand marché, c’est-à-dire qu’elle en a tous les avantages commerciaux sans en affronter les difficultés politiques. Ces avantages commerciaux ont été donnés à la Suisse en échange notamment de son acceptation des libertés de circulation et d’établissement des capitaux et des citoyens. Si la Suisse instaure des lois renonçant à ou limitant la liberté de circulation des citoyens européens, il suffira de changer les traités d’Union douanière. C’est techniquement possible.

Le coté rigolo de l’affaire c’est que comparé à la France, les flux migratoires suisses sont très différents puisque majoritairement européens. Les Suisses ont donc dit aux européens : « restez chez-vous ». Cela vise entre autre une population de frontaliers, français par exemple, qui habitent à Evian et travaillent à Lausanne. Ce dont ne veulent plus les français c’est de l’immigration africaine, ils sont sans doute plus tolérants avec l’immigration purement européenne même s’ils ont quelques prévenances à l’encontre des Roumains, des Bulgares et demain, des Croates, Serbes et tutti quanti. Il sera sans doute délicat dans un référendum de demander à Mme. Michu : « Etes-vous pour l’immigration (i) non européenne, (ii) des européens à l’ouest de la ligne Oder-Neisse et (iii) des européens à l’est de la ligne Oder-Neisse ? »

L’immigration non-européenne relève de la souveraineté nationale, à quelques réserves près. Si la France veut arrêter de distribuer la nationalité française ou des permis de travail à des populations non européennes type Rama Yade, Fleur Pellerin ou les arrivants au titre du regroupement familial, il suffit de le décider. C’est au programme de la « Droite forte », clan droitier de l’UMP, et de l’extrême droite. Les gouvernements plus modérés s’y sont cassé les dents depuis des décennies. C’est un peu comme les 35 heures, difficiles à démanteler car elles ont obligé les entreprises à procéder à des changements d’organisation si majeurs qu’ils sont quasiment impossibles à défaire ! Depuis l’immigration durant la IIème guerre mondiale pour débarquer en Provence, celle post 1945 pour travailler dans les usines de la France dévastée, le regroupement familial décidé par Giscard dit d’Estaing pour des raisons morales dans les années 70 et enfin, la mondialisation sans doute irréversible, il est difficile d’inverser le mouvement de l’immigration. Même Sarkozy y a échoué.

Dans la vraie vie il faut sans doute réguler l’immigration sans trop le crier sur les toits. C’est d’ailleurs ce qui est fait en France depuis des années avec plus ou moins de flexibilité selon les majorités. Le reste ne représente plus un problème majeur, y compris les 10 000 ou 20 000 roms qui perturbent la population. C’est un problème mineur par rapport à la question des finances publiques ou des lobbies économiques qui bloquent toute réforme de la société française. Il serait préférable que nos politiques passent plus de temps à faire de la pédagogie pour expliquer pourquoi on ne peut plus endetter les générations futures pour financer notre niveau de vie actuel, plutôt que pour désigner à la vindicte populaire le voleur de poules comme responsable de la crise économique.

Sujet connexe tout aussi rigolo, la mauvaise volonté du pouvoir français à mettre en œuvre ce fameux referendum d’initiative populaire, outil qui permettrait éventuellement un jour à un parti populiste de provoquer une consultation référendaire sur le modèle de celle intervenu en Suisse.

La France a modifié sa constitution en 2008 (sous l’inspiration de Sarkozy), article 11, qui instaure le référendum d’initiative populaire :

« Un référendum portant sur un objet mentionné au premier alinéa [tout projet de loi portant sur l’organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la nation et aux services publics qui y concourent, ou tendant à autoriser la ratification d’un traité] peut être organisé à l’initiative d’un cinquième des membres du Parlement, soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales. Cette initiative prend la forme d’une proposition de loi et ne peut avoir pour objet l’abrogation d’une disposition législative promulguée depuis moins d’un an. »

Le monde politique n’a jamais voté les textes d’application, ce qui fait que cette modification constitutionnelle est restée lettre morte depuis ce temps, et constitue l’une des nombreuses escroqueries intellectuelles imposées au peuple français. Donc un référendum d’initiative populaire en France sur l’immigration n’est pas pour demain. Par contre si en 2017 émergeait un pouvoir de droite avec le clan UMP de la « Droite forte » en haut de l’affiche, voire quelques maires et députés d’extrême droite bien installés, le gouvernement d’alors pourra proposer un tel référendum.

La droite parisienne en dépression

La droite parisienne s’achemine semble-t-il vers une défaite municipale à Paris pour les élections de mars. NKM-et-ses-cheveux-fous se heurtent à des listes dissidentes dans lesquelles elle n’arrive pas à mettre bon ordre. Son programme plutôt flou n’est guère renforcé par ses annonces intempestives, vite ravalées et semble-t-il non partagées avec son équipe, comme la destruction de la Tour Montparnasse ou la piétonisation du centre de Paris. Bref, à l’heure de la démocratie participative et de la politique sans réflexion, elle ne fait pourtant pas fureur alors qu’elle tourne comme une girouette autour du vent de la démagogie qui fait voleter ses cheveux-fous.

Les bobos parisiens se prépareraient à renouveler un troisième mandat socialiste pour leur mairie. Pauvre NKM, elle risque de revenir au chignon si jamais elle perd.

Nous allons voter pour toi NKM-aux-cheveux-fous, rassure-toi ! Quels que soient ses mérites, l’équipe socialiste actuelle est à la mairie de Paris depuis 2001, il est temps de changer. D’ailleurs leur programme n’est pas moins insignifiant que le tien NKM délurée. Tiens-bon NKM.

Libération : la fin

Libération se meurt, quelle tristesse ! Effondrement des ventes, baisse substantielle de la qualité et du nombre de pages ces dernières années, conflit entre actionnaires et journalistes, entre rédacteurs et directeurs, absence de business modèle de remplacement, bref, ce symbole des années 70’ fondé par Serge July et Jean-Paul Sartre va bientôt tirer le rideau derrière lui, à moins qu’il ne se fasse racheter par un marchand d’armes ou un Tycoon de l’industrie du luxe, pour y perdre u peu plus encore son âme.

Guéant le farceur

Les archives papier de Claude Guéant, ex-secrétaire général de la présidence de la République sous Sarkozy, ont disparu. Du moins elles n’ont pas été versées aux archives comme le veut la tradition républicaine mais comme ne l’exige pas formellement la Loi. Ces documents sont recherchés par la Justice dans le cadre de la mise en examen de François Pérol pour prise illégale d’intérêts. Quel sacré farceur ce Guéant

Anna Calvi – 2014/02/15 – Paris le Trianon

Anna Calvi de retour au Trianon avec un nouveau disque : One Breath, au design de couverture aussi crépusculaire que le précédent (Anna Calvi) : gros plan de sa bouche sur premier, gros plan d’un œil sur le second. La révélation rock de 2010 repart en tournée et fait preuve sur scène de la même volcanique fulgurance !

Le trio de 2012 (batterie, percussions-clavier et guitares) est accompagné cette année d’un claviériste-bassiste. Anna est habillée de noir, montée sur d’improbables talons aiguilles, blondeur à frisures et rouge à lèvres, elle regarde l’assistance avec un air un peu hautain, plutôt ailleurs et c’est quand elle joue sur ses guitares éraillées qu’on la sent revivre et s’exprimer.

Démarrage sur Suzanne & I qui s’enchaîne sur un incroyable puzzle de virtuosité vocale et instrumentale, alternant les moments d’intimité, Sing to Me : Got on your skin, colder than night/ The last of the one, the one we divide/ Lying so still, lying so still here/ Sing to me, beautiful one, murmuré comme au confessionnal, avec des instants de fureur volcanique, les refrains de Cry, les rythmiques de Love of my Life…

Elle reprend un troublant Fire de Bruce Springsteen entamé d’une voix caverneuse, comme extra-terrestre, au gré de la rythmique pesante de ce morceau et de son célèbre refrain : …’Cause when we kiss, fire ; on ne peut mieux dire !

Un final de rêve sur l‘enchaînement Desire, puis Love Won’t Be Leaving, son refrain scandé de l’amour qui ne nous quittera pas, les murmures susurrés d’une voix polissonne et un long solo qui tend au mystique, la tête renversée, laissant parler la fureur de ses cordes. Puis l’artiste rend les armes, dépose sa guitare à ses pieds et quitte discrètement la salle laissant ses spectateurs proprement abasourdis par tant de talent.

D’une culture classique elle mêle de multiples influences dans ses compositions dont l’interprétation sur scène est un spectacle époustouflant. Rarement une artiste donne à ce point l’impression d’un engagement si total, émotionnel et technique, dans sa musique. Voix et guitare sont l’extériorisation d’une même vision qui exprime le coté sauvage de la force créatrice, et avec quel éclat !

Ce deuxième album s’enfonce dans des profondeurs plus personnelles de l’artiste qui dévoile des faiblesses et des souffrances oh combien sublimées par cette musique fauve.

Setlit : Suzanne & I/ Eliza/ Sing to Me/ Suddenly/ Cry/ Rider to the Sea/ First We Kiss/  I’ll Be Your Man/ Love of My Life/ Piece by Piece/ Carry Me Over/ Bleed Into Me/ Fire (Bruce Springsteen cover)/ Desire/ Love Won’t Be Leaving

Encore : A Kiss to Your Twin/ Blackout / Jezebel (Frankie Laine cover)

Le nonos à Copé

Copé-j’en-ai-une-grosse-paire se distingue en vouant aux gémonies un livre pour enfants illustrant la nudité et relance le débat sur la soi-disant volonté de la perverse majorité actuelle à vouloir enseigner la théorie du genre à la maternelle, voire même dans les crèches. L’outrance des propos et la beaufitude de l’argumentation, font tomber d’eux-mêmes les aboiements du chefaillon de l’UMP qui résonnent dans le désert de la pensée politique, tel l’écho rebondissant sur les murailles de la bêtise.

Il n’en demeure pas moins que subsistent quelques acharnés de l’indifférenciation des sexes, quelques illuminés du tout-est-pareil-pour-tout-le-monde, quelques dévots des pratiques minoritaires qu’il faut imposer à la majorité, quelques soixante-huitards attardés qui ont trop consommé LSD et William Burroughs. Il faut ferrailler avec eux sur le plan intellectuel en rappelant que la démocratie exige la majorité, et tout rentrera tranquillement dans l’ordre.

Capacité de nuisance des taxis parisiens

Les taxis parisiens continuent à nuire à la population à grands coups de grèves et d’opérations escargots pour défendre leurs intérêts corporatistes. Nous sommes là dans un vrai archaïsme français dont personne n’arrive à se dépêtrer depuis des décennies, quelle que soit la couleur des gouvernants. Une profession protégée pour des raisons préhistoriques, en échange de licences, dont le nombre est contrôlé pour protéger le marché, vendues par l’administration ou les taxieurs eux-mêmes.

Si le marché est libéralisé il faudra trouver une solution financière de sortie pour dédommager les détenteurs de licences. L’obstination des parties, l’égoïsme des corporations concernées, l’immobilisme général de la société française maintiennent le blocage. Paris reste une ville mal desservie par les taxis et ceux-ci continuent à perturber la population, le monde politique marche sur des œufs en n’osant pas affronter la colère des acteurs de ce marché protégé d’un autre âge.

Le dispositif de licence a sans doute été mis en place en son temps pour de bonnes raisons, du moins peut-on l’espérer, mais comme toujours en pareil cas des corporatismes et baronnies en sont résulté, rendant quasiment impossible toute évolution.

Droit dans ses bottes !

Denis Gautier-Sauvagnac, ex-responsable patronal de la fédération patronale de la sidérurgie, auteur de la célèbre explication pour justifier la distribution de fonds occultes aux organisations syndicale : « pour fluidifier le dialogue social » est condamné à trois années de prison dont une ferme. Durant son procès il a continué à refuser de dévoiler les noms des responsables syndicaux à qui des années durant sa fédération a versé des sommes en liquide, 15 millions d’euros de sorties de caisse ont été identifiés pour la période 2000-2007. Il s’est tu, a assumé et est condamné, un peu comme Juppé-le-raide-comme-un-passe-lacet qui a payé dans les mêmes conditions pour couvrir le maire de Paris, Chirac, dans l’affaire des emplois fictifs de cette mairie. Cela est noble, qualificatif que l’on ne peut que rarement attribuer dans la vie politique.

Chypre négocie

Bonne nouvelle : les négociations reprennent pour la réunification de Chypre. Rappelons que cette ile tiraillée entre sa partie « turque » dont la souveraineté n’a jamais été reconnue par la communauté internationale depuis la guerre de 1974, et sa partie « grecque », Chypre donc est la symbole de l’impuissance européenne. Après avoir longtemps clamé que jamais l’Union européenne n’accepterait l’adhésion de Chypre tant que le conflit ne serait réglé, nos diplomates communautaires ont bien entendu cédé : Chypre a intégré l’Union européenne en 2004, important avec elle un conflit armé dans l’Union entre la Turquie qui ne reconnaît pas ce membre de l’Union, dont elle occupe une partie du territoire, tout en poursuivant ses propres négociations d’adhésion…

Depuis lors Chypre, spécialisée dans le recyclage de capitaux douteux en provenance de l’Est, a fait faillite en 2012 et a dû être refinancée par le contribuable communautaire.

Bref, si tout ce galimatias diplomatico-méditerranéen pouvait se régler un jour autour d’un verre d’Ouzo, tout le monde s’en porterait mieux.

Suzanne Vega – 2014/02/12 – Paris le Divan du Monde

Suzanne Vega au Divan du Monde : quelle douceur, quelle intelligence des mots et de la musique, quel talent ! Et cette année elle nous revient avec un nouveau disque : Tales From the Realm of the Queen of Pentacles dont un exemplaire est exposé sur le tabouret où l’artiste pose ses ustensiles musicaux.

Formation à deux sur scène, l’inséparable Gerry Leonard officie aux guitares. Comme il se doit Suzanne démarre sur Marlene on the Wall, habillée de noir, chapeau claque et rouge à lèvres, ses yeux bleus pétillants sous sa chevelure rousse, elle nous raconte l’histoire de Marlene on the wall qui regarde ses prétendants vaincre et périr, un sourire en coin, alors que le narrateur est amoureux :

But the only soldier now is me/ Im fighting things I cannot see/ I think its called my destiny that I am changing/ Marlene on the wall!

Cette chanson emblématique doit dater de 1985…

Enchaînement sur Caramel, puis l’entrée dans le nouveau disque avec Fool’s Complaint : des cartes du tarot qui s’affrontent, la Reine de Pentacles contre le Fou. La presque totalité du nouveau disque sera jouée avec parfois des moments plutôt rocks comme sur I Never Wear White et les guitares cinglantes de Gerry. Une succession de très belles chansons aux textes troublants. Ces nouvelles et belles compositions sont entrecoupées de retours sur le passé : Tom’s Dinner (avec un superbe arrangement de guitares), Solitude Standing, Gypsy… qui plongent l’assistance dans une douce mélancolie.

Un premier rappel, émouvant hommage à Lou Reed, lui aussi new-yorkais, avec Take a Walk On the Wild Side, la légendaire rythmique de ce morceau jouée sur une guitare acoustique 12 cordes par Gerry. Et puis In Liverpool demandé à l’applaudimètre, précédé de la petite histoire que certains connaissent déjà : celle d’un amoureux de Suzanne lorsqu’à 18 ans elle faisait un séjour en Angleterre et vécut une première romance estivale qui se termina lorsque l’un retourna à Liverpool et l’autre à New-York City, la mort dans l’âme. Elle lui a écrit Gypsy et envoyé la chanson. Des années plus tard, de passage à Liverpool, elle écrira In Liverpool en souvenir de cette amour inoubliable. Cette chanson nostlagique clôt notre soirée :

In Liverpool/ On Sunday/ No reason to even remember/ you now…

Et Suzanne reprend sa route : passagère romantique du temps qui passe, poète élégiaque de nos innocences perdues, musicienne agile, artiste fidèle qui nous enchante depuis tant d’années de sa voix brumeuse et de ses harmonies en mode mineure, Suzanne Vega, une artiste qui tient une place à part dans nos cœurs.

Setlist : Marlene on the Wall/ Caramel/ Fool’s Complaint/ Crack in the Wall/ Jacob and the Angel/ Small Blue Thing/ Gypsy/ The Queen and the Soldier/ Don’t Uncork What You Can’t Contain/ Song of the Stoic/ Solitude Standing/ Left of Center/ I Never Wear White/ Luka/ Tom’s Diner/ Walk on the Wild Side (Lou Reed cover)/ Horizon (There Is a Road)/ In Liverpool

L’actualité des banques

  • François Pérol, fonctionnaire français, ex-conseiller économique de Sarkozy, parachuté en 2009 comme pédégé du groupe Banque Populaire Caisses d’Epargne, groupe au bord de la faillite suite aux errements de ses dirigeants, est mis en examen pour prise illégale d’intérêt. La loi française limite en effet les conditions dans lesquelles un fonctionnaire peut aller pantoufler dans une entreprise privée dont il a eu à traiter le dossier dans l’administration. Le Pérol tombe pile dans la cible. Que la justice passe !
  • Le patron de la banque britannique Barclays a annoncé qu’il renonçait à son bonus au titre de l’année 2013 mais par contre annonce l’augmentation des bonus versés à ses cadres et autres traders-fraudeurs de 10% pour atteindre 2,4 milliards de livres. Rappelons que Barclays a racheté en 2008 la division banque d’investissement et de courtage de Lehman Brothers, dont la faillite suite à ses exploits sur les marchés a déclenché la crise financière de 2008 ; un actif certainement de grande valeur. Barclays a par ailleurs été condamnée en 2012 à une lourde amende suite à l’implication de ses traders-fraudeurs dans le scandale de la manipulation des taux LIBOR sur le marché.
  • Le patron de la banque américaine JP Morgan Chase lui n’a pas renoncé à son bonus de 20 millions d’USD en 2014, bien au contraire, puisque celui-ci a quasiment doublé pour compenser sa baisse en 2013. Rappelons également les exploits très variés de cette banque qui a été condamnée à des amendes cumulées d’une douzaine de milliards de dollars pour son implication reconnue dans plusieurs scandales financiers.

Bataille de tracts pour une mairoe

Nos boîtes aux lettres commencent à être envahies de tracts publicitaires au sujet des prochaines élections municipales, remplis des mêmes slogans tapageurs et vides de sens. Rien ne change vraiment, qu’on en juge pour ceux du XIVème arrondissement de Paris où les deux cruches Nathalie Kosciusko-Morizet et Anne Hidalgo affichent leurs bobines à tout bout de champ :

Nathalie Kosciusko-Morizet

« Candidate dans le 14ème arrondissement, j’ai acquis à travers nos échanges de ces derniers mois une conviction claire : vous attendez aujourd’hui plus et mieux de votre mairie. »

Carine Petit soutenue par Anne Hidalgo

« Au service de Paris et du XIVème ! Depuis 2001, Paris et le XIVème ont changé : tramway, rénovation urbaine, logements, espaces verts, services publics. »

Ian Brossat soutenu par Anne Hidalgo

« Ensemble rendons Paris moins cher. »

Etc. etc.

Serge Poliakoff – Le rêve des formes

Exposition « Serge Poliakoff – Le rêve des formes » au musée d’art moderne de Paris, un régal de couleurs et de formes par cet artiste abstrait. Citoyen russe, arrivé en famille en France au début du XXème siècle pour fuir la révolution bolchévique, il vit de ses prestations de guitariste dans les bars russo-tsiganes qui accueillent cette population de russes « blancs », avant de se lancer dans la peinture. Il réalisera des œuvres mystérieuses et colorées qui vous plongent dans des abimes de méditation. Yves Saint-Laurent dessinera une collection de robes inspirées de Poliakoff.