Sniff…

Le chroniqueur-investisseur liquide ses valeurs Natixis avec une moins-value de 85%. Une fois séchées ses larmes, il se souvient que Natixis fut l’un des plus grands scandales financiers de la Vème République ! On y vit une bagarre d’égos qui voulurent transformer l’alliance capitalistique des caisses d’épargne et des banques populaires en une banque d’affaires, tout ceci pour satisfaire leurs besoins de standing et leurs ambitions démesurées. Laissés à eux-mêmes par un contrôle défaillant de leurs actionnaires, ils ont livré à la spéculation forcenée l’épargne populaire déposée par Mme. Michu à la caisse d’épargne ou à la banque populaire. Des dirigeants de rencontre sont alors tombés à partir de 2006 dans tous les pièges tendus aux incompétents ambitieux : les subprimes, les rehausseurs de crédit, les pyramides de Ponzi vendues par les Madoff et autres escrocs, les traders-fraudeurs, etc. En 2008, la crise financière mondiale révèle ces dérives et la banque n’évite la faillite que grâce au soutien des contribuables. Son cours en bourse s’est effondré depuis longtemps et les mauvais investisseurs n’ont plus que leurs yeux pour pleurer !

Cette banque dirigée par des forbans et contrôlée par des incompétents aurait du normalement être laissée en faillite et les responsables de ce désastre orientés vers la case prison. Il n’en fut rien : la République décida de sauver la banque et nombre de ses dirigeants furent révoqués avec de très confortables indemnités. Depuis Natixis continue d’exister en tant que banque d’investissement, sans doute mieux gérée qu’auparavant. La moins-value financière constatée par les investisseurs de la première heure est à la hauteur de l’incompétence de ceux qui l’ont amené à l’un des gros scandales financiers de notre temps et sans que personne n’ait vraiment endossé la responsabilité de l’escroquerie.

La fin de vie au Café du commerce

Entendu au sujet des difficultés croissantes de la fin de vie dans notre société vieillissante et en proie à différentes épidémies : cancer, maladies neuro-dégénératives…

– Mme. Michu : on ne fait rien en France pour légaliser le suicide assisté, c’est pas normal !

– Son contradicteur : comme de nombreux pays occidentaux, notre vieille démocratie réfléchit sur ce sujet intime et sensible. Un comité consultatif national d’éthique (CCNE) a été créé en 1983 et travaille sur toutes ces questions si délicates : la fin de vie, l’utilisation des nouvelles techniques liées à la biologie, les tests génétiques… Ce comité donne des avis mesurés et documentés qui aident à la réflexion des parlementaires légiférant sur les lois en la matière.

– MM : oui mais la société française devrait autoriser le suicide assisté !

– SC : pour le moment, le parlement élu par les citoyens, dans sa grande sagesse, n’a pas retenu cette option mais a préféré toiletter par touches progressives la loi dite « Leonetti » qui régit la fin de vie mais sans inclure l’option du suicide assisté. La société ne t’interdit pas de te suicider en te jetant sous un bus, en revanche elle estime qu’elle n’a pas à légiférer sur ce sujet. Si cela ne te plaît pas, soit tu vas t’installer dans un pays qui l’autorise, soit tu montes un parti politique pro-suicide assisté et tu cherches à emporter la majorité au parlement pour imposer tes vues.

Nous sommes en France et le citoyen demande et s’attend à ce que l’Etat intervienne partout, même dans la mort. Les avis du CCNE sont un modèle de subtilité et de profondeur sur les sujets fondamentaux de notre société, dont la mort. Peut-être un jour recommandera-t-il le suicide assisté. Ce n’est pas le cas pour le moment et il est estimé qu’il ne faut pas bousculer la société. Dans ce domaine plus que tout autre, le simplisme de Café du Commerce n’est pas de mise. C’est une bonne chose. La loi « Leonetti » a déjà fait évoluer significativement le corpus légal mis à disposition des familles et du corps médical pour éviter l’acharnement thérapeutique. Appliqué par des gens intelligents et mesurés, elle a produit des effets favorables. Nous verrons les évolutions ultérieures, en la matière il convient de se hâter lentement.