« Le char et l’olivier, une autre histoire de la Palestine » de Roland Nurier

Un film documentaire sur l’histoire de la création d’Israël sur le territoire de Palestine qui rappelle l’histoire depuis ses origines. Après la première guerre mondiale et le démantèlement de l’empire ottoman, le Royaume-Uni et la France bénéficient de mandats (un autre mot désignant la colonisation) pour administrer le Proche et le Moyen Orient et, déjà, l’Europe et la Russie, globalement antisémites, cherchent une terre d’accueil pour y localiser les populations juives qu’elles abritent sur leurs territoires. La déclaration Balfour, du nom du ministre britannique des affaires étrangères britannique de l’époque, évoque en 1917 le principe d’un « foyer national juif » à situer dans la Palestine sous mandat. La suite des événements, et notamment le volontarisme juif parfois localement violent ainsi que la culpabilité occidentale suite à la Shoah aboutiront à la création de l’Etat d’Israël en 1947 issu d’un « partage » décidé par l’ONU entre un Etat juif et un Etat arabe… Il s’ensuivra une première guerre en 1948 avec l’expulsion de 800 000 palestiniens de leurs terres (la Naqba, la catastrophe en arabe), puis de nombreuses autres guerres qui permirent à Israël d’étendre son territoire par la force. Aujourd’hui encore la colonisation israélienne des terres se poursuit et la question de leur annexion pure et simple se pose. Le problème est loin d’être résolu, gangrène toute cette région et une bonne partie de la planète.

Ce documentaire donne une version historique de l’origine du conflit. Les personnes interrogées sont propalestiniennes mais s’expriment avec mesure et sur un mode factuel. La parole n’est pas donnée aux israéliens conservateurs, actuellement au pouvoir dans leur pays, et c’est aussi bien tant le dialogue et la réconciliation sont à ce jour impossibles. Pour les partis israéliens religieux ou en faveur des conquêtes territoriales, leur droit sur ces terres vient de la Genèse de la Bible qui stipule que « Dieu a promis Israël au peuple juif » ! Ben Gourion, le fondateur de l’Etat, disait que la Bible était son titre de propriété. Un titre datant de 4000 ans et rédigé par on ne sait qui…

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Pour le moment la conquête israélienne se poursuit en évitant l’embrasement général grâce à la puissance de cet Etat et aux soutiens dont il bénéficie, mais les palestiniens n’oublient pas qu’ils ont été expulsés de leur terre il y a 70 ans. Ce souvenir est d’ailleurs soigneusement diffusé aux générations suivantes. Le seul espoir d’une résolution de ce conflit serait l’apparition de leaders intelligents et raisonnables des deux côtés et en même temps. Nous n’y sommes pas encore même si un fol espoir s’était emparé du monde lors des accords d’Oslo en 1993 qui fut ensuite soigneusement démonté par la mauvaise volonté des parties.

MORRISON Toni, ‘Home’.

Sortie : 2012, Chez : Christian Bourgeois éditeur & 10/18 n°4776.

Franck Money revient aux Etats-Unis après avoir servi le drapeau lors de la guerre de Corée. Nous sommes donc au mitan des années 50′. Evidemment il ne s’est pas passé que de jolies choses dans cet intermède chaud de la guerre froide, et Franck n’est pas le dernier à avoir dérivé.

Avant cette guerre lointaine il y eut une jeunesse en Géorgie dans une Amérique ségrégationniste. Après il y a le sauvetage de sa sœur pris dans les rets d’un docteur Mabuse qui la précipite aux portes de la mort, puis le retour en Géorgie dans une Amérique toujours ségrégationniste.

Les personnages de Toni Morrisson traînent leurs souffrances à travers l’Amérique profonde, de petits boulots en bagarres familiales, de bourgs perdus en dinners enfumés. Tout est tragique dans ces tranches de vie mais n’empêchent pas la rédemption de Franck qui va tirer sa sœur du gouffre où elle est presqu’enfouie. Ca n’est écrit nulle part mais cela transparaît partout : Morisson parle de la condition des noirs !