Les républicains américains continuent à se battre pour la victoire de leur candidat à l’élection présidentielle

Signature de Donald Trump

Alors que le président Trump continue, entre deux parties de golf à inonder le réseau dit « social » Twitter de messages contestant la victoire de son concurrent démocrate Biden, les soutiens dont il bénéficie au sein de son propre parti Républicain commencent à s’étioler au fur et à mesure que sont rejetés les recours initiés en justice pour accuser les Démocrates de fraude électorale.

L’aspect plutôt comique dans cette bataille est aussi lié au mode de vote des Etats-Unis. A l’occasion de l’élection présidentielle les électeurs se prononcent sur le même bulletin pour toute une série d’élections complémentaires, variables selon des Etats. En l’occurrence ils ont voté pour le renouvellement d’un tiers des cent sénateurs et ont laissé pour le moment la majorité aux Républicains, ce qui procure à ce parti la capacité de bloquer toute mesure significative pour le pays comme cela a été fait durant la présidence Obama.

Contester la légalité du vote revient à remettre en cause non seulement le résultat en faveur du candidat démocrate mais aussi les votes en faveurs des sénateurs républicains puisque tous ont été exprimés sur le même bulletin. Difficile de rejeter l’un en gardant les autres. Mais cela peut toujours être tenté par le bataillon d’avocats mis en œuvre par l’entourage du président actuel, qui a lui aussi tendance à se réduire comme peau de chagrin face au poids de la réalité.

En réalité on semble bien se diriger vers le non-renouvellement du président Trump ce que devrait définitivement valider le vote des grands électeurs prévus pour mi-décembre. Ensuite il faudra juste faire déménager l’actuel résident de la Maison Blanche. On n’ose imaginer qu’il faille employer la force ou qu’il refuse d’assister à la cérémonie de prestation de serment de mi-janvier comme le veut la tradition du pays. Tout est possible ! En attendant il reste encore deux mois au président américain pour pratiquer la politique de la terre brûlée et jouer au golf.

Lire aussi : Compte Twitter Donald Trump

Publié le
Catégorisé comme Amériques

MALRAUX André, ‘Antimémoires’.

Sortie : 1967, Chez : Gallimard.

On suit dans les « Antimémoires » les pérégrinations culturelles et mystiques d’un André Malraux envoyé en voyage en Asie par de Gaulle, président de la République française, en 1965. Il se murmure que cette mission avait aussi un but curatif pour apaiser ce personnage hanté, en proie à dépression et addictions. Le récit est basé sur deux rencontres capitales : Nehru en Inde et Mao en Chine, complétées par des visites à personnages moins connus mais tout aussi importants dans le cheminement intellectuel de Malraux, ainsi que des lieux de référence : les pyramides d’Egypte, Singapour (où l’on retrouve Clappique qui inspira le personnage du même nom de la « Condition Humaine »), Hong-Kong, les jardins japonais présentés par un moine bouddhiste…

Avec Nehru (qu’il avait déjà rencontré auparavant) ils échangent sur le pouvoir et la spiritualité, sur Gandhi et les masses indiennes, sur la violence de la partition du pays postindépendance et l’influence du Bhagavad-Gîtâ (long poème fondateur de la pensée religieuse hindouiste) écrit quelques siècles av. J.-C. Il est question de Krisna, de Dieu… de la vie, de la mort et la pensée.

Avec Mao, il est question de la « Longue Marche » qui a ponctué l’interminable prise de pouvoir des communistes chinois contre le Kuo-min-tang de Tchang Kaï-check qui aboutit en 1949. Ils parlent du monde rural qu’il fallut convertir, souvent de force, aux « mérites » du maoïsme, des « intellectuels » dont il fallut réduire les tendances contrerévolutionnaires. Il conclut son entretien avec Malraux :

« Je suis seul,
enfin avec quelques lointains amis, veuillez saluer le général de Gaulle.
– quant à eux [les Russes] la révolution, vous savez, au fond, ça ne les intéresse pas… »

Les différents chapitres du récit sont ponctués de mentions des évènement historiques auxquels Malraux participa : la guerre d’Espagne, la résistance, son arrestation à Toulouse, la libération de la France. Il est souvent question en toile de fond des camps d’extermination nazi comme un rappel de la barbarie de la vieille Europe face à ces pays neufs qui cherchent leurs propres voies pour émerger en se libérant des affres du colonialisme qui les a soumis, un temps.

C’est un dialogue de géants concernant des pays, des hommes, des idéologies qui ont forgé le XXème siècle. La puissance du style de Malraux et son insondable culture planétaire et historique forcent l’admiration. En lisant cet auteur de génie on approche du sens de ces grands évènements et de la spiritualité de ceux qui en ont été les acteurs. C’était le XXème siècle…