Des millions de documents liés à l’affaire « Epstein », du nom de ce financier américain impliqué dans de multiples affaires de pédo-criminalité à travers le monde, mais qui s’est suicidé en prison à New-York en 2019, ont été publiés sur le site web du ministère américain de la justice en application d’une loi votée par le parlement pour forcer le gouvernement américain à la transparence. Ces dossiers citent des milliers de personnes à travers le monde, célèbres ou pas., riches ou moins, qui se sont laissés prendre dans les rets de Jeffrey Epstein qui devait disposer d’un entregent remarquable pour s’être constitué un tel réseau relationnel. Un petit tour sur ce site public américain permet déjà de s’assurer que notre nom n’y figure pas… Après avoir certifié : (i) ne pas être un robot puis (ii) avoir 18 ans minimum on accède très facilement à un moteur de recherche plutôt facile d’utilisation.
Quand on tape, par exemple, « Jack Lang », on aboutit à 676 liens aboutissant à 676 documents dans lesquels apparaît « Jack Lang » (86 ans), avec un petit résumé pour chacun. Tous les fichiers sont sous format PDF contenant beaucoup de copies de courriels échangés avec M. Epstein, mais aussi des photos. Il n’y a pas de commentaires et certains passages de messages ou parties de clichés sont recouverts de noir, officiellement pour protéger les victimes. En cliquant sur quelques photos on tombe sur beaucoup de portraits d’Epstein et de sa compagne (franco-britannique), Ghislaine Maxwell purgeant actuellement une peine de 20 ans de prison aux Etats-Unis pour pédo-criminalité et complicité de trafic sexuel, et qui a promis qu’elle révèlerait ce qu’elle sait si elle était graciée ; mais aussi des naïades dans des piscines bleues, des femmes à moitié nues (mais partiellement caviardées pour ne pas choquer les âmes sensibles), des fêtes réunissant célébrités et anonymes, un concert des Rolling Stones, des villas, des œuvres d’art, des pièces d’habitation, etc.
Il y a 3 millions de ces documents, en faire la synthèse demande donc de gros moyens… que possèdent nombre de journaux qui en distillent les morceaux choisis depuis quelques semaines avec délectation tant les personnalités impliquées, ou juste citées dans les documents, sont nombreuses et diverses.
Si on se promène un peu au hasard des 676 liens où sont cités Jack Lang on tombe avec gourmandise sur un courriel du 14/09/2018 adressé par Jack Lanf à son « Dear Jeffrey [Epstein] » pour lui demander 150 000 euros afin de financer un film documentaire préparé par Serge Moati sur l’œuvre de… Lang Jack (« Serge Moati, a very great French filmmaker, wants to make a film about my work that will be broadcast in the cinema »). On savait ce vieux « Djack » doté d’un culot d’enfer et d’une haute idée de lui-même mais on voit qu’on l’avait sans doute sous-estimé. Epstein répond le même jour « im contributing… ». On ne sait pas si le financement demandé a été octroyé ni même si le film a été réalisé.

Cette aventure, pour le moment juste rocambolesque, vient de valoir à cet homme âgé son poste de chef de l’Institut du monde arabe (IMA). Sa fille Caroline, également citée dans de nombreux autres courriels, semblait entretenir des relations d’affaires et amicales avec l’Américain. Elle a également de démissionné de différents mandats qui lui avaient été confiés dans le secteur du cinéma où elle travaille.
La masse de ces documents et la quantité de relations qu’entretenait M. Epstein sont impressionnantes. On ignore comment les 3 millions de fichiers ont été rassemblés par la justice américaine. Ont-ils été saisis sur les ordinateurs du pédo-criminel, qui semblait conserver beaucoup de matériels, ou ont-ils été piratés par des grandes oreilles de différents services ou fournisseurs d’Internet, ces derniers ayant pu intercepter ces documents qui ont forcément transité par leurs réseaux à un moment ou un autre ? On ne sait pas bien par quels canaux ils se sont retrouvés dans les mains de la justice mais maintenant qu’ils y sont leur publication fait des ravages à travers les puissants du monde occidental qui ont été en rapport avec Epstein, même sans avoir forcément participé de près ni de loin à ses activités criminelles.
L’affaire semble loin d’être terminée et pourrait connaître une nouvelle étape si Mme. Maxwell révélait ce qu’elle sait ou si l’administration continuait ses publications.

