Peur sur la ville

Dans les dîners en ville des citoyens s’inquiètent parfois de la possibilité de voir la gauche propalestinienne arriver à l’Elysée lors des élections présidentielles de 2027. C’est une hypothèse mathématiquement possible, son principal représentant, Jean-Luc Mélanchon, ayant déjà obtenu près de 22% des suffrages au premier tour des élections présidentielles de 2022 (contre 20% aux élections de 2017) et a failli être qualifié pour le second tour. Il lui a manqué 1,2% par rapport à Marine Le Pen qui, elle, fut présente au tour final contre M. Macron, finalement élu.

Malgré ses dérives verbales et ses colères médiatiques, le trublion trotskyste, formé à l’école de l’Organisation communiste révolutionnaire (OCI), tendance « lambertiste », dans les années 1970, où il croisa nombre de ceux qui sont devenus ensuite les caciques du Parti socialiste (PS) comme MM. Jospin ou Cambadélis, Jean-Luc Mélanchon arrive encore à fédérer le combat contre l’extrême droite incarnée par le Rassemblement national (RN).

Alors, dans ces mêmes dîners en ville, les bourgeois, bohème ou pas, les progressistes bon teint de la gauche pas forcément propalestinienne, affichent vouloir « voter Mélanchon » si le deuxième tour des présidentielles de 2027 l’opposait au Rassemblement national (RN). Même en se bouchant le nez, ils préfèrent un président trotskyste au saut dans l’inconnu d’un représentant d’un parti construit sur les bases de l’ex-Front National élu président de la République.

Malgré ses efforts constants pour se mettre toute une partie de la population française à dos à force d’injures et d’agressivité, sans parler d’un programme pour le moins collectiviste, M. Mélanchon garde ses chances de rejoindre l’Elysée en 2027 face à la terreur engendrée par son éventuel adversaire de second tour, le RN. Pour le moment les dîners en ville continuent de bruisser d’inquiétude et de déni « non, ce n’est pas possible, on ne peut pas avoir Mélanchon et le RN au second tour ! » Eh bien si, c’est politiquement envisageable mais si l’on veut éviter un tel dilemme, le mieux serait de ne pas voter pour lui au premier tour afin de lui barrer la route du second ! Il y aurait ainsi au moins une alternative républicaine face au candidat RN dont les sondages semblent prédire la qualification au second tour dans tous les cas de figure.

Quoi qu’il en advienne, la France aura le président pour lequel ses citoyens auront voté. C’est leur responsabilité.