Après des années de combat vers cet objectif, trois opérateurs téléphoniques et fournisseurs d’Internet devraient arriver à manger le quatrième. Et cette fois-ci la dévoration est en passe de réussir. Un regroupement éphémère composé d’Orange, Free et Bouygues est en train de finaliser l’acquisition/démantèlement de SFR dont le propriétaire franco-israélien Patrick Drahi, a placé son groupe dans une situation d’endettement intenable par suite d’une politique d’acquisitions externes qui n’a pas donné les résultats escomptés. Pour éviter la cessation des paiements il a dû négocier un plan de rééchelonnement des dettes de son groupe avec les créanciers et le voilà maintenant poussé à vendre un de ses principaux actifs, SFR.
On se souvient qu’au début des années 2010, l’arrivée de Free avait poussé les trois autres fournisseurs à baisser leurs prix d’abonnement pour éviter de voir fuir leurs clients vers ce nouveau concurrent. Jusqu’alors ils vivaient relativement tranquilles sur un marché plutôt porteur et sur lequel ils s’entendaient, de façon informelle bien sûr, pour ne pas exercer entre eux une trop sévère concurrence mais juste ce qui fallait pour endormir les autorités de surveillance. Dans le même temps bien entendu, ils continuaient de vanter les mérites de la concurrence comme aiguillon du capitalisme au profit des consommateurs…
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Forcés par l’arrivée de Free d’aligner leur prix à la baisse, et donc aussi leurs profits, les quatre larrons ont ensuite diffusé des messages de détresse vers l’Etat et le secteur comme quoi quatre acteurs sur ce marché c’était un de trop et que cela handicapait leur capacité d’investissement, nuisant ainsi aux consommateurs, et que dans les pays avoisinants la concurrence était plus réduite, et bla-bla-bla, et bla-bla-bla.
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En réalité, depuis quinze ans et l’arrivée de Free, les utilisateurs de ces quatre fournisseurs ont bénéficié d’une bonne qualité de services pour des prix concurrentiels, les quatre fournisseurs en question affichant de bons résultats financiers bien que sans doute pas aux niveaux de ceux qui étaient les leurs lorsqu’ils n’étaient que trois. Ainsi va la dure loi du commerce capitaliste. Durant cette période la bande des quatre a essayé différentes combinaisons pour tuer l’un d’entre eux et se répartir son marché. Aucune n’a abouti.
Aujourd’hui alors que le dépeçage de SFR est en cours avec de bonnes chances d’aboutir à sa disparition, les trois survivants se réjouissent d’être enfin en passe d’aboutir à une baisse de la concurrence sur ce marché et, très probablement, de pouvoir augmenter leurs prix facturés aux consommateurs.

