Les armes cliquettent

La guerre a au moins une conséquence directe : l’Allemagne réarme… Cela ranime évidemment quelques souvenirs alentour, pas parmi les meilleurs du continent européen.

Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale notre voisin outre-Rhin a veillé à reconstituer sa puissance économique, encore renforcée après la réunification avec l’Allemagne communiste suite à la chute du Mur. Mais Berlin a toujours veillé à rester à l’écart de la puissance militaire, refusant de participer à toutes opérations armées extérieures et n’investissant que fort peu dans son armée nationale, préférant rester sous le parapluie nucléaire des Etats-Unis d’Amérique, plutôt que de risquer d’être à nouveau entraînée dans un conflit comme ceux qui l’ont emmenée si loin au XXème siècle.

L’un des effets de la décision russe d’envahir l’Ukraine est d’avoir provoqué cette situation : l’Allemagne réarme ! L’avenir dira si c’est une bonne nouvelle.

Angela Merkel et Nina Hagen vous saluent bien

Alors que la chancelière allemande Angela Merkel va laisser la place après 16 années de pouvoir, l’armée allemande lui présente ses adieux en jouant un morceau choisi par elle de… Nina Hagen. Pour les plus jeunes, rappelons que Nina est une chanteuse née en Allemagne de l’est en 1955 au temps du mur. Elle sortit un premier hit à Berlin-Est : « Du hast den Farbfilm vergessen » (« Tu as oublié la pellicule couleur ») devenu mythique et c’est justement ce morceau choisi par Mme. Merkel que la Bundeswehr lui a joué en version instrumentale

En 1978, elle a suivi à l’ouest son beau-père déchu de sa nationalité est-allemande, elle monte un groupe, le Nina Hagen Band, qui sort un disque éponyme révolutionnaire dans lequel elle fait déjà preuve d’une incroyable agilité vocale et d’un talent pour grimacer de façon clownesque qu’elle exprime sur scène (voir vidéo). Ses musiciens ont des allures improbables, moitié bande à Baader, moitié drag-queens, mais s’avèrent de redoutables instrumentistes. Elle a poursuivi ensuite sa carrière avec la production d’une vingtaine de disques plus ou moins réussis, agrémentés de quelques provocations dont elle a le secret.

Une artiste originale à laquelle il était plutôt inattendu que la chancelière Merkel se réfère dans le cadre de sa cérémonie d’adieux à l’armée nationale. Un clin d’œil de cette grande dirigeante qui confirme en plus qu’elle a très bon goût. On ne sait pas à ce stade ce que Nina Hagen a pensé de ce choix…

Les regrets de la RDA…

L’Allemagne fête (plutôt discrètement d’ailleurs) le trentième anniversaire de sa réunification en 1989 : République fédérale d’Allemagne (RFA) et République démocratique d’Allemagne (RDA). La presse qui aime bien de genre de célébration, surtout lorsqu’elles sont un peu pleurnichardes, repasse en boucle des interviews d’allemands ex-de l’est ânonnant « c’était mieux avant » ou « la RFA n’a pas réunifié mais a prononcé un anschluss contre la RDA », etc. etc.

Cela fait longtemps que l’illusion de la troisième voie entre capitalisme et socialisme s’est envolée. Le remède a été brutal une fois la décision de réunification prise. C’est début 1990 que les premières élections libres ont eu lieu coté Est et ont porté au pouvoir une majorité composée des partis conservateurs pro-unification. Le processus s’est ensuite déroulé rapidement et fin août le parlement de l’Est votait l’adhésion avec effet au 03/10/1990. On ne parle déjà plus de réunification mais d’adhésion de la RDA à la RFA, cela veut bien dire ce que cela veut dire. Cette première disparaît dans l’instant avec son idéologie, ses attributs de pouvoir, y compris sa monnaie avec une parité de 1 pou 1 entre le Deutsche mark et son équivalent de l’est, ce qui fut déjà un fantastique cadeau monétaire offert à l’est. Mais le plus fort à mangé le plus faible, Darwin toujours…

L’économie est-allemande fut ensuite privatisée, voire démantelée, à marche forcée et 50% des travailleurs de l’est se retrouvèrent au chômage, notion inexistante dans la République démocratique qui truquait allègrement des statistiques officielles pour cacher la misère. Il n’en reste pas moins que le système était extrêmement redistributif, la notion de profit étant verboten la population active finançait via l’Etat la population improductive, la police politique s’occupant des éventuels opposants.

Evidemment le choc socio-économique a été dévastateur ; la mise à niveau, toujours incomplètement réalisée d’ailleurs, fut violente mais la liberté occidentale fut offerte en échange. Personne n’ayant eu d’autre programme de transition à proposer, elle fut ainsi appliquée aux forceps ! Et si cela n’a pas plu, eh bien il suffisait de ne pas voter pour… C’est un peu comme les fusions entre entreprises ; celles qui sont présentées comme une « fusion entre égaux » sont des échecs, voire des escroqueries. La seule façon de réussir ces rapprochements c’est que le plus fort prenne le pouvoir rapidement pour imposer sa gestion et ses principes de façon carrée et rapide. Une fois la machine relancée sur de nouvelles bases, il est toujours temps d’être un peu plus flexible, ou pas. Mais si l’on commence à prendre la main des uns et des autres pour connaître leurs états d’âme, la fusion se termine en enterrement du tout, et donc des parties qui le composent.

Aujourd’hui les allemands mécontents, de l’est comme de l’ouest, votent pour les partis d’extrême droite, triste retour vers le passé. Sur les plateaux télévisés en cette année anniversaire, on se lamente sur les inconvénients de la réunification, on passe les avantages sous le tapis et personne n’a de meilleures idées sur comment le processus aurait dû être mené ! Mais l’Allemagne a été rétablie dans ses frontières d’avant la guerre, juste un peu rognées à l’est (la ligne Oder-Neisse) et au sud (les Sudètes en Tchécoslovaquie), le Reichstag est réinvesti à Berlin, les armées fusionnées, les dettes partagées, la monnaie unifiée… et tout ceci en un ou deux ans. Personne n’aurait cru un instant une telle action possible, et pourtant elle fut, grâce entre autres à la volonté du chancelier de RFA, Helmut Kohl (1930-2017) qui a su insuffler l’énergie et la vision nécessaires à un tel chef d’œuvre politique et économique.

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Berlin : l’Histoire à tous les coins de rue


Berlin

En déambulant dans Berlin il est difficile de ne pas se heurter à l’Histoire tragique du XXème siècle à tous les coins de rue. Des petits pavés de bronze ont été ajoutés devant les porches des maisons où résidaient des juifs assassinés, mentionnant leurs noms dates de naissance et de décès ; il y en a beaucoup… Le mémorial de la Shoah juste derrière Unter den Linden avec ses blocs de béton rappelle la tentative de destruction des juifs d’Europe. Le cadre enchanteur du lac de Wannsee ferait presque oublier que sur ses bords apaisés se tint en 1942 la réunion qui permit de finaliser les termes de la « solution finale de la question juive » voulue par Hitler. Un monument sur PostDamer Strasse rappelle la liste des camps d’extermination au bord d’une rafraichissante petite fontaine. Aux pieds du Reichtag, des pierres symbolisent les députés allemands qui ont tenté de résister à la barbarie. Une promenade dans Tiergarden ensoleillé nous fait nous rappeler que dans ces allées ombragées se sont déroulés de sinistres ballets d’espions durant la guerre froide à quelques pas des fusils de VoPos (Volkspolizei, la police du peuple est-allemand).

Berlin est au cœur de notre vieille Europe qui a tant créé mais tant dérivé. Avec une relative honnêteté le peuple allemand s’est tourné vers ce passé pour en admettre l’indicible et accepter sa culpabilité. Peu avaient commis de tels crimes mais aucun n’a assumé avec la même collective clairvoyance.

La Turquie… encore et toujours

Le président turc, qui a priori n’a pas d’autres tâches plus urgentes à accomplir, conseille dans les médias aux citoyens allemands d’origine turque de ne pas voter pour les partis qu’il qualifie « d’ennemis de la Turquie », c’est-à-dire, dans son esprit, de tous les partis traditionnels. Comme il y a en Allemagne environ trois millions de citoyens d’origine turque, on peut imaginer que cette nouvelle saillie présidentielle puisse rencontrer quelque écho. Ce ne sera pas le cas si ces citoyens se sentent plus attachés à leur nouvelle patrie plutôt qu’à celle dont ils sont issues. L’analyse des votes des prochaines élections législatives allemandes sera édifiante à cet égard.

C’est d’ailleurs là l’un des défis importants de l’immigration dans les pays occidentaux. La France avec sa communauté d’origine magrébine y est également confrontée : comment intégrer ? La meilleure preuve de bonne acclimatation à une nouvelle communauté nationale dont on a hérité de la nationalité (ou dont les générations précédentes l’ont acquise), n’est-elle pas justement la participation au processus politique de son pays d’adoption en parallèle à l’abandon de celui dont on vient ?

Un second critère intéressant pourrait être de savoir où ces citoyens investissent leurs économies (pour ceux qui le peuvent). On se souvient que l’immigration portugaise en France des années 50 et 60 s’est traduite par un nombre significatif de naturalisations de citoyens qui continuèrent à réinvestir leur épargne dans la construction de maisons… au Portugal. C’est l’exemple d’une intégration partielle que l’octroi de la nationalité française, et donc du droit de vote, n’a pas vraiment approfondie.

Les slogans antiallemands lancés à tout va par les autorités turques ont finit par déclencher un peu d’émotion à Berlin qui est en train de revoir sa coopération économique avec ce pays belliqueux. Les investissements allemands sont relativement importants en Turquie et chacun risque de d’y perdre, Ankara sans doute plus que Berlin.

La politique consensuelle

L’Allemagne met en route sa coalition gauche-droite après deux mois de négociation sur un programme de gouvernement. Chacun s’est assis à table deux mois durant, a mis de l’eau de son vin pour aboutir à un compromis et l’intérêt général a prévalu. Il ne satisfait aucune des parties à 100% mais c’est ce qu’on appelle la démocratie !

En France pendant ce temps, les élus s’écharpent au couteau à l’intérieur même des partis : la vieille droite s’évertue à faire perdre NKM aux municipales parisiennes, Fillon-costume-étriqué refuse de serrer la main de Copé, les socialiste purs et durs flinguent le premier ministre à tout va, les verts se déchirent, etc. On a les dirigeants qu’on mérite !

Les banques allemandes

Le gouvernement allemand se prépare à légiférer qui permettrait de punir pénalement de peines de prison les banquiers ayant fait prendre des risques excessifs à leurs établissements. Ce n’est pas bête mais difficile à mettre en œuvre pour qualifier ce qui est excessif ou non.

Un allemand démissionnaire à la BCE

Jürgen Stark, ex-directeur du trésor allemand, chef économiste de la Banque centrale européenne (BCE), démissionne de ce dernier poste pour raisons personnelles. Il fut l’un des artisans qui ont convaincu l’Allemagne d’abandonner le deutsche mark au profit de l’euro. La tâche ne fut pas aisée mais elle fut conclue sur la base d’engagements des Etats membres de la zone euro que la BCE ne fasse pas marcher la planche à billets pour financer les déficits publics et que les Etats bien gérés ne soient pas mis à contribution pour financer ceux qui le sont moins bien. Il est en train de se passer exactement l’inverse et le réalisme politique a pris la main sur la rigueur financière. Stark en tire les conséquences et se retire plutôt que d’avaler son chapeau. On espère que l’Allemagne ne suivra pas son exemple.

Un dirigeant instable

Horst Köhler, président fédéral allemand démissionne à la suite de ses déclarations contestées dans la presse sur les liens entre l’intervention des militaires allemands en Afghanistan et les intérêts économiques de son pays. Cela n’a guère d’importance compte tenu du statut plutôt honorifique du président en Allemagne, mais après avoir déjà démissionné du poste de chef du Fonds monétaire international en 2004 il faudrait que ce garçon se stabilise un peu, on ne va tout de même pas continuer à le désigner à des postes dont il se carapate systématiquement avant la fin de son mandat ?

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Angela s’attaque à Monsieur le Marché

On aime bien ici Angela Merkel, elle décide de s’attaquer à un des fondements de la spéculation désordonnée : la vente à découvert à nu (y compris les Credit default swap – CDS), et n’écoutant que son courage elle décide de l’interdire pour une année en Allemagne sur les titres d’une dizaine d’institutions financières germaniques. Tout le monde en a rêvé, Angela l’a osé avec la certitude qui sied aux rigoureux. Depuis des années l’Allemagne explique que le surendettement des Etats n’est pas durablement viable, il aura fallu attendre la crise financière de 2008 pour que certains envisagent du bout des lèvres qu’elle pouvait peut-être avoir raison. Aujourd’hui elle se paye l’un des outils les plus pervers de la finance. Elle aurait sûrement préféré que les pays Européens, voire aussi les Etats-Unis, agissent de concert pour tuer cet instrument félon. Las, les autres en sont encore à discuter du sexe des anges qu’elle décide. Elle est critiquée, qu’à cela ne tienne elle prend cette mesure pour ses frontières nationales ! Les nouveaux barbares financiers hurlent à la castration, eh bien qu’ils aillent spéculer à Londres ou à Zurich.

On aime décidément bien Angela Merkel !

La Grèce à la recherche de financements

La Grèce pourra finalement faire la manche auprès du FMI et de l’Union européenne si jamais elle ne pouvait plus trouver de sous auprès des marchés financiers internationaux. L’intervention conjointe du FMI et des contribuables européens est adaptée à la situation, permet de répartir la charge et surtout d’introduire une instance multilatérale mieux à même d’imposer des mesures de redressement économique aux pays défaillants.

Les engagements pris par la Grèce en matière de redressement budgétaire sont parfaitement irréalistes et chacun le sait, mais un voile pudique a été jeté sur cet aspect des choses. Des efforts vont être menés et vont dans le bon sens, outre qu’ils indiquent également le chemin à suivre sous peu par d’autres.

L’Allemagne dont les exigences ont retardé l’accord final, est accusée de toutes parts de manquer de solidarité, y compris bien sûr par la France jamais en retard pour faire la morale aux autres. Les allemands sont outragés ; on le serait à moins. Il est en train de se passer exactement ce qu’ils avaient prévu qu’il se passerait lors de la création de l’euro : les pays incapables de gérer leur budget dépensent sans compter en pensant « l’Allemagne paiera… » Le pacte de stabilité qui avait été imposé outre-Rhin pour forcer les cigales à un peu de rigueur, ou du moins à s’engager à le faire, a été balayé et ce bien avant la crise de 2008. La France et l’Italie ont largement dépassé la norme maximum de déficit public de 3% du PIB, une nouvelle fois avant le déclenchement de la crise de 2008 de la spéculation des nouveaux barbares, et n’ont éprouvé bien sûr aucun remord à ravaler leurs engagements.

Pendant ce temps les allemands finissaient d’absorber leurs régions de l’Est, augmentaient la durée du travail, redressaient leurs exportations et leurs finances publiques, amélioraient leur compétitivité et se maintenait donc comme première puissance économique de l’Europe.

Alors maintenant que la Grèce tend la main et que d’autres pays ne vont pas tarder à faire de même, ils vivent assez mal de devoir payer et en plus de se faire critiquer par le reste de l’Europe. La ministre française des finances est même allée jusqu’à leur reprocher leur compétitivité et leur faibles salaires… Il faut le faire et elle l’a dit. On peut craindre que lorsque Paris aura à son tour besoin des subsides de ses pairs ce genre de reproches déplacés ne soient resservis un jour.

Mais les allemands ont aussi besoin d’une économie européenne qui fonctionne alors ils vont payer, mais il serait tout de même plus décent que les pays impécunieux fassent preuve d’un peu plus de décence dans leur demande d’aide. Il ne faut jamais taper sur la main qui signe le chèque.

Le Mur

20ème anniversaire de la chute du mur de Berlin. Les anciennes puissances d’occupation de l’Allemagne se réunissent sous le parapluie d’Angela Merkel pour fêter le temps qui passe. Les médias français ressortent les émouvantes archives de l’époque, et d’autres un peu moins glamour où l’on redécouvre les aspects sinistres d’une dictature communiste qui fut parmi les plus « brillantes » de sa génération, un des meilleurs élèves du grand frère soviétique. Une police politique Stasi particulièrement retorse en lavage de cerveaux, délation, flicage généralisé, répression sanglante de mouvements populaires, recyclage de vieux nazis mal dénazifiés (mais l’Occident a su faire également dans ce domaine), vente à la République fédérale d’Allemagne d’opposants contre espèces sonnantes et trébuchantes, financement de mouvements terroristes antioccidentaux souvent meurtriers, promotion de taupes et espions à tous les étages et autres perversités propres à ces institutions. Le plus fascinant dans cette affaire est que toute cette tyrannie a été le fait d’une moitié du peuple allemand et que les comptes n’ont finalement jamais été vraiment soldés. Honecker a dû être vaguement condamné avant de mourir de son cancer du foie au Chili.

On peut rester sceptique sur la capacité des peuples à absorber de telles déchirures sans procès des responsables, même symbolique. Le cas se présente aujourd’hui au Cambodge. Nuremberg à cet égard fut exemplaire : une quarantaine de dignitaires nazis ont payé pour les dérives d’un peuple qu’il convenait de ramener dans le droit chemin. Les procès de Pétain et Laval, puis plus tard de Barbie, ont également permis de marquer le coup des compromissions de la France dans les années 40. L’Allemagne réunifiée semble avoir fait preuve de générosité alors qu’il s’agit sans doute de faiblesse. Le chapitre final de l’histoire d’une Allemagne divisée a été discrètement évacué par la porte mais risque un jour de revenir par la fenêtre.

Du rififi dans l’industrie automobile allemande

Dénouement de l’affaire Porsche / Volkswagen (VW), ou comment le capitalisme allemand se déchire et l’arroseur se retrouve arrosé. Les deux groupes dirigés par deux familles aux intérêts entrecroisés (c’est le fils de Ferdinand Porsche, le créateur de la première Volkswagen, qui a fondé Porsche) vont finalement fusionner mais c’est clairement VW qui absorbe Porsche et non l’inverse comme l’histoire avait commencé.

Cette affaire avait déjà entraîné indirectement le chute de l’empire Merckle : Adolph Merckle a la tête d’un groupe industriel d’importance (pharmacie et construction), une espèce de Bouygues outre-rhénan, dans le top 10 des plus grosses fortunes allemandes, au lieu de mener tranquillement son business, avait spéculé très lourdement sur la baisse du titre VW fin 2008 au moment où la rumeur de la montée de Porsche dans le capital de VW avait fait exploser le cours en bourse. Du coup, le groupe est ruiné (on parle de 800 MEUR de pertes à couvrir), les banques démantèlent l’empire à vendre par appartements, et Adolphe se suicide en se jetant sous un train le 7 janvier 2009, à 74 ans. Triste fin.

Pendant ce temps, Porsche qui veut devenir majoritaire au capital de VW s’endette à coups de milliards d’euros pour acheter des actions, la conjoncture se retourne, le constructeur le plus rentable du monde affronte la mévente et ne peut plus supporter son endettement, sans parler des batailles d’égos surdimensionnés qui agitent les conseils d’administration des deux groupes, et qui influent considérablement décisions et stratégies. Fin de l’histoire, Porsche doit avaler son chapeau et pour respecter ses engagements (en clair, payer ses dettes) accepter l’arrivée d’un fonds souverain du Qatar et devenir la 10ème marque du groupe Volkswagen… Les égos surdimensionnés ont du mal à digérer le chapeau.

Un investisseur imprudent met fin à ses jours

Adolphe Merkle dont nous avons narré les exploits boursiers qui se seraient terminés en 1 milliard de pertes, s’est suicidé. 100ème fortune mondiale il avait spéculé à la baisse contre le titre Volkswagen (VW). Du coup la survie de son groupe familial aux multiples activités (construction, pharmacie) était en jeu et il avait dû s’abaisser à négocier avec les banques des crédits de sauvetage, ce qu’il n’a pas supporté. Quelle absurdité ! Bêtise d’avoir été attiré par le mirage des jeux boursiers alors que la crise financière déjà battait son plein, surestimation de sa compétence dans un domaine où les meilleurs s’étaient déjà cassé les dents, égo démesuré qui n’a pas supporté l’échec alors que ses actifs auraient pu compenser ses pertes, mais bien entendu au prix de la diminution de son pouvoir. Il est allé au bout de l’absurdité et a préféré mourir plutôt que d’affronter le déshonneur de sa chute. Comme tout ceci est affligeant !