Nine Inch Nails – 2014/05/29 – Paris le Zénith

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Les Nine Inch Nails sont à Paris pour un show au Zénith et la présentation du dernier album : Hesitation Marks. Trent Reznor continue à mener ses musiciens et son public sur le chemin sophistiqué d’un rock industriel, bruitiste et technoïde. Après des errements discographiques divers et intéressants comme le récent Ghosts, presque serein avec ses sonates électroniques, nous voici revenu sur du plus classique avec Hesitation Marks dont David Lynch a signé l’une des vidéos (Came Back Haunted).

Débardeur et gros muscles, Trent lance le show avec Me, I’m Not puis Copy of A extrait du dernier disque. Les rythmes sont oppressants avec plus de machines que d’instruments : I am just a copy of a copy of a copy/ Everything I say has come before/ Assembled into something into something into something/ I am never certain anymore/ I am just a shadow of a shadow of a shadow/ Always trying to catch up with myself/ I am just an echo of an echo of an echo/ Listening to someone’s cry for help…

Déjà des éclairages blancs crus stroboscopent le fond de la scène uniformément noir et affolent nos rétines. Lorsqu’arrivent des guitares c’est pour servir des notes graves et répétitives ou des éruptions insensées de cordes martyrisées dans les aigus sur lesquelles les hurlements de Reznor achèvent de composer ce magma musical.

Accroché à son pied de micro Reznor le secoue sur les rythmes saccadés de sa versification, marquant les ruptures en brandissant les bras vers le ciel, puis alternant avec clavier ou guitare. Vers le milieu du show se dévoile l’immense écran faisant la largeur de la scène (déjà vu à Rock en Seine 2013) sur lequel diffuseront d’étranges images, parfaitement raccord avec la musique, des collisions intergalactiques, des ondes de liquide amniotique ; parfois l’écran se scindent en cinq rectangles sur lesquels se placent les musiciens devant d’infinies variations style Vasarely. L’écran est translucide et le batteur apparaît soit devant, soit derrière se mêlant alors aux images fantasmagoriques courant le long des diodes électroluminescentes et se déversant sur le public. Ce show est aussi un spectacle d’ingénieurs, qui sont parfois les musiciens eux-mêmes.

La suite du concert se déroule dans ce chaos des sens propre aux NIN et laisse abasourdi mais réjouis un public de spécialistes. Les prestations live de ce groupe sont un incroyable choc musical et visuel, une plongée au cœur d’une violence que l’on croit hors de tout contrôle. Elle est le fait de la créativité de son fondateur et seul membre permanent, Trent Reznor, qui donne de longues interviews pour expliquer ses peurs, ses désirs, sa méthode, ses inquiétudes que sa musique soit mal reçue de ses fans, ses ambitions d’originalité et de complexité tout au long du processus créatif… Sur YouTube il a l’image d’un homme posé et analytique, négatif complet de son personnage démoniaque sur scène. Créateur multicartes il écrit des musiques de film, des scénarios de séries TV, anime un groupe avec sa femme, mais c’est toujours vers Nine Inch Mails qu’il revient, à la fin. C’est le grand oeuvre de sa vie, un aboutissement rarement égalé dans le monde plutôt varié du rock ! Et c’est aussi une musique bien américaine, excessive comme seuls ont su l’être certains groupes transatlantiques (Iggy Pop, Devo, Metallica, The Brian Jonestown Massacre…).

Une mention spéciale à Robin Fink, son guitariste à la coiffure étrange, qui a fait des allées et venues dans ce groupe et qui en est un des éléments clés.

Setlist : 1. Me, I’m Not/ 2. Copy of A/ 3. The Beginning of the End/ 4. March of the Pigs/ 5. Piggy/ 6. Reptile/ 7. Survivalism/ 8. Gave Up/ 9. Sanctified/ 10. Closer/ 11. Disappointed/ 12. Find My Way/ 13. The Warning/ 14. The Great Destroyer/ 15. Eraser/ 16. Wish/ 17. The Hand That Feeds/ 18. Head Like a Hole

Encore : 19. The Day the World Went Away/ 20. Hurt