Des coiffures aux réminiscences troubles

Avez-vous remarqué cette mode capillaire des joueurs de fouteballe rasés de près sur les tempes et avec des touffes de cheveux sur le haut du crâne, parfois teints, parfois naturels ? Cette tonsure inversée par rapport à celle des moines, qui rasaient au contraire la partie supérieure du crâne, doit sans doute être plus aérodynamique pour nos coureurs. Tous ces pousseurs de baballe fréquentent sans doute le même coiffeur.

Que onze sportifs sur un terrain de foute se coiffent à l’identique des skinheads et leurs ancêtres du XXème siècle rasés de près derrière les oreilles n’est pas véritablement un problème en soi, mais le drame est qu’ils sont suivis dans cette mauvaise habitude par des millions de supporters à travers la planète donnant aux tribunes des stades et aux cours d’école une allure martiale parfois un peu troublante…

Fouteballe et Salle Pleyel

Un samedi ordinaire à Paris que le bobo-rive-gauche met à profit pour aller assister à un concert de rock à la Salle Pleyel dans le VIIIème arrondissement. Hélas, trois fois hélas ! ce n’est pas un samedi tout à fait ordinaire car nous sommes en plein championnat du monde de fouteballe au Qatar (tout de même assez loin de Paris) et, ce samedi, se déroule un premier match impliquant le Maroc (ancien protectorat franco-espagnol jusqu’en 1956) à 16h et un second avec la France à 20h.

Il apparait que le Maroc a gagné son match et, immédiatement, la communauté française d’origine marocaine, détenant la double nationalité ou simplement marocaine, nombreuse en France, spécialement à Paris, sort dans les rues en braillant, drapée dans des drapeaux marocains. Dans la capitale, les Champs Elysées sont le point de ralliement habituel pour les festivités sportives, malheureusement pour notre bobo qui, venant de la rive gauche, doit les traverser pour rejoindre la Salle Pleyel. L’avenue est déjà envahie par des hordes de supporters criant leur joie et bloquant la circulation des citoyens ordinaires. On dirait que les émeutiers ne supportent pas vraiment l’équipe de France…

Une longue file de camions de forces de sécurité stationne au milieu des Champs, tous gyrophares clignotants, entre la place de l’Etoile et la place Franklin D. Roosevelt. Dans toutes les rues adjacentes des brigades à moto dont pré-positionnées pour parer aux émeutes qui ne vont pas manquer de se produire. Le dispositif sécuritaire est impressionnant et on a du mal à croire qu’il ne s’agit que de sport.

A 23 heures, à la sortie de la Salle Pleyel, le bobo enchanté par son concert se retrouve tristement confronté à la déplorable réalité de la baballe. Il comprend rapidement que la France a elle-aussi gagné son match : des voitures tous avertisseurs déclenchés convergent vers les Champs Elysées au milieu des hurlements de fans déjà avinés drapés dans des drapeaux français. Il est temps de fuir le VIIIème arrondissement.

Le plus inquiétant dans cette affaire est que le Maroc doit affronter la France dans un nouveau match mercredi prochain ! Quelle que soit l’issue de cette confrontation de la baballe, l’effet va être détonnant pour la liberté de circuler des citoyens ordinaires et la dévastation du mobilier urbain et autres incivilités qui devraient en résulter.

Une nouvelle fois on constate l’état de délabrement mental accéléré dans lequel le fouteballe plonge ses amateurs et l’emprise dans laquelle il maintient même les plus raisonnables d’entre eux. Dans le cas d’espèce, le statut du Maroc qui fut un protectorat français explique la présence d’une nombreuse communauté marocaine ou d’origine marocaine dans l’hexagone, plus ou moins influencée par le gloubi-boulga « décolonialiste » servi par une intelligentsia en mal de pénitence. Un match Maroc-France mercredi prochain dans un tel contexte est la plus mauvaise nouvelle qui puisse advenir en ce qu’elle va charrier revendications et dévastation, qui que soit le vainqueur. Les contribuables qui déjà finance l’équipe de France de foute et ses frais annexes, les forces de l’ordre qu’il est maintenant indispensable de déployer à chaque compétition fouteballistique, vont également payer pour la remise en état après les émeutes générés par des matchs de baballe se déroulant à 3 000 km de chez eux. C’est la mondialisation du fouteballe !

Aux dernières nouvelles il n’y a pas eu d’émeutes ni au Qatar ni au Maroc à la suite de ces matchs.

Une soirée sur Télé-Bolloré

Riss/Charlie-Hebdo (30/01/2019)

Un petit zapping en soirée sur les chaînes détenues par l’homme d’affaires Vincent Bolloré permet de constater que la « ligne éditoriale » ne varie guère.

Sur CNEWS on regarde la Messe de l’Immaculée conception de la Vierge Marie à Cotignac, dite par un prêtre « issu de la diversité », ce qui ne manque pas de sel s’agissant d’une chaîne dont une bonne part du fonds de commerce est basée sur la critique de l’immigration. Sans doute considère-t-elle que l’Eglise est un « secteur en tension » nécessitant l’assouplissement de son dogme « immigration 0 ».

Sur C8 on voit dans l’émission menée par Cyril Hanouna une gamine, qui commence toutes ses phrases par « genre… » ou « j’étais en mode… » (ou encore « genre, j’étais en mode… »), expliquer comment à 14 ans elle envoyait des photos d’elle nue avec un « Youtuber » qu’elle accuse désormais de l’avoir mise sous emprise. Pour ceux qui l’ignore, rappelons qu’un « Youtuber », encore appelé « influenceur », est une personne qui diffuse des vidéos d’elle-même sur la plate-forme Youtube pour vanter les mérites d’une marque de vernis à ongles ou de shampoing. Elle est généralement rémunérée par lesdites marques et, pour les plus riches, installée à Dubaï, centre mondial du clinquant.

On se souvient de la légendaire intervention de Nabilla qui assurait la promotion de la cryptomonnaie bitcoin : Nabilla et le bitcoin.

Afin de poursuivre sa progression, M.  Hanouna a enrichi son équipe de commentateurs avec Jean-Marie Bigard, humoriste scatologique qui s’est illustré avec ses positions antivax durant la crise sanitaire de la Covid.

On se demande comment la famille Bolloré qui a démontré son intelligence et son efficacité dans le développement de ses affaires peut faire preuve d’une telle compromission dans des médias d’un si déplorable niveau ? Ce n’est sans doute pas par intérêt économique car ces médias sont généralement des gouffres financiers. Il s’agit probablement plus d’une question d’hubris pour la famille bretonne comme celui d’autres familles capitalistes françaises qui ont toutes acquis, ou pris des participations dans des médias : les Arnault (notamment Les Echos et Le Parisien), Pinault (Le Point et Point de vue), Dassault (Le Figaro), Drahi (Libération, BFM, RMC, L’Express), Niel (Télérama, La Vie, Nice Matin, Le Monde), Bouygues (TF1), etc. Alors que beaucoup ont investi dans les médias pour disposer d’un vecteur diffusant leur vision politique du monde (par exemple Dassault a acheté Le Figaro, journal « de droite », pas Libération, quotidien « de gauche »), la spécificité des Bolloré est d’avoir misé sur des médias abrutissant les masses. Elles sont effectivement un marché d’avenir mais quel plaisir cette famille peut-elle avoir de savoir que les animateurs qu’elle rémunère se vautrent dans la fange sans la moindre retenue ? C’est un mystère propre aux Bolloré. Un premier élément de réponse serait de savoir s’ils laissent leurs jeunes enfants regarder Hanouna le soir ?

Lire aussi : La pollution des neurones par les médias « populaires »

La Russie bombarde

Riss / Charlie Hebdo (11/05/2022)

Avec constance les experts militaires de plateaux télévisés, généralement des militaires en retraite ou des journalistes abonnés à « Air & Cosmos », prédisent la fin des stocks de missiles russes. Avec la même régularité ils sont démentis par les faits et des pluies de nouveaux missiles s’abattent sur l’Ukraine, de façon particulièrement intense après chaque revers de l’armée russe sur le terrain. La tactique russe est de détruire les infrastructures d’eau et d’électricité afin de pourrir la vie des civils ukrainiens. Quelques bombes tombent aussi sur les civils, plus ou moins par hasard, faisant des morts et blessés civils tous les jours dans le pays.

La ville de Kherson est symbolique de cette tactique. Elle a été évacuée par l’armée russe il y a deux semaines devant l’avancée de l’armée ukrainienne mais les soldats russes se sont installés à quelques kilomètres, de l’autre côté du fleuve, à portée de canons, et ils bombardent consciencieusement depuis tout ce qui bouge à Kherson afin de rendre infernale la vie des habitants qui ont eu l’outrecuidance d’accueillir les soldats ukrainiens en héros après leur propre évacuation. Le côté inextricable de ce champ de bataille est que dans l’esprit des Russes la ville de Kherson est… russe puisque cette région a été annexée par la Fédération. La Russie bombarde la Russie !

Dans le même temps, les civils ukrainiens qui le peuvent évacuent la ville de Kherson qui devient invivable, une petite victoire politique pour Moscou après la défaite militaire.

Lire aussi : Les inextricables imbroglios juridiques de la guerre d’Ukraine

Du genou

Voici un genou de 65 ans qui commence à faiblir. Le diagnostic résumé est : « Pas de pincement des interlignes articulaires en faveur d’une arthrose. » Le bobo propriétaire du genou est certes rassuré de savoir qu’il n’est pas (encore) arthritique mais il n’en reste pas moins que le genou présente quelques faiblesses lorsqu’il monte l’escalier… Il va donc falloir constater progressivement l’arrivée de tous ces petits maux de l’âge qui avance !

La transhumance

Biche / Charlie Hebdo (16/11/2022)

Comme tous les quatre ans la migration des fans de fouteballe a commencé telle la transhumance des gnous à la recherche d’un point d’eau en saison sèche dans le cratère du Ngorongoro ! Cette année les festivités de la baballe se déroule au Qatar, c’est loin, c’est cher, le code du travail n’y est pas très protecteur et il fait chaud. Le ministre français de l’intérieur doit se déplacer pour représenter la France à la cérémonie d’ouverture de cette gabegie sous le soleil. On se demande vraiment s’il n’a pas mieux à faire à Paris ? Pourquoi ne pas envoyer la ministre des sports ? Ou simplement un chef de bureau de l’administration ou personne ?

Nous sommes au Qatar, un pays pas vraiment réputé pour son amour des droits de l’homme ou de l’intersectionnalité, alors le monde humanitaire européen somme les fouteballeurs de prendre position et les amateurs de boycotter les matchs à la télévision. On croit rêver ! Il a déjà fallu quelques années, après l’attribution de la compétition, aux autorités du fouteballe pour découvrir qu’au Qatar il fait vraiment très chaud et déplacer la compétition en hiver, alors espérer que trois jours avant le début des matchs elles s’émeuvent du sort des LGBTQIA+ ou des travailleurs immigrés sous les palmiers du Golfe persique c’est beaucoup leur demander.

Tout ceci relève d’une faux-jetonnerie de première catégorie. Cette compétition abrutissante a été octroyée au Qatar il y a dix ans, la France a voté « pour » dans les instances appropriées, alors menons là à son terme et passons à autre chose. Au moins ce sont les Qatariens qui dépensent leur argent public pour construire des stades inutiles. C’est leur tour, l’Europe a déjà suffisamment donné en la matière.

Bien sûr, depuis que les hordes de supporters ont commencé leur transhumance vers Doha, plus rien d’autre n’existe : oubliée la guerre en Ukraine, les déficits budgétaires, les prix de l’énergie, les réfugiés… plus rien d’autre n’importe que la baballe et l’état de santé des joueurs français qui tapent dedans. C’est ainsi, mais la bonne nouvelle est tout de même qu’un peuple qui n’a d’autre horizon que le score de son équipe de foute dans le monde d’aujourd’hui est un peuple qui ne va pas si mal que ça !

La pollution des neurones par les médias « populaires »

Coco/Charlie Hebdo (24/05/2017)

Cyril Hanouna, animateur de l’émission « Touche pas à mon poste » (TPMP) sur la chaîne de télévision C8 fait de nouveau l’actualité ces derniers temps, largement aidé par le monde politique qui adore venir se vautrer dans ses émissions et comparaître face à ce trublion et sa bande de « chroniqueurs » dont la stupidité racoleuse ferait passer le Café du Commerce du coin de la rue pour une assemblée de prix Nobel.

On a vu récemment son émission s’embraser sur un incident qui s’était produit le jour même à l’assemblée nationale lorsqu’un député d’extrême droite avait crié « qu’il(s) retourne(nt) en Afrique » alors qu’un député d’extrême gauche, « issu de la diversité », posait une question au gouvernement sur le sauvetage en cours de migrants dans la mer Méditerranée, sans que l’on ne sache vraiment si cette invective d’un goût douteux s’adressait au député ou aux migrants dont il parlait. Le soir même, le député victime de cet incident paradait chez Hanouna et un autre député issu du parti de l’attaquant s’expliquait sur la chaîne CNEWS dans l’émission « L’heure des pros » animée par un journaliste spécialisé dans le fouteballe, Pascal Praud, lui aussi entouré d’une bande de commères incapables de la moindre réflexion, préférant dévider des slogans et des poncifs comme s’il en pleuvait. Les deux chaînes appartiennent au groupe de l’homme d’affaires breton Bolloré, très investi dans les médias.

Nouvel incident cette semaine, recevant un des anciens « animateurs » de TPMP, élu député d’extrême gauche cette année, la encore sur le sujet sensible de l’immigration, M. Hanouna, lui-même « issue de la diversité », s’oppose fortement audit député qui avait cité le nom de Bolloré comme membre de la caste des « très riches qui possèdent autant que des millions de pauvres », le ton monte entre les deux lascars aussi inconsistants l’un que l’autre, Hanouna défendant la main qui le nourrit et accusant le député de cracher dans la soupe, plus personne ne s’écoute et M. Hanouna injurie son partenaire qui quitte la scène. Spectacle terminé pour la soirée !

Un animateur de télévision apostrophant un député de la République à coups de « T’es une merde », « Ferme ta gueule » ou « T’es un nase » crée un peu d’émotion dans le microcosme politico-audiovisuel. Vu le calibre des deux belligérants, leur conflit est de peu d’importance mais il est cependant inquiétant que la politique française se fasse de plus en plus sur des plateaux télévisés dont le niveau de réflexion est tout simplement consternant et varie de façon inversement proportionnelle aux scores d’audience.

Ces émissions étant très regardées, les politiques rétorquent qu’y participer est le seul moyen de toucher la catégorie des citoyens qui les regardent, ceux-ci ne lisant pas Le Monde ou Le Figaro, et ne suivant pas non plus le journal télévisé d’Arte… Ainsi on a vu plusieurs candidats à l’élection présidentielle 2022 défiler à TPMP pour des débats avec M. Hanouna, son public et divers autres intervenants. Ils choisissent de compromettre avec la bêtise mais c’est un choix cornélien.

Plus troublante est l’option retenue par M. Bolloré et sa famille, qui ont la haute main sur la programmation de ces deux chaînes et sur le recrutement de ses animateurs, qui choisissent de promouvoir sciemment l’abrutissement des masses en finançant ces émissions et leurs animateurs qui tirent vers le bas le niveau intellectuel des téléspectateurs. On ne peut guère soupçonner les Bolloré de stupidité et il est peu probable que leurs enfants regardent TPMP le soir après leurs devoirs. On ne va pas non plus leur reprocher leur positionnement conservateur et catholique traditionnel mais on s’interroge véritablement sur cette stratégie de favoriser les médias abrutissants. Le marché médiatique du racolage populaire est certainement plus rentable pour le privé que celui de l’intelligence. Sans doute aussi les Bolloré espèrent-ils qu’à force de favoriser les bas instincts des électeurs ceux-ci aillent voter pour des partis de droite ? C’est d’ailleurs ce qui s’est plus ou moins passé en France lors des élection présidentielle et législatives de 2022. C’est ce qui se passe dans d’autres pays proches depuis quelques années.

Cette tactique de parier sur la bêtise des électeurs semble payante à court terme pour ses promoteurs. On a du mal à imaginer qu’elle le soit à plus long terme pour le pays. Ceux qui la promeuvent font preuve d’un cynisme à toute épreuve et pourraient s’en mordre les doigts un jour s’ils étaient capables d’autocritique.

En attendant, peut-on espérer qu’un pays où Cyril Hanouna affiche 6 millions d’abonnés sur son compte Twitter, le fouteballeur M’Bappé 9 millions, ou « l’influenceuse » Nabilla 2,7 millions, puisse sortir de la spirale de décadence dans laquelle il est engagé ? Sans doute non, hélas !

On pourra peut-être se rassurer un peu en constatant que Kim Kardashian a 74,1 millions d’abonnés à ce jour…

Lire aussi : Le crépuscule des bobos, l’envol des ploucs !

Partenariat bla-bla-bla…

Juin / Charlie Hebdo (31/08/2022)

Le président français a félicité son homologue brésilien « Lula » qui a été élu de justesse face au président de droite sortant. Sur une vidéo manifestement diffusée par l’Elysée on voit M. Macron empêtré dans ses parapheurs mener sa conférence téléphonique en assénant sa volonté d’entamer :

Un partenariat stratégique à la hauteur de notre histoire et des défis qui sont devant nous…

On ne sait pas bien ce qu’est un « partenariat stratégique » sinon un slogan de circonstance, fumeux et verbeux. La France coopère certainement avec le Brésil, diplomatiquement et économiquement, elle va continuer à le faire et il n’est pas nécessaire d’en rajouter avec des effets de manche inutiles.

« Décolonialisme » au Rijks Museum d’Amsterdam

Le visiteur chemine au deuxième étage du Rijs Museum au milieu des tableaux classiques hollandais (1600-1700) : Rembrant, Vermeer… qui souvent représentent des nobles hollandais, habillés de noir avec collerette blanche, à la rigueur toute protestante, assis avec discrétion sur la richesse et le pouvoir de cette caste qui fut à l’origine du capitalisme occidental.

Afin d’éclairer aussi l’origine de la philosophie de ces capitaines d’industrie, des petits panneaux ont été ajoutés autour des tableaux pour rappeler les compromissions de la religion qui les a inspirés et fut aussi à l’origine de leur fortune.

Le fouteballe avant tout

Emoi en France : malgré les grèves des transports, le blocage des raffineries de pétrole, l’inflation, les 300 000 emplois disponibles non dotés, la guerre d’Ukraine… tout est oublié car un fouteballeur français a obtenu le ballon d’or, sorte de prix corporatiste décerné par un jury de journalistes, sans doute spécialistes des jeux de baballe. Même France Culture en a fait ses gros titres c’est dire le niveau de soumission de la nation française au monde du fouteballe plus connu pour ses affaires judiciaires, de mœurs, pour la stupidité clinquante de ses vedettes et la corruption de ses élites, que pour ses valeurs sportives.

Ce fouteux français affiche 17,9 millions de suiveurs de son compte Twitter. Bonne nouvelle il est loin derrière Kim Kardashian qui en a 73,8 millions. Cyril Hanouna en a 6 millions et Nabilla 2,7 millions. Comment un pays qui compte tant de fans de Cyril Hanouna et de Nabilla peut-il encore espérer s’en sortir ? Ces scores en réseaux dits « sociaux » en disent long sur le niveau d’abrutissement du pays.

On a beaucoup moins parlé de la ballonne d’or, une citoyenne espagnole, qui est beaucoup moins barbue que son homologue masculin.

Bagarres dans les copropriétés françaises

Un des effets collatéraux de la guerre d’Ukraine est de provoquer des inquiétudes dans les copropriétés sur leur capacité à chauffer leurs immeubles en hiver. La température de 19° recommandée depuis des décennies pour les logements comme pour les bureaux en hiver n’est que très rarement volontairement respectée en France. Lorsqu’elle est constatée elle résulte le plus souvent, soit d’un incident technique, soit de l’incapacité financière des propriétaires à recharger leurs chaudières.

Prenons au hasard les échanges par courriels en cours dans une copropriété parisienne bourgeoise (mais pas bohème) dont le chauffage est collectif, c’est-à-dire que la consommation d’énergie n’est pas facturée individuellement :

12/09/2022 – 19h41

Bonsoir,
Le compte-rendu de la réunion du Conseil Syndical du 7 septembre 2022 mentionne à juste titre, à propos du chauffage, les « consignes gouvernementales sur la réduction de la consommation d’électricité », il faut aussi être conscient que la vapeur de la CPCU, c’est aussi beaucoup de gaz ainsi que le montre la répartition des sources d’énergies utilisées. (Cf. chiffres 2021 ci-dessous, tirés du site de la société)…

06/10/2022 – 21h46

Bonsoir
Je veux simplement appuyer le point sur le chauffage.
Dans notre appartement nord est bâtiment A radiateur ouvert ça monte à 25 degrés.
Les chambres ont les radiateurs éteints et la température est à plus de 21.5.
En journée nous ouvrons les fenêtres avec les radiateurs coupes dans le séjour pour faire redescendre la température.
Il y a surement quelque chose à faire il serait bon de refaire passer le chauffagiste

07/10/2022 – 10h38

Bonjour
Je ne suis absolument pas d’accord avec le courriel ci-[dessus] en ce qui concerne le chauffage.
Il n’appartient pas à une copropriétaire ne faisant pas partie du conseil syndical de décider de la politique de chauffage pour l’ensemble de la résidence.
Si les conditions climatiques actuelles sont relativement clémentes, elles peuvent se dégrader à tout moment comme cela a été le cas dans la semaine du 26/9 durant laquelle l’absence de chauffage était difficilement supportable.
Quant aux « consignes gouvernementales » évoquées, elles n’ont strictement aucune valeur juridique contraignante.
Je demande donc que le chauffage soit maintenu selon les modalités actuelles.

07/10/2022 – 15h53

Bonjour,
Je me joins à la demande de révision de la politique chauffage de Monsieur XXX. A la mi-Juin dernier, j’avais été surprise en constatant des radiateurs encore chauds après des épisodes de grand beau temps (signalé en A.G.).

08/10/2022 – 11h49

Ne serait-il pas temps de reconsidérer, positivement, l’installation de compteurs individuels tant pour le chauffage que pour l’eau ? Ca pourrait peut-être contribuer à une meilleure conscience de l’utilisation de l’énergie et des ressources…
Si ma mémoire est bonne, la loi et les décrets sont passés, mais l’AG considère qu’elle est souveraine par rapport à leur application !

08/10/2022 – 15h56

Je suis tout à fait d’accord avec cette proposition, sachant toutefois que le loi impose je crois un vote à la majorité de l’AG (à vérifier) pour la mise en place des compteurs individuels, qui sont la seule façon de responsabiliser chacun et de répartir équitablement les charges de chauffage. Ceci vaut également pour l’eau.
Par ailleurs, pour mieux inciter à l’installation de double vitrages, en plus des aides gouvernementales, ne serait-il pas possible d’attribuer, dans le cadre d’une campagne d’installation, sur deux ans par exemple, le montant des économies d’énergie réalisées par la collectivité à ceux qui mettraient ces nouveaux vitrages en place? Cela ne couterait rien aux autres et pourrait présenter un caractère incitatif.
Il est assez honteux de devoir ouvrir ses baies vitrées pour réduire la surchauffe de nos appartements, dans la conjoncture économique actuelle mais aussi pour des raisons environnementales et sanitaires. Que les consignes gouvernementales n’aient pas un caractère coercitif ne change rien à l’affaire! Merci de tout faire pour que cesse la surchauffe inutile de nos immeubles, et l’objectif des 19 degrés est sans doute le meilleur pour notre santé, pour notre économie et pour notre environnement.

Chers voisins, je souhaite que la gestion de notre collectivité s’améliore!

10/10/2022 – 11h45

Bonjour,
Au dernier mail (de Monsieur XXX), je me permets toutefois d’ajouter que, depuis des années, les associations (UFC, ARC…), déconseillent l’installation de « répartiteurs de frais de chauffage » dans les logements collectifs. J’en veux pour preuve l’articulet encore tout récemment publié (joint)
Mais peut-être y a-t-il d’autres solutions pour améliorer notre consommation ?

Bref, c’est l’habituelle confrontation entre les intérêts individuels et l’intérêt général. La bonne nouvelle est que certains admettent la surchauffe et donc un gisement possible d’amélioration sans nuire considérablement au confort de tous. D’autres ne veulent rien changer et surtout ne pas individualiser la facturation ce qui reviendrait à leur faire payer leur surchauffe. Ils préfèrent largement la faire financer par les propriétaires frugaux en chauffage.

Cette querelle picrocholine de peu d’importance montre, si besoin en était, l’importance du signal-prix. Tant que les consommateurs ne payent pas le vrai prix de leur consommation, ils ne sont pas incités à la maîtriser.

Lourdes : des marchands du temple d’un autre âge

Lourdes, aux pieds des Pyrénées, une foule bigarrée d’infirmes, de mendiants, de touristes, de religieux, de bénévoles et de marchands de toute un bimbeloterie « dérivée » se masse autour de la grotte sainte pour attendre on ne sait quel miracle. Période de sécheresse oblige, les fontaines d’eau bénite sont coupées et les festivaliers ne peuvent pas la recueillir dans leurs bouteilles plastiques en forme de Vierge Marie. Où va le monde ?

Le couvent Saint-François à Paris 14ème

Ce sont les journées européennes du patrimoine, le couvent Saint-François ouvre ses portes à Paris 14ème. Un frère franciscain en aube marron, serrée par une corde à nœuds, et sandales fait visiter les lieux. Outre la chapelle ouverte au public, l’immeuble en briques rouges (façon HLM mais en fait inspiré par l’architecture de St. Sernin à Toulouse) abrite aussi l’administration de la « province des frères mineurs de France et de Belgique ». Le nombre fortement décroissant des frères franciscains qui ne sont plus que 110 à travers le monde a amené cette fusion entre France et Belgique, sans doute pour créer ces synergies propres aux fusions-acquisitions si chères au CAC40. Le couvent de Paris exerce aussi l’administration des frères en mission à l’étranger, il en reste.

Dans le cloître ensoleillé le frère guide raconte l’histoire de St. François (1181-1226) qui consacra sa deuxième vie au « Très Haut », à l’Evangile et à la contemplation après avoir vécu sa jeunesse dans une grande famille bourgeoise d’Assise avant sa conversion.

Dans le XIVème arrondissement, la chapelle qui accueille les frères, très lumineuse, expose ses vitraux illustrant le Cantique des Créatures de St. François d’Assise :

Loué sois tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures,
spécialement messire frère Soleil,
par qui tu nous donnes le jour, la lumière :
il est beau, rayonnant d’une grande splendeur,
et de toi, le Très Haut, il nous offre le symbole.

Loué sois tu, mon Seigneur, pour sœur Lune et les étoiles :
dans le ciel tu les as formées,
claires, précieuses et belles.

Loué sois tu, mon Seigneur, pour frère Vent,
et pour l’air et pour les nuages,
pour l’azur calme et tous les temps :
grâce à eux tu maintiens en vie toutes les créatures.

Loué sois tu, mon Seigneur, pour sœur Eau qui est très utile
et très humble précieuse et chaste.

Loué sois tu, mon Seigneur, pour frère Feu
par qui tu éclaires la nuit :
il est beau et joyeux,
indomptable et fort.

Loué sois tu, mon Seigneur, pour sœur notre mère la Terre,
qui nous porte et nous nourrit,
qui produit la diversité des fruits,
avec les fleurs diaprées et les herbes.

Loué sois tu, mon Seigneur, pour ceux
qui pardonnent par amour pour toi ;
qui supportent épreuves et maladies :
Heureux s’ils conservent la paix,
car par toi, le Très Haut, ils seront couronnés.

Loué sois tu, mon Seigneur,
pour notre sœur la Mort corporelle,
à qui nul homme vivant ne peut échapper.

Cantique des créatures

Lire aussi : https://franciscains.fr/

Toujours plus bas

Charlie Hebdo (23/12/2020)

Jérôme Béglé, journaliste à l’hebdomadaire Le Point, passant une grosse partie de son temps sur les plateaux télévisés des chaînes appartenant à l’influenceur de l’ombre, homme d’affaires, Vincent Bolloré, chroniqueur « bon client » de la bande du Café du commerce de Pascal Praud, a comparé sur son plateau la ferveur des citoyens britanniques suivant les obsèques de leur reine Elisabeth II aux « obsèques de Johnny ». Sans le vouloir, ni sans doute le savoir, ce journaliste de circonstance, a illustré jusqu’à l’absurde ce qui différencie la noblesse de la vulgarité.

Qu’une telle comparaison ait pu germer dans son esprit en dit long sur le niveau de ses analyses et l’intérêt de ses articles.

Mobilité, blablabla…

On ne parle plus de « question migratoire entre la France et l’Algérie » mais de « mobilité et circulation » (président Macron, discours à Alger les 25/08/2022).

Le journalisme et les statistiques

En ces temps de crise énergétique où l’accès au gaz est rendu plus onéreux du fait de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, les plateaux télévisés suivent le niveau de remplissage des stocks de gaz français : 80%, 90%, 95%… semblant être satisfaits lorsqu’on approche les 100%. La crainte est de ne pas disposer d’assez de gaz pour les entreprises et les particuliers durant le prochain l’hiver. Très bien, mais personne ne pose la question de savoir combien de mois de consommation permettraient des stocks remplis à 100% ? Si la réponse est deux mois de consommation, par exemple, cela signifie que même remplis à 100% les stocks ne permettent pas de passer l’hiver.

Il est étonnant que des journalistes toujours prêts à lancer des sujets de polémique oiseuses ne posent pas cette question pourtant clé, préférant se focaliser sur un taux de remplissage qui n’a de sens que si on le complète par les informations de consommation. C’est l’éternel lien entre les flux et les stocks, concept qui semble un peu complexe pour les écoles de journalisme.

Rappelons cependant que les titulaires de carte de presse comprennent bien le fonctionnement de la niche fiscale dont ils bénéficient, sans trop de justifications évidentes, sous la forme d’un « abattement pour frais d’emploi » de 7 650 EUR/an. Le coût total de cette niche fiscale n’est pas documenté de façon transparente. Ce qui est certain est que si on la supprimait et qu’on en affectait le produit à la reconstitution des stocks de gaz on atteindrait plus vite les 100%. A moins que l’on ne subventionne les écoles de journalisme pour financer un cours d’économie sur les flux et les stocks ?

Rapatriement de français des camps de Syrie

Charlie Hebdo (06/02/2019)

La France semble avoir évolué dans sa stratégie du retour « au cas par cas » des citoyens français ayant rejoint le groupe terroriste religieux Etat islamique (EI) dans son combat en Syrie contre le pouvoir en place. Vaincu par une coalition internationale, l’EI a dû abandonner les territoires qu’il administrait en Irak et en Syrie. Ses combattants, quand ils ont survécu, sont plus ou moins enfermés dans des camps assez peu sécurisés, tenus le plus souvent par des mouvements kurdes dans le nord de la Syrie et objets de révoltes et d’évasions de prisonniers assez régulièrement. Les Kurdes ont quant à eux aussi d’autres problèmes à régler. Subissant les attaques de l’armée syrienne et les bombardements de l’armée turque on peut comprendre qu’ils n’accordent pas la plus extrême attention au sort de prisonniers religieux qu’ils ont combattus avec la coalition internationale. Ils demandent depuis maintenant plusieurs années aux pays dont sont originaires les prisonniers non-syriens de reprendre leurs ressortissants, et les enfants, parfois orphelins, que ceux-ci ont enfantés.

La plupart des pays européens l’ont fait. Seule la France restait un peu à l’écart en ne rapatriant, « au cas par cas », que les enfants de nationalité française résident dans ces camps. La polémique était sans fin, les organisations « droit de l’hommiste » prônant le retour de tous les français arguant que les enfants ne sont pas responsables des actes de leurs parents et que ces derniers seraient mieux surveillés en France que s’ils restaient en Syrie ; et la population française qui défendait majoritairement le thème : « ils ont voulu aller faire la guerre en Syrie, eh bien qu’ils y restent ! »

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Début juillet, les autorités françaises ont annoncé le rapatriement de 16 femmes « djihadistes » et de 35 enfants français. Les mères ont été remises dans les mains de la justice et les enfants orientés vers les services de l’aide à l’enfance. Parmi les femmes figure Emilie König, une bretonne du Morbihan, assez connue pour avoir figuré dans nombre de vidéos de propagande de l’EI, caractéristique de ces français que rien ne rattachaient ni de près ni de loin à la Syrie ou à l’Islam, qui sont partis combattre en Orient et, le plus souvent, commettre des exactions plutôt sordides au nom d’un Dieu dont ils devaient même ignorer l’existence quelques années plus tôt. Elle va rendre des comptes à la justice française.

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Le cas de ces français à la dérive en Orient est juste inextricable et il n’y a que de mauvaises solutions pour le prendre en compte. Le gouvernement français semble avoir changé de stratégie. Dans un cas comme dans l’autre ces citoyens français et les enfants qu’ils ont continué à engendrer sur place, le plus souvent avec des « maris » de circonstance, combattants morts ou disparus, resteront de potentiels dangers. On ne peut pas exclure que certains d’entre eux fassent amende honorable et veuillent réellement réintégrer la communauté nationale, mais il reste assez probable qu’une autre partie d’entre eux (minoritaire ?) continuera son combat après être passée dans les mains de la justice française. Ceux-là doivent d’ailleurs se réjouir de ce rapatriement qui leur offre des perspectives d’avenir et la clémence d’une justice démocratique délivrée par un système qu’ils combattent à mort…

Afghanistan : les Talibans déroulent leur programme religieux

On a appris récemment la résidence à Kaboul du chef égyptien de l’organisation religieuse terroriste Al Qaida lorsque celui-ci a été tué par un drone américain début août, neutralisation qui a été revendiquée par le président américain. Il semble que le dirigeant islamiste ait été atteint par un tir de missile non explosif, pour éviter les dommages collatéraux, alors qu’il était sur son balcon. Il s’agit vraiment d’une opération « chirurgicale » au sens littéral du terme qui a sans doute nécessité des appuis au sol, collaborateurs locaux ou soldats américains ?

Après avoir hébergé Ben Laden qui a fomenté les attentats de World trade center de New-York en 2001, l’Afghanistan avait donc renoué ses liens avec l’organisation terroriste en contradiction des accords de Doha signés en 2020 avec les Etats-Unis sur l’évacuation des troupes étrangères du pays et qui prévoyaient que l’Afghanistan renonce à abriter le terrorisme sur son territoire :

The Islamic Emirate of Afghanistan which is not recognized by the United States as a state and is known as the Taliban will not allow any of its members, other individuals or groups, including al-Qa’ida, to use the soil of Afghanistan to threaten the security of the United States and its allies.

The Islamic Emirate of Afghanistan which is not recognized by the United States as a state and is known as the Taliban will send a clear message that those who pose a threat to the security of the United States and its allies have no place in Afghanistan, and will instruct members of the Islamic Emirate of Afghanistan which is not recognized by the United States as a state and is known as the Taliban not to cooperate with groups or individuals threatening the security of the United States and its allies.

Agreement for Bringing Peace to Afghanistan (between the Islamic Emirate of Afghanistan which is not recognized by the United States as a state and is known as the Taliban and the United States of America)

Dans le même temps et depuis la fin de l’évacuation des forces étrangères de Kaboul en août 2021 les autorités afghanes ont pris des mesures visant à remettre les femmes sous tutelle (retrait des écoles des filles de plus de 12 ans, imposition de la burqa grillagée pour les femmes dans la rue, limitation de déplacement des femmes seules), à instaurer une police religieuse chargée de faire respecter la « morale », promotion de la vertu et prévention du vice, bref, à rétablir la loi religieuse en Afghanistan.

Qui pouvait douter que le pouvoir taliban suivrait une telle pente après son retour aux commandes ? Seuls les naïfs ont cru que l’Afghanistan reviendrait sur la voie de l’occidentalisation. Les masques tombent et il n’en est rien. Les accords de Doha n’ont permis que l’évacuation des troupes étrangères du pays sans que les Talibans n’attaquent les soldats en train de se retirer. Rien de plus.

Le pays revient maintenant à ses croyances et ses convictions sans doute partagées par la majorité de sa population. Bien sûr, une petite frange de ses habitants qui ont humé le fumet de la liberté et de l’égalité hommes-femmes lorsque le pays était occupé par des forces occidentales, va devoir en rabattre sur ses ambitions et s’aligner sur la majorité qui n’est sans doute pas mécontente du pouvoir taliban. C’est jugé comme regrettable vu d’Europe, mais sans doute bénéfique vu du monde musulman oriental ! Pour le moment ce dernier a gagné la bataille.

Comment attraper le gogo

Juin / Charlie Hebdo (22/07/2022)

On ne dit plus « économies d’énergie » mais « sobriété énergétique ».

Maintenant que la Russie a repris son rôle favori de perturbateur de l’Occident tout en continuant à fournir l’Europe de l’Ouest en gaz et pétrole, les dirigeants des pays acheteurs rivalisent d’expressions tempérées pour ne pas affoler le gogo. Le consommateur-électeur occidental est particulièrement chatouilleux sur le sujet de son confort et il s’agit surtout de ne pas le brusquer. On utilise donc les termes appropriés pour cacher la vérité à Mme. Michu : l’énergie fossile va disparaître un jour et, plus on se rapprochera de l’échéance plus cette énergie sera rare et donc chère.

Poussés par la rareté et le conflit russo-ukrainien les produits pétroliers connaissent déjà une hausse sensible de leurs cours dont se réjouissent les pays producteurs, la Russie la première. Pour le moment on transfère sur le contribuable le coût que le consommateur ne veut (ou ne peut) pas payer atténuant ainsi l’impact de l’effet prix sur la réduction de la consommation des produits pétroliers amenés à se raréfier.

L’Etat est soumis à des « injonctions contradictoires » : réduire la consommation des produits pétroliers pour des raisons écologiques et de rareté de la ressource d’une part, ne pas trop mécontenter ses électeurs possesseurs de véhicules thermiques ou de chaudières à fuel ou à gaz. Pour le moment, il a arbitré en faveur du deuxième facteur de l’équation et remplacé le terme « économie » par celui de « sobriété », plus neutre et moins effrayant.