Les mafieux doivent éviter de se servir de leur téléphone

Juin / Le Canard Enchaîné (14/10/2015)

Encore une histoire de cornecul qui agite le microcosme judiciaro-médiatique parisien. Le pousseur de baballe Platini, impliqué dans une affaire de corruption internationale alors qu’il occupait sa retraite de joueur à des fonctions plus ou moins fictives dans une organisation multilatérale de fouteballe, aurait dans une conversation téléphonique évoqué l’aide que le président de la République française Macron se serait engagé à lui fournir pour le sortir de ses tracas judiciaires. Sa ligne était sous écoute légale dans le cadre des procédures en cours et, bien entendu, le compte rendu s’est aussitôt retrouvé dans la presse (ce qui est moins légal) qui en a aussitôt fait ses gorges chaudes.

En gros, par les temps qui courent, qu’un dirigeant français se soit engagé à aider un fouteballeur, ou pas, qu’il l’ait fait, ou pas, n’est pas d‘une importance majeure car la France a d’autres choses à faire pour le moment que de perdre son temps sur de pareilles affaires. Non, ce qui est le plus stupéfiant dans cette situation c’est qu’après des décennies d’écoutes téléphoniques, de pocket-calls malencontreux, publiés dans la presse, qui ont conduit nombre de célébrités au lynchage judiciaro-médiatique, voire pénal, il existe encore des olibrius suffisamment stupides pour évoquer leurs embarras judiciaires au téléphone ainsi que les options illégales qu’ils comptent mettre en œuvre pour s’en sortir ! Il n’est quand même pas compliqué de comprendre que ces moyens de communication ne sont pas fiables et qu’il vaut mieux convenir de ses petits arrangements douteux entre quatre yeux plutôt que dans un téléphone.

Il se dit que le président russe Poutine a toujours refusé d’utiliser un téléphone mobile. Ce garçon, ancien officier du KGB soviétique semble largement plus malin que Platini…

58,4% d’abstention aux élections municipales

Près de 60% des électeurs en France ne se sont pas déplacés ce dimanche pour aller voter aux élections municipales. Cela en dit long sur la tartuferie des analyses entendues à longueur de temps sur les plateaux télévisés et les dîners mondains comme quoi le poste de maire est le dernier qui inspire le respect, que Monsieur le Maire est l’homme des « territoires », proche du « peuple » et bla-bla-bla et bla-bla-bla.

En réalité cela veut dire que sur dix pochtrons au Café du Commerce, six sont restés devant leur blanc sec contre quatre qui sont allés dans l’isoloir. La vérité c’est qu’une majorité de français se moque de son maire comme de sa première chemise mais saura, en revanche, trouver le chemin de la Mairie pour aller se plaindre et geindre de ne pas recevoir assez d’argent public.

Ainsi va la France du XXIème siècle !

Paris déconfiné…

Le dernier “traumatisme” vécu par les parisiens est en train d’être levé. Après avoir expliqué pendant des semaines combien la fermeture des parcs et jardins de la capitale était un obstacle majeur au bien-être psychologique de ses administrés (il semble qu’aller se promener aux bois de Boulogne ou de Vincennes qui eux étaient rouverts depuis le 11 mai ne suffisait pas…) et un facteur de propagation de la pandémie de covid-19, la maire de Paris vient d’obtenir satisfaction et parade dans les parcs parisiens devant les caméras de télévision, derrière son masque chirurgical et sous ses cheveux dégoulinant de teinture. On croirait qu’elle vient de recevoir la reddition du Général von Choltitz après un dur combat !

La constance dans la vacuité

Avec une constance qui force l’admiration, la population française, ses élus et la presse font remonter comme préoccupation majeure en ces temps de virus et de crise économique : l’accès aux plages et aux parcs urbains. Ces lieux restent encore souvent soumis à des restrictions d’accès, variables suivant les zones et la France n’aime pas les restrictions. Peut-être qu’effectivement il serait souhaitable que les français profitent un peu du bon air de l’été car la rentrée risque d’être saignante avec son cortège de faillites, de chômeurs, d’émeutes et de déficits divers !

Oyé-oyé bonne gens : vivez au mieux vos derniers instants de sérénité, votre réveil sera brutal et violent !

Le psychodrame des élections municipales en temps de pandémie

Kiro / Le Canard Enchaîné (17/09/2017)

La question de l’organisation du second tour des élections municipales est à nouveau sur la table. On se souvient su psychodrame déclenché par le maintien du premier tour le 15 mars dernier malgré la période de pré-confinement qui était déjà commencée. Ce dimanche électoral avait déclenché un assaut de joutes oratoires où la mauvaise foi se disputait à la beaufitude. Il apparaît que le gouvernement était alors plutôt en faveur d’annuler cette élection mais qu’après consultation des partis politiques, l’opposition avait crié au « coup d’Etat » en cas de report. Constatant ce dissensus le pouvoir avait finalement maintenu l’échéance. Evidemment à l’époque les sondages étaient plutôt favorables aux candidats d’opposition qui souhaitaient donc passer devant les électeurs pour entériner leur avance. Ceux-ci ne s’étaient pas gêné bien entendu pour reprocher ensuite au gouvernement d’avoir maintenu le premier tour… Les électeurs étaient eux allés prendre le soleil (et le virus…) dans les parcs ensoleillés plutôt que de fréquenter les bureaux de vote de la République.

A ce stade on n’a pas identifié de lien significatif entre ces bureaux de vote et la circulation de la pandémie. Certainement des membres de bureaux de vote ont été contaminées à l’occasion de cette élection mais il semble que statistiquement ils ne l’aient pas été plus que s’ils étaient allés au jardin public du coin de la rue.

Le deuxième tour du 22 mars avait évidemment été annulé et pourrait être reprogrammé fin juin. De nouveau consulté par le gouvernement sur une telle hypothèse, une partie de l’opposition, échaudée par les conséquences de sa volte-face politique de mars, se refuse à se prononcer arguant qu’il s’agit de « la responsabilité du gouvernement ». Encore un grand moment de responsabilité politique des élus payés par les impôts versés par les contribuables.

Souvenons-nous…

N’oublions pas les noms des cadors politiques du Parlement qui ont voté contre le plan de déconfinement, ou se sont abstenus ce qui, au Sénat, a permis au « Non » de l’emporter : Julien Aubert, Valérie Boyer, Valérie Rabault, Boris Vallaud, Frédérique Dumas, Jean Lassalle, Sylvia Pinel, Clémentine Autain, Éric Coquerel, Alexis Corbière, Jean-Luc Mélenchon, Danièle Obono, Marie-George Buffet, André Chassaigne, Louis Aliot, Sébastien Chenu, Nicolas Dupont-Aignan, Samia Ghali, Marie-Pierre de la Gontrie, Patrick Kanner, Jean-Pierre Sueur, et bien d’autres… Parmi les cadors qui se sont abstenus, favorisant ainsi le rejet du plan par le Sénat on note quelques bons clients de la contestation systématique comme : Roger Karoutchi, Philippe Bas, Ladislas Poniatowski, Valérie Létard, Gérard Longuet, Bruno Retailleau, Pierre Charon.

Lire aussi : La France éternelle…

Ces forbans ont dévié de leur rôle, privilégiant la politicaillerie de Café du commerce à la conduite du pays, abandonnant leurs responsabilités d’élus au profit de leurs pitoyables petits égos, sur un sujet qui devrait pourtant emporter le consensus. N’oublions pas leur infamie !

Lire aussi : La France, un pays irresponsable

Les milliards tombent comme les obus à Gravelotte

Comme souvent, à situation équivalente, la France va dépenser plus d’argent public (celui des contribuables) que d’autres pays occidentaux pour essayer d’amortir les effets économiques dramatiques de la crise sanitaire en cours. De prêts garantis par l’Etat en fonds de secours d’urgence, de mesures de chômage partiel en annulations de charges, les contribuables français se sont engagés dans des dépenses considérables, qui vont peser sur les finances publiques pour des décennies. Comme toujours en France, les revendications sociales sont fortes et même accrues à la suite de cette crise. Durant la période de confinement, ceux qui ont fait leur travail sur le terrain veulent des augmentations de salaires pour risques pris (personnel soignant, employés des magasins de distribution alimentaire, éboueurs, etc.), ceux qui ont été mis en chômage partiel (financé par l’Etat et non leurs employeurs) se verraient bien poursuivre ainsi jusqu’à que le risque soit complètement circonscrit et ceux qui sont d’ores et déjà sans emploi émargent en masse à l’assurance chômage.

Tout le monde se plaint, tout le monde critique, tout le monde attaque l’Etat, chacun en veut plus pour sa corporation et se scandalise qu’elle ne soit pas considérée comme prioritaire et pendant ce temps les contribuables se sont fouiller les poches sans même s’en apercevoir. Les experts de plateaux télévisés regardent leurs courbes d’audience, sondent l’humeur de Mme. Michu sur l’Hydroxychloroquine et l’interroge : « Etes-vous en faveur de l’augmentation des salaires du personnel soignant ? Oui-oui-oui » en oubliant la question conséquente : « Etes-vous prête à payer plus de cotisations sociales ? Non-non-non ! ».

En réalité le robinet des aides publiques est déjà largement ouvert et coule à flot. Le chroniqueur a pu constater qu’il a été crédité en 8 jours du chômage partiel de son employée de maison, que l’association d’insertion qu’il conseille a obtenu la garantie de l’Etat pour un prêt bancaire de 30 000 euros sur simple déclaration sur le site Internet de la Banque publique d’investissement (BPI), qu’un petit commerçant qu’il aide dans sa gestion a touché deux fois 1 500 euros d’aide en avril et en mai compte tenu de la fermeture de son magasin (soit plus que son salaire mensuel), etc. Il serait peut-être opportun que quelques journalistes regardent un peu plus loin que la niche fiscale dont ils bénéficient indûment, pour constater, chiffrer et relater ce qui fonctionne dans notre pays au lieu de chercher sans relâche à mettre en difficulté leurs interlocuteurs politiques.

Les décideurs français sont à l’image de leurs électeurs et gèrent une crise, incroyable il y a encore 6 mois, comme ils le peuvent. Il y a certainement des erreurs commises, il y a des changements de pieds, il y a des questions sans réponse un jour dit, il y a des décisions prises qui ne satisfont pas tout le monde, il y a 26 000 morts connus à ce jour (sur une moyenne annuelle d’environ 650 000 en régime de croisière) mais la situation est gérée sans doute pas plus mal que dans les pays avoisinants. La seule chose que cette crise ne semble pas en voie de régler est le pessimisme tapageur des français, leur propension à se plaindre de tout et leur réflexe pavlovien à critiquer tout le monde sauf eux-mêmes.

L’enjeu « vital » des parcs et des plages

Le déconfinement décidé à compter du 11 mai est progressif et certaines restrictions restent en vigueur. Un premier point doit être fait début juin sur les premiers effets, positifs comme négatifs, de ce déconfinement et en définir les étapes suivantes. En attendant, la France du Café du commerce se déchaîne et chacun y va de son petit intérêt particulier pour expliquer combien ces restrictions sont acceptables pour ses voisins, mais surtout pas pour lui-même.

A Paris, les bois de Boulogne et de Vincennes sont ouverts aux promenades mais pas les parcs et jardins car potentiels foyers de rassemblements humains susceptibles de favoriser la contamination des citoyens. Aussitôt chacun argumente tout et son contraire pour justifier ou contester cette mesure parisienne. Ces décisions ont été prises par des gens intelligents et compétents, il suffirait de les appliquer, consacrer son énergie à des questions plus sérieuses et attendre deux petites semaines la nouvelle évaluation de la situation pour une éventuelle réouverture des parcs et jardins. Mais non, nous sommes en France alors toute une partie de nos édiles rémunérée par les impôts que nous payons s’agite, ventile, mouline, dans la vacuité qui caractérise dédormais le débat public. Que ces gens travaillent et attendent début juin l’analyse de l’évolution de la pandémie pour savoir s’ils pourront aller se promener au Luxembourg, en attendant, s’ils ont véritablement besoin de voir des arbres ils vont au bois de Boulogne ou au bois de Vincennes. Mais surtout : qu’ils bossent un peu plus au lieu de polémiquer sans cesse !

Autre sujet qui semble vital pour la survie de notre nation : va-t-on pouvoir aller à la plage sans attendre la situation de la pandémie début juin ? Devant l’ampleur de cette question, le gouvernement a décidé de laisser les maires se coordonner avec les préfets pour en décider. Alors on a de tout, des plages qui restent fermées, d’autres complètement ouvertes, certaines en « ouverture dynamique » c’est-à-dire que vous pouvez vous baigner mais pas bronzer sur votre serviette, etc. Et dans chaque situation nous avons des râleurs et des soutiens. Cela en devient souvent risible, parfois le risque psychosocial est évoqué pour exiger la « réouverture » … On frise le grotesque mais c’est souvent ce que nous sommes : une bande de gaulois débrayés et râleurs, parfois créatifs.

La bonne nouvelle est qu’un pays qui n’a pas d’autres sujets d’interrogation que savoir s’il pourra ou non déplier sa serviette sur une plage bretonne balayée par des vents glacés sans attendre début juin, est un pays qui ne va pas si mal que cela.

Le drame des bobos à déconfiner

Le déconfinement des citoyens initié depuis hier pose au moins deux problèmes significatifs. Le premier est de rapatrier les troupeaux de bobos partis se confiner dans leurs résidences secondaires en dehors des centres urbains. On parle d’un million de parisiens qui auraient fui l’Ile-de-France à la mi-mars. Et l’on a sans doute à déplorer de pareilles transhumances à partir des autres villes du pays. Tout ce petit monde a tranquillement télétravaillé depuis l‘Ile-de-Ré pendant deux mois en offrant des classes vertes à ses enfants. Mais demain c’est la fin des vacances et il va falloir retourner en entreprise et à l’école pour les minos. A court terme on ne sait pas bien comment rapatrier ces bataillons de privilégiés. Dieu merci, la plupart sont équipés de SUV clinquants avec lesquels ils vont pouvoir rallier le VIIème arrondissement parisien sans utiliser une SNCF aux capacités de transport elles aussi-confinées. Qui plus est, certains d’entre eux vont rester encore quelques temps sur l’Ile-de-Ré, après-tout, télétravailler en temps de confinement ou de déconfinement c’est toujours travailler.

Le deuxième sujet d’importance concerne la prise d’assaut attendue des salons de coiffure par Mmes. Michu qui ont été sevrées de mises-en-plis. La réouverture de l’activité des coiffeurs va-t-elle permettre de satisfaire cette forte demande ou maintenir Mme. Michu en stress psychique pour défaut de permanente ?

On voit que le déconfinement n’est pas une œuvre de tout repos.

La contestation permanente rentre dans le vocabulaire

On ne dit plus « la loi est votée démocratiquement par le parlement et s’applique aux résidents français » mais « le gouvernement infantilise les citoyens » afin de justifier la contestation permanente des français à l’encontre de toute décision.

De même, on ne dit plus « l’autorité du chef qui commande aux sous-chefs, qui commandent aux sous-sous-chefs, etc. » mais on parle de « la verticalité du pouvoir », c’est plus chic et on espère que le bon peuple acceptera ainsi mieux l’autorité. Ce n’est pas gagné !

Philippe Juvin : un fâcheux mélange des genres

Philippe Juvin

Philippe Juvin, professeur à la faculté de médecine et sur les plateaux télévisés, ex-député européen de 2009 à 2009 (groupe conservateur du Parti populiste européen), chef du service des urgences de l’hôpital Georges Pompidou, maire de La Garenne-Colombes (parti conservateur Les Républicains) depuis près de 20 ans, se répand en commentaires anti-gouvernementaux dans les médias où il est très présent depuis le début de la crise sanitaire.

Il illustre à l’excès un mélange des genres douteux dans lequel se complait trop souvent notre pays. On a tout d’abord du mal à réaliser comment on peut être à la fois chef des urgences d’un des plus grands hôpitaux d’Europe et maire d’une commune de la région parisienne ? Même si l’homme est plus compétent que la moyenne, il y a forcément une de ces tâches qui ne bénéficie pas de son engagement à 100%, probablement les deux d’ailleurs. Quand on ajoute sa présence constante dans beaucoup de médias, on conclut que sa principale qualité doit être sa capacité à déléguer.

Sa dernière intervention médiatique date de ce matin et est de la même sensibilité que les précédentes :

Malheureusement, il n’y a pas eu de stratégie de la part de l’État. Ni pour infantiliser les Français ni pour les responsabiliser. L’État navigue à vue, en improvisant en permanence. Ce sont les Français qui ont été extrêmement responsables. Si les Français n’avaient pas pris sur eux de se confiner, notre système de soin aurait explosé. Si la France s’en sort aujourd’hui, c’est uniquement grâce aux Français, pas à l’État.

Atlantico (06/05/2020)

Rappelons incidemment que son salaire de médecin est payé par les cotisants de la sécurité sociale et que ses indemnités de maire sont réglées par les contribuables de sa ville. On peut d’ailleurs se demander si compte tenu du cumul de fonctions il perçoit deux rémunérations pleines ou si celles-ci sont dimensionnées en fonction de sa présence effective ? Quoi qu’il en soit, un peu de mesure dans ses propos serait bienvenue, à tout le moins, peut-être pourrait-il passer un peu plus de temps au service des urgences qu’il dirige que sur les plateaux médiatiques, ce serait certainement bénéfique pour les patients.

Au-delà, eh bien, lorsque le parti politique qu’il représente aura emporté les élections peut-être sera-t-il nommé ministre de la santé et pourra-t-il ainsi mettre en œuvre ses idées. En attendant le mieux qu’il puisse faire est de travailler un peu plus et de parler un peu moins.

Les bobos hors du temps

Dans un « dîner en ville » virtuel, un interlocuteur met en doute le fait que 20% des électeurs français aient voté pour l’extrême gauche représentée par Jean-Luc Mélenchon lors du premier tour des élections présidentielles de 2017. Une fois raccroché, un rapide fact-checking permet de se remémorer les résultats de cette élection :

Premier tour 
M. Emmanuel MACRON, EN MARCHE ! 24,01 %
Mme Marine LE PEN, FRONT NATIONAL, 21,30 %
M. François FILLON, LES RÉPUBLICAINS, 20,01 %
M. Jean-Luc MELENCHON, LA FRANCE INSOUMISE, 19,58 %
M. Benoît HAMON, PARTI SOCIALISTE, 6,36 %
M. Nicolas DUPONT-AIGNAN, DEBOUT LA France, 4,70 %
M. Jean LASSALLE, RÉSISTONS ! 1,21 %
M. Philippe POUTOU, NOUVEAU PARTI ANTICAPITALISTE, 1,09 %
M. François ASSELINEAU, UNION POPULAIRE RÉPUBLICAINE, 0,92 %
Mme Nathalie ARTHAUD, LUTTE OUVRIÈRE, 0,64 %
M. Jacques CHEMINADE, SOLIDARITÉ ET PROGRÈS, 0,18 %

Si l’on additionne les voix qui se sont portées sur Mélenchon, Poutou et Arthaud on obtient 21,31 % des suffrages pour l’extrême gauche et l’avenir radieux promis par ces candidats. Au marché ou dans les dîners en ville cela veut dire qu’une personne sur cinq autour de nous a voté pour les idées d’extrême gauche. C’est aussi la raison pour laquelle les émeutes sociales ont mis beaucoup de citoyens dans la rue tous les samedis de l’année 2019 et qu’en ces temps de pandémie tant de monde conteste les dirigeants, râle, réclame, corporatise, se plaint, se tourne vers l’Etat…

C’est l’une des spécificités françaises de long terme dont les origines, sans remonter à la révolution de 1789, ont été largement entretenues par toute une partie de l’intelligentsia du XXème siècle commentant avec gourmandise les « expériences » soviétique, maoïste, voire même Khmer rouge pour certains. C’est à cette aune que s’est forgée une partie de la nation française. Il en reste quelques traces. Cette multiplicité de candidats de gauche et d’extrême gauche a d’ailleurs peut-être permis d’éviter en 2017 l’élection d’un candidat d’extrême droite. La parcellisation de la gauche en 2017 aura absorbé des voix qui se seraient portées ailleurs s’il y avait eu un candidat commun de la gauche… Les élections présidentielles de 2022 seront la prochaine étape.

Le jour du muguet et des revendications

Kiro / Le Canard-Enchaîné (04/02/2019)

Toujours droit dans ses bottes, le chef de la Confédération générale du travail (CGT) réaffirme son objectif d’une semaine de 32 heures de travail, virus ou pas virus. Et il en profite pour s’offusquer que le chômage partiel ne couvre que 80% du salaire net des bénéficiaires et ne soit pas systématiquement étendu aux travailleurs qui décideraient de ne pas reprendre le travail s’ils estiment que leurs conditions de sécurité ne sont pas suffisantes pour ce faire lorsque le déconfinement sera entamé à partir du 11 mai.

Bien sûr un certain nombre de syndicalistes et de politiques de gauche voient dans la crise sanitaire actuelle le crépuscule du capitalisme tant honni par leur idéologie. Ils parlent du « jour d’après » où il faudra nécessairement revoir les relations entre les hommes, réduire les inégalités, « décapitaliser et démondialiser » l’économie. C’est le mythe de l’avenir radieux pour un Homme nouveau. Pas sûr que cela n’aboutisse plus cette fois-ci que les fois précédentes !

L’expression « il y aura un avant et un après » fleurit d’ailleurs dans la bouche de nombre de commentateurs mais au-delà des vœux pieux de circonstance sur la « démondialisation » personne ne sait bien définir ce que sera l’après et tout le monde commence déjà à s’affronter sur ce qu’il devrait être. La seule chose qui paraît certaine est que le court terme va être redoutable à gérer avec son cortège de faillites d’entreprises et de chômeurs sur toute la planète. Au-delà, le futur sera ce que nous en ferons, mais il s’annonce encore plus périlleux à penser aujourd’hui qu’il ne l’était hier.

La France éternelle…

Le gouvernement français a présenté à l’Assemblée nationale son plan de déconfinement des citoyens à mettre en œuvre à partir du 11 mai. Cette présentation a été suivie par l’expression des chefs de groupes parlementaires puis par un vote consultatif. Avant même cette présentation naissait une polémique, l’opposition voulant disposer d’un délai de réflexion de 24 heures avant le vote, le gouvernement préconisant un vote immédiat.

Compte tenu du niveau d’incertitude pesant sur l’évolution à venir de la pandémie, les mesures annoncées sont à géométrie variable et susceptibles d’être actualisées au jour le jour. En revanche, ce qui est certain c’est l’effondrement économique en cours de la France, et d’ailleurs de la planète entière, qu’il convient de limiter par une reprise de la production. Ce plan annoncé atermoie entre ces incertitudes qui entourent la relance de l’économie et la protection des citoyens. C’est un exercice impossible mais qu’il est de la responsabilité des dirigeants élus de mener, ils sont élus et payés pour ça. Le gouvernement l’a fait cette après-midi, ce plan n’est pas plus mauvais qu’un autre et on l’adaptera au fur et à mesure.

Ce qui ne l’aide pas beaucoup ce sont les positionnements politiciens d’une opposition plus préoccupée par les effets de tribune que par l’intérêt de la République. Les uns réclament « la sécurité totale » pour la réactivation des usines arrêtées (heureusement certaines n’ont jamais été stoppées), les autres refusent de rouvrir les écoles dans ces conditions, et bla-bla-bla, et bla-bla-bla. La sécurité totale est évidemment impossible à garantir, le déconfinement de l’économie est évidemment incontournable. Il y aura des prises de risque à prendre, le mieux que l’on puisse faire est de les limiter.

Le vote exprimé à l’Assemblée nationale a approuvé le plan proposé. 100 députés, félons et irresponsables, dont les noms suivent se sont exprimés contre comme l’affiche le site Internet de l’Assemblée.

Groupe La République en Marche (297), Contre 1 : Mme Martine Wonner.

Groupe Les Républicains (104), Contre 24 : M. Julien Aubert, M. Thibault Bazin, Mme Valérie Boyer, M. Gérard Cherpion, M. Pierre Cordier, Mme Marie-Christine Dalloz, M. Fabien Di Filippo, M. Julien Dive, M. Pierre-Henri Dumont, M. Jean-Jacques Gaultier, M. Philippe Gosselin, M. Sébastien Huyghe, M. Olivier Marleix, M. Franck Marlin, M. Gérard Menuel, M. Maxime Minot, M. Jean-François Parigi, Mme Bérengère Poletti, M. Antoine Savignat, M. Raphaël Schellenberger, M. Éric Straumann, M. Jean-Charles Taugourdeau, M. Patrice Verchère et M. Stéphane Viry.

Groupe du Mouvement Démocrate et apparentés (46), Contre 0.

Groupe Socialistes et apparentés (30), Contre 20 : M. Joël Aviragnet, Mme Marie-Noëlle Battistel, Mme Gisèle Biémouret, M. Jean-Louis Bricout, M. Luc Carvounas, M. Alain David, Mme Laurence Dumont, M. Olivier Faure, M. David Habib, M. Christian Hutin, M. Régis Juanico, Mme Marietta Karamanli, M. Jérôme Lambert, Mme George Pau-Langevin, Mme Christine Pires Beaune, Mme Valérie Rabault, Mme Claudia Rouaux, Mme Sylvie Tolmont, M. Boris Vallaud et Mme Michèle Victory.

Groupe UDI, Agir et Indépendants (27), Contre 3 : M. Pascal Brindeau, M. André Villiers et M. Michel Zumkeller.

Groupe Libertés et Territoires (20), Contre 11 : M. Jean-Félix Acquaviva, M. Michel Castellani, M. Jean-Michel Clément, Mme Frédérique Dumas, M. Olivier Falorni, Mme Sandrine Josso, M. François-Michel Lambert, M. Jean Lassalle, M. Paul Molac, M. Bertrand Pancher et Mme Sylvia Pinel.

Groupe La France insoumise (17), Contre 17 : Mme Clémentine Autain, M. Ugo Bernalicis, M. Éric Coquerel, M. Alexis Corbière, Mme Caroline Fiat, M. Bastien Lachaud, M. Michel Larive, M. Jean-Luc Mélenchon, Mme Danièle Obono, Mme Mathilde Panot, M. Loïc Prud’homme, M. Adrien Quatennens, M. Jean-Hugues Ratenon, Mme Muriel Ressiguier, Mme Sabine Rubin, M. François Ruffin et Mme Bénédicte Taurine.

Groupe de la Gauche démocrate et républicaine (16), Contre 14 : Mme Huguette Bello, M. Moetai Brotherson, M. Alain Bruneel, Mme Marie-George Buffet, M. André Chassaigne, M. Pierre Dharréville, M. Jean-Paul Dufrègne, Mme Elsa Faucillon, M. Sébastien Jumel, M. Jean-Paul Lecoq, M. Jean-Philippe Nilor, M. Stéphane Peu, M. Fabien Roussel et M. Hubert Wulfranc.

Non-inscrits (20), Contre 10 : M. Louis Aliot, Mme Delphine Bagarry, M. Bruno Bilde, M. Sébastien Chenu, M. Nicolas Dupont-Aignan, M. José Evrard, Mme Marine Le Pen, M. Nicolas Meizonnet, M. Ludovic Pajot et M. Joachim Son-Forget.

La Chine s’amuse

En période de pandémie planétaire, le Café du commerce international est en pleine activité. Ce fameux coronavirus est parti, a priori, de la ville de Wuhan en Chine. Le président américain l’a donc requalifié de « virus chinois » ce qui a tendance à légèrement énerver les dirigeants de Pékin. Comme certains autres Etats occidentaux en profitent également pour émettre des doutes sur la gestion de cette maladie par la Chine : aurait-elle déclaré ou pas tous les morts ? Le virus ne se serait-il pas échappé par accident d’un de ses laboratoires ? Et patati et patata. Bref, « des gouvernants de rencontre ont pu capituler, cédant à la beaufitude, oubliant l’intelligence, livrant le pays à l’abrutissement[1] ».

La Chine se défend avec la subtilité d’un nunuche de 8 ans dans une cour d’école primaire, un porte-parole du ministre des affaires étrangères accuse à son tour les Etats-Unis d’avoir diffusé le virus et les ambassadeurs chinois relaient la petite guéguerre. Un passage sur le site de l’ambassade de Chine permet de s’en persuader :

Certains présomptueux ont affirmé que « tant que le gouvernement garantira son bonheur et sa sécurité, le peuple chinois tolèrera ce régime autoritaire », mais que l’épidémie « met à mal le contrat entre le peuple et le régime ». Quelle ânerie ! La vocation première et la mission originelle des communistes chinois a toujours été la recherche du bonheur pour le peuple, et de la renaissance pour la nation.
C’est un engagement solennel vis-à-vis de la population. Face aux difficultés, le parti communiste chinois s’est toujours tenu aux côtés de son peuple. Jamais il ne l’abandonnera et le peuple chinois lui fait entièrement confiance. Ceux qui tentent de discréditer le PCC et de créer la discorde entre le peuple et le Parti se condamnent à l’échec et à l’humiliation. Pardonnez ma question mais, la vocation des partis de gouvernement en Occident est-elle autre que d’œuvrer pour le bonheur et la sécurité de leurs peuples ?

Chine Magazine 01/03/2020

Or, dans le même temps, en Occident, on a vu des politiciens s’entre-déchirer pour récupérer des voix ; préconiser l’immunisation de groupe, abandonnant ainsi leurs citoyens seuls face à l’hécatombe virale; s’entre-dérober des fournitures médicales ; revendre à des structures privées les équipements achetés avec l’argent public pour s’enrichir personnellement ; on a fait signer aux pensionnaires des maisons de retraite des attestations de « Renonciation aux soins d’urgence »; les personnels soignants des EHPADs (* *)ont abandonné leurs postes du jour au lendemain, ont déserté collectivement, laissant mourir leurs pensionnaires de faim et de maladie ; on a vu le Commandant d’un porte-avions demander à ses supérieurs l’autorisation d’accoster pour permettre à des marins infectés d’être traités à terre. Il a été limogé…, et j’en passe. Et pourtant, je n’ai pas vu beaucoup de reportages ou d’enquêtes approfondies des grands médias occidentaux révélant ces faits. Ces médias et ces experts, tant épris d’objectivité et d’impartialité, ont-ils donc une conscience ? Ont-ils la déontologie ?

Ambassade de Chine 12/04/2020

Le mieux serait que tous ces dirigeants bien payés par leurs contribuables, à l’Ouest comme à l’Est, fassent leur boulot au lieu de parader dans les médias pour savoir qui a « la plus grosse ». La Chine se serait honorée à ne pas répondre à cette querelle de bas étage mais à laisser parler les faits. Outres quelques centaines de milliers de morts, le coronavirus aura fait une nouvelle victime : l’intelligence collective des dirigeants politiques de la planète. Heureusement, les échos reçus du monde scientifique semblent démontrer que la collaboration entre scientifiques mondiaux est bonne et menée sur des bases de transparence et de sens de l’intérêt général, du moins pour ceux d’entre eux qui travaillent dans leurs laboratoires et non sur les plateaux télévisés.


[1] Inspiré par Mongénéral

C’est « compliqué » de parler français

On ne dit plus « c’est difficile de faire ceci » ou « c’est impossible de dire cela ». On dit « c’est compliqué de… » généralement suivi d’un « on va dire… » histoire de faire bonne mesure. Les tics verbaux compulsifs se dispersent dans l’atmosphère comme les postillons et leur virus.

Un nouveau tic verbal compulsif

On ne dit plus « des recommandations évolutives » mais des « injonctions contradictoires ». Ce nouveau terme est utilisé par les commentateurs mondains pour critiquer le fait que les positions des dirigeants et des scientifiques changent au fur et à mesure de la connaissance de ce méchant coronavirus.

Le retour du marché noir

Coco / Charlie-Hebdo (13/03/2020)

Le chroniqueur faisant ses courses en ces temps de confinement constate avec intérêt que beaucoup de citoyens portent désormais des masques en extérieur, plutôt une majorité d’ailleurs, au moins pour les passants du quartier. On est en revanche surpris de réaliser que nombre de ceux-ci portent des modèles chirurgicaux, voire même de type FFP2 (et non pas des masques « alternatifs ») alors que ces deux catégories sont en principe réquisitionnées par l’Etat et réservées au personnel soignant. Comment ces citoyens se procurent-ils des masques réquisitionnés ? Un rapide sondage obtient toujours le même genre de réponse : « ma copine infirmière m’en a laissé un ce matin » ou « mon employeur nous en a donné », etc.

On se retrouve un peu comme en 40 où la Kommandantur réquisitionnait les kartoffeln en laissant les topinambours aux parisiens. Il arrivait que le grand-père de Mme. Michu se lance dans le marché noir pour récupérer des patates et les revendre au prix fort. De la collaboration en 40 à Goldman Sachs qui expliquait en 2008 au gouvernement grec comment trafiquer sa comptabilité publique, les ressources du marché et la créativité de ses acteurs sont sans limite pour détourner les réglementations.

La presse et le virus

Depuis presqu’un mois que la France est confinée, comme nombre d’autres pays de la planète, ses plateaux médiatiques d’information en continue ne parlent plus quasi exclusivement que de ce sujet. Ils accueillent nombre de commentateurs érigés en « experts de dîner en ville ». On trouve dans cette catégorie d’ailleurs beaucoup de soignants dont on se demande s’ils n’ont vraiment rien de mieux à faire en ce moment que de bavarder sur les plateaux ?

Evidemment lorsqu’on a rabâché en continu 24h sur 24 depuis quatre semaines la question des masques, des tests, de la chloroquine, des lits de réanimation, des cambriolages de pharmacies et des statistiques du nombre de morts, sans oublier la coupe de cheveux du Pr Raoult, il est un peu difficile d’être original. Alors heureusement un nouveau sujet se profile à l’horizon : le président de la République doit faire une communication demain soir. La nouvelle mission dont la presse s’auto-investit est de deviner à l’avance ce qu’il va bien pouvoir dire. Et de nouveau la machine à tourner dans le vide s’est remise en route depuis déjà quelques jours puisque, justement, on ne sait pas encore ce qu’il va dire… Pour alimenter le mouvement perpétuel de cette machine infernale, les chaînes font appel depuis longtemps à une espèce qui n’est pas du tout en voie de disparition, celle des « communicants ».

Au sein de celle-ci une catégorie de « communicants » est mise en avant, celle des « communicants de crise » particulièrement coriace et imbue de son importance. Alors que nos pays sont quasiment en crise permanente depuis celle du pétrole de 1973, cette espèce spécifique prospère et vend ses conseils aussi bien aux Etats qu’aux entreprises. Même certains particuliers y font appel, par exemple DSK lors de sa crise sexuelle du Novotel de New-York, ou Carlos Ghosn lors sa crise judiciaire (il est recherché par la justice japonaise depuis sa fuite au Liban). Lorsqu’ils interviennent pour des particuliers « en crise » la mission de ces « communicants de crise » est de sauver la mise de leurs mandants en leur faisant dire ce qui est censé mettre l’opinion publique de leur côté et qui n’est pas forcément la vérité. Lorsqu’il s’agit de « crise politique » on ne sait pas trop quelle est leur mission sinon d’aller occuper indûment et inutilement les plateaux télévisés pour y asséner leurs soi-disant principes fondamentaux de « communication de crise », qui sont généralement vrais le lundi puis démentis le mardi…

Pour en revenir à l’allocution présidentielle de demain, le mieux serait sans doute tout simplement d’attendre lundi soir une fois que l’allocution aura été prononcée pour savoir ce qu’il y a dedans. Et ainsi, pendant le temps libéré, les journalistes pourraient peut-être consacrer quelques petits moments à d’autres sujets que le coronavirus ? Car pendant ce temps la guerre continue en Syrie, la station spatiale internationale tourne toujours autour de la terre, la campagne électorale se poursuit aux Etats-Unis, avec à la clé la possible éjection du président actuel, certaines entreprises produisent normalement, etc. On pourrait peut-être passer de 98% du temps d’antenne occupé par le virus à seulement 90 ou 95% ?