Des toilettes « non genrées »

En Amérique du nord, sous-continent à la pointe des concepts « woke » et de « déconstruction », les toilettes « non genrées » font florès et le principe commence à diffuser en Europe. Evidemment le citoyen lambda se demande ce qui peut bien se cacher derrière ce concept de « toilettes non genrées » ? S’agit-il d’un troisième local en plus des toilettes « hommes » et « femmes » ? S’agit-il de réceptacles particuliers pour les besoins des personnes « non genrées » ?

A priori non, il s’agirait simplement, par l’affichage du sigle ci-dessus, d’autoriser les personnes « transgenres » ou « non binaires » à se rendre dans les toilettes « femmes » même si elles ont une apparence d’hommes, et vice-versa. On ne sait pas bien comment on identifiera une personne « transgenre » ayant l’apparence d’un homme mais se rendant dans les toilettes des « femmes », d’un pervers-pépère venu pour mater, mais qu’importe, on présuppose la bonne foi des « non binaires » et des « transgenres ».

Une nouvelle fois, une minorité activiste impose des changements de comportement à la majorité qui regarde, éberluée, l’invasion de ces concepts « de genre » en Occident. Mais cette majorité reste globalement inerte face à l’activisme des tenants du « wokisme » et autres billevesées du même ordre. Le risque existe que ces principes étonnants viennent bouleverser nos sociétés mais il parait plus probable qu’ils tomberont dans l’oubli et réintègreront les laboratoires de recherche en sciences sociales desquels ils n’auraient jamais dû sortir.

La bonne nouvelle est que nos pays occidentaux ne se portent pas si mal que ça s’ils ont les moyens de consacrer des ressources financières et humaines à « réfléchir » sur pareils sujets !

Lire aussi : https://rehve.fr/2021/09/sandrine-rousseau-jargonne/

La complainte du bobo à vélo dans Paris

Tout fringuant, le bobo parisien habitant dans le sud de la ville se lève ce matin à une heure matutinale pour rejoindre son rendez-vous de 11h dans le quartier de l’Opéra. Habitué aux aléas des « Vélib » il part à 10h pour être certain de trouver un deux-roues disponible en à peu près bon état près de chez lui. Il lui fallut tout de même fréquenter trois stations différentes et tester cinq vélos avant de pouvoir commencer à pédaler. Les stations dans ce quartier périphérique sont quasiment vides à cette heure de la matinée et les quelques deux-roues qui y sont stationnés ne sont généralement pas très reluisants.

A 10h25, le bobo se met à pédaler, tranquille de pouvoir arriver à l’Opéra dans les délais et il atteint sa destination 30 mn plus tard après un sympathique pédalage au frais soleil qui inonde la capitale.

Mais évidemment, toutes les stations au centre de Paris sont pleines et notre vaillant cycliste ne trouve qu’une place libre pas trop éloignée de sa destination. Bien sûr, le matin les flux de cyclistes vont plutôt de l’extérieur vers les quartiers centraux (de bureaux), et l’inverse le soir. Mais, hélas, hélas, hélas, cette place miraculeuse est inoccupée car le système permettant d’y parquer le véhicule et de stopper le compteur de la course ne fonctionne pas.

Il est 11h05, pas d’autre place disponible, le bobo se résout à appeler le helpdesk Velib pour faire arrêter sa course et le compteur malgré la défaillance du parking. Le disque habituel retentit dans son téléphone ânonnant d’une voix horripilante : « votre temps d’attente est estimé à quatre minutes »…

Il est 11h10, au bout du délai annoncé une opératrice entre en scène et demande au bobo s’il a accès à Internet pour lui envoyer un lien permettant d’ouvrir une aide vidéo à distance. Premier essai, la 4G est faiblarde, le lien ne fonctionne pas, deuxième essai, la 4G toujours souffreteuse permet d’ouvrir le lien mais cette fois-ci c’est le téléphone qui bloque l’ouverture de l’application. Renonçant à un troisième essai, le bobo implore l’opératrice de trouver un autre canal pour stopper le compteur de la course, ce qu’elle fait contre l’engagement de celui-ci de prendre et d’envoyer deux photos prouvant que le vélocipède a bien été rangé dans la station annoncée.

11h15, la procédure est exécutée et l’opératrice propose au bobo légèrement tendu de répondre à un petit sondage sur la qualité de son intervention… Elle essuie un refus poli.

11h20, le bobo arrive à son rendez-vous avec 20mn de retard malgré son départ de chez lui à 10h.

La morale de l’histoire est que lorsque vous avez un rendez-vous rigide à tenir pendant la journée, même dans Paris intramuros, soit il faut partir deux heures avant de chez vous, soit prendre le métro. Il sera toujours temps de faire le retour en « Velib ».

Comme on le dit de l’aviation privée dans les aéroclubs : le « Vélib », un moyen de transport rapide pour gens qui ont le temps !

Le goût de la polémique

Après les polémiques liées au traitement par la France de la crise sanitaire : les masques, les vaccins, les lits de réanimation, le couvre-feu, etc. les citoyens et les plateaux médiatiques commençaient à manquer de sujets d’affrontement et le pays en ressentait une grande frustration sans rien à se mettre sous la dent !

Affaire réglée grâce à l’ineffable Stéphane Bern, diplômé d’une école de commerce, chargé d’une mission de préservation du Patrimoine par le pouvoir actuel. Avec sa tête de ravi de la crèche il vient de lancer une attaque en règle contre les éoliennes qu’il qualifie de « supercherie », dont l’énergie produite ne serait ni « écologique ni renouvelable » et qui seraient « responsables d’un drame écologique en ruinant la diversité ».

Aussitôt reprise par le chœur des pleureuses de l’opposition systématique, la complainte anti-énergie éolienne a animé pour quelques jours les conversations du Café du Commerce. En réalité, comme toujours, les gens aiment bien le principe les éoliennes du moment qu’elles sont installées loin de chez eux. Il en est de même pour les centrales nucléaires : c’est une énergie qui n’émet pas de gaz à effet de serre, tout le monde apprécie mais pourvu que l’on ne construise pas une centrale nucléaire dans leur jardin et que l’on ne stocke pas les déchets dans leur village.

Il est probable que la transition énergétique en cours basera la production française future sur un savant mélange entre les différentes sources que sont le nucléaire, le gaz, l’hydraulique, le solaire, l’éolien et d’autres à venir. Chacune a ses avantages et inconvénients et la définition du mix relève des programmes politiques et du choix des électeurs pour l’un de ces programmes. Les saillies médiatiques d’un Stéphane Bern sont inutiles et polémiques ; elles ne servent qu’à satisfaire, peut-être, la soif de reconnaissance de l’impétrant. C’est un problème d’égo « bernien » et non un débat énergétique. Le mieux à faire serait qu’il se consacre à ses émissions de télévision et laisse les sujets techniques aux spécialistes encadrés par le gouvernement.

Déprimant dialogue…

« Mcfly et Carlito » sont deux jeunes « casquette-baskets-capuche » sévissant sur une chaîne YouTube (plus de 6 millions d’abonnés) avec des vidéos un peu nunuches, parfois drôles, mais pas méchantes, en tout cas pour ce que nous en avons vu, c’est-à-dire très peu puisque l’internaute doit se farcir de la publicité abrutissante à chaque début de clip. Bref, Mcfly et Carlito gagnent leur vie ainsi en distrayant les « djeuns ». Ils doivent trouver cette activité plus drôle que de travailler chez Amazon ou la BNP. Après tout ce type d’activité de service rentre aussi dans le produit national brut (PNB) de la France. Ils ne font pas trop de mal à leur population cible, qui serait quand même plus avisée de lire Zola et les rapports de la Cour des comptes pour mieux comprendre la marche du monde.

Tout ceci ne serait vraiment pas bien grave si la présidence de la République ne s’était avisée de dialoguer avec nos deux « casquette-baskets-capuche » via Emmanuel Macron lui-même ! Certes, pour la bonne cause puisqu’il leur a lancé un défi de composer une vidéo promouvant les gestes barrière anti-covid, ce qu’ils ont fait, et dont la récompense sera de venir tourner une nouvelle vidéo à l’Elysée même. Est-ce vraiment indispensable de mêler ce type de communication tout de même légèrement abrutissante avec le fonctionnement de la République ? N’y-a-t-il pas moyen de privilégier l’intelligence pour diffuser des messages sanitaires ? Sans doute pas, hélas ! Gros soupir déprimé des sexagénaires…

Une nouvelle polémique franchouillarde

Différents vaccins contre le coronavirus à l’origine de la covid-19 commencent à être approuvés à travers la planète et les campagnes vaccinales ont démarré. La France est un pays où une partie de la population est, d’une façon générale, plutôt sceptique par rapport aux vaccins. Cette réticence est relayée par quelques influenceurs-comploteurs de plateaux télévisés comme Isabelle Adjani. Le résultat est que les citoyens français, d’après les sondages, ne manifestent pas un enthousiasme démesuré à l’idée de se faire injecter les vaccins anti-covid-19 dont certains sont issus de technologies innovantes.

Les autorités ayant décidé de ne pas rendre ce vaccin obligatoire, un protocole de consentement « éclairé » avec un délai de quatre jours pour une éventuelle rétractation a été mis en place afin de « respecter » la volonté des français et être sûrs qu’ils ont bien compris ce dont il s’agissait. Cette situation aboutit au fait que la France vaccine beaucoup moins vite que ses voisins. Et, évidemment, tout le monde tombe sur le gouvernement « incapable de protéger ses citoyens »…

A peine les premières vaccinations réalisées, le bal des pleureuses est parti dans une nouvelle polémique. Les râleurs auraient bien entendu inversé leurs arguments de Café du Commerce pour critiquer une campagne sans protocole de « consentement éclairé », et justifier leur présence permanentes dans les médias racoleurs. La politique vaccinale française est à l’image du pays : souvent moins efficace que ses voisins en termes industriel et logistique, et soumis à une permanente contestation de gens qui ont le loisir (et la liberté) de consacrer une partie de leur temps de cerveau à se plaindre au lieu d’agir.

La France est « un pays de veaux » disait MonGénéral dont on vient de fêter le cinquantième anniversaire du décès. Il était visionnaire, on le sait ! Bonne année 2021 quand même.

La France éternelle

De tous temps les citoyens français ont marqué une certaine défiance à l’encontre du vaccin, soutenus par quelques « vedettes » du calibre d’Isabelle Adjani expliquant sur les ondes qu’elle n’a jamais vacciné ses enfants qui s’en portent très bien, ou le professeur Joyeux qui a même eu des problèmes avec l’ordre des médecins pour ses positions contre vaccins. Vouloir convaincre un antivaccin de devenir pro-vaccin est juste inutile, c’est un peu comme essayer de faire admettre à un israélien membre du Likoud qu’une solution à « deux Etats » amènera la réconciliation entre Israël et les palestiniens… autant dire que c’est sans espoir !

On a le droit en France d’être contre le vaccin. En principe la loi en prévoit 11 obligatoires pour les enfants. On peut aussi contrevenir à cette loi et, probablement, ne pas risquer grand-chose sinon le refus par certaines crèches ou écoles d’accueillir vos enfants s’ils ne sont pas vaccinés, à moins que vous puissiez bénéficier de faux certificats de vaccination ce qui ne doit pas être très compliqué à obtenir.

Alors que des vaccins contre le coronavirus commencent à être mis sur le marché, le plus notable en ce moment est que la population française, à la différence de nombre de pays voisins, continue à afficher dans les sondages sa volonté majoritaire de ne pas se faire injecter ces vaccins… tout en critiquant le gouvernement pour défaillance dans sa politique vaccinale qui ne vaccine pas assez vite les citoyens. Certes, ce ne sont sans doute pas toujours les mêmes mais on peut être sûrs qu’il y a des recouvrements entre les citoyens qui refusent le principe du vaccin et qui, dans le même temps, accusent leurs dirigeants d’incompétence dans la distribution du vaccin.

On se fait ainsi doublement plaisir : on marque sa rébellion antivaccin et on critique le pouvoir exécutif qui n’est pas capable de vous vacciner dans les temps car c’est tellement jouissif ! La France ne change pas…

Moins d’effusions ne nuira pas

Le coronavirus qui circule sur la planète pousse aux « gestes barrières » pour l’éviter, notamment mettre fin aux embrassades qui, ces dernières années, devenaient de plus en plus envahissantes. Il fut un temps où les hommes adultes ne s’embrassaient pas entre eux pour se saluer, du moins en France au nord de Valence. Mais progressivement depuis la fin du XXème siècle les hommes se sont mis à embrasser les hommes pour dire bonjour ou aurevoir.

On ne sait pas bien pourquoi cette coutume méditerranéenne est remontée vers le nord de l’hexagone jusqu’à s’y généraliser de façon indécente. Ne plus embrasser un homme pour dire bonjour lorsqu’on arrive dans un dîner en ville était considéré au mieux comme une originalité, au pire comme une hérésie jusqu’à… l’arrivée providentielle du virus.

Alors pour éviter sa transmission maintenant on ne se serre même plus la main. C’est une grande avancée dans la qualité des relations humaines. Espérons que la récente découverte d’un vaccin ne va pas pousser les citoyens (au nord de Valence) à replonger dans ces effusions inutiles.

Très longues files de fuyards dans Paris

Alors qu’une nouvelle période de confinement est instaurée à partir de demain, il y eut aujourd’hui plus de 730 kilomètres de bouchons en Ile-de-France. Cela dépasse le niveau des grèves des transports de décembre 2019 et tangente le record absolu dû à l’enneigement de février 2018. Paris et ses environs ont été littéralement congestionnés. Alors on se demande ce qui peut bien expliquer de tels encombrements ? Qui étaient les conducteurs et leurs passagers qui ont passé la journée dans leurs voitures ?

Il semble qu’il s’agisse de parisiens partant se mettre au vert dans leurs résidences secondaires ou chez des parents en province. On ignorait que tant de personnes disposassent de résidences secondaires. On croyait que le fait que les écoles restent ouvertes pousseraient les parents à rester dans leurs résidences d’Ile-de-France. Que nenni ! C’est l’exode comme en 1940’ et les français prennent la route avant l’arrivée de l’ennemi (les « boches » en 1940, le confinement en 2020). La bonne nouvelle est que nombre de citoyens disposent de résidences secondaires, il reste du patrimoine immobilier dans ce pays.

Emeutes et vulgarité

Jean-Marie Bigard, humoriste à la lourdeur incommensurable, soutien des gilets jaunes et du professeur Raoult, se fait insulter lors d’une émeute de ses amis à laquelle il voulait s’associer cette après-midi à Paris en se faisant traiter « d’enculé », « on n’en veut pas », « espèce de nazi, va » ou « Bigard collabo ». Il est exfiltré dans une pizzeria par des gros bras qui l’y mettent à l’abri. Sont-ce ses gardes du corps ? Auquel cas le garçon aurait montré une certaine prudence quant à la qualité de l’accueil qu’il recevrait…

Ceux qui voudraient le soutenir dans ce moment difficile peuvent acheter son T-Shirt 20 euros au lieu de 25, en vente sur sa page Facebook :

On se souvient par ailleurs que Bigard avait rendu visite au pape en 2007 dans une délégation accompagnant le président de la République Sarkozy, visite qu’il avait qualifiée de « kif absolu ». Evidemment, l’accueil a dû être plus serein au Vatican que sur les ronds-points. Récemment le président de la République Macron lui avait téléphoné pour recueillir son avis sur la gestion de la crise sanitaire… On croit rêver !

Le mieux serait que les dirigeants français aillent voir les spectacles de l’humoriste pendant leurs heures de loisirs s’ils sont attirés par la subtilité de son humour, mais qu’ils évitent de le mêler à la politique de la Nation pour laquelle il lui manque encore quelques compétences.

Fausse rumeur de dîner en ville

Entendu dans un dîner en ville : « on ne peut jamais perdre la nationalité française qui vous suit jusqu’à la fin de vos jours ».

Un rapide fact checking permet de constater que cette assertion est incorrecte. Le Code Civil prévoit des cas de « perte volontaire de la nationalité française », notamment si l’on acquiert une autre nationalité, ou si l’on prend la nationalité de son conjoint étranger. La répudiation est prononcée par un tribunal. Tous les détails de procédures sont disponibles sur le site de l’administration :

Vous pouvez demander la perte de la nationalité française (NF) si vous avez une autre nationalité. La démarche s’effectue par déclaration ou par décret.

La démarche pour perdre la NF est déclarative dans les situations suivantes : acquisition d’une autre nationalité, naissance à l’étranger avec un seul parent français, naissance en France avec un seul parent né en France, NF du fait de l’acquisition de la NF par un parent, acquisition de la nationalité étrangère de l’époux(se).

Si vous ne remplissez pas les conditions pour faire une déclaration, vous pouvez demander l’autorisation de perdre la NF par décret (procédure appelée libération des liens d’allégeance envers la France).

https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F3073.

Il y a quelques conditions préaliables mais cela n’a pas l’air très compliqué de les remplir. Et s’il en manque, il existe même une procédure de perte de la nationalité « par décret ». Il serait intéressant de connaître le nombre annuel moyen de français qui renoncent ainsi à leur nationalité, recherche de statistiques en cours…

58,4% d’abstention aux élections municipales

Près de 60% des électeurs en France ne se sont pas déplacés ce dimanche pour aller voter aux élections municipales. Cela en dit long sur la tartuferie des analyses entendues à longueur de temps sur les plateaux télévisés et les dîners mondains comme quoi le poste de maire est le dernier qui inspire le respect, que Monsieur le Maire est l’homme des « territoires », proche du « peuple » et bla-bla-bla et bla-bla-bla.

En réalité cela veut dire que sur dix pochtrons au Café du Commerce, six sont restés devant leur blanc sec contre quatre qui sont allés dans l’isoloir. La vérité c’est qu’une majorité de français se moque de son maire comme de sa première chemise mais saura, en revanche, trouver le chemin de la Mairie pour aller se plaindre et geindre de ne pas recevoir assez d’argent public.

Ainsi va la France du XXIème siècle !

La constance dans la vacuité

Avec une constance qui force l’admiration, la population française, ses élus et la presse font remonter comme préoccupation majeure en ces temps de virus et de crise économique : l’accès aux plages et aux parcs urbains. Ces lieux restent encore souvent soumis à des restrictions d’accès, variables suivant les zones et la France n’aime pas les restrictions. Peut-être qu’effectivement il serait souhaitable que les français profitent un peu du bon air de l’été car la rentrée risque d’être saignante avec son cortège de faillites, de chômeurs, d’émeutes et de déficits divers !

Oyé-oyé bonne gens : vivez au mieux vos derniers instants de sérénité, votre réveil sera brutal et violent !

Le drame des bobos à déconfiner

Le déconfinement des citoyens initié depuis hier pose au moins deux problèmes significatifs. Le premier est de rapatrier les troupeaux de bobos partis se confiner dans leurs résidences secondaires en dehors des centres urbains. On parle d’un million de parisiens qui auraient fui l’Ile-de-France à la mi-mars. Et l’on a sans doute à déplorer de pareilles transhumances à partir des autres villes du pays. Tout ce petit monde a tranquillement télétravaillé depuis l‘Ile-de-Ré pendant deux mois en offrant des classes vertes à ses enfants. Mais demain c’est la fin des vacances et il va falloir retourner en entreprise et à l’école pour les minos. A court terme on ne sait pas bien comment rapatrier ces bataillons de privilégiés. Dieu merci, la plupart sont équipés de SUV clinquants avec lesquels ils vont pouvoir rallier le VIIème arrondissement parisien sans utiliser une SNCF aux capacités de transport elles aussi-confinées. Qui plus est, certains d’entre eux vont rester encore quelques temps sur l’Ile-de-Ré, après-tout, télétravailler en temps de confinement ou de déconfinement c’est toujours travailler.

Le deuxième sujet d’importance concerne la prise d’assaut attendue des salons de coiffure par Mmes. Michu qui ont été sevrées de mises-en-plis. La réouverture de l’activité des coiffeurs va-t-elle permettre de satisfaire cette forte demande ou maintenir Mme. Michu en stress psychique pour défaut de permanente ?

On voit que le déconfinement n’est pas une œuvre de tout repos.

Les bobos hors du temps

Dans un « dîner en ville » virtuel, un interlocuteur met en doute le fait que 20% des électeurs français aient voté pour l’extrême gauche représentée par Jean-Luc Mélenchon lors du premier tour des élections présidentielles de 2017. Une fois raccroché, un rapide fact-checking permet de se remémorer les résultats de cette élection :

Premier tour 
M. Emmanuel MACRON, EN MARCHE ! 24,01 %
Mme Marine LE PEN, FRONT NATIONAL, 21,30 %
M. François FILLON, LES RÉPUBLICAINS, 20,01 %
M. Jean-Luc MELENCHON, LA FRANCE INSOUMISE, 19,58 %
M. Benoît HAMON, PARTI SOCIALISTE, 6,36 %
M. Nicolas DUPONT-AIGNAN, DEBOUT LA France, 4,70 %
M. Jean LASSALLE, RÉSISTONS ! 1,21 %
M. Philippe POUTOU, NOUVEAU PARTI ANTICAPITALISTE, 1,09 %
M. François ASSELINEAU, UNION POPULAIRE RÉPUBLICAINE, 0,92 %
Mme Nathalie ARTHAUD, LUTTE OUVRIÈRE, 0,64 %
M. Jacques CHEMINADE, SOLIDARITÉ ET PROGRÈS, 0,18 %

Si l’on additionne les voix qui se sont portées sur Mélenchon, Poutou et Arthaud on obtient 21,31 % des suffrages pour l’extrême gauche et l’avenir radieux promis par ces candidats. Au marché ou dans les dîners en ville cela veut dire qu’une personne sur cinq autour de nous a voté pour les idées d’extrême gauche. C’est aussi la raison pour laquelle les émeutes sociales ont mis beaucoup de citoyens dans la rue tous les samedis de l’année 2019 et qu’en ces temps de pandémie tant de monde conteste les dirigeants, râle, réclame, corporatise, se plaint, se tourne vers l’Etat…

C’est l’une des spécificités françaises de long terme dont les origines, sans remonter à la révolution de 1789, ont été largement entretenues par toute une partie de l’intelligentsia du XXème siècle commentant avec gourmandise les « expériences » soviétique, maoïste, voire même Khmer rouge pour certains. C’est à cette aune que s’est forgée une partie de la nation française. Il en reste quelques traces. Cette multiplicité de candidats de gauche et d’extrême gauche a d’ailleurs peut-être permis d’éviter en 2017 l’élection d’un candidat d’extrême droite. La parcellisation de la gauche en 2017 aura absorbé des voix qui se seraient portées ailleurs s’il y avait eu un candidat commun de la gauche… Les élections présidentielles de 2022 seront la prochaine étape.

Le retour du marché noir

Coco / Charlie-Hebdo (13/03/2020)

Le chroniqueur faisant ses courses en ces temps de confinement constate avec intérêt que beaucoup de citoyens portent désormais des masques en extérieur, plutôt une majorité d’ailleurs, au moins pour les passants du quartier. On est en revanche surpris de réaliser que nombre de ceux-ci portent des modèles chirurgicaux, voire même de type FFP2 (et non pas des masques « alternatifs ») alors que ces deux catégories sont en principe réquisitionnées par l’Etat et réservées au personnel soignant. Comment ces citoyens se procurent-ils des masques réquisitionnés ? Un rapide sondage obtient toujours le même genre de réponse : « ma copine infirmière m’en a laissé un ce matin » ou « mon employeur nous en a donné », etc.

On se retrouve un peu comme en 40 où la Kommandantur réquisitionnait les kartoffeln en laissant les topinambours aux parisiens. Il arrivait que le grand-père de Mme. Michu se lance dans le marché noir pour récupérer des patates et les revendre au prix fort. De la collaboration en 40 à Goldman Sachs qui expliquait en 2008 au gouvernement grec comment trafiquer sa comptabilité publique, les ressources du marché et la créativité de ses acteurs sont sans limite pour détourner les réglementations.

Au Café du commerce

L’impréparation et le déni de nos dirigeants vont nous coûter bien plus cher qu’un stock de masques et des équipements hospitaliers décents pour faire face à la pandémie.

Mme. Michu au Café du commerce

Comme à son habitude Mme. Michu rouspète et rabâche ses plaintes en boucle au Café du commerce entre deux ballons de blanc sec. Elle est largement relayée par les « experts » de plateaux télévisés qui ont fait du sujet « masque » l’une de leurs polémiques favorites après avoir raillé et ironisé il y dix ans la constitution de stocks de vaccins et, déjà, de masques lors de l’épidémie de grippe H1N1 en 2009. Ces stocks n’avaient finalement pas été utilisés puis avaient été très significativement réduits et la responsabilité de leur détention partagée entre l’Etat et les établissements hospitaliers.

A la question « serait-il préférable d’avoir un stock de masques plus important aujourd’hui » la réponse est évidemment oui, non seulement à Paris, mais dans tous les pays qui sont en chasse de volumes considérables de ces fameux masques dont la planète manque cruellement. A la question « faudra-t-il adapter le système de santé à ces risques épidémiques, ou en tout cas à certains d’entre eux », la réponse est évidemment oui en choisissant le niveau de risque que l’on veut couvrir. A la question « qui va payer », la réponse est évidemment : M. et Mme. Michu !

Plutôt que le pitoyable bal des pleureuses donné en spectacle sur les plateaux télévisés et au Café du commerce, le mieux est que toute cette énergie perdue soit consacrée à soutenir notre pays qui lutte contre cette maladie, pas plus mal que certains et bien mieux que beaucoup. On n’a pas assez de masques, eh bien les chaînes logistiques sont sur le terrain pour améliorer l’approvisionnement. Notre système de santé est dimensionné pour 5 000 lits de réanimation et ce n’est pas assez, eh bien le corps médical a réussi à faire passer l’offre à 10 000 lits en quelques semaines. Certaines régions sont dramatiquement touchées, eh bien on transfère dans d’autres villes des patients à coups de trains à grande vitesse transformés en ambulances, d’hélicoptères transformés en tapis volants. On a dû fermer les écoles et les universités, eh bien on a recyclé l’enseignement dans le cloud… etc.

Est-ce que tout ceci est 100% satisfaisant : non bien sûr. Est-ce que l’on ne se porterait pas mieux si le virus était resté en Chine : bien sûr que oui. Alors arrêtons de geindre, cessons de critiquer, gelons les polémiques, admirons ce qui fonctionne, soutenons les premières lignes, appliquons les recommandations. Bref, soyons moins franchouillards et plus efficaces, Mme. Michu y compris.

Le syndrome « rue Lauriston »

Les râleurs et les escrocs prospèrent en période de crise, rien que de très normal tant que cela reste statistiquement minoritaire. En l’occurrence on est en train de dépasser les bornes de la décence avec des dénonciations qui rappellent le temps où la grand-mère de Mme. Michu dénonçait son voisin juif au siège de l’officine française de la gestapo rue Lauriston durant l’occupation allemande de la France lors de la IIème guerre mondiale.

Aujourd’hui des infirmiers et infirmières qui sont amenés à croiser des malades du coronavirus dans leur activité professionnelle reçoivent des courriers, anonymes ou pas, de voisins des immeubles dans lesquels ils habitent leur demandant de veiller à ne pas toucher les boutons d’ascenseur, de se garer plus loin, etc… et même d’aller « habiter ailleurs si possible ». L’un d’eux a reçu un courrier officiel du syndic de l’immeuble qui s’est excusé ensuite.

Les arnaqueurs font par ailleurs preuve de créativité et d’énergie pour escroquer ladite Mme. Michu qui, une fois qu’elle a dénoncé son voisin, se fait fourguer des faux masques de protection vendus sur internet par des aigrefins de passage.

Cette montée de ploucitude est désolante, sans doute inévitable en de telles circonstances où la peur prend le pouvoir sur les neurones de certains, déjà bien atteints par des décennies de match de fouteballe à la télévision et les tweets de Nadine Morano.

Déjà des plaintes en justice

Ça y est, il n’aura pas fallu attendre plus de quelques semaines après le déclenchement de la crise sanitaire pour que des individus portent le sujet devant la Justice. En l’occurrence, quelques médecins généralistes attaquent l’Etat pour que les masques FFP2 (à haut niveau de protection) soient fournis aux généralistes. Si l’Etat était déclaré coupable il serait dans l’obligation de fournir ces masques qu’il n’a pas en quantités suffisantes pour le moment d’où la gestion de pénurie. C’est un peu comme ce fameux droit opposable au logement que le président Chirac avait fait voter dans un grand élan de générosité (et sans doute pour avoir la paix) obligeant l’Etat à fournir un logement social à toute personne sans logement répondant par ailleurs à quelques conditions, distribution qu’il est évidemment incapable de faire puisqu’il n’en détient pas assez.

Cette déplorable tendance franchouillarde à polémiquer et à trouver des têtes à couper se manifeste une nouvelle fois, et en plein cœur d’une crise grave. Ces médecins n’ont-ils rien de mieux à faire que d’ester en justice par les temps qui courent ? Il y a pour le moment un écart entre l’offre et la demande de masques qui semble-t-il est en voie de réduction. Des gens intelligents et opérationnels s’occupent d’augmenter les capacités de production nationales. Des millions de masques sont produits et distribués chaque semaine, d’autres sont commandés à l’étranger. Ne doutons pas que chacun fait le maximum pour participer à la réduction du goulot d’étranglement, les actions en justice n’y changeront pas grand-chose sinon de satisfaire les égos de plaignants en mal de gloriole personnelle peu soucieux d’efficacité opérationnelle, et d’emboliser un système judiciaire lui aussi au ralenti.

C’est d’autant plus regrettable que cela risque d’être le début d’une longue litanie d’actions judiciaires que devrait mener un peuple développant un réflexe pavlovien : « c’est la faute à l’Etat » ! Si tous les citoyens pouvaient se mettre au travail et consacrer toute leur énergie à la résolution de la crise ce serait bien.

Des cultures et des virus

Riss/Charlie-Hebdo (18/03/2020)

En cette période de confinement mondialisé ordonné pour faire face à une pandémie d’un virus inconnu, on voit les réactions différentes de citoyens marqués par des cultures diverses : en France Mme. Michu se précipite dans son supermarché pour dévaliser les rayons de nouilles et du papier-toilette, aux Etats-Unis M. Smith envahit son armurier pour acheter des flingues. Dans un cas comme dans l’autre, chacun avance le principe de précaution et la nécessité de la prudence.

Elections et discipline

Dans un petit bureau de vote parisien c’est le désert pour ce premier tour des élections municipales. Pendant ce temps, le jardin public contigüe est plein de familles prenant le soleil, allongées sur les pelouses ou faisant la queue devant la bicoque à confiseries. La veille au soir le premier ministre avait appelé les citoyens à rester chez eux pour cause de virus baladeur, sauf pour faire leurs courses alimentaires et voter… Il y a encore un peu de travail à faire pour améliorer le sens civique de la population.