Un président turc mal éduqué

Métro Paris – Place d’Italie

Après un discours du président de la République française au sujet du séparatisme islamique qui gangrène la France et tue ses citoyens, son homologue turc s’est exprimé avec sa modération usuelle :

« Tout ce qu’on peut dire d’un chef d’Etat qui traite des millions de membres de communautés religieuses différentes de cette manière, c’est : “Allez d’abord faire des examens de santé mentale” »

Président Erdogan (Turqie) 24/10/2020

A priori la France s’est crue obligée de répondre à cette grossièreté et de rappeler son ambassadeur à Ankara. Était-ce bien nécessaire ? Le mieux serait de laisser aboyer pendant que la caravane passe et de lancer quelques mesures de rétorsion discrètes sans le crier sur les toits.

Pour parler comme une poissonnière et asséner des outrances, le président turc est et sera définitivement plus fort que le français. Mieux vaut lui abandonner le terrain de la grossièreté et lutter sur ceux sur lesquels nous pouvons encore avoir un peu d’influence.

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Un petit sourire dans une actualité tendue

A l’occasion de la diffusion d’un documentaire on apprend que le pape François 1er se serait prononcé en faveur du principe d’une union civile pour les couples homosexuels. On ne sait pas bien s’il s’agit d’une position officielle du Vatican ou celle, personnelle, de son chef ? Il n’en demeure pas moins que toute la réacto-sphère se lève comme un seul homme (si l’on ose dire) pour contester ce laxisme de l’Eglise. Christine Boutin, la twittos compulsive, s’est déjà exprimée contre à travers de très nombreux messages écrits ou rediffusé sur le média dit « social » Tweeter. Un vrai plaisir de lecture :

  • Influence de la parole pontificale sur la croissance économique : nulle
  • Influence de la parole pontificale sur le statut des homosexuels : nulle
  • Influence de la parole pontificale sur la circulation du coronavirus : nulle
  • Influence de la parole pontificale sur la tension artérielle de Christine Boutin : élevée

Si ce pape « révolutionnaire » veut faire endosser sa position progressiste par son armée de cardinaux pour le moins réactionnaires il va sans doute falloir qu’il déploie beaucoup d’énergie et de temps, mais cet homme a la foi, et avec la foi on peut sans doute déplacer des montagnes comme le dicton le rappelle.

Des journalistes désinformateurs

Les polémistes de journaux télévisés, journalistes ou juste pleureuses non-titulaires de carte de presse, continuent à se lamenter sur « l’échec dramatique de la politique de tests du coronavirus », tests pour lesquels il faudrait attendre des heures pour les pratiquer et dont le résultat prendrait sept jours à parvenir aux testés ce qui « ne servirait à rien ».

Le témoin objectif avec un minimum de sens de l’observation voit que les files d’attente devant les laboratoires, quand il y en a, ne durent pas « des heures ». Un simple questionnement autour de soi permet de confirmer que la plupart des résultats arrivent chez les testés en moins de 48 heures. Certes il doit encore arriver que certaines analyses durent plus longtemps mais on dirait que la durée moyenne se situe dans les 48 heures et non 7 jours.

A quoi sert ce permanent bal des pleureuses qui pollue le paysage médiatique ? Après le psychodrame des masques, des lits de réanimation et de l’hydroxychloroquine, ce sont maintenant les tests qui tiennent la corde. La corporation des plateaux télévisés s’ingénue à tout critiquer, à tout contester, à tout réduire, à ne jamais rien reconnaître de positif. Le « y-a qu’à… / faut qu’on… » est érigé en mode de pensée sur les plateaux médiatiques.

Rappelons une nouvelle fois que la corporation des titulaires de cartes de presse donneurs de leçons bénéficie d’une niche fiscale sous forme d’un abattement forfaitaire sur leurs revenus imposables pour « frais d’emploi ». Ces subventions financées par les contribuables devraient, à tout le moins, générer un comportement responsable des journaux et journalistes qui en sont les bénéficiaires. Ils sont ainsi reconnus un peu comme service public, qualification qui devrait être un gage de qualité et non de beaufitude.

Une solution serait peut-être de résilier cette niche fiscale imméritée et d’en allouer le produit à l’amélioration des laboratoires biologiques. Ce serait sans doute ainsi une bien meilleure utilisation des fonds publics.

Le sordide s’ajoute au morbide

Lors d’une conférence de presse du procureur national anti-terroriste cette après-midi on apprend que le professeur qui a été décapité vendredi dernier par un terroriste islamique a été la victime d’une conspiration menée sur les réseaux dits « sociaux » par un parent d’élèves excité, remonté par un religieux franco-marocain extrémiste mais malin, qui a publié le nom du professeur via force vidéos, facebookées-twittées-likées à l’infini avec le nom de la « cible », des contacts répétés avec le tueur réfugié tchétchène qui aurait été « guidé » au final par deux collégiens (14 et 15 ans) à qui il aurait remis 300 à 350 euros pour qu’ils lui indiquent physiquement le professeur dont il ne connaissait pas le physique, mais simplement le nom.

C’est un élément assez terrifiant de l’affaire. On ne sait pas encore bien ce que ces gamins avaient derrière la tête, ce qu’ils savaient ou pas quand ils ont désigné la victime, si leur dénonciation était le fait de leurs croyances ou juste le résultat de l’appât du gain. On le saura sans doute plus tard. En attendant leur responsabilité est écrasante, peut-être s’en rendent-ils compte ? Tout un petit monde, y compris les deux adolescents, a été transféré devant le juge ce soir après la garde à vue. Des inculpations sont plus que probables avec des qualifications qui sont attendues.

La police s’interrogerait également sur l’acte lui-même de la décapitation car il semble que celui-ci ne soit pas si aisé à exécuter pour un « non-initié ». Le tueur aurait-il été entraîné pour ce faire, ce qui renforcerait encore la conspiration ?

Lire aussi : Un enseignant tué par un terroriste religieux islamique

Les tulipes de Jeff Koons au Petit-Palais

Après une polémique bobo-mondano-culturelle comme seule notre pays sait en provoquer sur des non-sujets, l’œuvre de l’artiste américain Jeff Koons, cadeau en hommage à Paris par suite des attentats terroristes islamiques de 2015, est exposée dans les jardins du Petit-Palais. La polémique a porté sur le côté kitsch de l’œuvre (10 mètres de haut, 30 tonnes), sa localisation, la publicité gratuite qu’elle rapportera à son auteur, le coût de l’entretien, les déductions fiscales dont bénéficieront les mécènes qui financeront ce dernier, et, enfin et surtout, le fait que le dossier s’est retrouvé sur la table de la maire de Paris, Anne Hidalgo, honnie par une partie de la ville.

Bref, les tulipes sont installées et Anne Hidalgo a été réélue pour six années comme maire de Paris lors des élections municipales de juin 2020. Si l’on veut se débarrasser des unes comme de l’autre, il suffit de le décider et de voter différemment aux municipales de 2028, bref, être cohérents. Rien, ni personne, n’est éternel sur ce bas monde. Gageons que la polémique ne va pas manquer de ressurgir dès que quelques tâches de rouille vont apparaître, à moins que d’ici là les bobos parisiens n’aient trouvé des sujets plus vitaux à prendre en compte.

Un enseignant tué par un terroriste religieux islamique

Un professeur d’histoire et géographie à Conflans-Sainte-Honorine en région parisienne a été assassiné par un terroriste islamique ce vendredi 16 octobre. Il a été tué à coups de couteau et décapité. La tête mutilée a ensuite été photographiée et diffusée sur les réseaux dits sociaux accompagnée d’un message de revendication plutôt « fleuri ».

L’assassin qui était resté dans le quartier de son méfait a ensuite été tué par la police après les sommations d’usage. Les premiers résultats de l’enquête qui débute montrent qu’il s’agirait d’un réfugié russe d’origine tchétchène (république russe à majorité musulmane). Son geste aurait été provoqué par un cours d’éducation civique sur la liberté d’expression animé par la victime.

L’enseignement était le dernier pilier de la République non encore ensanglanté par le terrorisme religieux en France, après la presse, la culture, la police et l’armée. Voilà qui est désormais fait et jette un froid dans l’univers de l’éducation.

Un rassemblement-hommage est organisé dans différentes villes françaises, dont un Place de la République à Paris cette après-midi à 15h où le chroniqueur arrive en retard. 75 minutes après l’heure du rendez-vous, les ministres sont déjà repartis toutes sirènes hurlantes, les participants quittent progressivement la place sur laquelle ne restent que les baraques à kebab et les odeurs de merguez. Le monument est cerné par des barnums pavoisés de drapeaux algériens et amazighs (berbère) sous lesquels des militants politiques critiquent le pouvoir d’Alger. Un peu plus loin, un autre barnum  est dédié à la contestation du pouvoir comoriens, le commentaire étant diffusé en anglais.

Paris, Place de la République le 18/10/2020 – 16h45

Un rassemblement place de la République motivé par un hommage à un enseignant tué par le terrorisme islamique qui se transforme rapidement en une espèce de fête de quartier dédiée à la cuisine moyen-orientale et à la contestation des pouvoirs en place dans les anciennes colonies françaises… pas sûr que cela ne serve vraiment le but recherché !

Lire aussi : Un nouvel attentat religieux devant les anciens locaux de Charlie Hebdo

« Missing » de Costa-Gavras (1982)

« Missing » : un film politique marquant sorti en 1982, qui a reçu la palme d’or au festival de Cannes, Jack Lemon étant primé du prix d’interprétation masculine. Basé sur une histoire vraie, le scénario raconte la vie bohème d’un couple de jeunes américains installés à Santiago du Chili au moment du coup d’Etat militaire du général Pinochet (11/09/1973) contre le pouvoir socialiste d’alors dirigé par Salvador Allende, président de la République, qui mourra dans son palais, officiellement suicidé bien la thèse de l’assassinat soit aussi défendue par certains.

Charles, le mari de Beth (jouée par Sissy Spacek) et fils de Ed Hormann (Jack Lemmon dans le film) a découvert par hasard l’implication des Etats-Unis dans le coup d’Etat militaire. Il est enlevé par les militaires chiliens puis exécuté, après avoir été probablement torturé comme la pratique en était habituelle par le régime militaire. Son élimination ayant même été peut-être autorisée par les Etats-Unis. Avant que ne soit confirmé cet assassinat, son père, homme d’affaires new-yorkais arrive à Santiago pour rechercher son fils. Au fur et à mesure de ses investigations avec sa bru, et la collaboration plus ou moins forcée de l’ambassade américaine locale, il découvre avec effarement l’implication de son gouvernement dans le renversement du pouvoir chilien élu. Et il redécouvre avec émotion que son fils était quelqu’un de bien, que l’amour qu’il portait à sa femme était immense et que leur conception poétique de la vie, bien éloignée de celle de Wall Street qui était la sienne, était aussi défendable et ne justifiait en aucun cas les méthodes appliquées par la junte militaire chilienne, soutenue par les Etats-Unis. Et alors qu’il se confronte, éploré, à l’ambassadeur qui reconnait à demi-mots l’implication de son pays dans les évènements en cours où son fils a sans doute perdu la vie, ce dernier prône l’intérêt général des Etats-Unis qui est de défendre les entreprises américaines présentes au Chili (du risque de nationalisation), ce qui bénéficie également aux citoyens américains ; son collaborateur ajoute que le fils d’Ed a fouiné là où il n’aurait pas dû, ce qui était sans doute la cause de son probable décès.

Dans la vraie vie, la famille Hormann portât ensuite plainte contre le gouvernement américain mais cette action n’aboutit pas. Le corps de Charles a été renvoyé dans son pays plus de sept mois après le départ de son père de Santiago alors que le consul américain le lui avait promis pour « dans quelques jours » après lui avoir présenté la facture du rapatriement, avant d’y renoncer. Des analyses ADN réalisées quelques années plus tard ont montré que le corps restitué semble ne pas avoir été celui de Charles.

Sortie en 1982, ce film a déclenché la polémique et a été bien entendu interdit de diffusion au Chili jusqu’au retour du pays à la démocratie en 1988 (après un référendum qui entraînera le départ volontaire du Général Pinochet deux ans plus tard). Le contexte de l’époque était celui d’un conflit idéologique binaire entre le marxisme et son économie collectivisée emmené par l’Union soviétique et le libéralisme et l’économie capitaliste dont les Etats-Unis étaient le leader. Cet affrontement se traduisait par une guerre qualifiée de « froide » dans les pays développés mais plutôt chaude dans les pays en développement, dont l’Amérique latine faisait partie. L’Europe de l’Est restait sous le joug soviétique, l’Amérique latine (Cuba excepté) restait « l’arrière-cour » nord-américaine. Il n’y avait pas de milieu, il fallait choisir son camp et chaque puissance utilisait les outils de… sa puissance pour maintenir sa prééminence, quel qu’en soit le prix humain.

Le monde intellectuel de l’époque s’est ému de la violence des dictatures militaires sud-américaines (le plus souvent d’inspiration extrême droitiste) tout en contestant « l’impérialisme américain » et prônant plus de démocratie. Il n’a pas été écouté et la lutte à mort s’est poursuivie jusqu’à la chute de l’Empire soviétique par KO. Au moment du coup d’Etat militaire du Chili fin 1973, les Etats-Unis signaient un accord de retrait de leurs troupes du Vietnam du Sud après leur défaite militaire et politique. Quelques mois plus tard en 1975, le Vietnam du Nord se « réunifiait » avec le Sud sous la bannière communiste et le Cambodge instaurait sa dictature maoïste qui aboutit à un génocide de sa propre population qui fit entre 2 et 3 millions de morts. Des milliers de citoyens du Vietnam, du Cambodge et du Laos se sont alors mis à fuir leurs pays par la mer (les boat-people, on estime que 200 à 250 000 personnes moururent en mer) pour peupler, notamment, le XIIIème arrondissement parisien ainsi que nombre d’autres pays d’accueil, dont les Etats-Unis…

Le monde était binaire, nous l’avons dit. Ceux qui tiraient les ficelles n’ont pas su ou pas voulu le gérer de façon apaisée, voire démocratique. La dictature chilienne en est l’un des avatars. Si le clan soviétique l’avait emporté la planète aurait été différente mais il est difficile de rembobiner l’Histoire tragique pour savoir si c’eut été en bien ou en mal ? Il ne reste qu’à l’imaginer. Sans doute est-il utile de rappeler ces éléments de contexte aux jeunes spectateurs.

En 1983, alors que l’Union soviétique pointait des missiles nucléaires vers l’Europe de l’Ouest, le président français Mitterrand lâchait cette célèbre phrase devant le Bundestag : « Les pacifistes sont à l’Ouest, et les missiles sont à l’Est. »

Quoi qu’il en soit le film « Missing » est à voir et à revoir, méritant largement sa Palme d’Or de 1982 !

LEVI Primo, ‘Les naufragés et les rescapés – Quanrante ans après Auschwitz’.

Sortie : 1986, Chez : Gallimard

Primo Levi revient sur l’expérience d’Auschwitz où il fut déporté une année entre février 1944 et janvier 1945 lorsque le camp fut libéré par l’Armée rouge. Il analyse dans cet ouvrage le phénomène concentrationnaire nazi avec minutie : l’organisation du camp, les traitements différenciés des déportés (les privilégiés, les « Sonderkommandos » qui géraient les fours crématoires qui étaient soigneusement éliminés pour ne laisser aucun survivant en mesure de témoigner, les kapos, les collaborateurs, les « musulmans » [dénomination choisie pour ceux qui avaient abandonné tout sentiment de survie et se trouvaient promis à une mort rapide et certaine],…).

Il parle des comportements humains relevés face à la souffrance, l’égoïsme parfois déclenché par l’instinct de survie, la volonté de témoigner un jour qui a donné à nombre de déportés l’incroyable volonté de survivre, les petits arrangements pris avec le destin dans la situation indicible de ces camps d’extermination.

Il revient également sur l’organisation des ghettos juifs avec ses chefs dont certains ont parlé avec les nazis pour tenter d’adoucir le sort des leurs, d’autres ont collaboré par attrait pour le pouvoir, par aveuglement sur les objectifs de l’occupant à l’encontre de la communauté juive, devant l’énormité de ceux-ci. Levi s’interroge pour savoir si l’extermination des juifs décidée par les nazis a été l’expression d’une folie collective ou le déroulement rationnel d’un plan inhumain.

Le livre se termine avec des extraits de lettres que Levi échangeât avec des lecteurs allemands de « Si c’était un homme ». Ces lecteurs étaient des contemporains de l’Allemagne nazi, ils étaient « ceux-là ». Dans sa volonté de « comprendre le peuple allemand », d’expliquer comment ce pays a pu dériver jusqu’à l’inhumain, il correspondit parfois durant des années avec ces lecteurs qui, souvent, voulaient eux-aussi expliciter ce parcours collectif vers la barbarie.

Un livre intéressant qui explique ce qui s’est passé mais laisse en suspens la question : « comment tout ceci a-t-il pu être possible ? »

Jeux Olympiques : Paris essaye de limiter le racket

On apprend que l’organisation des jeux olympiques de Paris 2024 serait en train de chercher à réaliser 400 MEUR d’économies sur un budget initial de 3 800 MEUR soit un peu plus de 10%. Cet objectif est dû à l’incertitude générale qui règne sur nos économies compte tenu de la crise sanitaire actuelle. Les budgets de ce type de festivités sont généralement dépassés et, au minimum, multiplié par deux. Les 10% seront ainsi facilement ramenés à 5. Ce sont des sites qui devaient être construits pour l’occasion auxquels on renoncerait. Après tout il y a assez de piscines et de stade disponibles en région parisienne sans avoir besoin d’en construire de neufs pour faire parader des musculeux. Le département de la Seine-Saint-Denis où devaient être érigées ces constructions inutiles déjà se plaignent et réclament des compensations.

L’idéal serait bien sûr une annulation totale de cette manifestation objet d’une gabegie financière considérable et l’octroi d’exonérations fiscales indécentes au Comité international olympique (CIO), organisation mafieuse basée en Suisse, plus connue par les détournements de fonds dont elle se rend régulièrement coupable que par les records sportifs des athlètes qu’elle chapeaute.

Une solution alternative serait peut-être de mettre fin aux exonérations fiscales exigées par le CIO, et octroyées en l’occurrence par la République française dans sa Loi de Finances, comme le stipule le contrat en son article 22.3 rappelé ci-dessous.

Tout versement et autres contributions de la part du CIO, d’Entités contrôlées par le CIO et/ou du Chronométreur officiel au COJO seront totalement affectés à la planification, à l’organisation, au financement et à la tenue des Jeux, et les revenus de ces parties en lien avec les Jeux seront pleinement alloués au développement du Mouvement olympique et à la promotion du sport conformément à la Charte olympique. Pour cela, le CIO, toute Entité contrôlée par le CIO et/ou le Chronométreur officiel ne seront pas sujets à ou redevables dans le Pays hôte d’impôts directs ou indirects sur les versements en leur faveur effectués par le COJO au titre de revenus générés en relation avec les Jeux, ni sur les versements effectués par ces parties au COJO (notamment, pour plus de clarté, les versements effectués en contrepartie des services fournis par le COJO ou par son intermédiaire).

Contrat ville hôte – Principes – Jeux de la XXXIIIe Olympiade en 2024

Lire aussi : Escroquerie nationale en cours

Tokyo qui était la ville organisatrice des JO à l’été 2020 a été contrainte de les reporter en 2021 pour cause de coronavirus et cherche également à baisser ses dépenses. Une annulation pure et simple est toujours possible, et souhaitable, comme pour Paris d’ailleurs. De l’eau va encore couler sous les ponts et les centaines de milliers de morts supplémentaires qui ne manqueront pas d’arriver d’ici la du fait de la pandémie en cours, feront peut-être apparaître à la face du monde l’inanité de telles dépenses pour le sport et non les systèmes de santé…

Le langage de ploucs des nouveaux dirigeants

C’est la nouvelle dérive, celle du langage, qui atteint désormais les plus hauts dirigeants de la planète. On était habitué au mots fleuris de Booba et des supporters de fouteballe. Voici maintenant que les dirigeants eux-mêmes se mettent à parler comme des caquettes-baskets de banlieue en utilisant un langage ordurier, se tutoyant, s’insultant, tout ceci bien e tendu par l’intermédiaire des médias… Quelle époque !

Je m’adresse depuis la Turquie au président français Emmanuel Macron, et je le redirai à l’Otan. Fais d’abord examiner ta propre mort cérébrale… Ces déclarations ne siéent qu’à ceux dans ton genre qui sont en état de mort cérébrale…
Personne ne fait attention à toi. Tu as encore un côté amateur, commence par remédier à cela…
Lorsqu’il s’agit de fanfaronner, tu sais très bien le faire. Mais lorsqu’il s’agit de verser à l’Otan l’argent que tu lui dois, c’est autre chose.
Il est tellement inexpérimenté ! Il ne sait pas ce qu’est la lutte antiterroriste, c’est pour cela que les “gilets jaunes” ont envahi la France.

Le président turc au président français – 29/11/2019

Les forces politiques libanaises, leurs dirigeants, les dirigeants des institutions libanaises n’ont pas souhaité respecter l’engagement pris devant la France et la communauté internationale. Ils ont décidé de trahir cet engagement… Je prends acte de cette trahison collective… J’ai honte pour les dirigeants libanais… [et ce] système de corruption où tout le monde se tient parce que tout le monde a touché. Aujourd’hui, quelques dizaines de personnes sont en train de faire tomber un pays.

Le président français à la classe politique libanaise – 27/09/2020

Crazy Joe Biden is trying to act like a tough guy. Actually, he is weak, both mentally and physically, and yet he threatens me, for the second time, with physical assault. He doesn’t know me, but he would go down fast and hard, crying all the way. Don’t threaten people Joe!

Le président américain au sujet de son challenger démocrate Biden – 22/03/2018

Can you believe the worst Mayor in the U.S., & probably the worst Mayor in the history of #NYC, @BilldeBlasio, just called me a blow hard!

Le président américain au sujet du maire de New York de Blasio – 20/11/2015

A consulter : une page web du New York Times qui recensent les principales insultes proférées par le président américain du moment sur :

Twitter : https://www.nytimes.com/interactive/2016/01/28/upshot/donald-trump-twitter-insults.html.

Certaines sont inattendues venant d’un président mais on sait que Trump n’a aucune barrière ni quant à la vérité de ce qu’il dit, ni, encore moins, sur la forme de ses déclarations. Cet abandon de toute mesure, cet abaissement du discours politique, cette vulgarisation du langage a pour but de plaire au peuple et de rapporter des voix. Cela doit sans doute fonctionner à court terme, on peut craindre l’inverse à moyen et long terme. L’abrutissement des masses n’est jamais payant et tous s’en mordront les doigts un jour.

Le président français ne devrait pas se mettre au niveau de ses collègues Erdogan ou Trump et polémiquer par médias interposés. S’il y a des messages à faire passer il vaut sans doute mieux les faire comprendre par des actions ciblées que des messages Twitter en 140 signes. Ne pas répondre par les mêmes voies aux attaques de caniveau des uns ou des autres honorerait la France et ses représentants.

Si l’on est mécontent des actions d’un Etat tiers contre l’Europe ou la France, une restriction temporaire de la délivrance de visas ou des autorisations d’investissement devrait être plus rapidement compréhensible que des messages sur les réseaux dits sociaux qui ne font qu’attiser des réactions vulgaires et braillardes. La République peut mener ces actions sans le dire, ce serait plus malin et sans doute plus efficace. Il y aurait bien sûr des mesures de rétorsion à anticiper mais les négociations qui s’en suivraient seraient initiées sur une bien meilleure base.

« Comme en 40 » au Musée de l’Armée – Invalides

Le Musée de l’Armée retrace le traumatisme national que fut la défaite de juin 40 après que l’armée allemande eut enfoncé les armées belge, néerlandaise et française très en de violents combats entre mi-mai et mi-juin 1940. A une date toujours incertaine, le 15, 23 ou 28 juin, Hitler fait l’unique voyage de sa vie à Paris pour contempler sa victoire. Le 22 juin il assiste à la signature de l’armistice entre les Allemands et les Français dans le wagon de la forêt de Compiègne où avait été signé en 1918 un armistice entre les mêmes parties… La ligne Maginot était réputée imprenable, la Wehrmacht est donc passée au nord par la Belgique avant d’installer son QG avenue Kléber quatre semaines plus tard.

Les infographies nous détaillent la progression allemande vers l’ouest tout au long de ces quatre semaines. Les cartes nous montrent la zone occupée et la zone libre. Les photographies et les films nous illustrent les bombardements, l’évacuation de la poche de Dunkerque, les 8 millions de réfugiés lâchés sur les routes, la Wehrmacht défilant sur l’avenue Foch, le drapeau nazi hissé au sommet de la Tour-Eiffel, etc. Des mannequins nous présentent les costumes militaires des différentes armées, des deux côtés (nous sommes amis maintenant). Des vitrines nous exposent la presse, les ouvrages d’époque, dont « Main Kampf », les affiches de propagande comme les annonces faites aux citoyens par les autorités d’occupation (dont la mise à l’heure allemande des pendules françaises) où les autorités françaises.

La bataille de France fut bien plus rude que ce qu’il en resté dans l’imaginaire français et l’armée allemande y a laissé hommes et matériels qui lui manqueront plus tard. On parle de 60 000 morts de chaque côté. Elle fut aussi un terrible traumatisme pour la nation : les « Boches » pour la troisième fois en France en moins d’un siècle… et l’annonce du pouvoir absolu donné au vieux maréchal Pétain et à la clique des félons qui l’ont entouré pour mener la République à l’abîme !

Et comme nous sommes définitivement amis, l’exposition démarre sur l’esplanade des Invalides où sont parqués un char français et un Panzer. Certains doivent tout de même s’en retourner dans leurs tombes.

« Les Trois Jours du Condor » de Sidney Pollack

Un grand classique du film d’espionnage sorti en 1975, en pleine guerre froide. Un bureau new-yorkais de l’agence américaine d’espionnage américaine (CIA) regroupe une dizaine de lecteurs de tout ce qui est publié à travers la planète afin de trouver des idées. Un jour, toute l’équipe est sauvagement éliminée dans ses locaux sauf Turner « Condor », parti chercher le déjeuner à l’extérieur, joué par Robert Redford qui va mener son enquête, avec ses moyens, alors qu’il est pourchassé par le réseau parallèle qu’il a mis à jour un peu par hasard au cœur de la CIA.

Outre une petite affaire amoureuse entre Redford et Faye Dunaway, le film voit surtout se heurter la logique sinistre de la real politik menée par l’Etat américain avec la naïveté romantique d’un jeune homme, qui travaille tout de même pour… la CIA, même s’il s’agit d’un job a priori loin de l’espionnage. Il se trouve que la cellule noire de la CIA planifiait une hypothèse d’occupation des champs de pétrole du Moyen-Orient si la nécessité s’en faisait sentir car il faut bien alimenter l’économie en énergie, ainsi que les voitures des citoyens américains en pétrole…

Evidemment, Turner-Redford s’en émeut, d’autant plus que cet objectif a failli se faire au détriment de sa vie. Le spectateur est laissé dans l’incertitude sur le futur du héros romantique et de son combat. Pas sûr que ce ne soit pas le méchant qui gagne cette fois-ci. Un très beau film.

Une pissotière survivante

Les pissotières de Paris se font rares. Celle-ci est aux pieds du mur de la prison de la Santé boulevard Arago, elle sent toujours aussi mauvais mais a été repeinte en couleurs d’automne comme les maroniers qui l’entourent. Elles étaient vertes « dans le temps ».

Un nouvel attentat religieux devant les anciens locaux de Charlie Hebdo

Un terroriste islamiste a agressé et blessé gravement deux personnes ce vendredi 25 septembre avec un hachoir de boucher. L’attaque a eu lieu rue Nicolas Appert où se trouvaient les anciens locaux de Charlie Hebdo, attaqués eux en 2015 (11 morts) mais le terroriste actuel semblait ignorer que le journal satyrique avait déménagé. Qu’importe, il a frappé deux personnes qui fumaient une cigarette sur le perron de cet immeuble maudit désormais connu dans le monde entier, et particulièrement dans sa mouvance islamique.

L’attaquant a été arrêté quelques minutes après, couvert du sang de ses victimes et, semble-t-il, sans opposer de résistance. Il s’avère qu’il s’agit d’un immigrant pakistanais arrivé en France sous une fausse identité, minorant son âge pour pouvoir bénéficier du statut de mineur isolé (offrant une prise en charge financée par les contribuables nationaux). On l’a cru d’abord âgé de 18 ans après son arrestation, il en avait en réalité 25. Quelques jours après l’attentat, différentes vidéos sont diffusées montrant une personne se disant être son père et qui se félicitait de « l’exploit » de son fils. Au même moment se tient le procès des accusés des attentats de janvier 2015 (Charlie Hebdo et Hyper Casher) et la concomitance des dates n’est sans doute pas fortuite.

Cette nouvelle attaque islamique montre si besoin en était que la violence religieuse est loin d’être réduite en France. Cet attentat coche par ailleurs toutes les cases du douteux mélange entre les dérives de l’immigration, de haine de la République, de l’absence d’intégration, de l’interprétation moyenâgeuse d’un dogme religieux… On appelle ça « séparatisme », « islamisme », ou autre, la sémantique n’a plus guère d’importance, mais nos nations occidentales continuent à affronter aujourd’hui des organisations capables de former leurs militants à jeter des avions contre des tours ou à tirer à la mitraillette sur une rédaction de presse ou dans une salle de spectacle. Le combat est rude et se poursuit.

La dépendance de la Nouvelle-Calédonie reste légèrement majoritaire à l’issue du référendum du 4 octobre

Le second référendum sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie a été organisé ce dimanche 4 octobre dans une relative indifférence nationale. La question posée était :

Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ?

La réponse fut oui à 46,74% (contre 43,3% au premier référendum de 2018), c’est-à-dire quelques points de moins que la majorité, avec une très importante participation de 85,64%, également en hausse par rapport à 2018. Une troisième consultation doit être organisée dans deux ans dont on peut espérer que l’idée de l’indépendance aura alors gagné les 4 ou 5 points qui lui manque pour cette ancienne colonie renonce enfin à sa dépendance. Dès les résultats connus, le président de la République française a fait une intervention à la télévision à la mi-journée dimanche, se félicitant de ces résultats mais accueillant ceux-ci avec « humilité ».

Les accords de Nouméa du 5 mai 1998 qui ont fait suite aux accords de Matignon du 26 juin 1988, vont donc continuer à s’appliquer jusqu’au troisième et dernier référendum prévu pour 2022 en espérant qu’ils ouvriront enfin la voie de l’indépendance à cette ancienne colonie, une indépendance qu’elle mérite et à laquelle tout le monde gagnera. La République accompagnera cette indépendance pour encore des décennies et c’est bien ainsi.

Revenons sur ces accords de Nouméa qui ont été extrêmement bien rédigés et sont un modèle d’intelligence consensuelle concernant la situation ambiguë de ce confetti de l’ex-empire français. Le préambule stipule que :

1. Lorsque la France prend possession de la Grande Terre, que James Cook avait dénommée « Nouvelle-Calédonie », le 24 septembre 1853, elle s’approprie un territoire selon les conditions du droit international alors reconnu par les nations d’Europe et d’Amérique, elle n’établit pas des relations de droit avec la population autochtone. Les traités passés, au cours de l’année 1854 et les années suivantes, avec les autorités coutumières, ne constituent pas des accords équilibrés mais, de fait, des actes unilatéraux.

Or, ce territoire n’était pas vide. …

2. La colonisation de la Nouvelle-Calédonie s’est inscrite dans un vaste mouvement historique où les pays d’Europe ont imposé leur domination au reste du monde. …

La relation de la Nouvelle-Calédonie avec la métropole lointaine est demeurée longtemps marquée par la dépendance coloniale, un lien univoque, un refus de reconnaître les spécificités, dont les populations nouvelles ont aussi souffert dans leurs aspirations. …

3. Le moment est venu de reconnaître les ombres de la période coloniale, même si elle ne fut pas dépourvue de lumière.

Le choc de la colonisation a constitué un traumatisme durable pour la population d’origine. …

4. … Le passé a été le temps de la colonisation. Le présent est le temps du partage, par le rééquilibrage. L’avenir doit être le temps de l’identité, dans un destin commun.

La France est prête à accompagner la Nouvelle-Calédonie dans cette voie. …

https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000555817

La cause de la dépendance reste majoritaire même si cette majorité s’effrite avec le temps. Si le troisième référendum n’emporte pas une majorité pour l’indépendance on ne sait pas encore bien ce qui se passera. Sans doute de nouveaux accords à négocier et certainement encore un interminable processus avant d’aboutir à une indépendance qui arrivera de toutes façons un jour. Peut-être l’Etat devrait-il sortir de sa neutralité et rassurer les partisans de la dépendance sur le fait que la République française aidera à financer l’indépendance de l’archipel en tant que de besoin, ou accueillera en France ceux qui refuseraient de rester dans une Calédonie indépendante si l’expérience ne se passait pas aussi bien que prévu ? Mais il faudra bien en finir un jour : cette ancienne colonie recouvrira son indépendance. Il n’est pas sûr que l’intelligence et le consensus qui caractérisent les accords de Nouméa ne perdurent indéfiniment.

Gregory Halpern – « Soleil cou coupé » et Sergio Larrain – « Londres » à la Fondation Henri Cartier-Bresson

Exposition croisée de photos prises aujourd’hui en Guadeloupe par un américain et à Londres durant l’hiver 1958-59 par un chilien. Comme à son habitude la Fondation Cartier-Bresson dévoile dans le Marais dans de petites salles les regards sur le monde de photographes généralement inconnus du grand public. C’est toujours bon à prendre.

« RBG – Ruth Bader Ginsburg » de Betsy West et Julie Cohen

Un joli documentaire de 2018 sur Ruth Bader Ginsgburg, icône démocrate féministe, avocate, juge fédérale puis nommée juge à la Cour suprême des Etats-Unis d’Amérique en 1993 et décédée il y a quelques jours. Le documentaire décrit son parcours : des parents juifs-russes immigrés d’Odessa qui incitent leur fille à faire les études qu’ils n’ont pas pu faire, l’université juridique, son mari rencontré à l’université, une carrière brillante qui se termine en apogée avec sa nomination à la Cour suprême où elle fut la deuxième femme à entrer. Le combat féministe guida sa vie et son action, mais un combat intelligent et apaisé qui fit probablement plus progresser la cause que la lutte excessive menée par certains de ses successeurs.

« RBG », un petit bout de femme énergique, convaincue, mesurée qui atteint le statut d’icone alors que la Cour suprême se droitisait progressivement avec les nominations de juges (ils sont nommés à vie) conservateurs. Elle n’hésita pas jusqu’au bout à émettre des avis contradictoires aux jugements majoritaires de la Cour. Sa seule faille ? Peut-être n’avoir pas démissionné sous la présidence Obama (elle avait déjà plus de 80 ans) pour être remplacée par un juge d’orientation démocrate alors que le président républicain Trump est en train de la remplacer par une juge très conservatrice, bloquant pour les prochaines décennies la majorité de cette Cour suprême dans une vision ultra-conservatrice.

Paris 1910-1937 : Promenades dans les collections Albert-Kahn à la Cité de l’Architecture

Vue du Trocadéro avant sa reconstruction pour l’exposition universelle de 1937

Albert Kahn (1860-1940) fut un banquier mécène et humaniste qui a consacré une partie de sa vie et de sa fortune à répertorier les richesses du monde à travers le projet les « Archives de la Planète ». Il a utilisé la technique naissante de l’autochrome (photo couleur) et du cinématographe pour documenter ces merveilles. La présente exposition montre une série de photos et de films sur le Paris de l’entre-deux guerres.

L’exposition de la Cité de l’Architecture est captivante sur l’histoire proche de notre capitale. On y apprend que le Palais du Trocadéro était d’un tout autre style que ce que nous connaissons aujourd’hui (cf. photo) et ressemblait plutôt à la basilique Sainte-Sophie. Il avait été construit pour l’exposition universelle de 1900 et l’actuel bâtiment l’a été pour celle de 1937. On voit des photos des murailles Vauban qui étaient censées protéger Paris des envahisseurs et qui montrèrent leur inefficacité durant les guerres allemandes de 1870 et 1914-18, qui furent détruites et remplacées par des logements pour répondre à la demande galopante. On s’arrête devant les vues des jardins ouvriers, des bidonvilles, des maisons closes…

Une époque où l’on hésitait moins qu’aujourd’hui à refonder la ville. Des quartiers entiers furent détruits et reconstruits, des monuments également au gré des expositions universelles qui se succédaient. Ce fonds Albert Kahn est un trésor (5 000 autochromes et 90 000 mètres de film) et sera de nouveau mis en valeur au musée départemental Albert Kahn en cours de rénovation à Boulogne-Billancourt : réouverture prévue pour 2021.

L’attirance pour le conflit

Un nouveau conflit international apparait dans le Caucase dans lequel la Turquie se précipite avec délices et empressement. Il s’agit en fait d’un très vieux litige qui oppose l’Azerbaïdjan et l’Arménie, obscurs anciens territoires soviétiques. A l’intérieur du territoire azerbaïdjanais tel que reconnu par la communauté internationale, une enclave peuplée majoritairement de citoyens d’origine arménienne a proclamé unilatéralement son indépendance en 1991 : le Haut-Karabagh qui compte environ 150 000 habitants pour la surface d’un petit département français. Cette situation est évidemment contestée par l’Azerbaïdjan et des affrontements armés se déroulent régulièrement entre cet Etat et la Haut-Karabagh sécessioniste. C’est une sorte de problème Serbie-Kosovo répliqué dans le Caucase. On s’en passerait bien.

Evidemment dès que la Turquie voit l’Arménie apparaître quelque part, elle est contre et prend position. Ici elle soutient fermement l’Azerbaïdjan (riche en ressources pétrolières) qui, de plus, est musulman (plutôt chiite quand la Turquie est plutôt sunnite, mais qu’importe). La Russie coopère avec les deux parties au conflit à qui elle vend des armes et qui font partie de son arrière-cour. La France, ainsi que d’autres pays européens, qui compte une communauté d’origine arménienne significative sur son territoire, soutient plutôt l’Arménie chrétienne.

Bref nous avons là un conflit régional de peu d’ampleur (à « bas-bruit » comme l’on dit désormais sur les plateaux télévisés branchés) comme il en existe tant dans les Balkans ou le Caucase. Le plus notable dans cette affaire est la célérité avec laquelle la Turquie plonge dans ce nouveau litige avec passion. La volonté de rétablir le lustre de l’empire ottoman à la face du monde emporte tout souci de diplomatie et de mesure. S’il faut attiser une nouvelle guerre étrangère eh bien la Turquie s’y engage sans barguigner. Après Chypre, l’Irak, la Syrie, la Libye, Ankara envoie des armes et des troupes (souvent supplétives) en dehors de ses frontières pour tenter d’y faire valoir sa loi. La Grèce n’a plus qu’à bien se tenir, l’Europe aussi d’ailleurs !

Comme la France en Afrique et au Moyen-Orient, la Turquie intervient et crée le trouble dans les territoires autrefois conquis. C’est le syndrome des anciennes puissances coloniales qui n’arrivent pas à se détacher de leurs possessions passées ni à tourner la page de leur statut d’empire déchu. La Turquie veut reconstruire l’empire ottoman quand la France se demande comment se « débarrasser » des confettis du sien ; la Nouvelle-Calédonie continue à refuser son indépendance et les pays africains appellent les armées françaises à leur secours pour assurer leur survie, en Centrafrique, au Sahel, même au Liban… Dans les deux cas, contraintes ou recherchées, ces interventions étrangères sont néfastes et, très probablement, condamnées à l’échec pour les pays intervenants comme pour ceux qui sont envahis.