Les ploucs de la République

En cette période de crise sanitaire la lecture de quelques comptes Twitter de responsables franchouillards est assez édifiante, voire légèrement déprimante sur les bords. Les habituels bons clients : les Eric Ciotti, Gilbert Collard, Christine Boutin, entre autres, se déchaînent. Plus ou moins confinés comme le reste de la population, ils semblent passer encore plus de temps que d’habitude à répandre critiques et insultes en 140 signes contre « ce gouvernement d’incapables »[1] en n’oubliant pas de publier aussi leur bobine en tête de gondole histoire de se rappeler au bon souvenir de leurs lecteurs. Et comme tous ces personnages bénéficiant manifestement de beaucoup de temps libre se retwitte les uns les autres avec enthousiasme on a un peu l’impression que ce média est saturé par toute la ploucitude politique dont des élus de la République, rémunérés par les contribuables, sont capables.


[1] Nadine Morano Tweet du 26 mars

Polémiques vaines, nombrilisme renforcé, critiques gratuites, injures déplacées, on a parfois envie de donner les clés du pouvoir à ces  donneurs de leçon pour les voir à l’œuvre ! Cette irresponsabilité de certains attise la tendance naturelle de Mme. Michu à vouloir couper des têtes des responsables qu’elle a élus. Elle cache aussi, bien malheureusement, le fait que la majorité des français se décarcassent pour vivre et participer à cette cause nationale de la lutte contre l’épidémie. Comme toujours en France, une minorité organisée et médiatisée arrive à semer un trouble nuisible dans la République. Décidément, on a bien les dirigeants que l’on mérite.

Éric Ciotti fait son show

Alors que le monde est soumis à une pandémie de « coronavirus » partie de Chine et progressant doucement vers l’Europe, les autorités de santé des différents pays occidentaux prennent calmement les mesures qui s’imposent en pareilles circonstances pour essayer de limiter les dégâts potentiels de cette situation. Cette question de santé publique devrait en principe être gérée dans le consensus politique mais nous sommes en France donc, bien évidemment, le microcosme politicard en profite pour faire son show. Éric Ciotti, député des Alpes Maritimes sous l’étiquette Les Républicains, est un habitué de ce genre de propagande nombriliste et cette fois-ci encore il est le premier à dériver avec des tweets dispensables :

Plutôt que de se mettre en avant sur son inutile compte twitter, le mieux serait sans doute qu’Éric Ciotti appelle au téléphone le ministre de la santé pour organiser une réunion de travail entre leurs administrations respectives ! Mais non, il préfère se mettre en scène sur les réseaux dits sociaux au lieu de faire le travail pour lequel il est payé par le contribuable.

Mais à quoi peut donc bien servir un tweet d’Éric Ciotti sur le coronavirus ?

Irresponsables !

L’opposition a déposé 20 000 amendements devant la commission parlementaire en charge de l’examen du projet de loi de réforme des retraites. Cette commission n’a pu examiner que la moitié d’une telle quantité d’amendements et le projet de loi est présenté dans sa version initiale à l’assemblée nationale. Cette fois-ci les partis d’opposition ont déposé 40 000 amendements, revendiquant ouvertement leur volonté de blocage du projet. Ce n’est pas la première fois que de tels comportements parlementaires se déroulent mais on est chaque fois surpris de ce dévoiement du règlement du Parlement.

La démocratie pour le moment est bonne-mère et supporte ces enfantillages sans broncher, quitte à renforcer régulièrement les modes de fonctionnement de l’Assemblée nationale pour encadrer ces dérives et, donc, limiter la capacité de parlementaires irresponsables à bloquer les débats. A plus long terme le risque est que les jeunes générations se découragent de cette démocratie relativement faible face à ces comportements et se tourne vers les « démocratures ». Le mouvement est d’ailleurs déjà plus ou moins en route.

Dans quel monde vivent les journalistes ?

Les plateaux télévisés ressassent à l’infini l’un des arguments de l’avocat de Griveaux-nunuche comme quoi le russe-délinquant qui a mis en ligne la vidéo sexuelle du nunuche a forcément été manipulé car il n’aurait pas pu construire un site internet sans un appui technique extérieur, notamment car il parle mal le français. Mais dans quel monde vivent ces gens ?

Il suffirait qu’ils parlent cinq minutes à leurs enfants pour apprendre que l’on peut monter un site web en trois clics via un nombre infini de plateformes pour n’importe quel internaute sans aucune compétence technique, en multi-langues et pour un coût d’hébergement de quelques euros par an… Et si l’on veut un site internet un peu plus sophistiqué, il existe nombre de logiciels libres en « open sources », gratuits, dont le langage de programmation est en anglais international qui peut très bien être mis en œuvre par des débutants. Bien entendu il existe aussi très certainement des logiciels en langue russe.

L’argument voulant aboutir à l’innocence du délinquant-russe manipulé par un complot mondial pour abattre… Benjamin Griveaux ne tient pas. Si complot il y eut, ce n’est pas pour des raisons techniques.

Lire aussi : Le plouc, la balance et le délinquant

Le plouc, la balance et le délinquant

Le candidat tête de liste de la majorité présidentielle pour les élections municipales à Paris le mois prochain, Benjamin Griveaux, a annoncé hier qu’il se retirait de la course par suite de la diffusion d’une vidéo sexuelle le concernant qui agite la communauté des réseaux dits sociaux depuis quelques jours. On y verrait ledit candidat se masturber en se filmant avec son téléphone portable sur Facebook live en échangeant des mots de circonstance sur un chat avec la destinataire de ce charmant scénario. On ignore qui est ce destinataire (femme ou homme ?) mais ce ne serait pas a priori son épouse légale. Elle (ou il) a sans doute ensuite balancé la vidéo à un activiste russe bénéficiant de l’asile politique en France, Piotr Pavlenski, qui revendique cette diffusion pour dénoncer « l’hypocrisie d’un politique » prônant la vie de famille dans Paris-Match et se comportant ensuite différemment. L’authenticité de la vidéo n’a pas été contestée par l’intéressé pour le moment, son avocat envisageant plutôt d’attaquer le russe pour diffusion d’information à caractère privé ce qui est un délit dans la République.

Le premier réflexe est évidemment de rigoler franchement devant cette incroyable poilade politico-pipole. Le second est d’attendre impatiemment la couverture du prochain Charlie-Hebdo de mercredi qui devrait être à la hauteur de cet évènement exceptionnel.

La troisième réaction est un peu plus triste devant cette décadence générale de toute une génération. Résumons l’affaire : un élu-nunuche de 42 ans, candidat-maire de Paris, mais à l’époque membre du gouvernement, en déplacement professionnel à l’été 2018 se masturbe le soir devant son téléphone mobile à destination d’une copine-balance, inconnue à ce jour, qui enregistre la scène, la balance à un repris de justice russe-délinquant de 35 ans, bénéficiant du statut de réfugié en France, qui décide de la publier sur Internet 18 mois plus tard pour perturber l’élection à la mairie de Paris ; ce qu’il réussit à faire puisque le nunuche est obligé de se retirer de l’élection.

Il y a dans cette affaire de pieds-nickelés toutes les déviances de notre société d’aujourd’hui : le nombrilisme, la perte de toute notion de l’intérêt général, l’irresponsabilité, l’immigration, le sexe, la traîtrise et, comme vecteur de toutes ces avanies : les réseaux dits-sociaux qui véhiculent l’infamie et le vide avec jouissance et rapidité ! Les mots manquent pour qualifier un tel enchaînement où la bêtise se dispute à l’abrutissement. Ils sont tous coupables dans ce maelström : le plouc, comme la balance comme le délinquant. Il n’y a pas de victime. C’est une nouvelle étape dans la beaufisation de notre société française. Que les quadras qui ont généré cette société et ces comportements pathétiques se débrouillent avec ce problème que les sexa ne savent plus résoudre.

En attendant, il est fortement recommandé de ne pas se masturber devant son téléphone mobile en chatant avec des correspondants.

Patrick Balkany va mieux!

Coco / Charlie-Hebdo (05/06/2019)

Patrick Balkany, 71 ans, repris de justice, maire de Levallois, vient de passer cinq mois en prison pour avoir été de nouveau condamné en première instance pour fraude fiscale. Il a été libéré hier pour raisons de santé graves selon une expertise judiciaire médicale. On parle de dépression et de mal au dos.

A priori l’ex-détenu va mieux car, libéré hier, il a passé une bonne partie de la journée d’aujourd’hui sur les chaînes d’information pour de longs entretiens donnés depuis sa propriété de Giverny. Les interviews ne sont pas très originales et l’on n’y apprend pas grand-chose de neuf si ce ne sont les conditions matérielles de sa vie derrière les barreaux, information d’un intérêt mineur.

Comme il n’en a pas vraiment fini avec les affaires judiciaires en cours d’appel, il n’est pas sûr que parader à la télévision dès le lendemain de sa libération pour « raisons de santé graves » soit très adroit ni très productif vis-à-vis des juges d’appel. Condamné à quatre années, il aura fait cinq mois pour le moment. Il n’est pas exclu qu’il doive retourner en prison au cas où sa condamnation serait confirmée, aggravée ou allégée en appel, même si cela paraît improbable.

Le mieux pour lui serait qu’il se repose et se montre discret. Sa présence à la télévision est fatigante pour lui, inutile pour les téléspectateurs et provocatrice pour ses juges.

Ségolène Royal martyre de la République

Kiro, Le Canard Enchaîné (18/11/2018)

Une investigation journalistique met en doute l’engagement réel de Ségolène Royal, 66 ans, dans son poste d’ambassadrice des Pôles artique et antartique. La querelle en soi n’a guère d’intérêt, l’intéressée se défend comme elle peut et devrait pouvoir prouver la réalité de son travail si effectivement un travail est effectué.

Non, la vraie question est plutôt de comprendre pourquoi différents gouvernements, de droite comme de gauche, veulent absolument « recaser » Ségolène. En 2013, sa désignation comme administratrice-vice-présidente et porte-parole de la Banque publique d’investissement (BPI) avait déjà déclenché une franche poilade. Manifestement peu intéressée par le poste, elle l’avait quitté au bout d’un an pour se reclasser comme ministre de l’écologie. Début 2017, elle échoue à se faire nommer administratrice du Programme de développement des nations-unies (PNUD). On la dit partante pour rempiler comme ministre de l’écologie après la victoire Macron en 2017, mais le maroquin lui passe sous le nez. Lot de consolation : elle devient ambassadrice des pôles, poste bénévole, pour lequel elle est en train d’expliquer ce qu’elle fait.

Plus amusant est la façon dont elle se défend. Son compte Twitter déborde de messages outragés du genre :

« Pourquoi maintenant ? Ça dérange que je sois en tête des sondages ?! Ça dérange que je mène des combats contre le #glyphosate ?!! »

https://twitter.com/RoyalSegolene

Mais où a-t-elle vu qu’elle serait « en tête des sondages » ? Des sondages de quoi d’ailleurs ? Il se murmure qu’elle se verrait bien candidate de la gauche réunifiée pour les élections présidentielles de 2022. Si l’on ne sait pas bien quel est son emploi du temps d’ambassadrice bénévole, il y a au moins une activité pour laquelle elle n’aura pas à prouver son engagement : celle de la diffusion de tweets insignifiants, voire extrêmement désagréables à l’encontre du gouvernement actuel, son employeur.

Florilège :

Comme bien d’autres, Ségolène Royal a fait son temps. Elle a passé les 66 ans en septembre dernier, soit deux ans de plus que le futur « âge d’équilibre » contre lequel elle se bat. Dans un genre plutôt iconoclaste, elle n’a pas vraiment démérité. Une fois à la retraite, la République l’oubliera rapidement et c’est aussi bien ainsi. Mais qui pourra bien convaincre Ségolène de faire valoir ses droits la retraite ? Dans le régime actuel, passé 67 ans l’employeur peut mettre à la retraite d’office ses salariés.

A quoi peut donc bien servir une Line Renaud ?

Le Monde-magazine publie en page de couverture une photo de Line Renaud, ancienne meneuse de cabaret âgée aujourd’hui de 91 ans, pour illustrer une interview de 7 pages d’un intérêt (très) limité. La Miss se vante d’avoir fréquenté tous les présidents de la République depuis Vincent Auriol, sauf MonGénéral qui avait plus important à faire, et Giscard dit d’Estaing qualifié de « snob et fin de race » par la starlette vieillissante. Mais tous les autres présidents se sont précipités pour couvrir Mme. Renaud de décorations républicaines et de cartes de bon client de leurs comités de soutien. On est un peu étonné de voir le temps perdu par tous ces hauts dirigeants (payés par les contribuables) avec cette « artiste » et on s’interroge sur ce qu’ils peuvent bien échanger avec elle, sinon un brevet de faire « populo » !

D’une façon plus générale on se demande à quoi une Line Renaud peut bien servir à la République ?

Eric Woerth ou le symbole de l’assèchement intellectuel de la droite classique

Nos avions quitté Éric Woerth sur sa critique de la diminution des emplois aidés et des aides au logement, ainsi que sa critique du projet de réforme du système de retraite à points, le voici revenu avec son programme détaillé pour la retraite du futur, toujours sur Tweeter bien entendu, qu’on en juge :

Il n’est pas certain qu’avec une si importante contribution intellectuelle la réforme n’avance beaucoup ni rapidement. Éric Woerth incarne de manière bien pathétique cette espèce de critique pavlovienne qui s’empare de l’opposition dès qu’elle n’est plus au pouvoir. De fait, la majorité actuelle mène une politique économique libérale et réformatrice qui, grosso-modo, a fait partie de tous les programmes électoraux de la droite ces dernières décennies mais aussi de la longue liste de ses promesses non tenues.

Éric Woerth, qui est par ailleurs président de la commission des finances de l’assemblée nationale et ex-ministre du budget sous la présidence Sarkozy, n’arrive pas à réfréner cette maladie de l’opposition systématique hors de toute réflexion et intelligence. C’est dommage, il ne se montre pas à la hauteur de sa présidence de commission ni de son passé d’ancien ministre. Il passe en tous cas beaucoup trop de temps à tweeter des messages insipides, temps qu’il ferait mieux de passer à travailler, peut-être pour proposer un contre-projet de réforme des retraites ?

Le garçon a 63 ans et il va falloir l’accompagner maintenant jusqu’à sa retraite bien méritée. Il n’aura pas fondamentalement démérité mais ne laissera pas un souvenir impérissable dans la vie politique française. Ce n’est dramatique non plus et la France s’en remettra.

Privatiser ou ne pas privatiser

Encore un débat franchouillard inutile : la République prévoit des modifications dans la gestion de ses actifs comme le fait très normalement tout détenteur d’un patrimoine. Un projet déclenche un hourvari général de l’opposition, de l’extrême gauche à son pendant d’extrême droite, en passant par les partis républicains placés au milieu : la poursuite de la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP), société déjà détenue à 49,4% par des acteurs privés qui possèdent donc 49,4% des infrastructures (pistes, terrains, etc.). Sur la forme il s’agit d’un mécanisme compliqué qui permettra à l’Etat de récupérer la pleine propriété des actifs au bout de 70 ans et de se repositionner alors sur la gestion de l’ensemble à confier à un nouvel opérateur ou à réintégrer dans le domaine public.

Tous les arguments et leurs contraires sont débités par les opposants professionnels qui s’agitent dans les couloirs du parlement pour tenter de nuire au gouvernement en place. On voit même la droite demander l’annulation de cette privatisation alors qu’elle a de tous temps promu les privatisations après s’être opposée aux nationalisations « idéologiques » réalisées à différentes reprises par la gauche. Laurent Wauquiez, l’ex-chef de Les Républicains, après avoir soutenu récemment les émeutiers en gilet jaune, s’être opposé à la baisse des emplois aidés décidée au début du quinquennat actuel, conteste maintenant la privatisation d’ADP en déclarant « …on brade les bijoux de famille pour boucher les trous budgétaires ». Oui, c’est tout à fait et il faut effectivement boucher l’abysse du déficit budgétaire alors la République, comme tout ménage qui serait dans la même situation, va, non pas « brader », mais monétariser quelques-uns de ses actifs pour essayer de se renflouer. C’est un comportement responsable. Le produit de cette opération, à laquelle s’ajouteront les privatisations de la Française des Jeux et d’Engie (ex-Gaz de France), doit venir doter un fonds pour l’innovation.

Peut-être que le parti Les Républicains ne doit pas chercher beaucoup plus loin la raison de la baisse significative de ses scores électoraux. Il arrive un moment où les retournements de vestes et autres reniements opportunistes ont tendance à perdre l’électeur, voir à le faire fuir !

L’élément nouveau dans cette affaire est le regroupement improbable de parlementaires opposés (du parti communiste à Les Républicains) pour déclencher un référendum d’initiative partagée (RIP) tel que prévu dans la Constitution et bloquer ainsi le processus en cours. C’est la première fois qu’un tel référendum serait ainsi mis en œuvre à l’initiative du parlement et des citoyens, si toutefois 10% du corps électoral en signe la demande, ce qui fait plus de 4 millions de citoyens. Si la démarche réussit, cela démontrerait par l’absurde que finalement cette procédure de RIP peut être déclenchée si « le peuple » en manifeste la volonté et qu’elle n’a pas vraiment besoin d’être réformée comme le réclame à cor et à cri. Pour le moment il suffit de cliquer sur une plateforme ouverte par l’administration, ensuite il faudra tout de même se déplacer physiquement et voter pour ou contre.

D’ici là, le processus de privatisation de cette société est bloqué en attendant (i) de savoir si 4 millions d’électeurs veulent l’organiser le référendum et (ii), en cas de réponse est positive, ce que votera in fine le corps électoral dans son ensemble. Ainsi va le cheminement tortueux de notre vieille démocratie.

Le bal des traîtres bat son plein !

A la suite des mauvais résultats enregistrés aux dernières élections européennes par les partis de gouvernement français traditionnels, le bal des traîtres a débuté. Les plus emblématiques dans la couardise politique et l’absence de convictions se trouvent sans conteste chez Les Républicains. Après la démission de leur chef Laurent Wauquiez dont le moins que l’on puisse dire est qu’il ne fut point trop efficace à l’occasion de cette élection, Valérie Pécresse, toujours un pied dedans un pied dehors depuis des mois, a finalement franchi le pas et sauté à pieds joints en dehors du parti pour une destination assez floue pour le moment.

Voilà qu’aujourd’hui 72 élus Les Républicains publient une tribune pour annoncer leur soutien au parti majoritaire et au président de la République. A gauche ce n’est guère plus brillant et La France Insoumise affronte également une vague de départs et de contestations répandue sur la place publique et dans les réseaux dits sociaux.

C’est la débâcle ! Comme la banquise qui se désagrège au printemps dans le golfe du Saint-Laurent, les élus déboussolés se noient, se percutent et se déchirent, cherchant vers quel rivage se diriger. On mesure mal ce qui relève dans ce comportement de convictions mollassonnes ou, plus prosaïquement, de la volonté de se rapprocher d’une écurie plus susceptible d’assurer leurs réélections aux prochaines échéances. Après tout c’est leur job qui est en jeu et quand il faut nourrir ses enfants à la fin du mois on hésite moins à tourner sa veste.

Ce que semble entériner ces fuites en rase campagne c’est la congélation du débat dans ces partis et le renoncement des impétrants à pouvoir le changer de l’intérieur. Les dinosaures continuent à phagocyter le pouvoir et les idées sans volonté de partage. Les jeunes générations politiques n’arrivent pas à les pousser dehors et on a vu avec consternation les Nadine Morano et autres Brice Hortefeux être élus députés européens la semaine dernière. Les fuyards abandonnent le navire et on ne sait pas encore sur quel bateau ils vont déposer leurs paquetages. Ces partis contestés ont encore des fans et des militants. Ils vont se recentrer sur leurs valeurs basiques, renouveler leurs dirigeants les plus visibles et, s’ils font preuve d’un peu d’intelligence et d’humilité, survivre à la tempête. Qui sait si dans dix ans la République n’aura pas un président Les Républicains ? En attendant, le radeau de la méduse dérive un peu pour trouver un abri !

Retour modeste

Alors que le Figaro Magazine annonçait il y a peu en couverture : « la droite est de retour » sur fond du ravi de la crèche et des ruines de Notre Dame de Paris, il apparaît que ce retour est plutôt modeste (8% et quelques des suffrages exprimés) et provoque un peu d’émotion dans les rangs conservateurs au point que leur chef a annoncé sa démission ce soir. Il a tout de même assuré l’élection de Nadine Morano et Brice Hortefeux qui étaient respectivement numéros 4 et 5 de la liste européenne : hommage et respect aux anciens. Il a surtout beaucoup innové en enfilant un gilet jaune sur un rond-point lors des émeutes fin 2018, en défendant les emplois aidés lorsqu’ils ont été sérieusement limités par le pouvoir actuel pour faire des économies et par conviction économique et il lutte actuellement contre la privatisation d’Aéroports de Paris détenu en partie par le contribuable national contre tous les principes de l’économie libérale pourtant chers à cette droite conservatrice.

Cette ligne en zig-zag, le développement d’une langue de bois en chêne massif contre l’Europe, le concept de double-frontières contre l’immigration que personne n’a vraiment compris, plus quelques sorties sur les sujets sociétaux ont emporté 8% des électeurs. C’est ainsi, le parti a compté le soutien à ses idées et ce n’est finalement pas si mal payé ; d’autres partis traditionnels ont fait bien pire. Il reste un socle de 8% et Les Républicains vont bien arriver à se reconstruire (on dit d’ailleurs « se refonder » en jargon politique), il suffit de renouveler un peu le personnel de ce parti et de sélectionner les nouveaux dirigeants plutôt sur l’intelligence et le bon sens que sur les copinages et les renvois d’ascenseur (cf. l’ineffable tandem Morano/Hortefeux). Bien sûr, aujourd’hui ont déjà démarré le bal des faux-jetons et la ronde des traîtres. Le parti va se purifier avec le départ naturel des plus faibles, ceux qui n’ont pas de réelles convictions et lorgnent déjà le fumet de la bonne soupe du voisin. Il repartira bien d’une façon ou d’une autre.

Effet collatéral direct de cette démission, nombre de nos lecteurs s’inquiètent de la survie de notre rubrique « L’instant Laurent Wauquiez » ! Qu’ils se rassurent : d’abord l’impétrant n’est pas mort et va certainement nous régaler encore longtemps de ses galéjades méritant publication et publicité, ensuite, la rédaction vient de décider d’élargir cette rubrique à l’ensemble des élus français déployant des comportements similaires à celui de M. Wauquiez c’est à dire : intelligence et mauvaise foi, conservatisme et retournements de veste, opposition permanente et absence de propositions… On peut prévoir un avenir radieux à la rubrique !

La droite conservatrice en plein marasme

Le parti Les Républicains est en pleine descente aux enfers après le score de 8 et quelques % réalisé aux élections européennes dimanche dernier, qui a déçu certains et semblé surprendre tout le monde. Sa tête de liste le gentil philosophe catholique Bellamy est aux abonnés absents et le grand chef à plumes Laurent Wauquiez, après avoir rendu responsable le président de la République de ce score a décidé d’organiser des états généraux de son parti en septembre prochain. Soit !

Ce que ne dit pas cette affiche bien propre c’est juste derrière ces trois ravis de la crèche se cachent les numéros 3 et 4 de la liste électorale : Nadine Morano et Brice Hortefeux qui ne sont pas vraiment des perdreaux de l’année. Ces deux zigotos viennent donc d’être élus députés européens pour représenter la France au parlement européen durant les cinq prochaines années et aux frais des contribuables européens. C’est assez navrant !

Peut-être ne faut-il pas chercher beaucoup plus loin la raison de ces 8% qui doivent être finalement assez proche du niveau de popularité de ces deux dinosaures de la politique conservatrice, qui traînent depuis des décennies dans les couloirs du pouvoir. L’un des thèmes à mettre en avant lors des états généraux serait sûrement : comment renouveler le personnel politique présenté aux suffrages des électeurs.

Imaginer un seul instant que Nadine Morano est repartie pour cinq années de mandat européen fait juste frémir d’horreur comme l’illustre le niveau de crétinerie hors catégorie de l’un de ses tweets pris au hasard dans une longue liste, enrichie tous les jours :

Des résultats électoraux inattendus

Les partis de gouvernement historiques sortent laminés de l’élection française au parlement européen qui s’est déroulée aujourd’hui. Le PS associé à Place publique emporte 6,2% des suffrages et Les Républicains 8,5%, ce qui est fort peu pour des partis qui ont dirigés la France depuis l’après-guerre. C’est un peu la confirmation de leurs scores aux élections présidentielles de 2017 mais on dirait qu’ils n’arrivent pas à renouveler leurs idées et, surtout, leur personnel.

C’est particulièrement intéressant dans le cas de Les Républicains qui avaient placé Nadine Morano en n°4 et Brice Hortefeux en n°5, et l’on avait échappé de justesse à Rachida Dati qui avait renoncé pour se consacrer aux élections municipales parisiennes. On ne peut pas dire que cette liste fleure bon le renouvellement des personnes…

Ce soir, le chef de ce parti, Laurent Wauqiez, a déclaré :

Le Président de la République a fait un choix lourd de conséquences, en réduisant le débat européen à une croisade contre Marine Le Pen pleine d’arrière-pensées, ce qui n’a abouti qu’à une seule chose : faire progresser les extrêmes. Il a une lourde responsabilité. Il n’a pas été un rempart contre le Rassemblement national, il a été ce soir l’artisan de leur progression.

On ne peut pas dire que ce genre de pleurnicheries fleure bon le renouvellement des idées ni un sens aigu des responsabilités… Pas sûr que la barre ne se redresse pour les prochaines élections !

Le retour des attentats religieux en France

Un voyou multirécidiviste, a priori passé du banditisme au terrorisme religieux, tire au pistolet au hasard dans les rues de Strasbourg mardi 11 décembre. On en est à trois morts à ce jour plus une dizaine de blessés dont plusieurs entre la vie et la mort. Le suspect a été tué par la police ce soir après deux jours de traque dans la ville. D’origine marocaine, né à Strasbourg, ce citoyen français s’est plongé dans l’islam comme il avait baigné dans le deal et le braquage. Ces transitions qui n’ont rien de nouveau quand on regarde le parcours des terroristes religieux ayant sévi ces dernières sur le territoire français, laisse toujours l’observateur pantois tant semblent opposés les enseignements de la religion et les buts des terroristes. En réalité ces terroristes s’inspirent du langage moyenâgeux et métaphorique des livres saints, refusant d’en moderniser l’interprétation, et retournent leurs armes contre la République qui les a élevés. Le groupe Etat islamique a revendiqué cet attentat.

Comme à chaque attentat, le sang n’était pas encore séché sur les trottoirs que les aboyeurs habituels se sont déchaînés dans l’indécence. Laurent Wauquiez fut cette fois-ci encore en tête de gondole :

Par ce genre de message félon, le chef du parti conservateur de droite laisse penser à Mme. Michu que ses dirigeants ne font rien et se contentent de regarder passer les trains. Cette hypothèse est incorrecte et il suffit tout simplement de compulser les textes des lois anti-terrorisme qui se sont succédées depuis les attentats des années 95′ pour le constater. Non seulement les textes évoluent mais les pratiques également. Outre l’engagement militaire à l’étranger de l’armée française, l’efficacité des forces de sécurité nationale s’est beaucoup renforcée. Mais le mieux est sans doute de laisser la caravane passer devant les chiens qui aboient. Wauquiez est désormais sans doute irrécupérable pour la raison.

Laurent Wauquiez soutient les émeutiers

Impayable : Laurent Wauquiez, chef de Les Républicains affirme sur un plateau télévisé qu’il n’a jamais porté de « gilet jaune », signe de ralliement des contestataires qui perturbent le fonctionnement de la République depuis plus d’un mois. Evidement une photo est rapidement ressortie des tiroirs montrant l’impétrant en… gilet jaune sur un barrage. La photo n’est pas contestée, M. Wauquiez a simplement expliqué qu’il avait oublié cet évènement.

Wauquiez dans tous les râteliers

Alors qu’un projet de loi sur l’ouverture de la procréation médicale assistée (PMA) aux couples homosexuels se prépare, Laurent Wauquiez rappelle quelques vérités devant un parterre catholique-conservateur de l’organisation Sens commun en expliquant que cette PMA qui existe depuis plusieurs décennies pour les couples hétérosexuels serait immanquablement étendue aux couples gays à partir du moment où le mariage de ceux-ci avait été légalisé. C’était écrit et c’est probablement ce qui va se passer, en ceci il n’avait pas tout à fait tort. Le problème avec ce garçon c’est que depuis qu’il a abandonné la philosophie pour la politique, il a perdu toute mesure et n’a pu s’empêcher d’assimiler la PMA de mener à l’eugénisme et au nazisme, ce qui a déclenché un peu d’émotion sur les plateaux télévisés fréquentés par le microcosme mondain, mais aussi des soignants pratiquant la PMA ainsi que les patients en bénéficiant.

Wauquiez s’adressait à un auditoire conquis qui avait déjà entendu Sarkozy, son ex-mentor, envisager de revenir sur le mariage pour tous. Il a eu son petit succès. Comme d’habitude il a dérivé vers la déraison et sa comparaison avec le nazisme n’a pas de sens et sans doute peu d’efficacité politique. Les militants de Sens commun ne veulent pas de la PMA ni de l’avortement car ces actes sont contraires à leur interprétation de la parole du Dieu auquel ils croient. Ils n’ont pas besoin de l’épouvantail du nazisme pour rejeter ces actes. Par contre les conservateurs et les centristes de droite peuvent être effrayés par un tel manque de sérénité d’un prétendant au pouvoir suprême. On se demande d’ailleurs si Wauquiez se laisse déborder par son bavardage de café du commerce ou si son discours est autocontrôlé ?

Ceci étant dit le débat sur l’extension de la PMA mérite d’être mené car quoi que l’on en dise, l’étape suivante sera la GPA (gestation pour autrui). C’est écrit également et cela ne sert à rien que de vouloir cacher cet agenda, sinon attiser les haines et les soupçons. Oui il y a un risque d’eugénisme, ou en tout cas de choix génétiques qu’il faut anticiper et encadrer, oui il y a une possibilité de dérives commerciales concernant l’acte de procréation, etc. Ce débat mérite de l’intelligence et de l’éthique comme on en usa lors des discussions sur les différents textes de loi sur la fin de vie. Il faudrait donc exclure les Wauquiez & co. de ce type de discussions. C’est hélas démocratiquement impossible.

Déni de réalité de la classe politique

Qu’est-ce qui rapproche le plus ces deux personnels politiques ? Sans doute un peu leur socialisme, leur positon de maire d’une grande ville, leur ambition aussi, mais surtout beaucoup leurs ridicules couleurs de cheveux. L’une et l’autre se teignent manifestement leurs cheveux qui devraient être blancs si elles n’y répandaient pas de produits chimiques pour masquer ce signe manifeste de leur âge.

Quand on regarde ces photos ou que l’on voit ces personnages à la télévision, le regard est immédiatement attiré par cette superficialité qui domine tout le reste, au détriment d’ailleurs de leur discours, promesses ou engagements parlés.

Comment faire confiance à des élus qui dépensent du temps et de l’argent pour masquer la réalité ? Comment ne pas penser qu’ils feront de même avec les comptes de la Nation ? Encore plus ridicule était le précédent président de la République qui, lui, n’avait déjà plus beaucoup de cheveux, mais en plus ratait sa couleur qui tendait vers le roux.

Le personnel politique français s’honorerait à travailler sur ses vrais dossiers et non pas des questions d’apparat qui ne servent qu’à satisfaire leurs égos et non point les citoyens dont les impôts payent leurs salaires !

Laurent Wauquiez : morceaux choisis

M. Wauquiez, chef du parti conservateur d’opposition Les Républicains (LR) a confirmé, sur la forme et le fond, les propos qu’il a tenus devant une assemblée d’étudiants et que l’un ou plusieurs d’entre eux ont enregistrés et communiqués à la presse. Il va attaquer en justice le journal qui les a publiés.

Ces sorties quelque peu tonitruantes paraissent effectivement plutôt conformes à ce que l’on sait des convictions du personnage, pas de surprises à ce niveau-là. Non, ce qui étonne véritablement c’est le niveau de beaufitude de ces propos qui relèvent plus d’une fin de beuverie au Café du Commerce plutôt que d’un prétendant aux plus hautes fonctions de l’Etat. L’homme joue sur l’abrutissement des masses plutôt que leur rédemption, il parie sur la bêtise et délaisse la raison. Il n’est pas sûr qu’une telle tactique le porte au pouvoir, mais on ne peut pas l’exclure.

On peut quand même avancer que ces candidats aux suffrages des électeurs-contribuables feraient mieux de travailler leurs dossiers et de mesurer leur parole plutôt que de se prendre pour Mme. Michu dans toutes les circonstances possibles. Le nombrilisme de ce personnel politique est détonnant, il pourrait être suicidaire.

Qu’on en juge :

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Laurent Wauquiez tel qu’en lui-même


Le chef de Les Républicains, Laurent Wauquiez, se fait enregistrer alors qu’il dit du mal avec condescendance de tout le monde politique qui l’entoure. Bien entendu ses paroles sont publiées et le microcosme parisiano-médiatique s’agite. En fait il n’y a rien là de bien nouveau dans le Café du commerce franchouillard de la politicaille de bas étage animé par des personnages de cet acabit. Tout ça n’a guère d’importance et ne fait que confirmer que ces forbans qui grenouillent dans les partis politiques feraient bien mieux de bosser leurs dossiers plutôt que de parader sur les plateaux.

Entre autres amabilités à l’encontre de ses congénères, il revient sur les causes de la défaite de Fillon et accuse Emmanuel Macron, alors candidat à l’élection présidentielle, d’avoir entretenu une « entreprise de démolition » contre lui. C’est plutôt cocasse car Fillon lui-même à l’époque accusait sur les plateaux télévisés le président Hollande d’avoir monté un « cabinet noir » pour l’abattre. Nous sommes un an plus tard et l’opposition conservatrice n’arrive pas à tourner la page de la défaite, refuse même d’envisager sa responsabilité dans cette situation et, encore plus désopilant, ne s’est pas remise au boulot pour espérer pouvoir assurer une alternative possible, peut-être un jour.