Mélanchon sur Castex

Déclaration du leader d’un parti d’extrême gauche et député sur la prestation d’un nouveau premier ministre à l’assemblée nationale :

…une sorte de métayer de circonstance, et puis après c’est assez pénible à supporter, quoi, parce que les mots poussent entre les arbres et les arbres entre les mots, donc euh, il est là, il parle à 2 à l’heure, euh, pour dire des banalités, euh, alors heu, alors, bon, soit on le prend mal et on se dit « il se moque de nous », soit on se dit ben « c’est la maximum dont il est capable », donc euh, c’est vraiment… c’est pas un beau moment de démocratie parlementaire, ça c’est sûr…

Comme parfois avec Jean-Luc Mélanchon, c’est assez drôle !

Paris déconfiné…

Le dernier “traumatisme” vécu par les parisiens est en train d’être levé. Après avoir expliqué pendant des semaines combien la fermeture des parcs et jardins de la capitale était un obstacle majeur au bien-être psychologique de ses administrés (il semble qu’aller se promener aux bois de Boulogne ou de Vincennes qui eux étaient rouverts depuis le 11 mai ne suffisait pas…) et un facteur de propagation de la pandémie de covid-19, la maire de Paris vient d’obtenir satisfaction et parade dans les parcs parisiens devant les caméras de télévision, derrière son masque chirurgical et sous ses cheveux dégoulinant de teinture. On croirait qu’elle vient de recevoir la reddition du Général von Choltitz après un dur combat !

Le psychodrame des élections municipales en temps de pandémie

Kiro / Le Canard Enchaîné (17/09/2017)

La question de l’organisation du second tour des élections municipales est à nouveau sur la table. On se souvient su psychodrame déclenché par le maintien du premier tour le 15 mars dernier malgré la période de pré-confinement qui était déjà commencée. Ce dimanche électoral avait déclenché un assaut de joutes oratoires où la mauvaise foi se disputait à la beaufitude. Il apparaît que le gouvernement était alors plutôt en faveur d’annuler cette élection mais qu’après consultation des partis politiques, l’opposition avait crié au « coup d’Etat » en cas de report. Constatant ce dissensus le pouvoir avait finalement maintenu l’échéance. Evidemment à l’époque les sondages étaient plutôt favorables aux candidats d’opposition qui souhaitaient donc passer devant les électeurs pour entériner leur avance. Ceux-ci ne s’étaient pas gêné bien entendu pour reprocher ensuite au gouvernement d’avoir maintenu le premier tour… Les électeurs étaient eux allés prendre le soleil (et le virus…) dans les parcs ensoleillés plutôt que de fréquenter les bureaux de vote de la République.

A ce stade on n’a pas identifié de lien significatif entre ces bureaux de vote et la circulation de la pandémie. Certainement des membres de bureaux de vote ont été contaminées à l’occasion de cette élection mais il semble que statistiquement ils ne l’aient pas été plus que s’ils étaient allés au jardin public du coin de la rue.

Le deuxième tour du 22 mars avait évidemment été annulé et pourrait être reprogrammé fin juin. De nouveau consulté par le gouvernement sur une telle hypothèse, une partie de l’opposition, échaudée par les conséquences de sa volte-face politique de mars, se refuse à se prononcer arguant qu’il s’agit de « la responsabilité du gouvernement ». Encore un grand moment de responsabilité politique des élus payés par les impôts versés par les contribuables.

Souvenons-nous…

N’oublions pas les noms des cadors politiques du Parlement qui ont voté contre le plan de déconfinement, ou se sont abstenus ce qui, au Sénat, a permis au « Non » de l’emporter : Julien Aubert, Valérie Boyer, Valérie Rabault, Boris Vallaud, Frédérique Dumas, Jean Lassalle, Sylvia Pinel, Clémentine Autain, Éric Coquerel, Alexis Corbière, Jean-Luc Mélenchon, Danièle Obono, Marie-George Buffet, André Chassaigne, Louis Aliot, Sébastien Chenu, Nicolas Dupont-Aignan, Samia Ghali, Marie-Pierre de la Gontrie, Patrick Kanner, Jean-Pierre Sueur, et bien d’autres… Parmi les cadors qui se sont abstenus, favorisant ainsi le rejet du plan par le Sénat on note quelques bons clients de la contestation systématique comme : Roger Karoutchi, Philippe Bas, Ladislas Poniatowski, Valérie Létard, Gérard Longuet, Bruno Retailleau, Pierre Charon.

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Ces forbans ont dévié de leur rôle, privilégiant la politicaillerie de Café du commerce à la conduite du pays, abandonnant leurs responsabilités d’élus au profit de leurs pitoyables petits égos, sur un sujet qui devrait pourtant emporter le consensus. N’oublions pas leur infamie !

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L’enjeu « vital » des parcs et des plages

Le déconfinement décidé à compter du 11 mai est progressif et certaines restrictions restent en vigueur. Un premier point doit être fait début juin sur les premiers effets, positifs comme négatifs, de ce déconfinement et en définir les étapes suivantes. En attendant, la France du Café du commerce se déchaîne et chacun y va de son petit intérêt particulier pour expliquer combien ces restrictions sont acceptables pour ses voisins, mais surtout pas pour lui-même.

A Paris, les bois de Boulogne et de Vincennes sont ouverts aux promenades mais pas les parcs et jardins car potentiels foyers de rassemblements humains susceptibles de favoriser la contamination des citoyens. Aussitôt chacun argumente tout et son contraire pour justifier ou contester cette mesure parisienne. Ces décisions ont été prises par des gens intelligents et compétents, il suffirait de les appliquer, consacrer son énergie à des questions plus sérieuses et attendre deux petites semaines la nouvelle évaluation de la situation pour une éventuelle réouverture des parcs et jardins. Mais non, nous sommes en France alors toute une partie de nos édiles rémunérée par les impôts que nous payons s’agite, ventile, mouline, dans la vacuité qui caractérise dédormais le débat public. Que ces gens travaillent et attendent début juin l’analyse de l’évolution de la pandémie pour savoir s’ils pourront aller se promener au Luxembourg, en attendant, s’ils ont véritablement besoin de voir des arbres ils vont au bois de Boulogne ou au bois de Vincennes. Mais surtout : qu’ils bossent un peu plus au lieu de polémiquer sans cesse !

Autre sujet qui semble vital pour la survie de notre nation : va-t-on pouvoir aller à la plage sans attendre la situation de la pandémie début juin ? Devant l’ampleur de cette question, le gouvernement a décidé de laisser les maires se coordonner avec les préfets pour en décider. Alors on a de tout, des plages qui restent fermées, d’autres complètement ouvertes, certaines en « ouverture dynamique » c’est-à-dire que vous pouvez vous baigner mais pas bronzer sur votre serviette, etc. Et dans chaque situation nous avons des râleurs et des soutiens. Cela en devient souvent risible, parfois le risque psychosocial est évoqué pour exiger la « réouverture » … On frise le grotesque mais c’est souvent ce que nous sommes : une bande de gaulois débrayés et râleurs, parfois créatifs.

La bonne nouvelle est qu’un pays qui n’a pas d’autres sujets d’interrogation que savoir s’il pourra ou non déplier sa serviette sur une plage bretonne balayée par des vents glacés sans attendre début juin, est un pays qui ne va pas si mal que cela.

Philippe Juvin : un fâcheux mélange des genres

Philippe Juvin

Philippe Juvin, professeur à la faculté de médecine et sur les plateaux télévisés, ex-député européen de 2009 à 2009 (groupe conservateur du Parti populiste européen), chef du service des urgences de l’hôpital Georges Pompidou, maire de La Garenne-Colombes (parti conservateur Les Républicains) depuis près de 20 ans, se répand en commentaires anti-gouvernementaux dans les médias où il est très présent depuis le début de la crise sanitaire.

Il illustre à l’excès un mélange des genres douteux dans lequel se complait trop souvent notre pays. On a tout d’abord du mal à réaliser comment on peut être à la fois chef des urgences d’un des plus grands hôpitaux d’Europe et maire d’une commune de la région parisienne ? Même si l’homme est plus compétent que la moyenne, il y a forcément une de ces tâches qui ne bénéficie pas de son engagement à 100%, probablement les deux d’ailleurs. Quand on ajoute sa présence constante dans beaucoup de médias, on conclut que sa principale qualité doit être sa capacité à déléguer.

Sa dernière intervention médiatique date de ce matin et est de la même sensibilité que les précédentes :

Malheureusement, il n’y a pas eu de stratégie de la part de l’État. Ni pour infantiliser les Français ni pour les responsabiliser. L’État navigue à vue, en improvisant en permanence. Ce sont les Français qui ont été extrêmement responsables. Si les Français n’avaient pas pris sur eux de se confiner, notre système de soin aurait explosé. Si la France s’en sort aujourd’hui, c’est uniquement grâce aux Français, pas à l’État.

Atlantico (06/05/2020)

Rappelons incidemment que son salaire de médecin est payé par les cotisants de la sécurité sociale et que ses indemnités de maire sont réglées par les contribuables de sa ville. On peut d’ailleurs se demander si compte tenu du cumul de fonctions il perçoit deux rémunérations pleines ou si celles-ci sont dimensionnées en fonction de sa présence effective ? Quoi qu’il en soit, un peu de mesure dans ses propos serait bienvenue, à tout le moins, peut-être pourrait-il passer un peu plus de temps au service des urgences qu’il dirige que sur les plateaux médiatiques, ce serait certainement bénéfique pour les patients.

Au-delà, eh bien, lorsque le parti politique qu’il représente aura emporté les élections peut-être sera-t-il nommé ministre de la santé et pourra-t-il ainsi mettre en œuvre ses idées. En attendant le mieux qu’il puisse faire est de travailler un peu plus et de parler un peu moins.

Le jour du muguet et des revendications

Kiro / Le Canard-Enchaîné (04/02/2019)

Toujours droit dans ses bottes, le chef de la Confédération générale du travail (CGT) réaffirme son objectif d’une semaine de 32 heures de travail, virus ou pas virus. Et il en profite pour s’offusquer que le chômage partiel ne couvre que 80% du salaire net des bénéficiaires et ne soit pas systématiquement étendu aux travailleurs qui décideraient de ne pas reprendre le travail s’ils estiment que leurs conditions de sécurité ne sont pas suffisantes pour ce faire lorsque le déconfinement sera entamé à partir du 11 mai.

Bien sûr un certain nombre de syndicalistes et de politiques de gauche voient dans la crise sanitaire actuelle le crépuscule du capitalisme tant honni par leur idéologie. Ils parlent du « jour d’après » où il faudra nécessairement revoir les relations entre les hommes, réduire les inégalités, « décapitaliser et démondialiser » l’économie. C’est le mythe de l’avenir radieux pour un Homme nouveau. Pas sûr que cela n’aboutisse plus cette fois-ci que les fois précédentes !

L’expression « il y aura un avant et un après » fleurit d’ailleurs dans la bouche de nombre de commentateurs mais au-delà des vœux pieux de circonstance sur la « démondialisation » personne ne sait bien définir ce que sera l’après et tout le monde commence déjà à s’affronter sur ce qu’il devrait être. La seule chose qui paraît certaine est que le court terme va être redoutable à gérer avec son cortège de faillites d’entreprises et de chômeurs sur toute la planète. Au-delà, le futur sera ce que nous en ferons, mais il s’annonce encore plus périlleux à penser aujourd’hui qu’il ne l’était hier.

La France éternelle…

Le gouvernement français a présenté à l’Assemblée nationale son plan de déconfinement des citoyens à mettre en œuvre à partir du 11 mai. Cette présentation a été suivie par l’expression des chefs de groupes parlementaires puis par un vote consultatif. Avant même cette présentation naissait une polémique, l’opposition voulant disposer d’un délai de réflexion de 24 heures avant le vote, le gouvernement préconisant un vote immédiat.

Compte tenu du niveau d’incertitude pesant sur l’évolution à venir de la pandémie, les mesures annoncées sont à géométrie variable et susceptibles d’être actualisées au jour le jour. En revanche, ce qui est certain c’est l’effondrement économique en cours de la France, et d’ailleurs de la planète entière, qu’il convient de limiter par une reprise de la production. Ce plan annoncé atermoie entre ces incertitudes qui entourent la relance de l’économie et la protection des citoyens. C’est un exercice impossible mais qu’il est de la responsabilité des dirigeants élus de mener, ils sont élus et payés pour ça. Le gouvernement l’a fait cette après-midi, ce plan n’est pas plus mauvais qu’un autre et on l’adaptera au fur et à mesure.

Ce qui ne l’aide pas beaucoup ce sont les positionnements politiciens d’une opposition plus préoccupée par les effets de tribune que par l’intérêt de la République. Les uns réclament « la sécurité totale » pour la réactivation des usines arrêtées (heureusement certaines n’ont jamais été stoppées), les autres refusent de rouvrir les écoles dans ces conditions, et bla-bla-bla, et bla-bla-bla. La sécurité totale est évidemment impossible à garantir, le déconfinement de l’économie est évidemment incontournable. Il y aura des prises de risque à prendre, le mieux que l’on puisse faire est de les limiter.

Le vote exprimé à l’Assemblée nationale a approuvé le plan proposé. 100 députés, félons et irresponsables, dont les noms suivent se sont exprimés contre comme l’affiche le site Internet de l’Assemblée.

Groupe La République en Marche (297), Contre 1 : Mme Martine Wonner.

Groupe Les Républicains (104), Contre 24 : M. Julien Aubert, M. Thibault Bazin, Mme Valérie Boyer, M. Gérard Cherpion, M. Pierre Cordier, Mme Marie-Christine Dalloz, M. Fabien Di Filippo, M. Julien Dive, M. Pierre-Henri Dumont, M. Jean-Jacques Gaultier, M. Philippe Gosselin, M. Sébastien Huyghe, M. Olivier Marleix, M. Franck Marlin, M. Gérard Menuel, M. Maxime Minot, M. Jean-François Parigi, Mme Bérengère Poletti, M. Antoine Savignat, M. Raphaël Schellenberger, M. Éric Straumann, M. Jean-Charles Taugourdeau, M. Patrice Verchère et M. Stéphane Viry.

Groupe du Mouvement Démocrate et apparentés (46), Contre 0.

Groupe Socialistes et apparentés (30), Contre 20 : M. Joël Aviragnet, Mme Marie-Noëlle Battistel, Mme Gisèle Biémouret, M. Jean-Louis Bricout, M. Luc Carvounas, M. Alain David, Mme Laurence Dumont, M. Olivier Faure, M. David Habib, M. Christian Hutin, M. Régis Juanico, Mme Marietta Karamanli, M. Jérôme Lambert, Mme George Pau-Langevin, Mme Christine Pires Beaune, Mme Valérie Rabault, Mme Claudia Rouaux, Mme Sylvie Tolmont, M. Boris Vallaud et Mme Michèle Victory.

Groupe UDI, Agir et Indépendants (27), Contre 3 : M. Pascal Brindeau, M. André Villiers et M. Michel Zumkeller.

Groupe Libertés et Territoires (20), Contre 11 : M. Jean-Félix Acquaviva, M. Michel Castellani, M. Jean-Michel Clément, Mme Frédérique Dumas, M. Olivier Falorni, Mme Sandrine Josso, M. François-Michel Lambert, M. Jean Lassalle, M. Paul Molac, M. Bertrand Pancher et Mme Sylvia Pinel.

Groupe La France insoumise (17), Contre 17 : Mme Clémentine Autain, M. Ugo Bernalicis, M. Éric Coquerel, M. Alexis Corbière, Mme Caroline Fiat, M. Bastien Lachaud, M. Michel Larive, M. Jean-Luc Mélenchon, Mme Danièle Obono, Mme Mathilde Panot, M. Loïc Prud’homme, M. Adrien Quatennens, M. Jean-Hugues Ratenon, Mme Muriel Ressiguier, Mme Sabine Rubin, M. François Ruffin et Mme Bénédicte Taurine.

Groupe de la Gauche démocrate et républicaine (16), Contre 14 : Mme Huguette Bello, M. Moetai Brotherson, M. Alain Bruneel, Mme Marie-George Buffet, M. André Chassaigne, M. Pierre Dharréville, M. Jean-Paul Dufrègne, Mme Elsa Faucillon, M. Sébastien Jumel, M. Jean-Paul Lecoq, M. Jean-Philippe Nilor, M. Stéphane Peu, M. Fabien Roussel et M. Hubert Wulfranc.

Non-inscrits (20), Contre 10 : M. Louis Aliot, Mme Delphine Bagarry, M. Bruno Bilde, M. Sébastien Chenu, M. Nicolas Dupont-Aignan, M. José Evrard, Mme Marine Le Pen, M. Nicolas Meizonnet, M. Ludovic Pajot et M. Joachim Son-Forget.

La Chine s’amuse

En période de pandémie planétaire, le Café du commerce international est en pleine activité. Ce fameux coronavirus est parti, a priori, de la ville de Wuhan en Chine. Le président américain l’a donc requalifié de « virus chinois » ce qui a tendance à légèrement énerver les dirigeants de Pékin. Comme certains autres Etats occidentaux en profitent également pour émettre des doutes sur la gestion de cette maladie par la Chine : aurait-elle déclaré ou pas tous les morts ? Le virus ne se serait-il pas échappé par accident d’un de ses laboratoires ? Et patati et patata. Bref, « des gouvernants de rencontre ont pu capituler, cédant à la beaufitude, oubliant l’intelligence, livrant le pays à l’abrutissement[1] ».

La Chine se défend avec la subtilité d’un nunuche de 8 ans dans une cour d’école primaire, un porte-parole du ministre des affaires étrangères accuse à son tour les Etats-Unis d’avoir diffusé le virus et les ambassadeurs chinois relaient la petite guéguerre. Un passage sur le site de l’ambassade de Chine permet de s’en persuader :

Certains présomptueux ont affirmé que « tant que le gouvernement garantira son bonheur et sa sécurité, le peuple chinois tolèrera ce régime autoritaire », mais que l’épidémie « met à mal le contrat entre le peuple et le régime ». Quelle ânerie ! La vocation première et la mission originelle des communistes chinois a toujours été la recherche du bonheur pour le peuple, et de la renaissance pour la nation.
C’est un engagement solennel vis-à-vis de la population. Face aux difficultés, le parti communiste chinois s’est toujours tenu aux côtés de son peuple. Jamais il ne l’abandonnera et le peuple chinois lui fait entièrement confiance. Ceux qui tentent de discréditer le PCC et de créer la discorde entre le peuple et le Parti se condamnent à l’échec et à l’humiliation. Pardonnez ma question mais, la vocation des partis de gouvernement en Occident est-elle autre que d’œuvrer pour le bonheur et la sécurité de leurs peuples ?

Chine Magazine 01/03/2020

Or, dans le même temps, en Occident, on a vu des politiciens s’entre-déchirer pour récupérer des voix ; préconiser l’immunisation de groupe, abandonnant ainsi leurs citoyens seuls face à l’hécatombe virale; s’entre-dérober des fournitures médicales ; revendre à des structures privées les équipements achetés avec l’argent public pour s’enrichir personnellement ; on a fait signer aux pensionnaires des maisons de retraite des attestations de « Renonciation aux soins d’urgence »; les personnels soignants des EHPADs (* *)ont abandonné leurs postes du jour au lendemain, ont déserté collectivement, laissant mourir leurs pensionnaires de faim et de maladie ; on a vu le Commandant d’un porte-avions demander à ses supérieurs l’autorisation d’accoster pour permettre à des marins infectés d’être traités à terre. Il a été limogé…, et j’en passe. Et pourtant, je n’ai pas vu beaucoup de reportages ou d’enquêtes approfondies des grands médias occidentaux révélant ces faits. Ces médias et ces experts, tant épris d’objectivité et d’impartialité, ont-ils donc une conscience ? Ont-ils la déontologie ?

Ambassade de Chine 12/04/2020

Le mieux serait que tous ces dirigeants bien payés par leurs contribuables, à l’Ouest comme à l’Est, fassent leur boulot au lieu de parader dans les médias pour savoir qui a « la plus grosse ». La Chine se serait honorée à ne pas répondre à cette querelle de bas étage mais à laisser parler les faits. Outres quelques centaines de milliers de morts, le coronavirus aura fait une nouvelle victime : l’intelligence collective des dirigeants politiques de la planète. Heureusement, les échos reçus du monde scientifique semblent démontrer que la collaboration entre scientifiques mondiaux est bonne et menée sur des bases de transparence et de sens de l’intérêt général, du moins pour ceux d’entre eux qui travaillent dans leurs laboratoires et non sur les plateaux télévisés.


[1] Inspiré par Mongénéral

Les ploucs de la République

En cette période de crise sanitaire la lecture de quelques comptes Twitter de responsables franchouillards est assez édifiante, voire légèrement déprimante sur les bords. Les habituels bons clients : les Eric Ciotti, Gilbert Collard, Christine Boutin, entre autres, se déchaînent. Plus ou moins confinés comme le reste de la population, ils semblent passer encore plus de temps que d’habitude à répandre critiques et insultes en 140 signes contre « ce gouvernement d’incapables »[1] en n’oubliant pas de publier aussi leur bobine en tête de gondole histoire de se rappeler au bon souvenir de leurs lecteurs. Et comme tous ces personnages bénéficiant manifestement de beaucoup de temps libre se retwitte les uns les autres avec enthousiasme on a un peu l’impression que ce média est saturé par toute la ploucitude politique dont des élus de la République, rémunérés par les contribuables, sont capables.


[1] Nadine Morano Tweet du 26 mars

Polémiques vaines, nombrilisme renforcé, critiques gratuites, injures déplacées, on a parfois envie de donner les clés du pouvoir à ces  donneurs de leçon pour les voir à l’œuvre ! Cette irresponsabilité de certains attise la tendance naturelle de Mme. Michu à vouloir couper des têtes des responsables qu’elle a élus. Elle cache aussi, bien malheureusement, le fait que la majorité des français se décarcassent pour vivre et participer à cette cause nationale de la lutte contre l’épidémie. Comme toujours en France, une minorité organisée et médiatisée arrive à semer un trouble nuisible dans la République. Décidément, on a bien les dirigeants que l’on mérite.

Éric Ciotti fait son show

Alors que le monde est soumis à une pandémie de « coronavirus » partie de Chine et progressant doucement vers l’Europe, les autorités de santé des différents pays occidentaux prennent calmement les mesures qui s’imposent en pareilles circonstances pour essayer de limiter les dégâts potentiels de cette situation. Cette question de santé publique devrait en principe être gérée dans le consensus politique mais nous sommes en France donc, bien évidemment, le microcosme politicard en profite pour faire son show. Éric Ciotti, député des Alpes Maritimes sous l’étiquette Les Républicains, est un habitué de ce genre de propagande nombriliste et cette fois-ci encore il est le premier à dériver avec des tweets dispensables :

Plutôt que de se mettre en avant sur son inutile compte twitter, le mieux serait sans doute qu’Éric Ciotti appelle au téléphone le ministre de la santé pour organiser une réunion de travail entre leurs administrations respectives ! Mais non, il préfère se mettre en scène sur les réseaux dits sociaux au lieu de faire le travail pour lequel il est payé par le contribuable.

Mais à quoi peut donc bien servir un tweet d’Éric Ciotti sur le coronavirus ?

Irresponsables !

L’opposition a déposé 20 000 amendements devant la commission parlementaire en charge de l’examen du projet de loi de réforme des retraites. Cette commission n’a pu examiner que la moitié d’une telle quantité d’amendements et le projet de loi est présenté dans sa version initiale à l’assemblée nationale. Cette fois-ci les partis d’opposition ont déposé 40 000 amendements, revendiquant ouvertement leur volonté de blocage du projet. Ce n’est pas la première fois que de tels comportements parlementaires se déroulent mais on est chaque fois surpris de ce dévoiement du règlement du Parlement.

La démocratie pour le moment est bonne-mère et supporte ces enfantillages sans broncher, quitte à renforcer régulièrement les modes de fonctionnement de l’Assemblée nationale pour encadrer ces dérives et, donc, limiter la capacité de parlementaires irresponsables à bloquer les débats. A plus long terme le risque est que les jeunes générations se découragent de cette démocratie relativement faible face à ces comportements et se tourne vers les « démocratures ». Le mouvement est d’ailleurs déjà plus ou moins en route.

Dans quel monde vivent les journalistes ?

Les plateaux télévisés ressassent à l’infini l’un des arguments de l’avocat de Griveaux-nunuche comme quoi le russe-délinquant qui a mis en ligne la vidéo sexuelle du nunuche a forcément été manipulé car il n’aurait pas pu construire un site internet sans un appui technique extérieur, notamment car il parle mal le français. Mais dans quel monde vivent ces gens ?

Il suffirait qu’ils parlent cinq minutes à leurs enfants pour apprendre que l’on peut monter un site web en trois clics via un nombre infini de plateformes pour n’importe quel internaute sans aucune compétence technique, en multi-langues et pour un coût d’hébergement de quelques euros par an… Et si l’on veut un site internet un peu plus sophistiqué, il existe nombre de logiciels libres en « open sources », gratuits, dont le langage de programmation est en anglais international qui peut très bien être mis en œuvre par des débutants. Bien entendu il existe aussi très certainement des logiciels en langue russe.

L’argument voulant aboutir à l’innocence du délinquant-russe manipulé par un complot mondial pour abattre… Benjamin Griveaux ne tient pas. Si complot il y eut, ce n’est pas pour des raisons techniques.

Lire aussi : Le plouc, la balance et le délinquant

Le plouc, la balance et le délinquant

Le candidat tête de liste de la majorité présidentielle pour les élections municipales à Paris le mois prochain, Benjamin Griveaux, a annoncé hier qu’il se retirait de la course par suite de la diffusion d’une vidéo sexuelle le concernant qui agite la communauté des réseaux dits sociaux depuis quelques jours. On y verrait ledit candidat se masturber en se filmant avec son téléphone portable sur Facebook live en échangeant des mots de circonstance sur un chat avec la destinataire de ce charmant scénario. On ignore qui est ce destinataire (femme ou homme ?) mais ce ne serait pas a priori son épouse légale. Elle (ou il) a sans doute ensuite balancé la vidéo à un activiste russe bénéficiant de l’asile politique en France, Piotr Pavlenski, qui revendique cette diffusion pour dénoncer « l’hypocrisie d’un politique » prônant la vie de famille dans Paris-Match et se comportant ensuite différemment. L’authenticité de la vidéo n’a pas été contestée par l’intéressé pour le moment, son avocat envisageant plutôt d’attaquer le russe pour diffusion d’information à caractère privé ce qui est un délit dans la République.

Le premier réflexe est évidemment de rigoler franchement devant cette incroyable poilade politico-pipole. Le second est d’attendre impatiemment la couverture du prochain Charlie-Hebdo de mercredi qui devrait être à la hauteur de cet évènement exceptionnel.

La troisième réaction est un peu plus triste devant cette décadence générale de toute une génération. Résumons l’affaire : un élu-nunuche de 42 ans, candidat-maire de Paris, mais à l’époque membre du gouvernement, en déplacement professionnel à l’été 2018 se masturbe le soir devant son téléphone mobile à destination d’une copine-balance, inconnue à ce jour, qui enregistre la scène, la balance à un repris de justice russe-délinquant de 35 ans, bénéficiant du statut de réfugié en France, qui décide de la publier sur Internet 18 mois plus tard pour perturber l’élection à la mairie de Paris ; ce qu’il réussit à faire puisque le nunuche est obligé de se retirer de l’élection.

Il y a dans cette affaire de pieds-nickelés toutes les déviances de notre société d’aujourd’hui : le nombrilisme, la perte de toute notion de l’intérêt général, l’irresponsabilité, l’immigration, le sexe, la traîtrise et, comme vecteur de toutes ces avanies : les réseaux dits-sociaux qui véhiculent l’infamie et le vide avec jouissance et rapidité ! Les mots manquent pour qualifier un tel enchaînement où la bêtise se dispute à l’abrutissement. Ils sont tous coupables dans ce maelström : le plouc, comme la balance comme le délinquant. Il n’y a pas de victime. C’est une nouvelle étape dans la beaufisation de notre société française. Que les quadras qui ont généré cette société et ces comportements pathétiques se débrouillent avec ce problème que les sexa ne savent plus résoudre.

En attendant, il est fortement recommandé de ne pas se masturber devant son téléphone mobile en chatant avec des correspondants.

Patrick Balkany va mieux!

Coco / Charlie-Hebdo (05/06/2019)

Patrick Balkany, 71 ans, repris de justice, maire de Levallois, vient de passer cinq mois en prison pour avoir été de nouveau condamné en première instance pour fraude fiscale. Il a été libéré hier pour raisons de santé graves selon une expertise judiciaire médicale. On parle de dépression et de mal au dos.

A priori l’ex-détenu va mieux car, libéré hier, il a passé une bonne partie de la journée d’aujourd’hui sur les chaînes d’information pour de longs entretiens donnés depuis sa propriété de Giverny. Les interviews ne sont pas très originales et l’on n’y apprend pas grand-chose de neuf si ce ne sont les conditions matérielles de sa vie derrière les barreaux, information d’un intérêt mineur.

Comme il n’en a pas vraiment fini avec les affaires judiciaires en cours d’appel, il n’est pas sûr que parader à la télévision dès le lendemain de sa libération pour « raisons de santé graves » soit très adroit ni très productif vis-à-vis des juges d’appel. Condamné à quatre années, il aura fait cinq mois pour le moment. Il n’est pas exclu qu’il doive retourner en prison au cas où sa condamnation serait confirmée, aggravée ou allégée en appel, même si cela paraît improbable.

Le mieux pour lui serait qu’il se repose et se montre discret. Sa présence à la télévision est fatigante pour lui, inutile pour les téléspectateurs et provocatrice pour ses juges.

Ségolène Royal martyre de la République

Kiro, Le Canard Enchaîné (18/11/2018)

Une investigation journalistique met en doute l’engagement réel de Ségolène Royal, 66 ans, dans son poste d’ambassadrice des Pôles artique et antartique. La querelle en soi n’a guère d’intérêt, l’intéressée se défend comme elle peut et devrait pouvoir prouver la réalité de son travail si effectivement un travail est effectué.

Non, la vraie question est plutôt de comprendre pourquoi différents gouvernements, de droite comme de gauche, veulent absolument « recaser » Ségolène. En 2013, sa désignation comme administratrice-vice-présidente et porte-parole de la Banque publique d’investissement (BPI) avait déjà déclenché une franche poilade. Manifestement peu intéressée par le poste, elle l’avait quitté au bout d’un an pour se reclasser comme ministre de l’écologie. Début 2017, elle échoue à se faire nommer administratrice du Programme de développement des nations-unies (PNUD). On la dit partante pour rempiler comme ministre de l’écologie après la victoire Macron en 2017, mais le maroquin lui passe sous le nez. Lot de consolation : elle devient ambassadrice des pôles, poste bénévole, pour lequel elle est en train d’expliquer ce qu’elle fait.

Plus amusant est la façon dont elle se défend. Son compte Twitter déborde de messages outragés du genre :

« Pourquoi maintenant ? Ça dérange que je sois en tête des sondages ?! Ça dérange que je mène des combats contre le #glyphosate ?!! »

https://twitter.com/RoyalSegolene

Mais où a-t-elle vu qu’elle serait « en tête des sondages » ? Des sondages de quoi d’ailleurs ? Il se murmure qu’elle se verrait bien candidate de la gauche réunifiée pour les élections présidentielles de 2022. Si l’on ne sait pas bien quel est son emploi du temps d’ambassadrice bénévole, il y a au moins une activité pour laquelle elle n’aura pas à prouver son engagement : celle de la diffusion de tweets insignifiants, voire extrêmement désagréables à l’encontre du gouvernement actuel, son employeur.

Florilège :

Comme bien d’autres, Ségolène Royal a fait son temps. Elle a passé les 66 ans en septembre dernier, soit deux ans de plus que le futur « âge d’équilibre » contre lequel elle se bat. Dans un genre plutôt iconoclaste, elle n’a pas vraiment démérité. Une fois à la retraite, la République l’oubliera rapidement et c’est aussi bien ainsi. Mais qui pourra bien convaincre Ségolène de faire valoir ses droits la retraite ? Dans le régime actuel, passé 67 ans l’employeur peut mettre à la retraite d’office ses salariés.

A quoi peut donc bien servir une Line Renaud ?

Le Monde-magazine publie en page de couverture une photo de Line Renaud, ancienne meneuse de cabaret âgée aujourd’hui de 91 ans, pour illustrer une interview de 7 pages d’un intérêt (très) limité. La Miss se vante d’avoir fréquenté tous les présidents de la République depuis Vincent Auriol, sauf MonGénéral qui avait plus important à faire, et Giscard dit d’Estaing qualifié de « snob et fin de race » par la starlette vieillissante. Mais tous les autres présidents se sont précipités pour couvrir Mme. Renaud de décorations républicaines et de cartes de bon client de leurs comités de soutien. On est un peu étonné de voir le temps perdu par tous ces hauts dirigeants (payés par les contribuables) avec cette « artiste » et on s’interroge sur ce qu’ils peuvent bien échanger avec elle, sinon un brevet de faire « populo » !

D’une façon plus générale on se demande à quoi une Line Renaud peut bien servir à la République ?

Eric Woerth ou le symbole de l’assèchement intellectuel de la droite classique

Nos avions quitté Éric Woerth sur sa critique de la diminution des emplois aidés et des aides au logement, ainsi que sa critique du projet de réforme du système de retraite à points, le voici revenu avec son programme détaillé pour la retraite du futur, toujours sur Tweeter bien entendu, qu’on en juge :

Il n’est pas certain qu’avec une si importante contribution intellectuelle la réforme n’avance beaucoup ni rapidement. Éric Woerth incarne de manière bien pathétique cette espèce de critique pavlovienne qui s’empare de l’opposition dès qu’elle n’est plus au pouvoir. De fait, la majorité actuelle mène une politique économique libérale et réformatrice qui, grosso-modo, a fait partie de tous les programmes électoraux de la droite ces dernières décennies mais aussi de la longue liste de ses promesses non tenues.

Éric Woerth, qui est par ailleurs président de la commission des finances de l’assemblée nationale et ex-ministre du budget sous la présidence Sarkozy, n’arrive pas à réfréner cette maladie de l’opposition systématique hors de toute réflexion et intelligence. C’est dommage, il ne se montre pas à la hauteur de sa présidence de commission ni de son passé d’ancien ministre. Il passe en tous cas beaucoup trop de temps à tweeter des messages insipides, temps qu’il ferait mieux de passer à travailler, peut-être pour proposer un contre-projet de réforme des retraites ?

Le garçon a 63 ans et il va falloir l’accompagner maintenant jusqu’à sa retraite bien méritée. Il n’aura pas fondamentalement démérité mais ne laissera pas un souvenir impérissable dans la vie politique française. Ce n’est dramatique non plus et la France s’en remettra.

Privatiser ou ne pas privatiser

Encore un débat franchouillard inutile : la République prévoit des modifications dans la gestion de ses actifs comme le fait très normalement tout détenteur d’un patrimoine. Un projet déclenche un hourvari général de l’opposition, de l’extrême gauche à son pendant d’extrême droite, en passant par les partis républicains placés au milieu : la poursuite de la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP), société déjà détenue à 49,4% par des acteurs privés qui possèdent donc 49,4% des infrastructures (pistes, terrains, etc.). Sur la forme il s’agit d’un mécanisme compliqué qui permettra à l’Etat de récupérer la pleine propriété des actifs au bout de 70 ans et de se repositionner alors sur la gestion de l’ensemble à confier à un nouvel opérateur ou à réintégrer dans le domaine public.

Tous les arguments et leurs contraires sont débités par les opposants professionnels qui s’agitent dans les couloirs du parlement pour tenter de nuire au gouvernement en place. On voit même la droite demander l’annulation de cette privatisation alors qu’elle a de tous temps promu les privatisations après s’être opposée aux nationalisations « idéologiques » réalisées à différentes reprises par la gauche. Laurent Wauquiez, l’ex-chef de Les Républicains, après avoir soutenu récemment les émeutiers en gilet jaune, s’être opposé à la baisse des emplois aidés décidée au début du quinquennat actuel, conteste maintenant la privatisation d’ADP en déclarant « …on brade les bijoux de famille pour boucher les trous budgétaires ». Oui, c’est tout à fait et il faut effectivement boucher l’abysse du déficit budgétaire alors la République, comme tout ménage qui serait dans la même situation, va, non pas « brader », mais monétariser quelques-uns de ses actifs pour essayer de se renflouer. C’est un comportement responsable. Le produit de cette opération, à laquelle s’ajouteront les privatisations de la Française des Jeux et d’Engie (ex-Gaz de France), doit venir doter un fonds pour l’innovation.

Peut-être que le parti Les Républicains ne doit pas chercher beaucoup plus loin la raison de la baisse significative de ses scores électoraux. Il arrive un moment où les retournements de vestes et autres reniements opportunistes ont tendance à perdre l’électeur, voir à le faire fuir !

L’élément nouveau dans cette affaire est le regroupement improbable de parlementaires opposés (du parti communiste à Les Républicains) pour déclencher un référendum d’initiative partagée (RIP) tel que prévu dans la Constitution et bloquer ainsi le processus en cours. C’est la première fois qu’un tel référendum serait ainsi mis en œuvre à l’initiative du parlement et des citoyens, si toutefois 10% du corps électoral en signe la demande, ce qui fait plus de 4 millions de citoyens. Si la démarche réussit, cela démontrerait par l’absurde que finalement cette procédure de RIP peut être déclenchée si « le peuple » en manifeste la volonté et qu’elle n’a pas vraiment besoin d’être réformée comme le réclame à cor et à cri. Pour le moment il suffit de cliquer sur une plateforme ouverte par l’administration, ensuite il faudra tout de même se déplacer physiquement et voter pour ou contre.

D’ici là, le processus de privatisation de cette société est bloqué en attendant (i) de savoir si 4 millions d’électeurs veulent l’organiser le référendum et (ii), en cas de réponse est positive, ce que votera in fine le corps électoral dans son ensemble. Ainsi va le cheminement tortueux de notre vieille démocratie.

Le bal des traîtres bat son plein !

A la suite des mauvais résultats enregistrés aux dernières élections européennes par les partis de gouvernement français traditionnels, le bal des traîtres a débuté. Les plus emblématiques dans la couardise politique et l’absence de convictions se trouvent sans conteste chez Les Républicains. Après la démission de leur chef Laurent Wauquiez dont le moins que l’on puisse dire est qu’il ne fut point trop efficace à l’occasion de cette élection, Valérie Pécresse, toujours un pied dedans un pied dehors depuis des mois, a finalement franchi le pas et sauté à pieds joints en dehors du parti pour une destination assez floue pour le moment.

Voilà qu’aujourd’hui 72 élus Les Républicains publient une tribune pour annoncer leur soutien au parti majoritaire et au président de la République. A gauche ce n’est guère plus brillant et La France Insoumise affronte également une vague de départs et de contestations répandue sur la place publique et dans les réseaux dits sociaux.

C’est la débâcle ! Comme la banquise qui se désagrège au printemps dans le golfe du Saint-Laurent, les élus déboussolés se noient, se percutent et se déchirent, cherchant vers quel rivage se diriger. On mesure mal ce qui relève dans ce comportement de convictions mollassonnes ou, plus prosaïquement, de la volonté de se rapprocher d’une écurie plus susceptible d’assurer leurs réélections aux prochaines échéances. Après tout c’est leur job qui est en jeu et quand il faut nourrir ses enfants à la fin du mois on hésite moins à tourner sa veste.

Ce que semble entériner ces fuites en rase campagne c’est la congélation du débat dans ces partis et le renoncement des impétrants à pouvoir le changer de l’intérieur. Les dinosaures continuent à phagocyter le pouvoir et les idées sans volonté de partage. Les jeunes générations politiques n’arrivent pas à les pousser dehors et on a vu avec consternation les Nadine Morano et autres Brice Hortefeux être élus députés européens la semaine dernière. Les fuyards abandonnent le navire et on ne sait pas encore sur quel bateau ils vont déposer leurs paquetages. Ces partis contestés ont encore des fans et des militants. Ils vont se recentrer sur leurs valeurs basiques, renouveler leurs dirigeants les plus visibles et, s’ils font preuve d’un peu d’intelligence et d’humilité, survivre à la tempête. Qui sait si dans dix ans la République n’aura pas un président Les Républicains ? En attendant, le radeau de la méduse dérive un peu pour trouver un abri !