Afghanistan : le groupe Etat islamique n’aime pas les Talibans

Des attentats continuent à se produire régulièrement en Afghanistan désormais gouverné par les religieux musulmans Talibans de tendance sunnite et qui se heurtent au groupe Etat Islamique (EI), lui aussi de tendance sunnite mais en plus extrémiste. Des attentats sanglants plus ou moins revendiqués par l’EI ont lieu avec régularité, visant plus particulièrement les écoles de la communauté afghane hazara de tendance chiite. Encore hier des bombes ont été jetées contre des gamins sortant de l’école dans un quartier hazara de Kaboul. Massacrer des enfants chiites pour troubler le pouvoir sunnite semble être le but de terrorisme de l’EI en Afghanistan.

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Cerise sur le gâteau, le Pakistan frontalier qui avait jusqu’ici toujours soutenu les Talibans semble maintenant se retourner contre eux car l’Afghanistan abrite d’autres groupes terroristes religieux qui s’en prennent au Pakistan qui a construit une clôture de 2 000 km pour protéger son territoire.

Pas sûr que l’Afghanistan n’évolue rapidement vers une démocratie apaisée et un développement économique vigoureux à court terme…

L’Eglise orthodoxe russe dans la guerre

La religion est aussi un point de divergence entre la Russie et l’Ukraine, deux pays majoritairement orthodoxes. L’organisation de l’église orthodoxe est particulièrement complexe et il faut être un spécialiste pour s’y retrouver dans l’organigramme et comprendre la sémantique propre à cette religion : l’autocéphalie, le primat, le métropolite, le tomos, etc. On comprend malgré tout qu’il s’agit d’une religion chrétienne au sein de laquelle le port de la barbe est signe de pouvoir.

En 2018, à l’issue d’un processus un peu mystérieux pour les néophytes l’Eglise orthodoxe d’Ukraine devient la 15ème église autocéphale orthodoxe, c’est-à-dire indépendante de l’église de Moscou, sans que l’on sache vraiment ce que cela change pour les croyants sinon leur procurer un sentiment d’indépendance vis-à-vis du patriarcat la Russie. C’est le patriarche de Constantinople, le grand chef de tous les orthodoxes, qui a accordé ce nouveau statut.

Le chef de l’église orthodoxe russe, le patriarche Kirill, est plutôt proche du Kremlin ce qui ne manque pas de sel quand on sait que le président russe est un ancien officier du KGB de l’ère soviétique, période où la religion était considérée comme une idéologie « opium du peuple » incompatible avec le dogme marxiste… Aujourd’hui Monsieur Kirill apporte sa caution religieuse la guerre de la Russie contre l’Ukraine, contre « les forces du mal ». Il voit dans cette offensive la possibilité de rétablir « l’unité spirituelle » des Russes et des Ukrainiens qui seraient « un seul peuple ».

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Une église engagée dans une guerre c’est un peu le retour au Moyen-Age, comme d’ailleurs cet affrontement entre la Russie et l’Ukraine. Nous en sommes là !

Une après-midi à la cour d’assises

Riss (Charlie-Hebdo 01/06/2016)

Le procès de cour d’assises contre les accusés des attentats religieux de Paris du 13/11/2015 se tient au palais de justice de l’Ile de la Cité depuis plusieurs mois et en principe jusqu’au mois de juin 2022. Il est ouvert aux citoyens qui peuvent suivre les débats en vidéo depuis une petite salle d’audience dans les sous-sols de ce palais tentaculaire, prévue pour une cinquantaine de personnes. Le palais de justice est cerné par des barrières et des forces de sécurité lourdement armées, l’entrée des visiteurs et auditeurs est contrôlée mais libre. Dans la salle vidéo ouverte au public, des gendarmes armés patrouillent pour rappeler poliment à l’ordre les contrevenants qu’il est interdit de filmer, d’enregistrer ou de photographier les débats. La justice doit rester sereine et équitable, le procès quant à lui est officiellement filmé compte tenu de sa spécificité comme l’ont été ceux du nazi Klaus Barbie ou des attentats contre Charlie-Hebdo et l’Hyper-casher de janvier 2015.

Ce 25 janvier après-midi est consacré à l’interrogatoire du pakistanais Muhammad Usman qui faisait partie de la « sélection » faite en Syrie de quatre religieux envoyés en France pour participer aux attentats du 13 novembre : deux iraquiens qui se feront exploser au Stade de France, Adel Haddadi, algérien qui a refusé de comparaître à l’audience d’aujourd’hui et M. Usman présent dans sa cage de verre devant la cour. Le crâne glabre, la barbe en partie couverte par le masque sanitaire, la cicatrice au front, caractéristique des musulmans qui se prosternent à terre depuis des années pour prier, il est habillé à l’européenne et est aidé par une traductrice mais répond parfois en français aux questions de la cour.

La séance s’ouvre sur la contestation du versement récent au dossier de pièces à charge de l’accusé, établissant sa participation à la guerre djihadiste en Syrie, dont une vidéo fournie par les services de renseignement américains où l’on voit l’accusé porteur d’une « arme longue », quelques autres « preuves de guerre » et un renseignement collecté lors de sa détention en France par le renseignement pénitentiaire. Les avocats de la défense, et même certains des parties civiles, plaident pour le rejet de ces pièces délivrées bien après la fin de l’instruction et dans des conditions qui les rendent, d’après eux, peu compatibles avec le code de procédure pénale français.

Evidemment l’avocate générale souhaite les retenir et cite les références juridiques qui les rendent acceptables. Nous parlons des zones de guerre irako-syriennes et ce n’est effectivement pas un officier de police judiciaire placé sous l’autorité d’un juge d’instruction qui a récupéré ces preuves à Raqqa, mais des soldats sous la mitraille. Ce n’est pas tout à fait pareil L’avocate générale explique également l’existence de cette vaste base de données destinée à centraliser les preuves de guerre récupérée sur le terrain afin de documenter ce qui s’y passe et de poursuivre les coupables le moment venu. D’origine américaine, cette base est accessible à une vingtaine de pays qui peuvent y piocher de la documentation nécessaire à leurs actions judiciaires. On ne condamne pas un accusé sur base de ces documents mais ils peuvent aider à comprendre. La cour se retire ensuite plus d’une heure pour statuer sur la recevabilité de ces pièces, qu’elle approuvera. L’accusation prend acte de la décision en précisant qu’en conséquence l’accusé ne répondra à aucune question concernant ces pièces.

Le groupe Etat islamique se voulait un proto-Etat et a documenté son action de façon assez précise. Il a été retrouvé des feuilles d’enrôlement du personnel, de multiples vidéos d’exactions commises par ses membres et permettant ainsi de les identifier, des millions de messages sur les réseaux dits « sociaux » permettant d’impliquer les auteurs et les destinataires… Un matériel d’une grande utilité pour les procès en cours dans différents pays ayant été attaqués par le groupe terroriste.

Au retour de la cour, démarre l’interrogatoire de l’accusé Usman mené par le président. Il s’agit de retracer son parcours et, surtout, de comprendre si la poursuite de sa route vers l’Europe, même après que les attentats de 13 novembre se soient déroulés, était motivée par une nouvelle mission terroriste ou pas. Ayant déjà subi 8 interrogatoires judiciaires en Autriche et en France, le président revient sur ses déclarations, souvent contradictoires, qu’il n’hésite d’ailleurs pas à contester de nouveau devant la cour. Il aurait étudié durant six ans dans une madrassa au Pakistan puis aurait été radicalisé et recruté par le groupe Etat islamique sur Internet.

­- Avez-vous étudié le Coran en langue arabe ?
– Oui, mais je ne comprenais pas tout.

Une entraide judiciaire avec le Pakistan a permis à la cour de recevoir des informations des services de renseignement locaux affirmant qu’Usman aurait fait partie d’un groupe islamiste violent pakistanais dans lequel il aurait été formé par des talibans. L’accusé conteste mais admet que son recruteur Internet l’avait persuadé que les musulmans devaient rejoindre le théâtre irako-syrien car c’est là que l’on pouvait vraiment vivre en accord avec le Coran. Pour ce faire il lui transmet des vidéos dans lesquelles on lapide les femmes adultères, on pousse les homosexuels depuis un sixième étage, on coupe les mains des voleurs…

Avez-vous été choqué par ces images ?
Non, mais à l’époque j’étais jeune. J’ai fait confiance à Abbou [le recruteur] et peut-être avait-il pris le contrôle de mon cerveau. J’étais un musulman normal, c’est lui qui m’a radicalisé.

Il prend donc la route de l’Iran, puis de la Turquie pour atteindre Raqqa en Syrie, puis Falloujah en Iraq, avant de revenir à Raqqa, passant pour ce faire dans les mains de passeurs.

Que faisiez-vous fait à Falloujah ?
On ne m’a rien donné à faire alors je restais à la maison et j’allais à la mosquée.
Pourtant vous avez déclaré que vous aviez participé à des combats !
… je ne sais pas…
Et qu’avez-vous fait à votre retour à Raqqa ?
Je n’ai rien fait non plus, et jamais combattu.
Vous voulez dire que vous avez fait tous ces voyages depuis le Pakistan, pris des risques, dépensé votre argent pour, finalement, lire le Coran dans un appartement ?
… oui, je ne sais pas…

A Raqqa les chefs du groupe Etat Islamique le sélectionne avec deux Iraquiens et un Algérien pour mener une mission en France.

Saviez-vous où était située la France ?
Non, je ne savais pas.
Saviez-vous quelle était la nature de la mission ?
Non, je ne savais rien mais je voulais juste une revanche contre la France qui bombardait des femmes et des enfants en Syrie.
Avez-vous vu des blessés par des avions français ?
Non, mais j’en ai vu sur des vidéos.

Une fois l’équipe des quatre terroristes constituée, munie de faux passeports syriens, elle part à l’été 2015 vers la Turquie pour prendre une embarcation de fortune qui la mène sur l’ile grecque de Kos. Là, les autorités douanières grecques ont identifié qu’Usman ne parlait pas arabe bien que détenteur d’un [faux] passeport syrien et ne l’ont pas autorisé à poursuivre sa route. Son collègue algérien est également bloqué pendant que les deux Iraquiens peuvent continuer. Ils se feront exploser le 13 novembre au Stade de France. Sur quatre terroristes munis de faux passeports tentant de profiter des flux d’immigration vers l’Europe, deux ont été arrêtés et les deux autres ont réussi à rejoindre Paris pour participer aux attentats sanglants du 13 novembre. Ça aurait pu être pire…

Usman est retenu un mois à Kos avant de pouvoir reprendre sa route avec son comparse Algérien, ils atteignent un camp de réfugiés en Autriche quelques jours avant le 13 novembre, puis :

J’ai appris ce qui s’était passé en France et j’ai été choqué, si j’avais su j’aurais refusé de participer à la mission. Maintenant j’avais reçu des papiers autrichiens, je voulais travailler un peu pour retourner chez moi.
Mais pourtant vous aviez reçu de l’Etat islamique un téléphone et de l’argent lorsque vous étiez en Grèce pour vous permettre de continuer la mission vers la France ?
Oui mais je ne savais pas les détails. J’ai accepté lorsque j’étais en Grèce mais après avoir découvert ce qui avait été commis le 13 novembre, j’ai renoncé. Je ne savais que ce serait un aussi « grand attentat ».
Jusqu’à combien de morts auriez-vous considéré qu’il s’agissait d’un « petit attentat » auquel vous auriez pu participer ?
… je ne savais rien…

Après un mois dans un camps de réfugiés, Usman est arrêté par la police autrichienne mi-décembre 2015, son téléphone est expertisé :

On a trouvé des traces de consultation de sites pornographiques, de sourates du Coran et des communications avec le Pakistan qui ont été effacées !
Ce n’est pas moi qui ai fait ces consultations, je prêtais aussi mon téléphone pour rendre service.

Il est 20h, le président annonce une pause de 15 minutes.

Manifestement la conviction de l’accusation est que le groupe Etat islamique avait missionné M. Usman pour continuer la route vers l’Europe et être disponible pour un autre attentat qui était peut-être déjà dans les cartons à Raqqa. L’accusé s’en défend, se présentant comme un pion dans un jeu dont il ne maîtrisait aucun des fils. Le hasard, et la police grecque, ont fait qu’il n’a pas formellement participé aux attentats du 13 novembre pour lequel il était probablement programmé. Il y a des doutes, bien sûr, mais en matière d’attentats terroristes islamiques, le doute ne profite que rarement aux accusés tant les comportements de ceux-ci ont maintenant été cernés et leur obsession de destruction de la civilisation occidentale est maintenant documentée.

L’auditeur est frappé par le volume et la qualité du travail d’information qui a été mené depuis toutes ces années pour reconstituer les vies et les actions des acteurs de l’Etat islamique. Outre les opérations militaires menées par la coalition internationale dans la zone irako-syrienne pour réduire les forces islamiques, les systèmes judiciaires et les services de renseignement des pays attaqués ont œuvré avec efficacité pour comprendre et démonter cette menace religieuse et protéger ainsi leurs citoyens.

Muhammad Usman est en détention préventive depuis juillet 2016, il connaîtra sa condamnation dans quelques mois. Une procédure d’appel lui sera également offerte, comme au parquet d’ailleurs, s’il l’estime nécessaire. Il a été interrogé toute cette après-midi par un président parfois un peu goguenard face à ses multiples revirements mais toujours avec courtoisie, prenant acte de ses contradictions et de ses silences.

En parcourant vers la sortie les couloirs déserts du palais de justice en ce début de soirée, le citoyen auditeur se sent rassuré de vivre dans un pays capable d’abolir la peine de mort et de déployer de tels efforts judiciaires (financés par les contribuables) pour rendre la justice « au nom du peuple français », même face à la barbarie la plus extrême, et il médite cette maxime dont il n’arrive plus à se remémorer qui l’a prononcée ni à quelle occasion :

Les crimes les plus extraordinaires doivent être jugés par la justice la plus ordinaire.

La Basilique Saint-Pierre

Quel bâtiment ! Quelle puissance historique ! Quel monument culturel ! Quelle richesse incalculable ! La Basilique Saint-Pierre de Rome est un choc pour les visiteurs éblouis qui circulent dans cette magnificence dédiée aux papes, à la religion et à Dieu. Tout est gigantesque et impressionnant, les marbres, les statues, les plafonds et… la Pietà de Michel-Ange bien sûr. On peut préférer le minimalisme des églises romanes mais on ne peut manquer d’être percuté par ce monument.

Même le défunt président de la Côte d’Ivoire fut impressionné par sa visite à Rome puisqu’il fit construire une réplique exacte de la basilique dans la brousse ivoirienne, à Yamoussoukro, son village natal. Personne n’a pu arrêter ce projet dispendieux et mégalomaniaque dans un pays en développement, et même le pape Jean-Paul II s’est cru obligé d’aller la bénir, en 1990. Déplorable symbole du mauvais développement…

Voir aussi : Rome

Le Caravage dans les églises de Rome

Caravage – Saint Agostino
Saint-Luigi dei Francesi

Saint-Luigi dei Francesi est l’église fréquentée par les Français chrétiens de Rome et… les touristes venant admirer les œuvres du Caravage. A quelques pas de là, une très belle Vierge à l’enfant du même Caravage trône dans l’église Saint-Agostino.

Saint-Luigi dei Francesi

Voir aussi : Rome

Terrorisme intra-religieux en Afghanistan

Les attentats meurtriers revendiqués par le groupe « Etat islamique » se multiplient en Afghanistan et font des dizaines de morts civils, généralement aux abords des mosquées, le vendredi jour de prières. Il semble que les cibles soient d’abord les talibans de retour au pouvoir dans ce pays, accusés d’avoir trahi la cause islamiste, et, plus particulièrement, la minorité chiite de la population considérée comme mécréante par l’Etat islamique.

Rappelons de quoi nous parlons :

  • Les musulmans chiites pensent que le successeur légitime du prophète Mahomet (mort en 632) est Abou Bakr qui deviendra effectivement calife
  • Les musulmans sunnites chiites pensent que le successeur légitime du prophète Mahomet est Ali, son gendre et fils spirituel

Pour ne pas être en reste, précisons que :

  • Les chrétiens pensent que Jésus est leur prophète avec des variantes entre ceux qui croient à la sainte-vierge et ceux qui n’y croient pas
  • Les juifs pensent que Jésus n’est pas leur prophète et attendent toujours leur messie
  • Les yézidistes croient en un Dieu qui façonna le monde comme une grosse perle blanche qu’il brisa et dont les éclats formèrent le ciel, la terre et la mer
  • Les zoroastriens considèrent que leur Dieu n’a pas besoin d’adoration, pas besoin d’intermédiaires
  • Etc. etc…

Tous croient à la vie éternelle au paradis où chacun rejoindra son Dieu. Mais en attendant, au nom de celui-ci, on sème la mort et la désorganisation sur une bonne partie de la planète.

L’Etat islamique qui attaque les Talibans en Afghanistan, c’est un peu l’hôpital qui se moque de la charité. Cela prêterait à sourire s’il ne s’agissait de massacres d’un autre âge. Le risque est évidemment que ces derniers pactisent avec leurs attaquants et recrée un Etats terroriste comme ce fut le cas entre 1996 à 2001. Si cela survenait et mettait en jeu la sécurité du monde il faudrait de nouveau envisager une application de la stratégie du « cassage de gueule ponctuel avec retour rapide au bercail » et on peut imaginer que la Russie et la Chine qui sont aux premières loges dans la région et directement concernées par les troubles qui pourraient déteindre sur leurs populations de confession musulmane veilleront attentivement à l’évolution de la situation, d’autant plus qu’elles ont marqué leur ouverture à coopérer avec l’Afghanistan taliban après la retraite occidentale.

Gageons néanmoins que les Talibans vont réagir avec les méthodes de combat efficaces qu’on leur connaît et il n’est pas dit qu’ils ne soient pas en mesure de réduire cette rébellion tous seuls comme des grands !

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A Lyon

Musée des Confluences à Lyon

Au musée des Confluences de Lyon une exposition « Jusqu’au bout du monde – regards missionnaires » aborde les histoires de ces missions religieuses envoyées par l’occident à travers le monde pour l’évangéliser avec plus ou moins de succès.

« Ne mettez aucun zèle, n’avancez aucun argument pour convaincre ces peuples de changer leurs rites, leurs coutumes et leurs mœurs à moins qu’elles ne soient évidement contraires à la religion et à la morale. Quoi de plus absurde de transporter chez les Chinois, la France, l’Espagne, l’Italie ou quelque autre pays d’Europe ? »

Instruction de la Congrégation de la Propagande Fide, 1659

C’eut été bien que les puissances occidentales méditent cette réflexion avant d’aller envahir les tropiques ces derniers siècles. Vous remplacez « à moins qu’elles ne soient évidement contraires à la religion et à la morale. » par « à moins qu’elles ne soient évidement contraires à la démocratie et aux droits de l’homme » et vous avez l’explication des batailles perdues des XXème et XXIème siècle. La récente défaite occidentale en Afghanistan illustre jusqu’à l’excès l’absurdité de ces errances politico-militaires.

Sauve qui peut en Afghanistan

Alors que les opérations d’évacuation des occidentaux et de leurs supplétifs d’Afghanistan se terminent sur l’aéroport de Kaboul, un attentat suicide commis ce 26 août a fait une centaine de morts dont une quinzaine de soldats américains qui en contrôlaient les accès, et de nombreux blessés. Ce massacre a été revendiqué par le groupe religieux Etat islamique qui s’avère un ennemi féroce des occidentaux mécréants, mais aussi des Talibans musulmans, sunnites également. Il existerait quelques subtilités théologiques entre ces deux groupes mais les uns et les autres s’avèrent des habitués des attentats contre leurs populations civiles et les intérêts occidentaux. Les Talibans seraient nationalistes et se contenteraient de gérer leur pays, le groupe Etat islamique serait internationaliste et chercherait à étendre ses croyances au monde entier. Les Talibans ont un drapeau blanc avec des caractères arabes imprimés en noir, l’Etat islamique a un drapeau noir avec des caractères arabes imprimés en blanc. Tout est dit !

Et là, l’observateur commence à se perdre… Mais pourquoi donc un mouvement religieux sunnite mène des opérations barbares contre un autre mouvement religieux sunnite alors que tous deux respectent les mêmes règles, celles de charia, la loi religieuse du Coran ? Sauf les spécialistes du sujet, personne n’y comprend grand-chose mais l’Etat islamique commettant des attentats suicides contre les Talibans c’est un peu l’hôpital qui se moque de la charité ! Ce serait même risible s’il ne s’agissait de milliers de morts dans une population qui n’en peut mais !

Le retrait des armées occidentales de l’Afghanistan va laisser les deux idéologies sunnites face-à-face. L’avenir devrait être violent et le trafic international du pavot qui est quasiment la seule ressource du pays risque de flamber.

Vous avez aimé Saigon, vous adorez Kaboul !

Une nouvelle défaite de l’occident en Asie

Ça y est : le mouvement religieux des « Talibans » (voulant dire « étudiants en religion ») a pris le pouvoir en Afghanistan, quasiment sans combattre, du fait de la peur qu’ils inspirent, de la complète démotivation des forces de sécurité de ce pays aux confins de l’Asie et du soutien d’une partie de la population opposée à l’occupation étrangère du pays depuis des décennies : des anglais aux troupes de l’OTAN en passant par les soviétiques !

En réalité, l’armée afghane n’a pas vraiment combattu contre les rebelles religieux voulant réinstaurer leur pouvoir sous l’ombrelle de la « charia », la loi du Coran. La dernière occupation étrangère qui vient de se terminer a été menée par les Etats-Unis d’Amérique en 2001 après les attentats terroristes religieux de New-York qui avaient consisté à faire écraser en même temps quatre avions de ligne et leurs passagers sur le territoire américain, un sur chacune des tours jumelles du « World Trade Centrer » de New-York qui se sont effondrées sous le choc, un sur le ministère de la Défense à Washington, le « Pentagone » et le dernier qui était probablement destiné à la Maison Blanche mais qui s’était écrasé dans une forêt, sans doute suite au mouvement de révolte des passagers. Les Etats-Unis avaient alors déclenché la clause de la charte de l’OTAN prévoyant la solidarité des pays membres en cas d’attaque d’un des leurs. Les forces militaires envoyées sur place avaient alors défait assez rapidement le régime taliban qui abritaient le mouvement terroriste religieux Al-Qaïda et son chef, Ben-Laden, qui avaient commis et revendiqué cet attentat d’un nouveau genre qui a fait plus de 3 000 morts.

Les religieux talibans, outre leur soutien au terrorisme international, avaient instauré entre 1996 et 2001 dans leur pays un strict régime islamique particulièrement contraignant pour les femmes et relevant d’un autre âge : interdiction de la musique, destruction d’œuvres artistiques dont les Bouddhas monumentaux de Bâmiyân, lapidation des femmes adultères, coupages des mains de voleurs, décapitation des criminels en place publique, etc. Ils annoncent leur intention de réinstaurer rapidement ces pratiques.

Comme souvent en ces circonstances, après sa victoire militaire en 2001 l’Occident s’était alors mis en tête de « démocratiser » ce pays en y instaurant sa vision de l’Etat. Comme toujours à l’est de la ligne Oder-Neisse, cette ambition s’est révélée un fiasco et, à la fin, aboutit au retrait piteux des occidentaux. Le parallèle avec la défaite et le retrait des Etats-Unis au terme de la guerre du Vietnam est troublant.

Le plus étonnant dans ces affaires n’est pas tant la défaite idéologique mais la constance avec laquelle les pays occidentaux s’ingénient à vouloir « faire le bien » autour d’eux en diffusant leurs conceptions de l’Etat à des populations qui n’en veulent pas vraiment et qui sont à mille lieux d’en accepter les contraintes. Cela n’a pas fonctionné durant la période coloniale, ni la période dé-coloniale, et cela ne semble pas plus adapté de nos jours.

Cerise sur le gâteau, les talibans qui avaient forgé leur unité à l’aune de la lutte antisoviétique dans les années 1980 auraient informé Moscou que ses diplomates ne seront pas inquiétés après la prise du pouvoir. La Chine les avait déjà reçus en grande pompe à Pékin avant même leur installation à Kaboul. Les autres pays sont en train d’évacuer leurs ressortissants en catastrophe ainsi que leurs affidés locaux pour leur faire échapper à la vengeance talibane.

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Ce nouvel échec sociétal et militaire occidental en Orient doit véritablement pousser à abandonner cette idée de croisade idéologique pour la promotion de la démocratie partout sur la planète, y compris par la force des armes. Ce qui se passe aujourd’hui à Kaboul, comme hier à Saigon et Bagdad ou en ce moment dans le Sahel, montre que cela ne marche pas, quels que soient le contexte ou le lieu. La démocratie est un mode de gouvernance européen, inventé par les Grecs, enrichi par Rousseau et Tocqueville et pratiqué en occident, majoritairement en Europe et en Amérique du Nord. La plupart des autres continents ne marquent pas un grand intérêt pour la démocratie, les élections, les droits de l’homme et tout ce qui va avec. Et même en occident certaines vieilles démocraties oublient un peu leurs principes fondateurs : partout des partis extrémistes gagnent du terrain.

Même si des minorités de ces pays, souvent éduquées en occident ou sur des principes occidentaux, marquent un intérêt pour ce système, elles n’arrivent pas à convaincre la majorité de leurs concitoyens de leur point de vue. En Afghanistan l’Union soviétique a tenté d’instaurer le communisme pendant une guerre de 10 ans, l’OTAN a essayé d’insuffler la démocratie avec une guerre de 20 ans et ce sont des religieux qui finalement emportent le morceau pour y installer la Charia. Alors pourquoi ne pas laisser faire les choses comme elles doivent se faire plutôt que de dépenser des ressources humaines et financières considérables pour aboutir à des désastres comme ce qu’il est train de se passer en Afghanistan ?

Tant que les démocraties existent en occident, qu’elles défendent leurs intérêts et répondent au besoin par les armes à toute agression venant de l’extérieur comme ce fut fait en 2001 en Afghanistan, mais qu’elles cessent de croire résoudre les problèmes des autres en leur imposant une gouvernance dont ils ne veulent pas.

Saint-Corentin à Quimper

Saint-Corentin fut l’un des sept saints désignés par la théorie religieuse comme fondateurs de la Bretagne catholique. Ils seraient venus du Pays de Galles et de Cornouailles aux Vème et VIème siècles.

  • Saint-Malo fondée par saint Malo (ou Maclou)
  • Dol-de-Bretagne fondée par saint Samson
  • Saint-Brieuc fondée par saint Brieuc
  • Tréguier fondée par saint Tugdual
  • Saint-Pol-de-Léon fondée par saint Pol Aurélien
  • Quimper fondée par saint Corentin
  • Vannes fondée par saint Paterne (ou Patern)

Paimpol – Abbaye de Beauport

Une abbaye construite au XIIIème siècle, entre mer et forêt, aujourd’hui en limite de la ville de Paimpol, fermée à la Révolution puis privatisée elle est finalement rachetée en 1992 par le sympathique Conservatoire du littoral, œuvrant pour préserver les côtes françaises. Ce sont 100 ha de milieux maritimes et terrestres avec des vergers, des bois, des arbres centenaires. Les moines se consacraient à la prière mais il fallait bien vivre aussi. Une cuvée de cidre est toujours pressée avec les variétés présentes de pommes anciennes. Les bâtiments subsistants de style gothique ont été restaurés mais laissés en l’état et accueillent visiteurs et évènements culturels tout au long de l’année.

La cathédrale Saint-Pierre de Lisieux

La cathédrale de Lisieux expose le parcours de Thérèse (1873-1897), l’héroïne locale, nommée en religion « sœur Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face » et dont les écrits publiés après sa mort en ont fait une mystique reconnue par des lecteurs du monde entier avant d’être élevée au rang de sainte. Elle est la cadette d’une famille très pieuse qui aura neuf enfants dont quatre décéderont en bas âge, et les cinq restantes, toutes des filles, seront carmélites.

Supposée guérie par « le sourire de la Vierge » à 10 ans alors que son état de santé désespérait les médecins, elle va ensuite de révélation en révélation à chaque étape de sa vie de plus en plus religieuse jusqu’à son entrée au Carmel en 1888, à 15 ans à peine. Ce fut ensuite une vie entière consacrée à la prière, à l’amour de Dieu et, plus inattendu, à l’écriture de sa vie de dévotion et des états de son âme, de cantiques, d’innombrables correspondances et de poèmes.

Ses écrits vont inspirer nombre de croyants et d’intellectuels à travers le monde, son livre « Histoire d’une âme » aurait été vendu à 500 millions d’exemplaires. Elle sera nommée « docteur de l’Eglise » en 1997, un titre réservé aux hommes et aux femmes dont l’autorité est particulièrement reconnue dans le domaine de la théologie.

On reste plutôt sidéré devant une telle dévotion à une époque pas si éloignée, c’était la fin du XIXème siècle. Les photos d’elle montrent un visage plutôt angélique, corseté dans l’uniforme du Carmel. Cette conquête de l’inutile à laquelle elle a dédié chaque instant de sa courte vie semblait l’épanouir. Après tout, c’est aussi bien !

Le retrait se termine

Les troupes occidentales sont en train d’achever leur retrait d’Afghanistan après une guerre qui aura duré 20 ans à la suite des attentats religieux du 11 septembre 2001 contre les tours jumelles du World Trade Center de New-York. Les clés de l’immense base militaire aérienne de Bagram ont été remises aux autorités locales et la population se serait empressée de la piller sitôt le dernier soldat américain parti. Cette base est emblématique des invasions étrangères qui ont marqué ce pays. Construite dans les années 1950 par les Etats-Unis alors que l’Afghanistan était leur alliée dans la guerre froide, elle est ensuite passée sous contrôle soviétique lors de l’invasion communiste de 1979, elle fut l’objet de féroces combats entre les chefs de guerre afghans après le retrait soviétique en 1989, puis récupérée par les Etats-Unis et l’OTAN en 2001 après leur entrée dans le pays.

Il est peu probable que l’armée nationale afghane n’ait jamais l’utilité réelle d’une telle installation. Le mieux aurait sans doute été de la démanteler une bonne fois pour toute et de la transformer en terrain agricole pour y cultiver des céréales… ou du pavot.

Dans le même temps, l’insurrection religieuse talibane progresse et chacun parie sur la prise de pouvoir rapide de tout le pays par ce groupe qui a déjà dirigé l’Afghanistan avant d’être délogé en 2001 par les troupes américaines qui commencèrent ainsi le long chemin de croix qui s’achève aujourd’hui. Le retour probable des talibans au pouvoir avec leurs pratiques qui apparaissent d’un autre âge aux occidentaux nous fait revenir en 1996. La roue a tourné et est revenue à son point de départ. L’avenir sera évidemment différent de ce qu’il fut en 1996 et peut-être pas pire que ce que furent les 20 dernières années. Au moins sera-t-il majoritairement afghan avec une baisse des influences étrangères dans le pays. Les principes talibans basés sur une application stricte du Coran dans la politique, s’ils sont rejetés par une minorité formée à « l’occidentale » et intéressé par la modernité, sont sans doute plus ou moins validés par une bonne partie de la population. Le seul point qui vaille est de savoir si l’Afghanistan va redevenir une base de départ pour le terrorisme religieux international ? Les talibans se sont engagés à ne pas l’autoriser dans les accords signés avec les Etats-Unis. S’ils contrevenaient à cet engagement ils prendraient alors un risque de voir une nouvelle invasion de leur pays. Mais l’avenir ne manquera pas de réserver des surprises car il n’est jamais la reproduction à l’identique du passé.

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Catégorisé comme Asie, Religion

Assassinat religieux à Rambouillet

Nouvel attentat religieux en France ce 23 avril : une employée administrative du commissariat de police de Rambouillet a été égorgée dans le sas d’accès au commissariat par un individu de nationalité tunisienne. Elle est décédée de ses blessures et l’assaillant a été abattu par les collègues de la suppliciée.

Le terrorisme islamique adresse ainsi une « carte postale » à la France pour se rappeler à son souvenir… A priori l’assaillant s’était radicalisé en solitaire rendant difficile son indentification avant de commettre ses méfaits.

Un dimanche à l’Eglise

Notre-Dame-de-la-Gare, Paris XIIIème


Paris, place Jeanne-d’Arc, l’église paroissiale Notre-Dame-de-la-Gare se dresse devant un petit square. A l’intérieur, en ce dimanche après-midi se déroule une « Veillée de prière – Louange, Adoration, confessions ». Un sympathique prêtre officie en appelant à la prière, notamment en faveur des chrétiens d’orient faisant ainsi écho à la visite en cours du Pape en Irak. Une assistance attentionnée, parfois agenouillée sur le carrelage (il n’y a plus de prie-Dieu ?) partage avec ferveur les incantations du prêtre sur fond du chœur peint par Anders Osterlind, peintre suédois aux attaches bretonnes.

Les indications pédagogiques nous apprennent que Cette église consacrée en 1859 sous le nom de « Notre-Dame de l’Immaculée-Conception » a été dénommée par la suite « de la Gare » car partie du « quartier de la Gare » dont subsiste la station de métro « Quai de la Gare » sise à l’endroit où devait être construit un port fluvial communiquant avec la Seine au niveau de l’actuel Pont de Bercy.

Le site web de l’Eglise nous rappelle que « Ce temps [de prière] est source de nombreuses grâces : le Seigneur nous y donne les forces et la joie pour avancer dans ce monde avec Lui. »

Et puis, il faut laisser la place, la messe de 18h va commencer.

Débats franchouillards oiseux sur « l’islamogauchisme »

Un nouveau débat de Café du Commerce saisit le microcosme politico-médiatique : la question de l’islamogauchisme dans les universités françaises. Alors que différentes personnalités accusent l’Université d’abriter des tenants de cette idéologie qui l’utiliseraient pour orienter les programmes et les budgets de recherche, les représentants universitaires adoptent une tactique de défense basée sur le déni, arguant que « l’islamogauchisme » est un concept qui n’existe pas scientifiquement et qu’il n’y a donc pas lieu d’en débattre, circulez il n’y a rien à voir. Une sous-ministre de l’Enseignement supérieur a annoncé sa volonté de mander le CNRS (centre national de la recherche scientifique) pour réaliser une étude sur ce concept dans l’Université, déclenchant aussitôt un hourvari de clameurs scandalisées d’une partie du monde intellectuel, mais aussi, plus discrètes, des voix pour la soutenir.

« L’islamogauchisme », slogan politique utilisé dans le débat public, ne correspond à aucune réalité scientifique. Ce terme aux contours mal définis, fait l’objet de nombreuses prises de positions publiques, tribunes ou pétitions, souvent passionnées. Le CNRS condamne avec fermeté celles et ceux qui tentent d’en profiter pour remettre en cause la liberté académique, indispensable à la démarche scientifique et à l’avancée des connaissances, ou stigmatiser certaines communautés scientifiques. Le CNRS condamne, en particulier, les tentatives de délégitimation de différents champs de la recherche, comme les études postcoloniales, les études intersectionnelles ou les travaux sur le terme de « race », ou tout autre champ de la connaissance.

Communiqué de presse du CNRS du 17/02/2021

Pas sûr que le CNRS ne participe avec beaucoup d’enthousiasme à l’étude que lui demande sa ministre de tutelle…

En réalité chacun fait assaut de la mauvaise fois typique de ce genre de débat cherchant à bloquer toute remise en cause de certains sujets-valise. L’islamogauchisme n’est sans doute pas encore défini scientifiquement par la science mais il va peut-être falloir commencer à le faire. Dans la bouche de ceux qui emploient ce terme, c’est l’alliance d’une pensée de gauche marquée avec l’islam politique plutôt radical, parfois accompagné d’un relent d’antisionisme, voire d’antisémitisme. Sans doute dans sa sortie la sous-ministre voulait aussi englober les sujets un peu envahissants comme les études « de genre », celles sur le « décolonialisme », le « post-colonialisme », la « race », le féminisme et autres joyeusetés « intersectionnelles », tout ceci rédigé bien entendu en « écriture inclusive ».

La simple consultation des sites web de certaines universités permet de confirmer que certains de ces sujets sont effectivement dans les programmes.

Par exemple, l’université Paris 8 – Vincennes offre un Master « Etudes sur le genre » :

Les études de genre font l’objet d’une attention grandissante dans l’espace public (médias, débats politiques). Les questions de la domination masculine, des LGBTQI, des stéréotypes de genre, etc., sont devenus des enjeux sociaux contemporains de premier ordre. Face aux menaces internationales qui pèsent actuellement sur la conception de la science et des formes de transmission du savoir, les études de genre apparaissent comme un levier de la pensée critique, et sont en cela fortement attaquées. Ainsi, offrir une formation de qualité sur le genre s’inscrit dans la tradition de Paris 8 de développer une pensée critique en prise avec le monde contemporain…

Master Etudes sur le genre – Université Paris 8 (univ-paris8.fr)

ainsi qu’un Laboratoire d’études de genre et de sexualité (LEGS) :

La question des constructions « genrées » et des rapports de sexe concerne d’une manière ou d’une autre l’ensemble des pratiques sociales et symboliques, publiques et privées, collectives et individuelles. Elle se pose désormais de manière explicite dans de nombreux champs de pensée et de savoir. Son traitement requiert ainsi la collaboration d’approches multiples. Dans cette perspective, l’UMR LEGS se donne pour tâche et pour défi de faire travailler ensemble humanités, sciences sociales, et arts.

UMR 8238 : Laboratoire d’études de genre et de sexualité (LEGS) – Université Paris 8 (univ-paris8.fr)

La propension de l’Université à étudier et diffuser des idées « progressistes » n’est pas vraiment nouvelle et cela fait des décennies qu’une gauche que l’on peut qualifier d’extrême s’est retrouvée sur une communauté de pensée… dans les camps palestiniens du Proche Orient ou sur le « Petit Livre rouge » de Mao. Ce qui apparaît novateur aujourd’hui est la volonté de vouloir expliciter et réparer les discriminations dont certaines minorités sont supposées avoir été victimes (minorités sexuelles, femmes, citoyens issus de la « diversité », etc.). Ainsi va la vie intellectuelle en France, plutôt portée par la pensée « de gauche », plutôt protégée par un système universitaire public, reprenant aujourd’hui les sujets en vogue. Comment s’en étonner ? Mais l’Etat ne doit pas s’interdire de faire l’inventaire des recherches en cours, majoritairement financées par les contribuables. Heureusement celles concernant ces nouvelles modes assimilées à « l’islamogauchisme » semblent minoritaires et il faut s’assurer qu’elles le restent. Quand on voit le développement anarchique de l’écriture « inclusive » contre les principes de l’Académie française on comprend qu’il faille rester vigilant. La liberté de pensée et de recherche c’est bien, l’imposition de principes minoritaires à la majorité, c’est plus discutable.

Le CNRS a accepté du bout des lèvres de

C’est dans cet esprit [ouvert et respectueux] que le CNRS pourra participer à la production de l’étude souhaitée par la Ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation visant à apporter un éclairage scientifique sur les champs de recherche concernés.

Communiqué de presse du CNRS du 17/02/2021

Ouf !