Evolution aux forceps

Luz – Charlie Hebdo 2013

La conférence des évêques de France a publié sur son site web le discours de clôture de son assemblée plénière. On y trouve des points intéressants :

Les abus sexuels

Nous recevons la révélation de ces agressions sexuelles et des abus de pouvoir qui les ont préparées comme un don de la miséricorde de Dieu et une action du Christ qui veut purifier son Église avec une eau pure, voulant se la présenter sainte, sans tache, sans aucune faute.
Nous avons compris que les personnes victimes ne demandaient pas de compassion, ni de compensation de leurs souffrances. Elles veulent la vérité. … Nous nous engageons à reprendre contact, chacun avec les personnes victimes que nous connaissons, pour leur manifester concrètement que nous reconnaissons la double cause de leurs souffrances, notamment en leur donnant la possibilité de recevoir une somme d’argent forfaitaire et unique, pour les inviter à participer à notre effort pour garder la mémoire de ces faits et pour leur présenter ce que nous mettons en place en matière de prévention et de formation et en matière d’accompagnement des clercs coupables, afin que les faits affreux qu’elles ont subis ne se reproduisent plus.

Le recrutement

Déjà, dans nos villes et peut-être nos villages brilleront les décorations de Noël : tant est grand le besoin de vendre et d’acheter. En l’enfant de Bethléem, Dieu renouvelle son alliance avec l’humanité entière. Celui-là, cet Enfant-là, ce Jésus, il vaut la peine de tout quitter pour le suivre. Nous rendons grâce à Dieu pour celles et ceux qui demanderons à devenir chrétiens. Nous rendons grâce à Dieu pour les vocations qu’il suscite et nous prions pour que des jeunes hommes répondent à son appel pour le service des mystères du salut, que des jeunes hommes et des jeunes femmes s’engagent par la consécration de leur vie au Seigneur qui vient jusqu’à nous. Le temps de l’Avent nous promet que la longue histoire de l’humanité débouche dans la communion avec Dieu. Il vient faire toutes choses nouvelles. « Le Royaume de Dieu est tout proche ». C’est la bonne nouvelle que nous avons à porter, avec foi et avec espérance. Elle mérite l’engagement de notre vie entière. C’est notre joie.

Pendant ce temps, un synode d’évêques tenu en octobre à Rome, constatant l’ordination d’hommes mariés en Amazonie et l’existence d’immenses territoires de cette région non couverts par l’Eglise catholique, envisage l’instauration d’un rite spécifique pour l’Amazonie pour « renforcer la pastorale » (adapter la force de vente au marché). Dans le même esprit, le sujet du diaconat des femmes sera remis sur le dessus de la pile.

La rigidité ancestrale de l’Eglise catholique arcboutée sur ses dogmes, considérant la femme comme proche du diable et le plaisir comme un remède à la foi, a aboutit à la situation actuelle : une perte considérable de ses parts de marché dans les pays riches et le développement d’une fantaisie certaine dans l’application des textes par ses représentants dans les pays émergents. Il semble que la volonté réformatrice du pape actuel François 1er, lui-même issu d’un pays émergent, se heurte à une sévère résistance du clergé ultraconservateur. François est en principe la voix du Seigneur sur terre qui ne devrait pas être discutée, mais il se heurte à des frondeurs qui font tout pour bloquer ses initiatives progressistes.

C’est ce que sur terre on appelle la politique ! L’aspect surnaturel de la religion s’atténue fortement et les fidèles votent avec leurs pieds en ne fréquentant presque plus les lieux de culte en Occident ou en le faisant à leurs manières ailleurs. Les dirigeants de l’Eglise doivent convaincre pour séduire, ils n’étaient pas habitués… Il va falloir encore passer quelques générations de cardinaux avant d’arriver à faire évoluer le dogme. Pas sûr que l’Eglise catholique ne survive jusque-là car la concurrence est féroce !

Un chef terroriste-religieux tué en Syrie par l’armée américaine

Honoré (Charlie Hebdo – 2015)

Les Etats-Unis, par la voix de leur président ont annoncé avoir tué le chef du groupe terroriste Etat islamique M. Al Bagdhadi, calife auto-proclamé de ce proto-état, au nord-est de la Syrie où il se cachait. L’information reste à être documentée mais elle est probablement vraie. L’évènement est de taille compte tenu de la responsabilité de l’impétrant mais ne va sans doute pas changer la diffusion de l’idéologie religieuse mortifère de ce groupe.

M. Ben Laden chef du groupe Al Qaïda fut un précurseur dans les meurtres de masse avec le premier attentat « mondialisé » en septembre 2001. Il a dirigé des avions de ligne qui se sont écrasés contre les tours jumelles à New-York et le pentagone à Washington, il y eut plus de 3 000 morts et la prise de conscience en occident de la puissance de ces mouvements religieux capables de susciter un tel acte qui a provoqué la sidération dans les pays occidentaux et, parfois, quelques soutiens dans certains pays orientaux. Ben Laden fut également tué par l’armée américaine en 2011.

Bagdhadi a surmonté Ben Laden au niveau de l’idéologie en réussissant à lancer ses troupes dans des actions d’une barbarie rarement égalée : égorgements de prisonniers, d’autres brûlés vifs, tortures diverses, attentats aveugles en Orient comme en Occident, rétablissement de l’esclavage (voir le sort des yézidis), négoce d’êtres humains (on vend les femmes), implication des enfants (les « lionceaux du califat ») dans des actions terroristes et même des meurtres ; toutes ces joyeusetés au nom de Dieu et en direct sur Youtube et les réseaux dits sociaux.

Bagdhadi a également « enrichi » le recrutement de son mouvement avec un flux significatif de terroristes venus des pays occidentaux pour participer, parfois de façon très active, à ces actions meurtrières mondialisées. La France n’est pas en reste dans l’alimentation de ces flux avec une population de jeunes issus de l’immigration, ressassant un mélange de frustrations en lien avec le racisme dont ils sont victimes, la colonisation affrontée par leurs ancêtres, la précarité de leurs situations économiques et la religion qui les anime, croyant se réaliser en allant en famille s’associer à un environnement religieux et terroriste. Encore plus étonnant, le groupe Etat islamique a su attirer dans ses rets des jeunes français de bonnes familles catholiques, pas particulièrement défavorisées, dont les enfants se sont convertis à l’islam puis ont émigré vers la Syrie ou l’Iraq, parfois avec femmes, enfants et parents. Ce fut un des grands « succès » de la stratégie de ce mouvement dont Bagdhadi fut le chef (le calife) et, sans doute, le guide.

Encore pire, Bagdhadi a inoculé de virus du terrorisme religieux au sein même des sociétés occidentales, d’où les attentats réguliers menés par ces fameuses « cellules dormantes » comme celui contre la préfecture de police de Paris au début du mois (5 morts dont le terroriste français). Et il y en aura sûrement d’autres.

Le groupe Etat islamique a été forcé de rendre les territoires en Syrie et en Iraq sur lesquels il régnait. Beaucoup de ses combattants sont morts. Les pays occidentaux doivent maintenant se dépatouiller avec leurs citoyens survivants et leurs familles qui, souvent, au moins pour les français, ont l’air de vouloir revenir en France ce qui ne déclenche pas vraiment l’enthousiasme ni des dirigeants ni de l’opinion publique.

La mort du « calife » est une victoire militaire des forces anti-Etat islamique mais qui ne va certainement pas stopper pour autant ce terrorisme religieux qui ronge le Proche et Moyen-Orient ainsi que les pays occidentaux. C’est un mouvement profondément ancré qui prendra des générations avant de s’arrêter. Le temps de faire comprendre à tous ces enfants perdus qu’ils ont aussi à gagner en investissant, non seulement dans le dogme, mais aussi dans la raison et l’intelligence…

Mauvais souvenirs en Irlande du nord

Le Royaume-Uni fait toujours partie de l’Union européenne mais avec la volonté renouvelée d’en sortir. L’un des partis nord irlandais, soutien du gouvernement britannique conservateur actuel, le Parti unioniste démocrate (DUP), en faveur du maintien de l’Irlande du nord sous la couronne britannique, est dirigé par Mme. Arlene Isabel Foster. Dans le cadre des négociations en cours pour la sortie du Royaume-Uni, elle a marqué sa ferme opposition a tout accord qui atténuerait la force du lien entre Londres et Belfast et qui pourrait être un premier signal en faveur d’une réunification de l’île irlandaise.

Lorsqu’elle avait 8 ans son père a été victime d’un attentat de l’IRA (l’armée catholique irlandaise) et survécut à une balle dans la tête. Quelques années plus tard, la même IRA fait exploser une bombe dans un bus scolaire où je trouve la jeune Arelen, la jeune fille à côté d’elle est grièvement blessée.

Depuis, Mme. Foster qui est députée DUP au parlement britannique vote systématiquement contre tout ce qui ressemble à une amorce de détachement de l’Irlande du nord de la monarchie de Londres et pourrait la rapprocher de la République d’Irlande. On comprend mieux pourquoi…

Compte tenu de la sauvagerie de la guerre qui a opposé les terroristes catholiques, favorables à la réunification, aux unionistes protestants ne voulant pas entendre parler d’une séparation, il est probable qu’il faille attendre que la génération qui a mené ces combats soit éteinte pour envisager une inévitable réunification irlandaise. En attendant, le parti DUP dispose d’une sérieuse capacité de nuisance démocratique avec les 4 ou 5 députés dont il dispose à Londres.

Un nouvel attentat religieux à Paris : 5 morts dont le terroriste

Un citoyen français, converti à l’Islam, travaillant à la préfecture de Paris, a tué quatre de ses collègues à coups de couteau dans les locaux mêmes de la préfecture ce jeudi 3 octobre. Il a ensuite été abattu par un gardien de la paix. L’administration française de la police est ébranlée de découvrir qu’un terroriste ait pu prospérer au cœur même d’un de ses lieux de pouvoir emblématiques. Les commentateurs de circonstance et élus de l’opposition s’égosillent sur les plateaux médias en appelant à la démission du ministre de l’intérieur, en déplorant le « laxisme du pouvoir qui ne protège pas les français » et bla-bla-bla… Les journalistes en rajoutent comme à leur habitude en produisant des sondages de pacotille interrogeant Mme. Michu pour savoir si elle a confiance ou pas dans ses dirigeants pour la protéger.

Au-delà de cette agitation médiatique désormais rituelle, hélas, force est de constater une nouvelle fois que le mal terroriste religieux est niché au cœur de la société française et qu’aucune couche n’y échappe. Aujourd’hui c’est donc un service de police spécialisé dans la lutte anti-terrorisme qui est atteint en son sein par… un terroriste. C’est une version différente mais tout aussi pernicieuse des agents doubles du temps de la guerre froide. Le combat sera sans fin !

Le retour des enfants des terroristes religieux français

Comme annoncé, la France rapatrie au compte-goutte certains enfants mineurs de terroristes français partis participer à aux guerres religieuses du Proche et Moyen-Orient. Ces gamins, parfois orphelins, de nationalité française (même si pour ceux nés sur les champs de combat on peut imaginer qu’ils n’aient pas été déclarés au consulat de France…), sont exfiltrés de camps de prisonniers tenus par des forces kurdes en Syrie. Une dizaine sont arrivés ces jours-ci dans un avion de l’armée française et immédiatement placés dans des structures chargées d’abord de les soigner puis de les encadrer pour tenter de les remettre dans la société civile que leurs parents avaient voulu fuir pour rejoindre celle de leur Dieu. Ce n’est pas la première vague de retour et ce ne sera pas la dernière. Dans certains cas, leurs parents toujours vivants ont donné leur accord pour ce rapatriement, eux devant maintenant rendre compte de leurs actes aux justices locales dont ils dépendent.

Cette politique du cas-par-cas appliquée par la République est sans doute la moins mauvaise de toute la palette disponible. La discrétion dans laquelle elle est menée est indispensable. Est-elle risquée ? Oui, certainement, une partie de ces gamins a dû être programmée par une éducation religieuse extrémiste et on imagine sans peine le niveau de traumatisme vécu par ceux qui ont vu, voire participé, aux actes de guerres ainsi qu’aux massacres barbares d’un autre âge commis par leurs parents. Des vidéos ont été diffusées montrant des assassinats d’otages commis par des enfants. Certains ne sortiront sans doute jamais de cet embrigadement intellectuel et feront sans doute encore parler d’eux dans le futur.

Leur retour en France ou leur maintien en exil ne change finalement pas grand-chose au problème, ne l’aggrave véritablement ni ne le résous. L’interrogation reste la même : comment nos sociétés capitalistes occidentales ont pu générer une telle dérive de ses enfants prêts à retourner leurs âmes et leurs armes contre leur patrie, souvent en faisant preuve d’une barbarie rarement égalée depuis les camps nazis, le tout au nom d’un Dieu !

La politicaillerie franchouillarde s’empare évidemment du sujet avec son simplisme habituel, attisant les bas instincts de Café du commerce, toujours à fleur de peau sur ces sujets traumatisants. Chacun y va de sa solution entre les déchoir de leur nationalité française, les laisser où ils sont et les rapatrier automatiquement. Ces gamins sont de toutes façons une mine de problèmes présents et futurs, où qu’ils soient ou seront. Il faut bien faire avec, les solutions extrêmes proposées par certains n’étant pas une option. Il est des circonstances où un Etat doit savoir aller contre l’avis de sa population, un pouvoir socialiste l’a fait en 1981 en abolissant la peine de mort contre l’avis de Mme. Michu, les dirigeants actuels le pratique en reprenant, au compte-goutte, ces mômes égarés par la folie de leurs parents. C’est l’honneur de la République !

La France a le bonjour du groupe Etat islamique

Le chef du groupe Etat islamique, Al-Baghdadi, dont on ne savait plus bien s’il était vivant, mort ou blessé, réapparaît sur un enregistrement vidéo récent dont l’authenticité n’a pas été remise en cause à ce stade par les services occidentaux. Il a l’air plutôt en bonne forme, semblant même avoir pris du poids. Il pose à coté de la traditionnelle kalachnikov et donne des nouvelles. Il rend hommage, notamment, aux frères Clain, des français convertis à l’islam et qui sont montés assez haut dans la hiérarchie du groupe terroriste (l’un a été annoncé comme tué par un drone occidental, l’autre on ne sait pas trop). Il continue de prôner un long combat contre l’Occident et cite la France tout particulièrement qui tient toujours la corde du petit-Satan, juste derrière le grand que sont les Etats-Unis.

Cet homme est très recherché, il fait preuve d’un talent certain pour se cacher et se mettre à l’abri des forces occidentales qui doivent déployer la dernière énergie pour l’éliminer. Jusqu’ici, il résiste. Avec ou sans lui, son organisation en cours de redéploiement après ses défaites territoriales va continuer encore longtemps à tuer… au nom de Dieu.

Christine Boutin, 75 ans, le retour

L’un des dommages collatéraux significatifs de l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris est le retour de Christine Boutin, 75 ans, dans l’actualité nationale. Elle a publié un tweet dans lequel elle s’est emmêlée dans la manipulation de ses smileys. Au lieu de terminer son message avec des logos de tristesse ☹, elle a ajouté des smileys de joie 😊. Il s’agit juste d’une méprise dans le sens de la parenthèse. Evidemment une bonne partie des réseaux dits sociaux en rigole encore…, évidemment les mal-élevés qui hantent ces réseaux se sont déchaînés :

La remarque de Gunther Love fait référence au fait que Mme. Boutin est mariée avec l’un de ses cousins. Elle lui répond dans des termes fleuris. Compte tenu des torrents de haine et d’extrémisme que déclenchent les tweets racoleurs de Christine Boutin, le mieux serait qu’elle déconnecte la possibilité de déposer des commentaires. Elle éviterait ainsi de se faire insulter. L’Intelligence et la Raison y gagneraient en attendant qu’elle se consacre plutôt à sa foi qu’à la communication.

320 morts au Sri-Lanka dans un attentat religieux

Le groupe Etat islamique a revendiqué l’attentat terroriste qui a fait plus de 320 morts et encore plus de blessés dans des hôtels et des églises de cette île-Etat. Il s’agit d’une attaque coordonnée de plusieurs kamikazes qui ont ciblé tout particulièrement des églises où se pressaient des foules de fidèles à l’occasion de la célébration des fêtes catholiques de Pâques. La cible des hôtels a « permis » d’atteindre une population non-sri-lankaise nombreuse.

C’est un Dieu contre un autre, et la guerre continue ! Elle a même tendance à s’élargir à des pays d’Asie qui étaient jusqu’ici plutôt épargnés par cette barbarie religieuse.

La cathédrale brûle et la nation perd la raison : le sabre au secours du goupillon !

La cathédrale catholique Notre-Dame de Paris a été fortement endommagée ce lundi 14 avril par un incendie de sa charpente en bois. Une émotion démesurée s’empare de la France face à cet incident immobilier touchant un bien de l’Etat, donc des contribuables. Le président de la République reporte une déclaration économique qui était programmée sur les ondes, Stéphane Bern (présentateur télévisé) pleure devant les caméras, tout ce qui compte d’élus en recherche de suffrages se déchaîne en messages inutiles sur Twitter, l’ineffable Christine Boutin sort de sa retraite pour nous asséner quelques bondieuseries larmoyantes, les grosses entreprises se battent pour annoncer le plus gros don pour les réparations futures, les télévisions organisent des émissions spéciales sur le sujet où siègent dire cardinaux et experts qui lancent immédiatement des polémiques franchouillardes si chères à la presse : faut-il reconstruire à l’identique, ou pas, les donateurs privés vont-ils bénéficier de niches fiscales, ou pas, les pompiers avaient-ils des lances à incendie suffisamment puissantes, ou pas, etc. etc.

Le monument religieux est important et magnifique, il sera donc réparé et c’est très bien ainsi. Les financements plus ou moins privés abondent, les travaux sont déjà surfinancés. On parle à ce stade d’un milliard d’euros et personne ne semble percuter sur le fait qu’un milliard pour réparer un toit est juste une somme absurdement excessive. Malgré cela, le président de la République annonce une souscription publique et la création d’un établissement public dédié à ce chantier (comme s’il n’y avait pas assez d’agences gouvernementales existant pour ce genre de tâches) qui sera présidé par un général, rien de moins. Le sabre va organiser le goupillon. On est en plein délire communicant, en excès de surenchères populeuses, en racolage politico-religieux de bas étage.

Il faudrait revenir à la raison : le financement est assuré, le principe des travaux de réparation du toit est décidé, la République possède les compétences nécessaires et les architectes des monuments historiques nationaux vont coordonner le chantier comme ils l’ont déjà fait par le passé pour nombre de bâtiments. Donc, on y va et on passe au sujet suivant !

Le pape, Satan et la pédophilie dans l’Eglise

Perdu au milieu de la polémique sans fin des crimes de pédophilie commis par des prêtres catholiques, le pape actuel ne sait plus trop comment s’en sortir. Il est le patron sur terre de l’institution, rend compte à Dieu seul, mais doit aussi compromettre avec la Loi des Hommes qui composent le marché de ladite institution et le font vivre.

Confronté par ailleurs à la contestation interne des plus réactionnaires de ses troupes qui ne veulent rien changer, ni à leurs dérives sexuelles, ni à l’extravagance de leur idéologie, le pape François 1er défroque quelques évêques, assiste impuissant aux condamnations pénales de certains autres et surtout, enregistre la défection de ses clients dans les pays occidentaux, découragés par une telle hypocrisie. A défaut de solution évidente, le pape invoque l’action néfaste de… Satan ! On croit rêver. En fait, comme le capitalisme ne se réforme que sous la pression du marché, l’Eglise ne changera que lorsqu’elle perdra ses clients et donc ses revenus. C’est le cas dans nombre de pays occidentaux mais ces défections semblent largement compensées par les nouveaux marchés ouverts dans les pays émergents, alors pourquoi changer ? Avec l’arrivée au pouvoir de partis fricotant avec l’extrême droite dans certains pays européens, mais aussi aux Etats-Unis d’Amérique, les théories bibliques loufoques dite du « créationnisme » prennent le pas sur la science et la raison. L’Eglise a encore de beaux jours devant elle, il lui faudra juste s’adapter à l’évolution de ses marchés, comme n’importe quelle entreprise mondialisée. Il n’est pas sûr que Dieu ou Satan ne soient d’une grande aide pour ce faire, un bon contrat de consulting avec Ernst & Young serait sans doute plus efficace.

Constantinople et la politique moderne

En campagne électorale municipale le président turc passe la vitesse supérieure dans le beaufitude de son argumentation politique. Le voici maintenant qui s’attaque au statut de la basilique Sainte-Sophie à Istanbul, qui a été successivement une église, puis une mosquée, puis un musée depuis 1934, au fur et à mesure des guerres de conquête des croisés catholiques puis des guerriers musulmans qui ont marqué cette ville, de Byzance à Istanbul, en passant par Constantinople. Dans sa grande sagesse le président Atatürk avait transformé l’ancienne basilique en musée pour marquer l’impossible réconciliation entre les religions, alors que ses troupes voulaient la dynamiter en 1918 après la défaite des puissances de l’Entente lors de la première guerre mondiale et que des troupes occidentales occupaient Istanbul…

Evidement le président actuel dont l’une des stratégies est de réislamiser la Turquie s’empare du dossier et veut retransformer ce musée en mosquée. On se demande s’il n’a vraiment rien de mieux à faire que de perdre son temps à ces billevesées religieuses qui n’intéressent que les extrémistes des deux bords. Il pourrait par exemple consacrer un peu plus de temps au développement économique de son pays ? Ainsi vont politique et religion lorsque par malheur elles sont mélangées.

La Turquie attise le feu

Tout en subtilité, le président turc commente dans ses meetings les attentats de Nouvelle-Zélande contre deux mosquées qui ont fait 50 morts et de nombreux blessés, commis par un suprémaciste blanc australien qui a priori ne nie pas les faits mais au contraire les a théorisé sur ses différents comptes dans les médias dits-sociaux. En campagne électorale le président turc harangue les foules en clamant :

Ce n’est pas un acte isolé, c’est quelque chose d’organisé… Ils sont en train de nous tester avec le message qu’ils nous envoient depuis la Nouvelle-Zélande, à 16 500 kilomètres d’ici.

Se référant à la bataille des Dardanelles pendant la première guerre mondiale, perdue par les alliés, y compris l’Australie, contre l’empire ottoman, il ajoute :

Il y a un siècle, vos aïeuls sont repartis à pied ou dans des cercueils. Si votre intention est la même que la leur, nous vous attendons.

Le terroriste australien qui a mené ces attaques a filmé ses exploits qu’il a diffusés en direct sur les réseaux dits-sociaux. Le président turc a rediffusé une partie de ces images lors de meetings électoraux. Il est indéniable que cet attentat en Nouvelle-Zélande était dirigé contre l’Islam comme ceux commis ces dernières années étaient dirigés contre les non-musulmans. Dans un cas comme dans les autres, ils sont surtout le triomphe de la bêtise humaine sur l’intelligence, la victoire de l’obscurantisme religieux contre la raison. Il n’est pas sûr que la récupération de ces attaques meurtrières dans le cadre d’un débat électoral puisse avoir d’autres effets que celui d’attiser les haines des uns contre les autres. Ce n’est pas le rôle qu’une démocratie assigne à ses dirigeants.

Le gouvernement australien s’est ému de ces propos présidentiels et en a demandé le retrait. Comme il est assez peu probable qu’il obtienne satisfaction, il recommande en attendant la prudence à ses concitoyens qui voudraient se rendre en Turquie. C’est bien le moins.

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Attentat terroriste en Nouvelle-Zélande

Un « suprémaciste blanc » australien a attaqué cette semaine des mosquées dans la ville de Christchurch en Nouvelle-Zélande, il y a une cinquantaine de morts. Le terroriste est arrêté, il a filmé et diffusé en direct ses meurtres sur Facebook. Ce pays pacifique est choqué, la dernière fois qu’il eut à affronter le terrorisme c’était lors de l’action des services secrets français contre le bateau écologiste Rainbow Warrior qui manifestait contre les essais nucléaires français dans le Pacifique, il y eut un mort, c’était en 1985.

On suppose que le nom de la ville, Christchurch, n’a pas été choisi au hasard par ce suprémaciste dont l’idéologie est de marquer la supériorité de la civilisation blanche et chrétienne sur le reste de la planète, et particulièrement face à la civilisation islamique. Le terrorisme idéologique est maintenant clairement mondialisé et le bal morbide des crétins n’a plus de frontière, du Bataclan à Christchurch.

Mehdi Nemmouche et le Mossad

Riss – Charlie Hebdo

Le terroriste religieux français, Mehdi Nemmouche, qui avait assassiné quatre personnes au musée juif de Bruxelles en mai 2014 a été condamné à la prison à vie par la justice belge devant laquelle il comparaissait. Jusqu’au bout son avocat belge aura défendu la thèse d’une machination libano-iranienne visant à faire éliminer des agents des services secrets israéliens par son client. Celle-ci n’a pas été considérée comme convaincante par le jury.

L’accusé, désormais coupable, est resté mutique tout au long du procès qui a duré plusieurs mois et à la barre duquel ont comparus des journalistes français qui ont affirmé que M. Nemmouche fut l’un de leurs geôliers lorsqu’ils furent pris en otage en Syrie. Il a juste énoncé qu’il avait été « piégé » avant d’entendre sa condamnation.

Le chemin de croix de l’Eglise catholique

Cabu dans Charlie Hebdo

De plus en plus d’affaires de violences sexuelles sont dévoilées et désormais admises au sein de l’Eglise catholique. Les faits révèlent beaucoup d’actes de pédophilie, mais aussi des viols de nonnes par des hommes d’église. Tout ceci n’est pas vraiment nouveau mais ce qui apparaît aujourd’hui c’est que la hiérarchie catholique a été beaucoup mieux informée de ces dérives qu’on pouvait le croire et a, globalement, couvert ces perversions de son silence pour éviter le scandale, qui s’est tout de même développé au niveau des cinq continents.

Des dignitaires de cette institution religieuse ont été déchargées de leurs fonctions, certains ont été exclus de l’église, d’autres sont en train de passer devant la justice civile. Beaucoup restent encore protégés par leurs hiérarchies, continuent d’exercer leur métier de pasteur et gèrent comme ils le peuvent les contradictions de leurs vies avec le dogme.

Certaines enquêtes de chercheurs expliquent qu’il existe une proportion d’homosexuels hommes au sein de l’église catholique en proportion significativement plus importante que dans le reste de la société. Le fait que par nature l’église cherche à accroitre le troupeau de ses brebis l’amène à rassembler beaucoup d’enfants dans les cours de catéchisme, les camps scouts et autres diverses occasions, le désir fait le reste et la menace des foudres du Seigneur ne semblent guère embarrasser les coupables qui ont vécu leurs perversions se sachant plus ou moins à l’abri de dénonciation.

En ces temps récents où la transparence est élevée en mode fonctionnement de la société, cette pédophilie religieuse est désormais attaquée devant la justice des hommes, leur aspect criminel n’étant contesté que par très peu de monde. Plus intéressant, c’est aussi le semblant de début d’autocritique que l’Eglise a lancé envers son propre silence. Sans doute celui-ci va aller s’atténuant et, les pédophiles se sentant moins protégés par Dieu, voudront peut-être moins risquer la condamnation des hommes ? On peut le souhaiter.

Evidemment l’homosexualité est toujours officiellement condamnée par l’idéologie catholique, sans doute la pédophilie l’est encore plus, alors on mesure le grand écart avec sa conscience accepté par la hiérarchie catholique pour avoir couvert des faits de pédophilies homosexuelles. On est en fait face à une absence totale de démocratie au sein de l’Etat du Vatican dont le patron est investi par Dieu et dont les actes ne relèvent que du droit canon. Leur idéologie est celle du dogme, discuté par personne, encore moins voté par quiconque, les ordres viennent de Dieu, la raison est absente, ce qui permet bien quelques arrangements avec la Loi terrienne. La pédophilie est l’un des effets indirects de ce gouvernement d’un autre âge. Les choses évoluent un peu, c’est bien.

Que faire avec les terroristes religieux français ?

Avec la fin annoncée de la domination du groupe Etat islamique sur un territoire formel en Syrie, la question du sort des terroristes non syriens se retrouve posée d’autant plus que nombre d’entre eux commencent à se rendre aux forces kurdes et non gouvernementales syriennes qui les assaillent et les bombardent à qui mieux-mieux avec l’aide de la coalition internationale disposant d’une force aérienne puissante.

Il y a de nombreux morts bien sûr, mais on voit aussi sortir des décombres de la ville de Bagouz des terroristes éclopés, et aussi, plus stupéfiant, des cortèges de femmes intégralement couvertes de robes noires de la tête aux pieds, avec leurs enfants, parfois eux-aussi blessés. Les photographes se régalent en prenant des photos de ces fantômes noirs au milieu du désert avec leurs bambins habillés de couleurs traînant leurs doudous au milieu de la caillasses asséchée. C’est l’une des caractéristiques de cette guerre religieuse : les combats se mènent en famille, avec femmes et enfants, qui, parfois, participent eux-mêmes aux carnages. On a vu des vidéos de gamins assassinant des otages et il se dit que les femmes combattantes ne sont pas les moins cruelles. Des enfants sont aussi nés dans ces combats : « les lionceaux de califat » afin de constituer l’armée future. Alors que dans les guerres passées, il était plutôt de tradition de mettre les femmes et les enfants à l’abri des misères de la guerre, ici, tout le monde est sur le front.

Cette horde hagarde qui sort actuellement des ruines est composée d’un patchwork de nationalités. Il y a des français bien sûr, notre pays ayant constitué l’un des plus nombreux quotas de cette guerre pour Dieu. On entend des femmes expliquer derrière leur voile noir qu’elles n’ont rien commis mal, que leurs maris qu’elles ont suivis bien innocemment depuis la France sont morts au combat et qu’il faut maintenant que la mère-patrie les accueille avec leurs progénitures. Leurs dires sont invérifiables et en France, personne ne sait bien quoi faire avec ce sujet : Mme. Michu explique qu’ils ont voulu partir en Syrie alors qu’ils y restent, certains élus prônent des « assassinats ciblés » par les services de sécurité français, les humanitaires font pleurer dans les chaumières, les juristes ânonnent que la République doit le soutien à ses ressortissants, d’autres pensent qu’ils seront mieux sous surveillance dans l’hexagone que laissés à eux-mêmes au Moyen-Orient. Il est toujours facile d’avoir un avis quand la décision relève d’un autre… Pour le moment, le pouvoir exécutif édicte que les crimes commis dans des pays étrangers doivent être jugés dans ces pays et que le rapatriement des enfants sera décidé au cas par cas. Plusieurs centaines de terroristes religieux, hommes et femmes, sont d’ailleurs déjà revenus d’eux-mêmes en France et, pour nombre d’entre eux, végètent en prison après leur condamnation en attendant une libération certaine, dont les premières sont déjà annoncées pour 2019.

Il est plus que probable que parmi ces futurs libérables ou rapatriés, certains n’ont pas abdiqué avec leur fanatisme religieux et la mission de tuer les mécréants dont ils se sentent investis. Cette population cherchera sans doute à semer de nouveau la terreur, en France et ailleurs. Certains d’entre eux auront certainement les moyens de passer entre les mailles des filets de la surveillance policière mise en œuvre à leur encontre. C’est statistiquement une évidence.

Le pouvoir aux responsabilités avance prudemment et de façon pragmatique sur la question et semble utiliser les différents moyens à sa disposition tout en restant dans les limites de la démocratie et de l’intelligence, malgré les aboiements irresponsables de son opposition. Des assassinats ciblés, il y en eut et il continue à se produire : on a vu récemment l’exécution des frères Clain, fervents catholiques normands convertis à l’islam et devenus personnages importants dans la hiérarchie du groupe terroriste (la mort d’au moins l’un d’entre eux a été confirmée), par un tir de drone de la coalition internationale le mois dernier à Bagouz justement Certains procès locaux ont déjà aboutis en Irak contre des citoyens français ; des enfants orphelins ont déjà été rapatriés sur le territoire national ; les terroristes revenus d’eux-mêmes sont désormais judiciarisés dans le cadre des lois ayant criminalisé la participation a des entreprises terroristes. On ne peut pas non plus exclure que certains des revenants soient rentrés discrètement et aient échappés à l’application de la Loi.

Bref, le gouvernement français agit comme il le peut pour le moment et on verra ce que feront les donneurs de leçons lorsqu’ils seront au pouvoir, qu’ils se fassent déjà élire.Bref, le gouvernement français agit comme il le peut pour le moment et on verra ce que feront les donneurs de leçons lorsqu’ils auront été élus.

La fratrie de Jésus

Au cours d’un repas de Noël la théorie des frères et sœurs de Jésus vient dans la conversation. La majorité des participants n’ont jamais entendu parler d’une telle hypothèse qui, si elle était vérifiée, briserait bien des certitudes. Après consultation des spécialistes en bondieuseries (on en trouve toujours un ou deux dans une famille) il s’avère que ce serait une fake news complètement contraire au dogme qui veut que les parents de Jésus, Marie et Joseph, soient consacrés, c’est-à-dire qu’ils ont fait vœux de chasteté pour leurs vies entières. L’Eglise n’envisage pas une seconde que ce vœu ait pu être brisé avant ou après la naissance de Jésus conçu par les voies miraculeuses que l’on sait. Ouf !

Le retour des attentats religieux en France

Un voyou multirécidiviste, a priori passé du banditisme au terrorisme religieux, tire au pistolet au hasard dans les rues de Strasbourg mardi 11 décembre. On en est à trois morts à ce jour plus une dizaine de blessés dont plusieurs entre la vie et la mort. Le suspect a été tué par la police ce soir après deux jours de traque dans la ville. D’origine marocaine, né à Strasbourg, ce citoyen français s’est plongé dans l’islam comme il avait baigné dans le deal et le braquage. Ces transitions qui n’ont rien de nouveau quand on regarde le parcours des terroristes religieux ayant sévi ces dernières sur le territoire français, laisse toujours l’observateur pantois tant semblent opposés les enseignements de la religion et les buts des terroristes. En réalité ces terroristes s’inspirent du langage moyenâgeux et métaphorique des livres saints, refusant d’en moderniser l’interprétation, et retournent leurs armes contre la République qui les a élevés. Le groupe Etat islamique a revendiqué cet attentat.

Comme à chaque attentat, le sang n’était pas encore séché sur les trottoirs que les aboyeurs habituels se sont déchaînés dans l’indécence. Laurent Wauquiez fut cette fois-ci encore en tête de gondole :

Par ce genre de message félon, le chef du parti conservateur de droite laisse penser à Mme. Michu que ses dirigeants ne font rien et se contentent de regarder passer les trains. Cette hypothèse est incorrecte et il suffit tout simplement de compulser les textes des lois anti-terrorisme qui se sont succédées depuis les attentats des années 95′ pour le constater. Non seulement les textes évoluent mais les pratiques également. Outre l’engagement militaire à l’étranger de l’armée française, l’efficacité des forces de sécurité nationale s’est beaucoup renforcée. Mais le mieux est sans doute de laisser la caravane passer devant les chiens qui aboient. Wauquiez est désormais sans doute irrécupérable pour la raison.

MARCEL Gabriel, ‘En chemin vers quel éveil ?’.

Sortie : 1971, Chez : Voies ouvertes – Gallimard

Gabriel Marcel (1889-1973 ) est un philosophe, dramaturge, critique littéraire et musicien (à ses heures perdues). Auteur de nombreuses œuvres philosophiques et de pièces de théâtre, au crépuscule de sa vie il a décidé d’écrire non pas ses mémoires mais des pensées lui venant lorsqu’il jette un regard sur toutes ces années passées à réfléchir, analyser, écrire sur le sort de l’Homme.

Au cœur d’une période si fertile en philosophes de tous bords, il a aussi développé un courant que l’on a appelé « existentialisme chrétien » pas vraiment compatible avec l’existentialisme de Sartre semble-t-il. Bref, l’Homme n’est pas déterminé par quiconque mais libre et responsable de son existence. Gabriel Marcel s’étant converti à la religion catholique il ajoute Dieu à son existentialisme et là commencent les problèmes conceptuels. Mais qu’importe, il explique ce qu’il croit et n’exclut rien, y compris le spiritisme dont certaines expériences l’ont marqué.

La guerre de 14-18 a précédé sa conversion et l’a poussé vers l’existentialisme, quoi de plus symbolique de la liberté que celle prise par les hommes de s’entre-tuer ? Son passage au catholicisme en 1929 est sans doute le fait marquant de sa vie, et de sa pensée, sur lequel il ne cesse de s’interroger, voire de se justifier. Il reconnaît toutefois « le caractère hasardeux de l’engagement [souscrit] » et n’exclut pas totalement qu’il existe « une marge d’incertitude » quant à la réalité de la résurrection du Christ qui pourrait un jour être contredite. Malgré tout, création, compassion, universalité, mystère [« ce qui n’est pas problématisable »]… sont des concepts qu’il vit « charnellement » et qui nourrissent ses réflexions sur cette religion à laquelle il s’attache en pleine connaissance de cause, non comme à une bouée de sauvetage à ses angoisses mais qu’il reçoit comme une éclairante certitude intellectuelle. Pour lui les valeurs chrétiennes ne peuvent pas être vécues sans la foi et l’existence de cet humanisme semble justement lui confirmer l’existence de Jésus. Chacune de ses pièces de théâtre semble inspirée par ces réflexions. Il reste à les lire !

Au-delà de ce retour sur des décennies de foisonnantes réflexions philosophiques il note quelques passages de l’Histoire et de son existence : le décès du Général de Gaulle qui après une vie de combats glorieux souhaite être enterré dans un petit village de France auprès de sa fille Anne handicapée et morte très jeune ; le procès des basques de Burgos par le régime de Franco en 1970 ; l’adoption de son fils « … une sorte de greffe spirituelle » ; la musique « …capable de traduire cette conjonction du chagrin et de la joie, qui ne se laisse pas exprimer dans un langage conceptuel [au sujet de l’armistice de 1918] » ; le décès de sa femme et d’autres proches…

Gabriel Marcel connut une reconnaissance certaine de ses pairs, y compris à l’étranger. Docteur honoris causa dans nombre d’universités, récipiendaire de nombreux prix… ce livre retrace quelques étapes du parcours d’un humaniste du XXème siècle éclairé par la foi catholique. Les non-initiés ne comprendront pas tous les concepts abordés mais on pressent un humain qui participa à cette grande tâche de la Pensée et c’est bien là le plus fondamental.

L’église fait dans le clanisme

On apprend avec stupeur qu’un schisme se déroule au sein de l’Eglise orthodoxe dont la section russe a décidé de rompre « totalement » avec le patriarcat de Constantinople car ce dernier aurait reconnu l’indépendance de l’Eglise ukrainienne qui était placée sous la tutelle russe depuis 332 ans. Du coup tout ce petit monde ne pourra plus partager ni liturgie ni communion entre ses fidèle mais chacun mènera ses petites affaires politico-religieuses de son coté, en attendant des jours meilleurs.

Constantinople on s’en souvient est le nom de la ville qui est devenue Istanbul après la chute de l’empire ottoman au début du XXème siècle. Le patriarcat en est resté à Constantinople et règne plus ou moins sur l’Eglise orthodoxe turque, c’est-à-dire un marché extrêmement réduit au sein d’un pays très majoritairement musulman, mais il étend aussi son autorité sur les territoires grecs autrefois conquis par les ottomans, dont la Crète, Patmos, Rhodos, Simi et quelques îles du Dodécanèse et même des micro-archevêché orthodoxes en Europe et en Amérique. Tout ceci additionné, cela fait plus de monde (et de ressources financières).

De schismes en excommunication puis en tentatives de réconciliation, les églises comme les partis politiques se déchirent, se divisent, agitées par l’ambition des hommes que la sagesse de Dieu ne parvient que rarement à apaiser. L’Eglise orthodoxe aujourd’hui c’est un peu comme la gauche en France, à force de se fâcher les uns avec les autres, ses représentants ont scindé le marché en une multitude de petites niches qui ne représentent plus grand-chose mais où chacun a monté sa propre boutique pour essayer d’en capter la clientèle. Dans l’Eglise orthodoxe le militant donne beaucoup et le parti est exonéré d’impôt, les intérêts commerciaux ne sont donc jamais très loin. Dans un cas comme dans l’autre, cela n’a finalement guère d’importance. D’ailleurs, les adhérents comme les fidèles ne semblent pas s’en émouvoir particulièrement.