Irresponsables !

L’opposition a déposé 20 000 amendements devant la commission parlementaire en charge de l’examen du projet de loi de réforme des retraites. Cette commission n’a pu examiner que la moitié d’une telle quantité d’amendements et le projet de loi est présenté dans sa version initiale à l’assemblée nationale. Cette fois-ci les partis d’opposition ont déposé 40 000 amendements, revendiquant ouvertement leur volonté de blocage du projet. Ce n’est pas la première fois que de tels comportements parlementaires se déroulent mais on est chaque fois surpris de ce dévoiement du règlement du Parlement.

La démocratie pour le moment est bonne-mère et supporte ces enfantillages sans broncher, quitte à renforcer régulièrement les modes de fonctionnement de l’Assemblée nationale pour encadrer ces dérives et, donc, limiter la capacité de parlementaires irresponsables à bloquer les débats. A plus long terme le risque est que les jeunes générations se découragent de cette démocratie relativement faible face à ces comportements et se tourne vers les « démocratures ». Le mouvement est d’ailleurs déjà plus ou moins en route.

Le plouc, la balance et le délinquant

Le candidat tête de liste de la majorité présidentielle pour les élections municipales à Paris le mois prochain, Benjamin Griveaux, a annoncé hier qu’il se retirait de la course par suite de la diffusion d’une vidéo sexuelle le concernant qui agite la communauté des réseaux dits sociaux depuis quelques jours. On y verrait ledit candidat se masturber en se filmant avec son téléphone portable sur Facebook live en échangeant des mots de circonstance sur un chat avec la destinataire de ce charmant scénario. On ignore qui est ce destinataire (femme ou homme ?) mais ce ne serait pas a priori son épouse légale. Elle (ou il) a sans doute ensuite balancé la vidéo à un activiste russe bénéficiant de l’asile politique en France, Piotr Pavlenski, qui revendique cette diffusion pour dénoncer « l’hypocrisie d’un politique » prônant la vie de famille dans Paris-Match et se comportant ensuite différemment. L’authenticité de la vidéo n’a pas été contestée par l’intéressé pour le moment, son avocat envisageant plutôt d’attaquer le russe pour diffusion d’information à caractère privé ce qui est un délit dans la République.

Le premier réflexe est évidemment de rigoler franchement devant cette incroyable poilade politico-pipole. Le second est d’attendre impatiemment la couverture du prochain Charlie-Hebdo de mercredi qui devrait être à la hauteur de cet évènement exceptionnel.

La troisième réaction est un peu plus triste devant cette décadence générale de toute une génération. Résumons l’affaire : un élu-nunuche de 42 ans, candidat-maire de Paris, mais à l’époque membre du gouvernement, en déplacement professionnel à l’été 2018 se masturbe le soir devant son téléphone mobile à destination d’une copine-balance, inconnue à ce jour, qui enregistre la scène, la balance à un repris de justice russe-délinquant de 35 ans, bénéficiant du statut de réfugié en France, qui décide de la publier sur Internet 18 mois plus tard pour perturber l’élection à la mairie de Paris ; ce qu’il réussit à faire puisque le nunuche est obligé de se retirer de l’élection.

Il y a dans cette affaire de pieds-nickelés toutes les déviances de notre société d’aujourd’hui : le nombrilisme, la perte de toute notion de l’intérêt général, l’irresponsabilité, l’immigration, le sexe, la traîtrise et, comme vecteur de toutes ces avanies : les réseaux dits-sociaux qui véhiculent l’infamie et le vide avec jouissance et rapidité ! Les mots manquent pour qualifier un tel enchaînement où la bêtise se dispute à l’abrutissement. Ils sont tous coupables dans ce maelström : le plouc, comme la balance comme le délinquant. Il n’y a pas de victime. C’est une nouvelle étape dans la beaufisation de notre société française. Que les quadras qui ont généré cette société et ces comportements pathétiques se débrouillent avec ce problème que les sexa ne savent plus résoudre.

En attendant, il est fortement recommandé de ne pas se masturber devant son téléphone mobile en chatant avec des correspondants.

Renoncement à l’équilibre des finances publiques

Le gouvernement renonce pour le moment à modifier la constitution pour y introduire la soi-disant règle d’or, interdisant ou contrôlant les déficits de la République. Ce n’est pas grave, cette règle existe déjà au niveau de la réglementation européenne, il suffit de la respecter. C’est n’est pas grave car cela laissera plus de temps à nos gouvernants pour analyser les hausses d’impôt et baisse de dépenses qui sont incontournables.

Patrick Balkany va mieux!

Coco / Charlie-Hebdo (05/06/2019)

Patrick Balkany, 71 ans, repris de justice, maire de Levallois, vient de passer cinq mois en prison pour avoir été de nouveau condamné en première instance pour fraude fiscale. Il a été libéré hier pour raisons de santé graves selon une expertise judiciaire médicale. On parle de dépression et de mal au dos.

A priori l’ex-détenu va mieux car, libéré hier, il a passé une bonne partie de la journée d’aujourd’hui sur les chaînes d’information pour de longs entretiens donnés depuis sa propriété de Giverny. Les interviews ne sont pas très originales et l’on n’y apprend pas grand-chose de neuf si ce ne sont les conditions matérielles de sa vie derrière les barreaux, information d’un intérêt mineur.

Comme il n’en a pas vraiment fini avec les affaires judiciaires en cours d’appel, il n’est pas sûr que parader à la télévision dès le lendemain de sa libération pour « raisons de santé graves » soit très adroit ni très productif vis-à-vis des juges d’appel. Condamné à quatre années, il aura fait cinq mois pour le moment. Il n’est pas exclu qu’il doive retourner en prison au cas où sa condamnation serait confirmée, aggravée ou allégée en appel, même si cela paraît improbable.

Le mieux pour lui serait qu’il se repose et se montre discret. Sa présence à la télévision est fatigante pour lui, inutile pour les téléspectateurs et provocatrice pour ses juges.

« Le lac aux oies sauvages » de Diao Yinan

Un film chinois, polar-noir, qui se déroule de nuit dans les bas quartiers de quelque province chinoise déshéritée où un chef de gang et une prostituée fuient la police, la seconde aidant le premier qui a tué un flic par accident. On erre dans ce monde interlope, éclairé par des néons où des bandes de voyous tiennent le pavé. Tout est sale et repoussant, personne ne rit, l’atmosphère est lourde et humide, la mort est au bout du chemin visqueux.

Les seules images de jour sont éclatantes et ensoleillées, ce sont celles du « lacs aux oies sauvages », un lac où se retrouvent des prostitués et leurs clients. L’homme se sachant condamné veut orchestrer sa dénonciation par cette prostituée afin qu’elle perçoive la récompense et la reverse à sa femme et son fils. Ils réussiront.

Bien loin des images habituelles de la Chine triomphante ce film noir donne à voir l’envers du décor qui existe aussi très certainement. Des voyous, des putes et la police, la recette parfaite d’un polar glaçant à la lumière des néons.

Grandeur d’âme de Martine Aubry

Ça y est, Martine Aubry, 69 ans, maire de Lille depuis plus de 18 ans, les cheveux noirs de teinture, fait don de son corps à la municipalité de Lille en se représentant à l’élection municipale pour la quatrième fois ce qui, si elle est élue, lui ferait donc 24 ans à l’hôtel de ville. C’est au moins 12 ans de trop ! Cela la mènerait jusqu’à 75 ans

Elle a largement dépassé l’âge légal de la retraire comme le futur âge pivot. Elle dépasse surtout les bornes de la décence. Comment n’arrive-t-elle pas à réaliser que, même si ses électeurs lui promettent une réélection, elle devrait passer la main à la nouvelle génération. On a du mal à réaliser les niveaux de nombrilisme et d’autosatisfaction qui peuvent amènent à une telle décision. Cela dépasse l’entendement, mais cela est, hélas, hélas, hélas !

L’abrutissement des masses par la publicité s’aggrave

Une soirée au cinéma permet de constater que les annonces pour les films à venir sont désormais entrecoupées de publicités commerciales. Cette pratique invasive nouvelle est destinée à forcer le spectateur à ingérer de la publicité commerciale s’il veut regarder jusqu’au bout le programme de ses prochaines séances. A priori la majorité des citoyens n’est pas passionnée par la publicité ; durant les matchs de fouteballe suivis à la télévision depuis son salon M. Michu profite des pauses publicitaires pour aller s’ouvrir une bière ou évacuer les précédentes aux toilettes, s’évitant ainsi le spectacle abrutissant de messages de pub répétés jusqu’à la nausée pour envahir les neurones des gogos et déclencher leurs décisions d’achat au supermarché du coin ou chez leurs concessionnaires automobiles. Avec ce saucissonnage des annonces des prochains films qui seront à l’affiche, les commerçants espèrent ainsi forcer les consommateurs à visionner leurs messages.

Les téléspectateurs exaspérés par la pub, peu nombreux finalement, cherchent à adapter leurs consommations de télévisions et de radios en se limitant aux chaînes le moins possibles envahies par les commerçants. Ce sont essentiellement les chaînes du service public, et encore, celles-ci font-elles malgré tout l’autopromotion de leurs propres programmes et n’échappent pas aux émissions sponsorisées qui permettent de refourguer par la fenêtre les commerçants qui ont été évacués des ondes par la porte.

L’apparition forcée de pop-ups sur son écran de terminal dès que l’on navigue sur un site internet « gratuit » relève du même écœurant gavage. Désormais l’internaute a acquis le réflexe pavlovien de fermer tous ces pop-ups avant de pouvoir commencer réellement sa navigation. L’invasion est plus légère sur les sites payants. Normal puisque sur Internet : « la marchandise est l’internaute lui-même » dont les données de navigation sont stockées et revendues.               

Les progrès de l’intelligence artificielle permettent malheureusement d’encore mieux cibler le pilonnage publicitaire des neurones du consommateur. Celui-ci se voit proposer des produits commerciaux choisis en rapport avec les clics qu’il a fait les jours précédents sur des sites vendant des produits similaires. Le chroniqueur a déjà constaté que lorsqu’il écoutait une radio publique sur l’application Radio-France de son téléphone mobile et coupait le son pour s’épargner la voix gnangnan de la nunuche promouvant une autre émission, la publicité abrutissante reprenait exactement au moment où il l’avait coupé deux minutes avant…

On est en plein dans la légendaire phrase d’un ex-pédégé de TF1 (Patrick Le Lay) qui expliquait doctement que l’art du business de la télévision était de vendre du « temps de cerveau disponible des téléspectateurs » aux annonceurs. Cet illustre personnage avait dirigé cette chaîne après sa privatisation et en avait fait une réussite commerciale et un désastre culturel. On est aussi au cœur du système marchand qui nous gouverne : pour produire il faut bien vendre, et pour vendre il faut bien promouvoir quitte à abrutir le consommateur et à provoquer ses non-besoins. Ce système a de bons côtés, il en a aussi de très mauvais desquels il devient de plus en plus difficile de se prémunir. C’est là sa supériorité sur tous les autres !

Mauvais temps pour les « fils et filles de » africains

Le fils du président de la Guinée Equatoriale, Teodorin Obiang, lui-même vice-président du pays, a été condamné en France en octobre dernier à trois années de prison avec sursis et 30 millions d’amende, également avec sursis, dans le cadre de la procédure des « biens mal acquis », pour s’être bâti frauduleusement un patrimoine immobilier considérable. Son père Teodoro Obiang Nguema est au pouvoir dans son pays depuis 40 ans après avoir renversé son oncle en 1979 qui était lui au pouvoir depuis 1969. Le fiston, qui a fait ses études en France, a été nommé à divers postes de ministre par papa avant de devenir vice-président en 2016. Il adore les voitures de luxe et accumule Ferrari, Lamborghini et similaire, qui lui ont été généralement saisies dans le cadre de différentes procédures dans les pays où il a investi. Le fiston était absent lors de son procès, un appel et une procédure devant la cour internationale de justice.

La fille de l’ex-président de l’Angola, Isabel dos Santos, est au centre d’une enquête internationale journalistique menée par le Consortium international de journalistes d’investigation (ICIJ), qui révèle en janvier 2020 sa fortune considérable (se chiffrant en milliards de dollars) et les voies complexes et opaques par lesquelles elle et son mari ont accumulé ces actifs dont beaucoup sont localisés au Portugal, ex-puissance colonisatrice de l’Angola. Cette enquête a été lancée à la suite d’une importante fuite de 700 000 documents, probablement le fait d’un hackeur. Son père José Eduardo dos Santos est resté 38 ans au pouvoir dans son pays où fifille a exercé différents postes officiels, notamment la présidence de la société pétrolière nationale. Papa est maintenant installé à Barcelone et son successeur a lancé des poursuites contre la famille dos Santos. A la suite de ces révélations médiatiques le banquier portugais de la banque locale dont elle détenait 42,5% des parts a été retrouvé mort à son domicile, probablement suicidé. Isabel est désormais persona non grata dans un certain nombre de pays occidentaux et, bien entendu, aussi en Angola.

Le fils du président du Congo (Brazzaville), Denis Christel Sassou Nguesso, est mis en examen en France pour blanchiment dans le cadre de cette même procédure des « biens mal acquis ». Son père Denis Sassou Nguesso est au pouvoir dans son pays depuis 36 ans et le fiston, député, a exercé des fonctions dans la société pétrolière nationale, tiroir-caisse du pouvoir et, à une époque sans doute révolue, de certains partis politiques français. Denis Christel a accumulé des biens assez considérables, notamment dans l’immobilier en France.

Ces trois affaires en cours sont intéressantes par leurs similitudes. Elles concernent toutes des « fils et filles de » dont il est juste techniquement impossible qu’ils aient accumulé de telles fortunes, se chiffrant en centaines de millions ou en milliards de dollars, en partant de leurs salaires de ministres ou même de vice-président. Comme le confirment les enquêtes de justice et de l’ICIJ, ils ont largement détourné les fonds publics des Etats dirigés par leurs pères respectifs. Tous trois ont développé un sens du clinquant jet-set qui les a beaucoup desservis, publiant des photos bling-bling sur les réseaux dits-sociaux ou paradant un peu partout où la presse pipole aime à se trouver. La discrétion sied mieux aux opérations illégales que la publicité qui les a attirés comme la lumière brûle les insectes. Ils ne l’ont pas compris. Ils ont également dépensé/investi la plus grande part de leurs sous en dehors de leurs pays d’origine vie des montages légaux et fiscaux complexes largement validés par les cabinets d’audit internationaux, on n’est jamais trop prudent…

Tous clament la complète légalité des transactions qui les ont enrichis en convoquant le « néocolonialisme » des procédures entamées. Dans les cas du Congo et de la Guinée Equatoriale, les papas sont toujours au pouvoir, les justices locales ne sont donc pas saisies comme en Angola où la famille dos Santos est poursuivie localement.

Tous ont des papas qui sont au pouvoir depuis plus de 30 ans sans discontinuer, arrivés à ce niveau le plus souvent à l’issue d’élections fantoches. Cette durabilité hors normes a favorisé ces pactes familiaux de corruption. On n’a pas trouvé de solution à ce jour pour mettre fin à cette mauvaise gestion généralisée, ni dans les pays concernés, ni plus en Occident où les donateurs cherchent à améliorer la situation qui est nuisible pour tous, sauf pour la minorité qui s’enrichit et qui arrive donc à rester en place.

Il serait moral que ces « fils et filles de » rendent l’argent pillé dans leurs pays. Il n’est pas sûr que cela advienne puisque pour le moment au moins deux des trois pays mentionnés ne réclament même pas ce retour. Seule Isabel dos Santos est sur le grill mais il est loin d’être acquis que ses actifs puissent être saisis, vendus ou restitués à son pays. Son mari Sindika Dokolo déclarait au journal Le Monde en 2017 : 

« Je préfère que la richesse du continent revienne à un Noir corrompu plutôt qu’à un Blanc néocolonialiste. »

Tout est dit mais si le « Noir corrompu » n’a pas respecté la Loi des pays où il a investi, il aura peut-être des comptes à rendre si les justices de ces pays se mettent en mouvement !

Esther Duflot face à l’abrutissement des masses

Dans une série de conférences données à New-York à l’invitation de l’ambassade de France, Esther Duflot a rappelé que la confiance des citoyens est deux fois plus importante pour les météorologistes que pour les économistes… Prix Nobel d’économie 2019 avec deux équipiers dont son mari pour leurs travaux sur la réduction de la pauvreté dans le monde, elle mentionne que les économistes sont très mauvais pour la prévision (merci du rappel) mais que leurs données et analyses peuvent tout de même aider à comprendre le présent. Transmis à Mme. Michu !

« Histoire d’un regard » de Mariana Otero

Gilles Caron était un reporter-photographe auteur de quelques photos iconiques des conflits des années 60/70, disparu mystérieusement au Cambodge en 1970, probablement happé par le conflit, pris dans un accrochage ou enlevé par les Khmers rouges. On n’a jamais retrouvé son corps ni arrêté d’explication définitive sur sa mort.

Son parcours fut météoritique et il marqua l’histoire française de photojournalisme durant les quelques années où il exerça ce métier. Ses reportages les plus célèbres concernèrent les émeutes de mai 68 à Paris (une photo de Cohn-Bendit souriant face à un CRS), la guerre des six jours en Israël (une photo de Dayan au mur des lamentations que son armée vient de conquérir), les guerres civiles au Biafra et en Irlande du nord, la guerre du Vietnam bien sûr, Prague 1968. Il choisit bien ses sujets avec toujours un temps d’avance sur ses collègues et un œil affuté pour les scènes frappantes. Il a fait la guerre d’Algérie dans les parachutistes ce qui l’a sans doute rendu familier avec les terrains militaires et aidé à cadrer des photos

La réalisatrice reconstitue la vie professionnelle de Gilles Caron à travers des milliers de planches contacts. Ses commentaires pour illustrer ce voyage ne sont pas inoubliables, qu’importe, ce sont les images qui comptent et celles-ci qui ont marqué leur époque sont bonnes à voir et à revoir.

Devendra Banhart – 2020/02/05 – Paris salle Pleyel

Les Inrocks

Découverte de Devendra Banhart en concert à la salle Pleyel ce soir : un musicien américano-vénézuélien d’un genre folk-psychédélique, étrange et original. Une voix profonde de crooner, un look de bel hidalgo, un jeu de guitare délicat, un chant en espagnol ou en anglais et des compositions alternant entre le folk pur et dépouillé et un rock latinos sautillant.

Une révélationà approfondir !

La famille Curie : des géants de la science !

A l’Institut Curie, un petit musée est consacré à cette incroyable famille qui révolutionna la science en faisant considérablement progresser le domaine de la compréhension de la radioactivité. Installé dans les locaux mêmes qui constituaient l’Institut du Radium qui fut successivement dirigé par Marie Curie, Frédéric Joliot-Curie (le gendre) puis Irène Joliot-Curie (la fille), on y visite le bureau du directeur, son laboratoire (décontaminé comme précisé dans la présentation…) et le petit jardinet conçu par Marie pour la régénération des esprits et l’échange entre deux recherches.

Marie Curie (1867-1934) : un premier prix Nobel de physique en 1903 (avec Pierre Curie et Henri Becquerel) « en reconnaissance de leurs services rendus, par leur recherche commune sur le phénomène des radiations découvert par le professeur Henri Becquerel » et un second Nobel, de chimie cette fois-ci en 1911, « en reconnaissance des services pour l’avancement de la chimie par la découverte de nouveaux éléments : le radium et le polonium, par l’étude de leur nature et de leurs composés ».

Irène Joliot-Curie (1897-1956), fille de Marie et Pierre Curie, reçoit le prix Nobel de chimie en 1935 avec son mari, Frédéric Joliot (1900-1958) « en reconnaissance de leur synthèse de nouveaux éléments radioactifs », il s’agit de leur découverte de la radioactivité artificielle. Scientifique de haute volée le couple affiche un engagement politique fort, Frédéric est membre du parti communiste, Irène sera l’une des premières femmes ministres de la République sous le front populaire en 1936 mais elle retournera bien vite à sa paillasse de chercheuse. L’un comme l’autre sont pacifistes, fréquentent Einstein et s’opposent à l’utilisation du nucléaire dans le domaine militaire.

Irène et Marie décèderont prématurément de la même leucémie, dévorées par les radiations de leurs découvertes fondamentales.

Les deux pièces du musée nous rappellent également nos cours de physique-chimie en vulgarisant le phénomène de la radioactivité, les effets et utilisation du radium, polonium et autres joyeusetés nucléaires incompréhensibles pour les néophytes. Quelques années auparavant, de l’autre côté de la rue, Louis Pasteur (1822-1895) lançait la microbiologie et mettait au point le vaccin contre la rage.

La rue d’Ulm se réfère à une victoire de Napoléon contre l’Autrichien en 1805. Au-delà de ce concours de puissances dans une Europe dévastée par des guerres inutiles, on préfèrera retenir que cette rue abrita les travaux de géants de la science moderne.

DRIEU LA ROCHELLE Pierre, ‘Gilles’.

Sortie : 1939, Chez : Editions Gallimard / Le Livre de Poche 831-832

C’est le roman majeur de Drieu la Rochelle, écrivain tant critiqué pour ses faits de collaboration durant la IIème guerre mondiale, qui s’est donné la mort en mars 1945 plutôt que d’avoir à rendre des comptes à la Justice devant laquelle il était convoqué.

Les pérégrinations du héros sont en grande partie autobiographiques et certains des personnages sont inspirés de personnes réelles : Aragon est Galant, André Breton est Caël et Drieu est Gilles. Revenu blessé de la première guerre mondiale, Gilles erre dans les salons de la bonne société parisienne à la recherche de réconfort féminin (également susceptible de l’entretenir) et d’engagement politique sans vraiment savoir de quel côté pencher, entre communisme et fascisme. Il promène sa morgue désabusée dans un Paris qui n’a jamais cessé ses activités mondaines durant la Grande guerre, ignorant plus ou moins que ses enfants se faisaient massacrer à quelques centaines de kilomètres plus à l’est.

Alors une fois terminée cette guerre mortifère, ceux qui l’ont vécue se noient dans l’oubli du foisonnement festif et intellectuel du moment dans la capitale. Gilles se marie et divorce une fois, accompagne la mort par cancer de sa deuxième épouse, multiplie les maîtresses, abandonne toutes ses femmes, comprend qu’il n’aime pas l’amour, s’essaye à la politique mais le cœur n’y est pas. Entre nihilisme et désœuvrement cette petite bande de parisiens trop gâtés et, pour certains, dévastés par la guerre, mène sa barque dans un monde bourgeois et superficiel, sans véritables émotions.

Dans l’épilogue du roman, Gille crapahute en Espagne au temps de la guerre civile. On comprend qu’il est du côté des « blancs » de Franco, contre les rouges, sans doute plus l’effet du hasard que de ses véritables convictions. Commencé dans les tranchées de Verdun le roman se termine 500 pages plus tard dans celles de la guerre civile d’Espagne. Gilles revient à la guerre qui fut finalement la seule situation qui l’a véritablement motivé et animé.

Le style de Drieu est riche et brillant, décrivant merveilleusement ce que l’on sait de la France de l’entre-deux guerres qui annonçait déjà le renoncement intellectuel des années 30 puis le désastre militaire de 1940 avant les années sombres de l’occupation allemande qui engendra dans doute plus de lâcheté que d’héroïsme… Drieu la Rochelle fut l’un des symboles marquants de cette époque. Il rêva avec le socialisme, compromit avec les surréalistes et le mouvement Dada, pêcha avec le fascisme et se perdit dans la collaboration. A la libération ses amis Aragon et Malraux (que Drieu avait protégés durant l’occupation), notamment, tentent de l’aider. Il refuse l’exil, il préfère la mort.

« …il avait cédé aux avances de Berthe. Il lui donnait son dernier feu. Une conscience désespérée ne l’empêchait pas de paraître encore passionné. En fait, il l’était plus que jamais, d’une passion détachée et sans espoir. De nouveau jaloux, anxieux, tendre, férocement, follement lubrique. L’arbre de la science et l’arbre de la vie ne faisaient plus qu’un seul arbre d’orage, éperdument secoué par un tourbillon final ; il engloutissait dans ses racines, semblait-il, tout ce qui restait de suc dans les parages. »

Au sujet de Berthe l’ultime conquête de Gilles

En 2012 ses œuvres sont publiées dans la bibliothèque de la Pléiade. L’écrivain eut ses faiblesses qu’il eut le courage de solder par le suicide. L’œuvre mérite de ne pas être oubliée.

Sémantique et responsabilité

« J’ai commis des erreurs mais pas commis de faute » répète en boucle un responsable de la fédération sportive des sports de glace accusé d’avoir couvert les agissements pédophiles de ses entraîneurs. Cela rappelle le « responsable mais pas coupable » du premier ministre Laurent Fabius impliqué dans l’affaire du sang contaminé en France à la fin des années 90’.

Dans l’affaire du sang contaminé, l’accusation porte sur le fait que des stocks de sang prélevés avaient été utilisés malgré les risques forts de leur contamination par le virus du Sida. Il y eut des morts par contamination « accidentelle » par ce sang impur.

Ces hauts responsables jouent sur les mots car il est difficile d’assumer les erreurs des autres, fussent-ils leurs collaborateurs. Dans un cas comme dans l’autre leur démission est ou a été en jeu. Il ne serait pas inélégant qu’ils s’exécutent mais n’oublions pas qu’ils ne sont pas les coupables ayant formellement commis les actes criminels, tout au plus les ont-ils couverts dans l’hypothèse où ils en furent informés, ce qui n’est pas même certain. Mais le peuple a besoin que des têtes tombent…

Des expatriés dépités au Royaume-Uni

Depuis hier le Royaume-Uni a récupéré sa souveraineté pour gérer l’immigration sur son territoire, y compris celle de citoyens de l’Union européenne dont elle ne fait plus partie. Un régime transitoire a été mis en place pour ces citoyens de l’Union présents depuis au moins 5 ans sur le territoire britannique. Ils doivent se faire enregistrer pour la délivrance d’un titre de séjour les autorisant à rester sur place, au moins pour quelques années. La réciprocité a également été acquise pour les britanniques résidant dans les 27 pays membres de l’Union.

Certains de ces expatriés s’émeuvent d’un tel régime, les français n’étant pas les derniers à se plaindre, comme d’habitude. Et les journalistes présents sur place recueillent des « c’est honteux », « c’est un scandale », etc.

La mondialisation a fait oublier un peu trop rapidement aux citoyens du monde que « chez les autres » ce n’est pas encore exactement pareil que « chez soi ». Il y a ce que l’on appelle en matière d’investissement le « risque politique » : un citoyen d’un pays A installé dans un pays B est soumis à la Loi de son pays d’accueil qui peut être différente ou évoluer différemment de la Loi du pays A. C’est le b-a-ba de tout investissement à l’étranger. La libre circulation et d’installation des personnes qui a cours au sein de l’Union européenne ne l’a pas à l’extérieur où les lois nationales s’appliquent.

L’expatrié français installé à Londres va devoir désormais obtenir un titre de séjour qui peut bien entendu lui être refusé. Il semble d’ailleurs que c’est justement l’immigration débridée des citoyens de l’Union dans leur pays qui a causé le vote en faveur du brexit. Il n’est donc pas étonnant que la Grande-Bretagne reprenne le contrôle de son immigration. C’est le retour à la période d’avant la libre circulation des personnes qui n’est pleine et entière que depuis finalement pas si longtemps que ça, et qui souffre d’ailleurs toujours d’exceptions significatives. Les gens ont la mémoire sélective…

Cela étant dit, il est peu probable que le Royaume-Uni expulse sauvagement et rapidement ses immigrés originaires de l’Union. Cela devrait se passer de façon ordonnée et progressive, mais les non britanniques devront obtenir à l’avenir un titre de séjour et de travail pour s’installer et travailler en Grande-Bretagne, c’est ainsi que cela peut se passer quand on élit domicile à l’extérieur de son pays d’origine. A ne pas oublier !

« Servir ? Hélie de Saint Marc » un documentaire de Georges Mourier (2008)

C’est l’histoire d’un vieux monsieur, Hélie Denoix de Saint Marc (1922-2013), filmé alors qu’il avait 86 ans, qui a traversé l’Histoire tragique du XXème siècle et qui revient sur les grandes étapes de ce parcours exceptionnel.

Engagé dans la résistance, encore adolescent, durant la seconde guerre mondiale, il est dénoncé, arrêté et déporté au camp de concentration allemand de Buchenwald dont il sortira, épuisé, après avoir été confronté au mal absolu et aux comportements les pires du genre humain, y compris du côté des déportés. Il s’engage dans la Légion, pour « servir », mais aussi pour surmonter le traumatisme de l’effondrement français de juin 40. Envoyé en Indochine il succombe aux charmes de cette région, et comme beaucoup des acteurs de cette épopée, militaires et civils, à celui des femmes indochinoises, ce qu’il avoue avec un petit sourire nostalgique. Chef d’un camp situé au Nord-est du pays dans le territoire de la minorité Tho, à la frontière chinoise, il est chargé de former des maquisards qui vont soutenir le combat de la France contre le communisme. La situation militaire française se dégradant sérieusement dans cette région face à la puissance communiste chinoise, sa section est évacuée avec la majorité de ses partisans mais pas les villageois qui s’accrochent aux camions de l’armée française et que les légionnaires sont obligés de déloger à coups de crosses sur les mains. Ils seront ensuite largement massacrés par les communistes pour leur collaboration avec l’ennemi. Saint-Marc et ses hommes en sont marqués à jamais et c’est ce qu’il appellera sa « blessure jaune ».

Il retournera en Indochine et participera aux derniers combats avant que sa compagnie ne soit transférée en Algérie en 1955. Il participe à l’expédition avortée franco-britannique de Suez. En 1961 il est commandant par intérim du 1er REP (régiment de parachutistes), il se met aux ordres (avec son régiment) du Général Challe qui lance son coup d’Etat. Cette décision, prise en 10 minutes devant Challe qui l’a convoqué est prise pour « ne pas abandonner les harkis » et renouveler ainsi sa « blessure jaune ». Ce coup ne durera que quelques jours, Saint Marc en assumera la pleine responsabilité pour dédouaner les 800 hommes qu’il a entraînés avec lui. Il sera condamné à 10 ans, il en effectuera 5 à Tulle avec les autres putschistes, avant d’être amnistié par le Général de Gaulle puis libéré. Il sera progressivement réhabilité dans ses droits civils et militaires. Multi-décoré il sera progressivement élevé dans les grades de la Légion d’honneur jusqu’à celui de grand-croix remis par le président de la République Sarkozy en 2011. Il consacre ses dernières années à rédiger ses mémoires et de différents essais historiques.

Lire aussi : de Saint Marc / von Kageneck Hélie / August, ‘Notre Histoire 1922-1945’

Bien sûr ce documentaire sous forme d’interview revient sur quelques-uns des problèmes moraux qui se sont posés à ces militaires durant les guerres coloniales auxquelles il a participé.

La torture en Algérie : il est évidement moralement opposé à son principe. C’est le mal, dont il a connu la pire version à Buchenwald. Mais sur le terrain, lorsque des vies sont en jeu il ne sait pas répondre à la question portant sur « le mal pour éviter le pire ? » Pour illustrer son indécision il cite d’ailleurs le cas des bombardements alliés massifs des villes de Hambourg et Dresde qui ont permis de précipiter la capitulation allemande en 1945, alors que la victoire ne faisait plus de doutes, qui ont généré des milliers de morts civils « inutiles », mais aussi probablement accéléré la libération de Buchenwald où le prisonnier qu’il était n’aurait pas survécu encore très longtemps…

Et puis ce problème lancinant de la collaboration avec les populations locales qui se pose immanquablement au départ des troupe étrangères, car celles-ci partent forcément un jour, qu’elles soient coloniales ou d’une autre nature… A partir du moment où une armée s’installe durablement dans un pays tiers, quelle que soit le motif de l’invasion, elle a besoin d’une collaboration locale. Ce fut le cas autrefois en France (lors de l’occupation allemande), en Indochine, en Algérie, aujourd’hui en Afghanistan, en Irak, au Sahel. Alors lorsque la troupe étrangère se retire les règlements de compte commencent. La France elle-même a épuré les collaborateurs français avec l’occupant allemand après la Libération en 1944/45, d’abord sauvagement (on parle de 100 mille exécutions sommaires) puis de façon judiciarisée. En Algérie, en Indochine où l’armée coloniale avait formé des milices locales armées (contre leurs propres peuples aux dires de ceux qui l’ont emporté), les épurations ont été encore plus violentes une fois les indépendances acquises ou les troupes d’occupation retirées. C’est la justice des vainqueurs, elle est rarement juste. Pour les sauver de la vengeance des leurs, la seule alternative aurait été, dans le cas des guerres de la France, de rapatrier sur le territoire métropolitain ces centaines de milliers de supplétifs de l’armée et de l’administration françaises. Ce n’est pas l’option politique qui a été retenue. Le sens de l’honneur d’un Hélie de Saint Marc en a été bouleversé ce qui l’a fait tomber du côté des généraux complotistes en Algérie de 1961.

Cet homme émeut par son sens du devoir et de l’honneur, par sa traversée noble de tous les évènements tragiques du XXème siècle, sans jamais se départir d’un ton mesuré et d’une analyse tout en subtilité, se gardant bien de tout jugement définitif. Au crépuscule de sa vie, presqu’apaisé, il cite Goethe : « Il est facile de faire son devoir, il est plus difficile de savoir où il se trouve. »

C’est fait, voyons la suite désormais !

Charlie Hebdo – Vuillemin

La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne est actée ce soir à minuit. Les prophètes de malheur continuent à annoncer le pire : faillite économique, séparatisme en Grande-Bretagne, expulsion des immigrés, refoulement des expatriés, et bla-bla-bla, les remainers se désolent, les parlementaires et fonctionnaires britanniques de l’Union font leurs valises. C’est ainsi !

En réalité personne ne peut bien anticiper ce qui va se passer. Les pays européens vont bien arriver à trouver une solution pour définir le futur qui ne sera pas « comme avant ». Le Royaume-Uni n’a jamais vraiment apprécié faire partie d’une union politico-économique supposée brider sa créativité. Il a décidé collectivement de quitter l’Union européenne et il l’a fait. Voyons les étapes suivantes maintenant.

Jusqu’ici tout ne va si mal que ça !

de BALZAC Honoré, ‘Modeste Mignon’.

Sortie : 1844, Edition : Le club français du livre – 1954.

Le roman fait partie de la « Comédie Humaine », partie « Etudes de mœurs au XIXe siècle/ Scènes de la vie privée ». Ecrit en 1844 au retour de Balzac d’un séjour à Saint-Pétersbourg chez sa bonne amie la comtesse polonaise Hanska à qui il est dédié :

« … à toi, qui es encore la Beauté, cet ouvrage où ton amour et ta fantaisie, ta foi, ton expérience, ta douleur, ton espoir et tes rêves sont comme les chaînes qui soutiennent une trame moins brillante que la poésie gardée dans ton âme, et dont l’expression quand elle anime ta physionomie est, pour qui t’admire, ce que sont pour les savants les caractères d’un langage perdu. »

De Balzac

Situé en 1929 sous le règne de Charles X, c’est l’histoire d’une jeune femme, Modeste Mignon, fille d’un marchand du Havre aux fortunes diverses, elle cherche l’amour sous la stricte surveillance de sa famille. Elle croira l’avoir trouvé mais sera victime d’une escroquerie sur l’identité de l’élu. Une fois dévoilée la tentative de substitution d’identité, son père décidera d’organiser un concours à la loyale entre les trois prétendants, reçus au Havre, y compris l’escroc, pour laisser à Modeste la liberté de choisir celui qu’elle veut véritablement épouser.

Balzac nous plonge alors dans ce ballet de personnages et de sentiments. Il y a l’amoureuse transie mais aussi manipulatrice à ses heures, les trois prétendants : le poète, son secrétaire et le noble, le notaire et son clerc bossu, le père revenu de Chine, sa femme inquiète, la belle-mère aveugle… On croise les anciens soldats de Napoléon, la bourgeoisie satisfaite autant que la noblesse survivante.

Tout ceci se passe il y a deux siècles, les manières sont empesées, les rituels sont affectés mais les mœurs et les sentiments sont éternels, et tellement bien racontés par Balzac que ce roman est autant un livre d’Histoire qu’un traité de psychologie.

Et puis quel style littéraire ! Le problème avec la Comédie humaine (90 ouvrages) est qu’il en reste juste 89 à découvrir si l’on veut vraiment faire le tour de cette œuvre gigantesque.

Un grand moment de solidarité nationale

A la suite d’une épidémie en Chine d’un virus un peu bizarre, des citoyens français sont rapatriés en France, dans le sud, près de la base militaire d’Istres sur laquelle ils ont atterri. Ils doivent passer quinze jours en « quarantaine » avant d’être relâchés dans la nature ou soignés le cas échéant. Evidemment Mme. Michu, habitant le village où doit se dérouler la quarantaine, vitupère contre ce « scandale sanitaire » et demande que les français rapatriés de Chine soient installés… ailleurs que près de chez elle.

Depuis déjà quelques jours M. et Mme. Michu exprimaient leur rejet de tout ce qui ressemble à un « chinois » à force d’insultes sur les réseaux dits sociaux ou dans la rue comme le rapportent nombre de journaux sérieux. Heureusement la famille Michu reste minoritaire dans la République mais elle ne manque décidemment pas une occasion de manifester sa totale beaufitude, hélas.