Angela Merkel et Nina Hagen vous saluent bien

Alors que la chancelière allemande Angela Merkel va laisser la place après 16 années de pouvoir, l’armée allemande lui présente ses adieux en jouant un morceau choisi par elle de… Nina Hagen. Pour les plus jeunes, rappelons que Nina est une chanteuse née en Allemagne de l’est en 1955 au temps du mur. Elle sortit un premier hit à Berlin-Est : « Du hast den Farbfilm vergessen » (« Tu as oublié la pellicule couleur ») devenu mythique et c’est justement ce morceau choisi par Mme. Merkel que la Bundeswehr lui a joué en version instrumentale

En 1978, elle a suivi à l’ouest son beau-père déchu de sa nationalité est-allemande, elle monte un groupe, le Nina Hagen Band, qui sort un disque éponyme révolutionnaire dans lequel elle fait déjà preuve d’une incroyable agilité vocale et d’un talent pour grimacer de façon clownesque qu’elle exprime sur scène (voir vidéo). Ses musiciens ont des allures improbables, moitié bande à Baader, moitié drag-queens, mais s’avèrent de redoutables instrumentistes. Elle a poursuivi ensuite sa carrière avec la production d’une vingtaine de disques plus ou moins réussis, agrémentés de quelques provocations dont elle a le secret.

Une artiste originale à laquelle il était plutôt inattendu que la chancelière Merkel se réfère dans le cadre de sa cérémonie d’adieux à l’armée nationale. Un clin d’œil de cette grande dirigeante qui confirme en plus qu’elle a très bon goût. On ne sait pas à ce stade ce que Nina Hagen a pensé de ce choix…

SARTRE Jean-Paul, ‘Le Mur’.

Sortie : 1939, Chez : Gallimard / Le Livre de Poche n°33.

Jean-Paul Sartre (1905-1980) a écrit « Le Mur » alors qu’il était dans la trentaine et vivait dans l’Europe des années 1930 agitée de nouveau par ses démons : la guerre d’Espagne, l’arrivée des nazis au pouvoir en Allemagne et les bruits de bottes provenant de toutes parts.

L’ouvrage est composé de cinq nouvelles dont les thèmes tournent autour de l’enfermement, de l’absurdité et de la sexualité. L’idéologie fasciste est aussi évoquée à plusieurs reprises. La nouvelle « Le Mur » qui donne son nom au recueil nous fait partager la dernière nuit de trois compagnons républicains faits prisonniers et condamnés à mort par les forces franquistes.

Dans « L’enfance d’un chef », Sartre expose les étapes franchies par Lucien avant d’adopter complètement l’idéologie fasciste et antisémite qui rôdait en Europe, à laquelle vont adhérer tant de personnes, insidieusement, progressivement, pour aboutir au désastre de la seconde guerre mondiale.

Bien évidemment ce cheminement improbable vers la barbarie peut être décrit à peu près dans les mêmes termes pour les deux autres grandes idéologies totalitaires du Xxème siècle : le stalinisme et le maoïsme. L’auteur ayant plus ou moins pactisé avec celles-ci à un moment ou un autre de son œuvre, il oriente les personnages du « Mur » vers le fascisme, mais l’Histoire nous a désormais instruit que les processus sont très similaires.

Plus inattendu pour une publication de 1939, la sexualité en est aussi l’un des thèmes centraux : la vie de couple, l’homosexualité, l’abstinence, l’impuissance, la prostitution… Sartre innove aussi sur ce thème et ses personnages sont habités de tendances et de pulsions diverses qui s’entrechoquent avec leurs idées politique.

Après « La Nausée », Sartre démarrait avec « Le Mur » une puissante œuvre politique et littéraire qui a marqué son siècle.

Les galonnés aiment le pouvoir en Afrique

Général Abdel Fattah Abdelrahmane al-Burhan

Un nouveau coup d’Etat s’est déroulé récemment en Afrique, au Soudan le mois dernier plus exactement. Le général Al-Burhan a pris le pouvoir et l’armée réprime avec ses méthodes habituelles, plutôt brutales, la contestation civile. Ce général a été largement impliqué dans tous les soubresauts violents de ce pays qui n’en a pas manqué depuis son indépendance en 1956. De façon originale, le Soudan était une colonie anglo-égyptienne du temps de la présence britannique, et l’Egypte l’a d’ailleurs toujours considéré comme son arrière-cour.

De rébellions en famines, d’islamisation rampante en soutien au terrorisme international, de massacres ethniques en résurgence de l’esclavagisme, de coups d’Etat en guerres civiles, d’accords de paix en invasions des pays avoisinants, de crise économique sans fin en gouvernance dictatoriale… le Soudan illustre à l’envie tous les échecs du continent. Autre originalité, après un terrible conflit entre les populations chrétiennes du sud et le pouvoir musulman du nord, une scission du pays a été entérinée en 2011 et le Soudan du sud a été créé, pour retomber immédiatement dans une guerre civile interne à ce nouveau pays…

Lire aussi : https://rehve.fr/2015/11/sud-soudan-lactualite-percute-le-cinema/

Rappelons que le Soudan a largement soutenu et accueilli les terroristes internationaux, de Ben Laden à Carlos. Ce dernier a d’ailleurs été « revendu » aux services français en 1994 qui l’ont récupéré à Khartoum pour le ramener et le juger en France. On n’ose imaginer les termes de la transaction ni ce qui a dû être cédé au Soudan en échange de cette capture !

Lire aussi : https://rehve.fr/2021/05/le-soudan-ne-remboursera-pas-les-contribuables-francais/

Bref, le Soudan est ce qu’il est, on peut le regretter mais rien ni personne n’a pu le faire se rapprocher d’une gouvernance « démocratique et apaisée » et il est peu probable qu’on y parvienne à moyen terme. Les réactions de circonstance se multiplient depuis le dernier coup d’Etat pour appeler à la démocratie et au respect des accords signés :

« Il faut assurer le plein respect de la charte constitutionnelle pour protéger la transition politique obtenue de haute lutte »

Secrétaire général des Nations unies (ONU) Antonio Guterres

Tout ceci est bel et bien beau, mais est-ce que ces Cassandre ne se sont jamais rendues au Soudan ? Elles auraient alors compris l’inanité de leurs appels « au retour à la démocratie ». Comme d’habitude, les régimes russe et chinois se refusent à vraiment condamner ce énième coup d’Etat au Soudan pendant que les pays occidentaux suspendent leurs aides et prennent quelques sanctions qui seront probablement bien vite levées pour éviter que l’anarchie propre à ce pays ne déborde trop à l’extérieur. Il faut certainement essayer de cantonner les dérives du pays à l’intérieur de ses frontières en aidant les populations et les nouvelles autorités sans trop déroger aux principes occidentaux, mais faut-il vraiment continuer à vouloir imposer de l’extérieur la démocratie à ce pays qui n’arrive définitivement pas à l’adopter ni à la mettre en place ?

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Patti Smith en concert acoustique au Panthéon pour les 50 ans de FIP

Patti Smith en concert au Panthéon par Christophe Abramowitz ©Radio France

Après ses deux concerts au Grand Rex en octobre, Patti Smith (75 ans) est de retour à Paris pour jouer au Panthéon dans le cadre de l’anniversaire des 50 ans de la radio FIP. Elle succède à Sting dans ce lieu majestueux. Elle est accompagnée de son fils Jackson à la guitare, sa fille Jesse aux claviers et de Tony Shanahan à la basse sur les derniers morceaux.

Le show est diffusé sur FIP et réservé, sur place, à quelques happy few. Patti passe par quelques chansons de son répertoire plutôt peu jouées et une reprise de Bob Dylan. Elle chante avec sa voix grave et on l’imagine tout sourire sous ses cheveux gris, épanouie après toutes ces années de combat et d’écriture, mais toujours sincère et convaincue. Ce court concert se termine sur un People Have the Power plus apaisé que son habituelle version jouée en électrique le poing levé !

People have the power to dream
People have the power to strike
People have the power to vote
People have the power to love

Et notre poétesse-punk tire sa révérence rappelant aux spectateurs « Don’t forget it: USE YOUR VOICE ».

On peut la réécouter sur le podcast FIP, une radio de bon goût !

https://www.fip.fr/emissions/live-a-fip/patti-smith-en-concert-au-pantheon

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Les DOM cassent tout

Toujours à l’affut d’un sujet pour contester la métropole, les départements d’outre-mer français s’enflamment depuis quelques jours contre l’obligation faîte au personnel soignant, aux pompiers et à quelques autres corps de métiers en contact avec le public d’être vaccinés contre la Covid.

Les émeutes et les grèves générales se multiplient en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane et même à Tahiti. Aux Antilles, malgré un couvre-feu en vigueur, les nuits sont violentes, bâtiments en flamme, barrages routiers, racket des automobilistes, blocage d’accès aux hôpitaux, abattages d’arbres sur les routes, pillages de magasins, voitures béliers écrasant les gendarmes, tir d’armes à feu contre les forces de l’ordre, etc.

Nous l’avons dit précédemment, ce conflit devrait se résoudre comme les précédents avec le retrait des mesures nationales ne « plaisant » pas aux syndicats des DOM et des enveloppes budgétaires revues en hausse à distribuer pour calmer les esprits. D’ailleurs le gouvernement a annoncé cette nuit le report de l’obligation vaccinale au 31 décembre.

Lire aussi : https://rehve.fr/2021/11/la-guadeloupe-en-feu-encore/

Plus original, le ministre des DOM-TOM actuellement en visite dans ces territoires a annoncé que « le gouvernement est prêt à parler d’autonomie ». Il semble que cette déclaration plutôt novatrice ait été provoquée par des demandes d’élus guadeloupéens pour plus de décision locale. C’est une bonne nouvelle qu’il reste maintenant à mettre en œuvre. Ce sera à l’évidence un processus long, et couteux pour les contribuables, mais nécessaire pour enfin responsabiliser ces confettis de l’Empire qui méritent leur indépendance ou, à tout le moins, une forte autonomie comme celle instituée en Nouvelle-Calédonie, étape incontournable avant le grand saut vers l’indépendance.

Si l’on en juge par les textes syndicaux publiés notamment par l’UGTG on mesure que les négociations ne vont pas être faciles. On ignore actuellement la position de l’UGTG sur les évacuations de malades sur la métropole ou les renforts médicaux envoyés par Paris lors des derniers épisodes épidémiques de la Covid.

C’est le prix à payer pour s’être enferrés si longtemps dans ce non-sens statutaire d’avoir donné la position de département français à des iles exotiques et lointaines. Les négociations vont surtout être couteuses pour les contribuables car il va falloir payer pour aplanir les difficultés. Quand on se souvient que la Guadeloupe avait rejeté par référendum en 2003 à 73% l’idée d’un statut de « collectivité administrée par une assemblée unique » pour remplacer celui de département, la Martinique l’avait refusé à 50,5%, on mesure que la route va être longue avant l’indépendance…

On est néanmoins sur la bonne voie, à court terme on cède aux émeutiers et à plus long terme on pose la question de l’autonomie avec les élus.

« Julie (en 12 chapitres) » de Joachim Trier

Le très joli film du réalisateur norvégien Joachim Trier, dont l’actrice Renate Reinsve a obtenu le prix d’interprétation féminine au festival de cannes 2021, traverse quelques années de la jeune Julie dans le milieu arty-bobo où elle essaye de se faire une place. On y parle d’amour, de mort, d’enfants, du tragique de la vie mais aussi de sa légèreté, le tout se passe dans une ville agréable, sans doute norvégienne, où l’on se laisse bercer par la langue locale un peu rugueuse. Un moment charmant et émouvant !

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« One more jump » de Emanuele Gerosa

Un film documentaire sur la pratique du parkour par de jeunes palestiniens résidant à Gaza. Le parkour est une espèce de running de banlieue, ponctué de franchissement d’obstacles façon breakdance. C’est impressionnant et pratiqué par ces jeunes de Gazacomme un moyen d’évasion de leur chaudron Gazaouite, entre mer Méditerranée, police du Hamas et gardes-frontière israéliens, sans aucun espoir de futur sur place.

Alors tous ces gamins n’ont qu’une idée en tête : fuir leur prison vers l’Europe pour tenter d’y mener une vie meilleure. Le titre du film est une allégorie à cette tentation désespérée. L’un d’eux réussit à partir pour l’Italie pour participer à des compétitions de parkour et le film alterne entre les deux personnages principaux celui de Rome et celui de Gaza. Ceux qui sont restés envient le premier et… le condamnent d’être parti sans eux.

Présent dans la salle, le réalisateur revient ensuite sur les conditions de tournage en 2019 relativement aisées dans un environnement plutôt agité, l’obsession de ces jeunes pour quitter leur territoire sans espoir de retour, la bouffée d’air frais que représente la pratique du parkour dans l’environnement dévasté de Gaza. Il nous apprend pour finir que le premier personnage a eu un accident lors d’un entraînement en Italie et finira sa vie sur une chaise roulante et que le second a finalement pu quitter Gaza, également pour l’Italie, laissant les siens sur place sans doute pour toujours. Pas très gai ce documentaire, pas plus que la situation gelée en Palestine.

Les effets collatéraux des affaires Tapie

On apprend aujourd’hui la condamnation pénale en cour d’appel de certains des pions de l’affaire de l’arbitrage frauduleux au bénéfice de l’affairiste Bernard Tapie (1943-2021). Le principal concerné est décédé récemment et se trouve donc de fait sorti de la procédure pénale en appel. Il est considéré relaxé conformément à la décision en première instance. Mais sa condamnation civile à rembourser l’Etat (et donc les contribuables) de la somme d’environ 500 millions d’euros reste en vigueur. En principe ledit Etat devrait se récupérer sur la succession de l’impétrant en espérant que celle-ci soit suffisante.

En revanche, l’une des pièces rapportées de cette affaire, Stéphane Richard, vient donc d’être condamné en appel pour complicité de détournement de fonds publics. Le garçon de 60 ans, ancien haut fonctionnaire recyclé dans le privé comme pédégé de l’opérateur téléphonique français Orange, était directeur de cabinet de la ministre des finances à l’époque où cet arbitrage frauduleux a été entériné par l’Etat. Parti pantouflé chez Orange en 2009, il en devient pédégé un an plus tard. Il est donc à ce poste depuis plus de 10 ans et ambitionne d’y rester. Sa condamnation, contre laquelle il affiche l’intention de se pourvoir en Cour de cassation, risque de lui valoir son poste tant il serait délicat qu’une entreprise détenue à plus de 20% par l’Etat maintienne à sa tête un homme condamné.

Cette incertitude managériale n’est pas un drame non plus. Stéphane Richard a, semble-t-il, fait son job chez Orange qu’il dirige depuis plus de 10 ans. Même s’il n’avait pas été impliqué dans cette escroquerie il est temps qu’il passe la main. Cette compagnie arrivera à le remplacer par quelqu’un d’aussi compétent, le CAC40 arrivera à l’oublier et les abonnés d’Orange pourront continuer à téléphoner.

« Mourir peut attendre » de Cary Joji Fukunaga

Le dernier James Bond : une histoire compliquée d’arme bactériologique qui ne détruit que les ennemis dont l’ADN est listée par son utilisateur, mise au point par un chercheur russe machiavélique pour un donneur d’ordre très méchant. James Bond est à la retraite en Jamaïque avec son amoureuse mais on vient l’y chercher pour courir après le très méchant. Son remplaçant qui a repris le badge 007 est une femme, noire, dont l’histoire ne dit pas si elle adhère au mouvement LGBTQIA+ ou pas.

Tout s’enchaîne au milieu de paysages magnifiques, d’Aston-Martin en contre-virage, d’armes à feu, de bagarres et, à la fin, James Bond préfère se laisser mourir sous les missiles de Sa Majesté plutôt que de contaminer sa chérie car le grand 007 (il a retrouvé son badge, le temps de cette ultime mission) a perdu son combat face au très méchant. Il faut dire que James Bond tombant amoureux on comprend vite qu’il n’est plus à la hauteur des combats de titans qu’il a toujours gagnés.

Il y aura sans doute un nouveau 007 mais, sauf si les services secrets britanniques arrivent à ressusciter Bond, James Bond, il portera un autre nom. Les fans de la série parient sur une femme.

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L’armée française empêchée au Burkina

L’opération Barkhane a du plomb dans l’aile. L’Algérie lui refuse l’autorisation de survol de son territoire pour les vols militaires échangés entre la France et le Sahel, rallongeant ainsi la route aérienne pour ravitailler les troupes françaises. L’autre voie, terrestre cette fois-ci, est maintenant bloquée également de plus en plus souvent par des manifestations anti-françaises dans les pays traversés. C’est ainsi qu’un convoi militaire, en route d’Abidjan vers le Mali, est actuellement immobilisé au Burkina-Faso par une population en colère qui voit le terrorisme religieux prospérer et se demande bien alors à quoi servent ces troupes étrangères si elles n’arrivent pas à endiguer les massacres djihadistes au Sahel. En France, on se pose la même question !

Probablement la situation serait bien pire sans l’intervention armée française, mais ce raisonnement n’est manifestement pas partagé par les populations du Burkina-Faso (ce qui signifie « le pays des hommes libres ») mais on ne peut pas imposer des troupes d’occupation sur une longue durée à des pays tiers, même animées de « bonnes intentions » et même appelées à la rescousse par les autorités officielles du pays. L’exemple récent de l’Afghanistan illustre ce fait jusqu’à l’absurde.

Les planètes sont alignées pour justifier un retrait rapide des militaires français du Sahel : les populations des pays concernés le souhaitent, les dirigeants du Mali, pays à l’origine de cette opération, également, l’Algérie refuse le survol de son territoire, certains pays du Sahel empêchent les convois routiers de circuler… on ne va quand même pas passer par l’Afrique du Sud pour rallier Ménaka ? Non, les circonstances l’exigent, la France doit annoncer la fin de ses opérations au Sahel et ramener ses soldats à la maison. Nous sommes déjà dans la phase d’enlisement, il faut partir avant que ne produise une catastrophe.

La mission initiale de Barkhane a été accomplie, il est temps désormais de laisser les gouvernements locaux en assurer le service après-vente.

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La Guadeloupe en feu, encore…

La Guadeloupe, jamais en reste de sujets de révolte contre la « France coloniale », s’appuie cette fois-ci sur l’obligation vaccinale imposée au personnel soignant, pour pouvoir travailler dans les hôpitaux, pour mettre l’archipel à feu et à sang. Le syndicat UGTG (Union Générale des Travailleurs de Guadeloupe) a lancé les hostilités et depuis quelques jours c’est l’arsenal habituel qui est déployé : blocage de routes et d’accès (au centre hospitalier universitaire de Pointe-à-Pitre notamment), barrages divers, émeutes nocturnes, incendies de bâtiments, tirs d’armes à feu contre les forces de l’ordre, etc. afin de s’opposer à « ces soldats de la vaccination forcée, à ces sbires de l’ordre macroniste, à ses Cadres de direction et à ces Médecins défroqués ».

Le préfet local impose un couvre-feu nocturne, le gouvernement parisien envoie des forces de l’ordre, y compris le RAID et le GIGN utilisés d’habitude pour les actions contre le terrorisme, le grand banditisme ou les actes de folie individuelle, la « dignité du peuple guadeloupéen » est mise à rude épreuve et les réactions outrées se multiplient. Si la routine habituelle en ces circonstances s’applique une nouvelle fois, la violence devrait perdurer encore quelques jours puis un accord dérogatoire sera consenti aux émeutiers, quelques enveloppes seront distribuées et le contribuable sera mis à contribution pour financer ces enveloppes et réparer les dégâts provoqués par les émeutes.

Lire aussi : Les DOM-TOM à la pointe du combat contre les vaccins – Hit the road Jack… (rehve.fr)

Plus que les autres confettis de l’empire la Guadeloupe est coutumière de ces flambées de violence et le phénomène ne s’arrêta qu’avec l’indépendance de ce territoire. Hélas, cette échéance, souhaitable pour tous, mais pas forcément souhaitée par l’ensemble des parties, semble s’éloigner alors que la Nouvelle-Calédonie pour laquelle un vrai processus de décolonisation est en route, a l’air de reculer devant l’obstacle du prochain référendum prévu en décembre prochain.

La souveraineté rendue à ces confettis sera l’unique solution pour réussir à rendre à ces territoires le sens de leurs responsabilités et retrouver leur « dignité perdue ». Nous y viendrons un jour tant le statut actuel est inefficace et générateur de frustrations. Le plus tôt serait le mieux.

Lire aussi : Des intellectuels appellent à la poétique dans les DOM-TOM : vaste tâche ! – Hit the road Jack… (rehve.fr)

AU NOM DE LA LOI DE LA REPUBLIQUE !

Ils n’ont que cette expression à la bouche. Au nom de la loi de la république ! C’est donc en vertu de cet adage, qu’ils ont décidé de nous punir. De nous punir d’avoir osé braver le maître, d’avoir osé nous dresser pour dire notre inquiétude, nos incertitudes, nos doutes et DIRE NON, AN PA DAKÒ !

Ce sont les mêmes qui ont indemnisé les esclavagistes en 1849, pérennisant le racisme et la discrimination pour l’éternité, … AU NOM DE LA LOI DE LA REPUBLIQUE !

Ce sont les mêmes qui ont tué au total plus d’une centaine de Guadeloupéens en 1910, en 1925, en 1930, en 1952, en 1967, en 1985, … sans jamais qu’un militaire français ne soit condamné, … AU NOM DE LA LOI DE LA REPUBLIQUE !

Ce sont les mêmes qui ont volontairement empoisonné la Population Guadeloupéenne au chlordécone et qui, aujourd’hui, osent nous parler de « responsabilité partagée dans le cadre d’un aveuglement collectif »,… AU NOM DE LA LOI DE LA REPUBLIQUE !

Ce sont les mêmes qui maintiennent notre Pays et note Peuple dans un sous-développement latent, sous la domination des descendants d’esclavagistes pour mieux nous asservir, pour mieux nous domestiquer, …

AU NOM DE LA LOI DE LA REPUBLIQUE !

Extrait d’une publication de l’UGTG du 26/10/2021

Moscou se régale

Avec ironie et cynisme, Moscou donne des leçons de « droit-de-l’hommisme » aux pays occidentaux en les morigénant sur le caractère inhumain de la façon dont ils traitent les réfugiés moyen-orientaux à la frontière de la Biélorussie. C’est facile, alors le président russe ne s’en priva pas :

« Voyons comment les forces de sécurité polonaises se comportent aujourd’hui à la frontière. […] Il y a des petits enfants… tout de même, ils leur projettent de l’eau, jettent des grenades lacrymogènes. Pendant la nuit, des hélicoptères volent le long de la frontière, ils mettent en marche des sirènes. »

Président Poutine cité par RT France

Et il est bien relayé par son ministre des affaires étrangères :

« Ils ne peuvent pas ne pas comprendre qu’ils sont en train de violer toutes les normes imaginables du droit international humanitaire et d’autres accords de la communauté internationale. Bien sûr qu’ils le comprennent ! »

Sergueï Lavrov cité par RT France

C’est un peu la réponse du berger à la bergère : à force de faire des remontrances à la planète entière sur les principes démocratiques qu’elle devrait suivre, l’Occident donne des cordes pour se faire battre et, Moscou, et d’autres capitales, se font un plaisir d’insister sur ces contradictions.

Avec la montée en puissance impressionnante de pays non démocratiques comme la Chine ou la Russie, l’Occident se trouve confronté à la remise en cause de certains principes défendus au cours du XXème siècle, notamment, la démocratie ne serait plus la voie unique pour un développement « heureux ». On voit même depuis plusieurs années des démocraties voter sciemment pour des dirigeants dits « illibéraux » dont Donald Trump aux Etats-Unis d’Amérique fut l’exemple le plus frappant, sans doute favorisé par des actions de soft power russes ! C’est d’ailleurs la plus éclatante victoire des « démocratures » qui réussissent à favoriser l’émergence de pouvoirs leur ressemblant dans les démocraties, élus lors de suffrages démocratiques.

C’est ainsi, la roue tourne, et le rééquilibrage des puissances mondiales n’est d’ailleurs pas forcément une mauvaise nouvelle. Malgré tout, il fait toujours bon vivre dans les démocraties dont la créativité économique et culturelle, ainsi que la conception de la liberté, constituent toujours une force d’attraction significative.

On dirait que les migrants sont plutôt d’accord car ils se dirigent dans une très grande majorité plus vers l’Ouest que vers l’Est pour tenter de trouver refuge. Alors, l’Occident voudrait utiliser les mêmes méthodes que la Biélorussie en utilisant les flux migratoires comme « arme hybride », il ne le pourrait guère en l’absence de migrants « volontaires » pour aller se réfugier en Biélorussie… Rappelons que ce pays, comme la Fédération de Russie, est signataire de Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et/ou à son protocole de 1967.

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Catégorisé comme Russie Étiqueté

VAILLAND Roger, ‘Un jeune homme seul’.

Sortie : 1951, Chez : Editions Corrêa / Le Livre de Poche n°2212

Roger Vaillant (1907-1965), est écrivain-essayiste-journaliste du XXème siècle, marqué par la seconde guerre mondiale (il entre alors dans la Résistance) et les grands courants de pensée de son époque, il est membre du parti communiste français avant de s’en retirer après la répression de Budapest en 1956.

« Un jeune homme seul » narre la vie d’Eugène-Marie Favart, d’abord durant son adolescence passée dans une maison bourgeoise en province entre les deux conflits mondiaux, bien loin de l’excitation de la vie parisienne qu’il rejoint de temps à autres à l’occasion de réunions familiales, puis, durant la dernière guerre, ingénieur-cheminot exilé dans une autre ville de province avec sa femme espagnole et sa mère acariâtre. Il y est confronté à la dépression et à l’alcoolisme, mais surtout à son indécision à résister ou non à l’occupant allemand et ses affidés français.

Et puis il découvrira l’engagement de son épouse et de ses proches ce qui le poussera à un geste glorieux mais probablement fatal. C’est le prix de l’honneur retrouvé après une longue errance dans la dépression !

FANON Frantz, ‘Peau noire masques blancs’.

C’est le premier essai de Frantz Fanon (1925-1961), psychiatre martiniquais qui s’illustra comme l’un des penseurs importants du tiers-mondisme et de la condition de l’homme noir, ainsi que pour son soutien à la cause de l’indépendance algérienne.

Ecrit en 1952, « Peau noire masques blancs » rend compte de la vision de Fanon sur le positionnement du « Noir » vis-à-vis du « Blanc ». Il y a clairement deux mondes non perméables l’un à l’autre. A force d’avoir considéré l’homme de couleur comme inférieur, le Blanc a réussi à l’en persuader et celui-ci va devoir développer une énergie incommensurable pour essayer d’être à la hauteur de la « civilisation blanche » qui l’a opprimé et continue à le faire.

Pétri de références à la littérature psy l’ouvrage n’est pas toujours très abordable pour le néophyte en la matière mais les grandes idées de la pensée de Fanon apparaissent en force : l’aliénation du Noir par le Blanc par des siècles d’esclavage et de colonisation alors que tous devraient tendre vers un monde « humain » dans lequel il n’y aurait plus d’asservissement des uns par les autres :

« Le Nègre n’est pas. Pas plus que le Blanc. »

On note avec intérêt l’analyse du cas particulier du « Noir » de Martinique qui se place entre l’Africain et l’Européen, méprisant le premier pour tenter de séduite, vainement, le second, cherchant à s’approprier ses codes socio-culturels pour se rapprocher de celui que des siècles de domination ont présenté comme le modèle à atteindre :

« Je me demande parfois si les inspecteurs d’enseignement et les chefs de service sont conscients de leur rôle aux colonies. Pendant vingt ans, ils s’acharnent par leurs programmes à faire du nègre un Blanc. A la fin, ils le lâchent et lui disent : vous avez incontestablement un complexe de dépendance vis-à-vis du Blanc »

En nos temps actuels marqués par une pensée « décolonialiste » et « racialiste » cherchant à culpabiliser le « Blanc » pour le passé de ses ancêtres colonisateurs pour qu’il dédommage les minorités de couleur, Fanon s’avère moins radical et plus optimiste dans la possibilité de réunir l’humain dans ce monde. Il est vrai que 70 ans se sont passés depuis et que les progrès vers cet avenir radieux ont sans doute été insuffisants pour certains.

La Biélorussie menace

Mécontent des sanctions européennes qui frappent les dirigeants de son pays, le satrape biélorusse menace l’Europe de couper le robinet du gaz russe, dont une partie transite par son pays pour arriver en Europe, en cas de nouvelles sanctions. Les médias rabâcheurs affichent cette information en tête de gondole afin d’inquiéter Mme. Michu pour son chauffage cet hiver. Si cette menace était mise en œuvre cela couperait aussi illico le robinet des dollars reçus par la Biélorussie pour le transit du gaz et la Russie pour la vente de cette matière première. Il n’est pas sûr que la Biélorussie pourrait tenir très longtemps sans cette ressource dans une telle hypothèse. Le grand frère russe pourrait sans doute l’aider un peu mais serait lui-même soumis à l’amputation de ses revenus.

Il est donc peu probable que la menace ne soit jamais mise à exécution. Moscou a d’ailleurs officiellement annoncé qu’il n’y aurait pas de coupure par la voix du porte-parole de son ministère des Affaires étrangères :

« Il s’agit d’une déclaration du président de la Biélorussie. Je tiens tout de même à rappeler la déclaration du président Poutine selon laquelle la Russie a toujours rempli ses obligations contractuelles. Et que cela plaise ou non à qui que ce soit, la Russie a toujours été, est et restera potentiellement un pays garant de la sécurité énergétique du continent européen. »

RT France

Lire aussi : La Russie aux avant-postes du soutien à la Biélorussie

La Russie aux avant-postes du soutien à la Biélorussie

Avec sa morgue habituelle, la diplomatie russe affirme que ni la Biélorussie, ni la Russie bien entendu, n’ont la moindre responsabilité dans le fait que des migrants moyen-orientaux se retrouvent massés à la frontière entre la Biélorussie d’une part, la Pologne et la Lituanie d’autre part. Bien au contraire, son chef accuse l’Europe d’être responsable de ce nouvel afflux de candidats à l’exil sur ce continent.

« Cela a commencé avec la politique que les pays occidentaux, dont l’OTAN et les pays de l’Union européenne, mènent depuis de nombreuses années vis-à-vis du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, en essayant de leur imposer une vie meilleure selon les modèles occidentaux, la démocratie sous la forme sous laquelle l’Occident l’interprète et a tenté de l’imposer agressivement dans le monde entier, se lançant dans des aventures militaires lorsqu’il rencontrait la moindre résistance »

Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères (RT-France)

On dirait tout de même que les migrants et candidats au statut de réfugié sont plutôt intéressés par « les modèles occidentaux » puisque les flux actuels se dirigent tous vers les pays de l’Union européenne (UE) ou les Etats-Unis d’Amérique…, assez peu vers la Russie ou la Corée du Nord.

Mais qu’importe cette réalité, le russe pousse le bouchon encore un plus loin en rappelant que l’ancien ministre italien de l’intérieur Mattéo Salvini, est actuellement traduit en justice pour avoir refusé à des bateaux chargés de migrants de les débarquer dans un port italien, et que les dirigeants polonais et lituaniens devraient subir le même sort :

« Aujourd’hui, [Matteo] Salvini est jugé pour avoir mis en danger la vie de ces réfugiés qui tentaient d’échapper à des conditions sanitaires désastreuses. Quelle est donc la différence entre les mesures prises par les pays baltes et la Pologne et celles qui ont amené l’ancien ministre du gouvernement italien à être traduit en justice ? »

Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères (RT-France)

Plus c’est gros plus ça passe et Moscou sait utiliser avec efficacité une mauvaise foi de première catégorie et une langue de bois en chêne massif. On se souvient de l’inoubliable déclaration du président russe Poutine lors de l’aide apportée à la rébellion dans la région ukrainienne du Donbass en 2014, russophone et russophile, par des combattants russes dont les uniformes ne portaient aucun insigne distinctif, mais dont la nationalité russe fut attestée par les passeports saisis sur certains prisonniers, déclaration qui disait en substance : « si des citoyens russes veulent aller passer leurs vacances en Ukraine à titre privé, je n’y peux rien ».

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« Accessoirement », un avion civil malaysien fut abattu par un missile au-dessus de cette région le 17/07/2014 faisant 298 morts. Les forces en présence se rejettent la responsabilité du tir du missile et Moscou a mis son veto au Conseil de sécurité de l’ONU sur le principe de l’établissement d’un tribunal international afin de poursuivre les responsables de cet abattage d’un avion civil.

La Russie tape contre l’Occident, ce qu’elle fait depuis 1918, nie l’évidence, agit avec cynisme, utilise avec efficacité soft et hard power contre la démocratie libérale, son ennemi. Cela fonctionne plutôt bien pour le moment tant le rejet de la démocratie occidentale est désormais partagé par les pays autoritaires de la planète. Seuls les migrants semblent donner quelque crédit à cette utopie en menant leurs pas vers l’Europe plutôt que vers la Biélorussie…

Pour en savoir plus sur la politique russe et la vision de Moscou sur le reste du monde, il est bon de consulter la chaîne « RT France » qui est très éclairante : https://francais.rt.com.

L’armistice du 11 novembre 1918 met fin au carnage

Le 17 novembre 1918, le capitaine Jacques M. écrivait à sa mère, six jours après l’armistice mettant fin à la guerre contre les « Boches ». Blessé dans la Somme, puis soigné, il avait été renvoyé au front dans l’armée de l’air comme « mitrailleur-observateur » (à cette époque il n’existait pas d’armée de l’air en tant que telle mais les avions et leurs effectifs étaient rattachés à l’armée de terre).

En novembre 1918, il a participé à la victoire de la France, a sauvé sa peau et s’apprête à rentrer chez lui après avoir vécu ce carnage que fut la première guerre mondiale qui marqua le début de la décadence européenne dont le continent ne s’est jamais relevé.

L’allemagne en bas, notre chère Patrie victorieuse à jamais et la fierté d’avoir combattu pour ce triomphe…

L’Allemagne sans majuscule et Patrie avec !

On est un soldat et un fils, et le même éclair de noblesse unit la troupe et ses chefs…

Jacques a retrouvé sa mère et les siens, a fondé une famille, eu trois enfants et quatre petits-enfants, a intégré les réseaux de résistance durant la deuxième guerre mondiale, à nouveau contre les « Boches », fut multi-décoré par la République et s’est éteint en 1970 après une vie ravagée par ces deux conflits sauvages.

Capitaine Jacques M

« Le pansement Schubert » à la salle Gaveau

A la suite de la sortie de son récit « Le pansement Schubert », la violoncelliste et art-thérapeute Claire Oppert. Se produit ce soir avec son trio (violoncelle, piano [Roustem Saitkoulov, le mari] et violon [Maxim Vengerov]), le Dr Gomas, spécialiste des soins palliatifs, Éric Fiat, professeur de philosophie et d’éthique médicale et Elodie Navarre, comédienne.

La soirée commence par l’andante du trio op. 100 de Schubert puis les pièces musicales sont ponctuées des interventions parlées. Claire Oppert parle avec beaucoup de sensibilité de son expérience musicale pour accompagner la douleur, le Dr Gomas de sa collaboration avec Claire dans le cadre d’un essai clinique pour suivre et mesurer les effets de la musique sur les patients, un effet généralement apaisant et le philosophe Fiat de la vie et de l’œuvre de Schubert (un peu romancée tout de même) avec une délicate admiration et des digressions vers La Fontaine. La dernière partie de la soirée voit revenir le trio accompagné de la comédienne qui lit quelques chapitres du livre de Claire Oppert pendant que les musiciens jouent les pièces qui sont citées dans ces chapitres et utilisées comme « pansement ».

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La salle Gaveau est pleine, sans doute en grande partie par des spectateurs qui ont croisé la maladie ou la souffrance chez leurs proches ou pour eux-mêmes. Tous sont admiratifs de voir ces esprits brillants et subtils consacrer leur art et leurs connaissances pour accompagner le cheminement des malades, le plus souvent vers leur fin. Tous se félicitent que notre vieille démocratie française consacre encore des ressources humaines et financières à cette noble tâche.

Programme

  • Franz Schubert, Trio op. 100, II. Andante
  • Franz Schubert, Impromptu op. 90 n°3
  • Piotr Tchaïkovski, Trio op. 50, I. Pezzo elegiaco
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Les nouvelles « attaques hybrides »

Une nouvelle montée de tension migratoire illustre combien les flux de réfugiés et de migrants sont désormais utilisés par certains pays pour en perturber d’autres. Le dernier avatar de cette tactique revient au satrape qui gouverne la Biélorussie depuis 1994 sous l’œil protecteur du grand-frère russe. Son pays (et certains de ses dirigeants intuitu personae) est l’objet de sanctions occidentales par suite d’élections présidentielles au résultat douteux et de la répression contre les oppositions locales.

Frontalière, notamment, de la Pologne et de la Lituanie qui ont donné refuge à certains de ses opposants, la Biélorussie a poussé quelques milliers de réfugiés moyen-orientaux vers ses frontières ouest pour forcer Pologne et Lituanie à les accepter. Ces réfugiés et migrants qui ne résidaient pas préalablement en Biélorussie auraient été transportés à dessein par des lignes aériennes commerciales (russes, biélorusses et turques ?) vers ce pays afin de constituer cette nouvelle arme qualifiée « d’hybride » par différentes instances dont l’OTAN. Pour le moment les Polonais ont déployé leur armée devant leur frontière assaillie et refusent de laisser entrer ces réfugiés sur son territoire. Bien entendu, les forces biélorusses empêchent les réfugiés de refluer. Ils sont donc bloqués dans une forêt inhospitalière et il y aurait déjà eu une dizaine de morts parmi eux du fait du froid notamment.

Ce n’est pas la première fois que les réfugiés sont utilisés comme moyen de pression contre les pays occidentaux, pour obtenir de l’argent, ou tout simplement pour leur nuire puisque l’on sait que ce sujet des migrations est une préoccupation majeure pour le plupart d’entre eux. La Libye, la Syrie et la Turquie pratiquent ce genre de tactique. Cela semble en revanche une innovation de faire venir des réfugiés exprès sur son territoire pour les lancer ensuite sur ceux des voisins. Au moins peut-on reconnaître aux trois pays moyen-orientaux précités qu’ils avaient déjà lesdits réfugiés à l’intérieur de leurs propres frontières. L’innovation du satrape biélorusse est qu’il a fait venir à ses frais en Biélorussie, y compris la délivrance de visas biélorusses, les migrants moyen-orientaux afin de les pousser ensuite à l’assaut de la Pologne et de la Lituanie représentantes de la démocratie honnie et à abattre.

On voit là une nouvelle illustration de l’énergie déployée par des dictatures ou, au mieux, des « démocratures », pour nuire à l’Occident et tenter d’abattre son modèle économique et démocratique par tous les moyens possibles, leur évitant de rentrer en confrontation militaire directe, conflit qu’elles ne seraient pas bien certaines de gagner, mais pour combien de temps encore ? On a vu l’utilisation du soft power via des intrusions numériques dans les élections présidentielles en France, aux Etats-Unis d’Amérique notamment. Il n’est pas exclu que l’élection du président américain Trump en 2016 ait été favorisée par des interventions numériques russes plus ou moins soutenues ou initiées par le Kremlin. L’utilisation des réfugiés comme arme « hybride » se rapproche un peu plus du hard power. Toute cette énergie (et cet argent) consacrée à nuire à l’extérieur serait sans doute bien mieux employée à développer l’intérieur, mais on ne refait pas l’humain et son besoin de domination. C’est l’éternelle histoire du concours de celui qui fait pipi le plus loin dans la cour de l’école…

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La capacité de nuisance décomplexée des pays non-occidentaux est de plus en plus forte, c’est une nouvelle donne de la géopolitique moderne. L’Occident n’est plus seul maître à bord après Dieu sur la planète comme au XIXème siècle et la première partie du XXème, il est confronté maintenant avec d’autres puissances, c’est d’ailleurs une bonne nouvelle tant la domination d’une partie du monde sur l’autre aboutit à des excès dont l’Histoire fut féconde. Il y a 50 ans le Pacte de Varsovie pointaient ses chars et ses missiles vers l’Ouest depuis Berlin-Est. Aujourd’hui des geeks russes ou chinois postent des fausses informations sur Facebook et des Etats envoient des immigrés contre les frontières. Dans un cas comme dans l’autre c’est un danger pour l’Occident, une volonté de mettre son modèle de société à bas, pas sûr que l’un soit plus dangereux que l’autre !