Bunny Wailer est mort

Bunny Wailer est mort hier dans un hôpital de Kingston en Jamaïque, son pays. En 1963, il a fondé The Wailers, avec Bob Marley et Peter Tosh, qu’il a quitté en 1974 pour mener une carrière solo. Marley continuera avec le groupe renommé Bob Marley and the Wailers, ils feront aimer la musique reggae-jamaïcaine au monde entier.

Bunny était le dernier survivant de ces trois légendes de la Jamaïque !

« The House of Cards » d’Andrew Davies, épisodes 1 et 2/4

Arte rediffuse cette série britannique de 1990 romançant la succession de Margaret Thatcher au poste de premier ministre. C’est une « série », donc du cinéma étriqué et à courte vue. C’est une « série », donc du simplisme et du papotage de Café du commerce. C’est une « série », donc un format peu intéressant et il serait vraiment superfétatoire de regarder les épisodes 3 et 4.

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Une note intermédiaire sur le Rwanda et le génocide des Tutsis

En avril 2019, pour tenter d’apaiser les relations conflictuelles entre le Rwanda et la France concernant l’implication de cette dernière dans le génocide des Tutsis et des Hutus modérés en 1994, le président français a fondé une commission d’historiens censée produire un rapport sur la politique française au Rwanda durant la période 1990-1994.

Une « Note intermédiaire » a été produite en avril 2020 qui détaille en 29 pages la méthodologie de recherche et l’accès aux différentes archives de l’administration sur le sujet. Les hommes en charge de la mission et les outils dont ils disposent semblent à la hauteur de l’enjeu majeur de cette étude qui est de savoir si la France a participé peu ou prou au dernier génocide du XXème siècle ?

Le rapport final doit être remis le mois prochain au président de la République.

Lire aussi : la Note intermédiaire

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Respectons la Justice mais…

Un ancien président de la République « de droite », Nicolas Sarkozy, est condamné en première instance par la Justice pour délit de « corruption active et trafic d’influence », embarquant avec lui dans son malheur son avocat et un autre juriste. Ils ont fait appel aussitôt après le prononcé du verdict. Ce n’est pas la première fois qu’un président, ou un ministre, revenu à la vie civile est mis en cause pour diverses filouteries, et ce ne sera sans doute pas la dernière.

Le fond de l’affaire n’a guère d’importance et n’est que de peu d’intérêt. Ce qui en présente cependant beaucoup plus sont les réactions partisanes face à l’évènement. Chacun commence par asséner : « je crois en la Justice de mon pays et je n’ai pas l’habitude de commenter des décisions de justice, mais… » et vient alors le commentaire de la décision de justice dont le principe vient d’être contesté. Alors la corporation des avocats défend l’avocat « injustement » condamné, celle des magistrats fait part de sa révolte contre le sort réservé à leur collègue, les partis politiques hurlent à la « justice politique » et les journalistes font leurs choux gras de cette nouvelle polémique qui agite le microcosme.

L’ancien président quant à lui donne une interview dans Le Figaro pour clamer son innocence et doit passer à la télévision demain soir. L’appel a déjà été interjeté, l’affaire reprend à zéro et un nouveau jugement sera prononcé dans quelques mois. Business as usual… Le mieux désormais est d’attendre le jugement d’appel et de passer à des sujets plus sérieux, et il y en a beaucoup en France par les temps qui courent.

Division du travail et immigration

Menacé de se voir refuser la délivrance de son statut de réfugié, un immigré soudanais a assassiné son conseiller du centre d’accueil du coin de sa rue à Pau. Aussitôt se multiplient les réactions pavloviennes des élus et polémistes opposés à l’immigration. Leur argumentation est connue et une bonne partie de celle-ci est d’ailleurs recevable. Il est assez probable que les réglementations régissant l’immigration en France vont aller se durcissant (pour les candidats à l’immigration) quelles que soient les futurs majorités politiques qui vont gouverner la France après les prochaines élections présidentielles de 2022.

Mais il reste un point qui, comme toujours, n’est jamais abordé, un point qui ne devrait pas faire polémique mais qui est pourtant soigneusement passé « sous le tapis » par les parties, celui des emplois occupés par les immigrés. Il n’est pas besoin d’être un grand clerc pour constater assez facilement que nombre d’emplois sous-qualifiés, physiquement durs à exercer et socialement dévalorisés (notamment parce que payés dans le bas de l’échelle des salaires) sont exercés par des travailleurs immigrés. Les cuisines des restaurants, les entreprises de travaux publics ou les camions d’éboueurs sont peuplés de travailleurs immigrés qui occupent des emplois dont ne veulent plus les citoyens français aux racines hexagonales plus anciennes. Réduire les flux d’immigration, voire les stopper complètement, posera à terme la question de savoir qui occupera alors ces emplois.

On se souvient que lors du premier confinement en France de mars et avril 2020, la fédération de l’agriculture FNSEA avait lancé un appel aux chômeurs et étudiants français pour qu’ils s’inscrivent afin de participer aux récoltes de printemps habituellement réalisées par des travailleurs venant du sud ou de l’est européen empêchés de voyager du fait de la crise sanitaire. De nombreuses personnes s’étaient portées volontaires mais avaient abandonné après quelques jours, fatiguées ou découragées, et en tout cas bien loin d’avoir délivré la productivité de ceux qu’ils étaient censés remplacer.

Bien évidemment souligner cette division du travail en France peut être considérée comme « politiquement incorrecte » mais c’est une réalité et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle, généralement, les syndicats patronaux en France sont plutôt favorables à l’immigration qui permet notamment d’éviter une inflation salariale dans ces métiers à forte intensité de main d’œuvre. Si demain ces emplois sont redéployés il est assez probable que ce ne sera pas au même coût.

Expliquer à Mme. Michu que l’on va arrêter l’immigration, c’est bien, lui dire qu’il faudra peut-être que son mari chômeur ramasse les poubelles ce serait aussi plus honnête ! Mais sortir du simplisme est sans doute hors de la portée des polémistes de plateaux télévisés.

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STEWART Michael, ‘Après Keynes’.

Sortie : 1970, Chez : Editions du Seuil.

Michael Stewart, économiste britannique, revient en 1970 sur les concept de Keynes, 35 ans après la publication de la « Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie ». Ce livre analyse la situation économique britannique des année 1960 à la lumière de cette révolution keynésienne que fut la « Théorie générale ». L’un des éléments clés de cette théorie consiste à édicter qu’en cas de dépression économique l’Etat à intérêt à relancer la demande en baissant les impôts, en distribuant des subventions et en investissant pour soutenir les entreprises privées. De cette façon, le pouvoir d’achat injecté par la puissance publique va relancer la demande ce qui permettra d’atteindre un nouvel équilibre économique entre offre et demande tout en préservant la croissance globale de l’économie. L’application de ce principe permit d’éviter le chômage de masse dans les économies capitalistes durant les trente glorieuses.

Keynes a aussi compris et analysé les liens entre croissance économique, balances des paiements et liquidités internationale que Stewart explique de façon très pédagogique dans de courts chapitres. Evidemment, de nombreux autres phénomènes entrent en ligne de compte et les crises ont continué à secouer les économies modernes depuis des décennies, mais les bases de l’analyse keynésienne restent valables, même si certaines des solutions proposées sont devenues un peu datées.

Aujourd’hui, en pleine pandémie de coronavirus, les politiques de relance massive de la demande par la distribution tous azimuts d’argent public sont appliquées partout. Merci Keynes !

GALLIENNE Alicia, ‘L’autre moitié du songe m’appartient’.

Sortie : 2020, Chez : NRF Gallimard poèmes.

Urgence : c’est le premier sentiment qui vient à l’esprit du lecteur du recueil de poèmes d’Alicia Gallienne décédée en 1990 à 20 ans d’une maladie de sang. Consciente de son état après avoir assisté au décès de son frère Éric, du même mal, lorsqu’elle avait 7 ans, elle a composé des centaines de poèmes, saisie par cette urgence vitale d’écrire avant que sa plume ne s’éteigne comme elle en saisissait la possibilité.

Issue d’un milieu favorisé, nourrie aux meilleurs auteurs et poètes de la littérature, sautant des fêtes parisiennes à ses études de lettres, alternant Cyndi Lauper et Jean Genet, elle passe ses nuits à écrire des mots qui coulent de son âme comme un flot furieux. Il est question d’amour, de partage, d’émerveillements, de doutes, de fragilités, d’Éric ; peu de son propre sort sinon par quelques pudiques évocations. Mais il y a surtout la longue obscurité de la nuit dans laquelle Alicia noircit les pages d’une écriture fiévreuse par peur de ne pas arriver à graver l’explosion permanente de ses sentiments, souvent tragiques.

Le style n’est sans doute pas des plus académiques mais l’émotion du lecteur est d’autant plus intense devant ce flux ininterrompu et saisissant des mots, tellement matures et poétiques. Quel incroyable embrasement de sentiments pouvait ainsi saisir l’esprit de cette jeune femme ? Quel fulgurant talent lui a permis de les partager ! 30 ans plus tard, Sophie Naulleau, éditrice, qui n’a jamais connu Alicia Gallienne, approchée par Guillaume Gallienne, cousin d’Alicia, décida qu’il fallait publier une sélection de ses poèmes, composée de près de 400 pages… Hommage à une étoile filante. Grâce lui soit aussi rendue !

Lire aussi : Alicia Gallienne lue au théâtre de l’Athénée – Keep on rockin’ in the free world (rehve.fr)

« Pulp Fiction » de Quentin Tarantino (1994)

Près de 25 ans après Orange mécanique, Tarantino nous a régalé de la violence ironique de Pulp Fiction qu’il ne faut pas de priver de revoir ! Monté de façon non chronologique on y suit les aventures des deux porte-flingues d’un puissant mafieux de Los-Angeles ainsi que d’un boxeur sur le retour chargé de truquer un match par le chef mafieux. Beaucoup de sang, beaucoup de cynisme et d’humour, il ne faut pas craindre l’hémoglobine mais les mises en situation sont burlesques, les comportements et dialogues de Vincent Vega (John Travolta) et Jules Winnfield (Samuel L. Jackson) sont hilarants. Le film a obtenu la palme d’or au Festival de Cannes 1994 ce qui fut bien mérité et lança la carrière internationale de Tarantino qui poursuit depuis son œuvre sur le même sillon.

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« Orange mécanique » de Stanley Kubrick (1971)

Alors que des sauvageons mal élevés mettent à mal l’autorité de la police et de la justice en injuriant, taguant et agressant à tout va, certains parlent d’une génération « Orange mécanique ». Il était temps de revisionner ce film de Stanley Kubrick, tiré du roman d’Anthony Burgess paru en 1962, le film datant de 1974. Et l’on suit les aventures d’Alex et sa bande, modérément intéressés par la chose scolaire mais beaucoup plus par la violence et le sexe. Alex, passionné de Beethoven, laisse ses parents désemparés qui ne savent pas comment le ramener à la raison. La police essaiera de s’en charger et, en prison, il subira un protocole médical destiné à le faire revenir dans le droit chemin. Un peu de chimie en échange d’un peu plus de tranquillité pour la société, deal qui se retournera contre le pouvoir politique qui croyait avoir trouvé le graal contre la violence mais sera finalement accusé de totalitarisme !

Le roman ainsi que film peuvent être qualifiés « d’anticipation » et la métaphore du traitement chimique provoquant un débat de société n’est pas très éloignée des polémiques sans fin de notre monde d’aujourd’hui face à une ultraviolence qui elle, est bien notre quotidien.

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Des engagements parfois un peu stupides et plutôt inefficaces

Qu’est-ce qui peut pousser un président de la République ou un haut dirigeant à prendre devant ses électeurs des engagements précis sur lesquels il n’a que peu de moyens d’agir ? Sans doute leur courte vue et la volonté un peu naïve mais valorisante de vouloir annoncer de bonnes nouvelles à Mme. Michu. Le plus étonnant est que la non-réalisations de ce type d’engagements, quasi systématique d’ailleurs, ne freine pas les ardeurs des responsables à en commettre de nouveaux.

Sans remonter très loin, on se souvient de l’annonce répétée de François Hollande sur « l’inversion prochaine de la courbe du chômage » ou celle d’Emmanuel Macron en 2019 pour reconstruire la cathédrale Notre-Dame de Paris « en cinq ans ». Ce dernier assène désormais dans les médias que tous les français qui le veulent seront vaccinés d’ici le mois d’août 2021… Les plus anciens se souviennent de la décision de Jacques Chirac de « réduire la fracture sociale » !

Il est assez peu probable que Notre-Dame de Paris sera reconstruite d’ici 2024 mais si elle n’est que partiellement rouverte d’ici trois ans ce sera déjà une réussite qui sera probablement gâchée par les débats oiseux qui ne manqueront d’apparaître sur cette échéance ratée. De la même façon, s’il n’y a que 20 ou 30 millions de citoyens vaccinés au 31 août sur 65, ce sera déjà bien, la suite viendra plus tard.

Alors Messieurs les Présidents économisez donc vos engagements précis devant Mme. Michu ; ils ne rassurent pas grand monde, font perdre beaucoup de temps à la société en polémiques futiles et c’est un domaine où il n’y a que des coups à prendre. Il vaut mieux constater les succès et les progrès une fois acquis plutôt que les prévoir à grands renforts de trompettes médiatiques.

Débats franchouillards oiseux sur « l’islamogauchisme »

Un nouveau débat de Café du Commerce saisit le microcosme politico-médiatique : la question de l’islamogauchisme dans les universités françaises. Alors que différentes personnalités accusent l’Université d’abriter des tenants de cette idéologie qui l’utiliseraient pour orienter les programmes et les budgets de recherche, les représentants universitaires adoptent une tactique de défense basée sur le déni, arguant que « l’islamogauchisme » est un concept qui n’existe pas scientifiquement et qu’il n’y a donc pas lieu d’en débattre, circulez il n’y a rien à voir. Une sous-ministre de l’Enseignement supérieur a annoncé sa volonté de mander le CNRS (centre national de la recherche scientifique) pour réaliser une étude sur ce concept dans l’Université, déclenchant aussitôt un hourvari de clameurs scandalisées d’une partie du monde intellectuel, mais aussi, plus discrètes, des voix pour la soutenir.

« L’islamogauchisme », slogan politique utilisé dans le débat public, ne correspond à aucune réalité scientifique. Ce terme aux contours mal définis, fait l’objet de nombreuses prises de positions publiques, tribunes ou pétitions, souvent passionnées. Le CNRS condamne avec fermeté celles et ceux qui tentent d’en profiter pour remettre en cause la liberté académique, indispensable à la démarche scientifique et à l’avancée des connaissances, ou stigmatiser certaines communautés scientifiques. Le CNRS condamne, en particulier, les tentatives de délégitimation de différents champs de la recherche, comme les études postcoloniales, les études intersectionnelles ou les travaux sur le terme de « race », ou tout autre champ de la connaissance.

Communiqué de presse du CNRS du 17/02/2021

Pas sûr que le CNRS ne participe avec beaucoup d’enthousiasme à l’étude que lui demande sa ministre de tutelle…

En réalité chacun fait assaut de la mauvaise fois typique de ce genre de débat cherchant à bloquer toute remise en cause de certains sujets-valise. L’islamogauchisme n’est sans doute pas encore défini scientifiquement par la science mais il va peut-être falloir commencer à le faire. Dans la bouche de ceux qui emploient ce terme, c’est l’alliance d’une pensée de gauche marquée avec l’islam politique plutôt radical, parfois accompagné d’un relent d’antisionisme, voire d’antisémitisme. Sans doute dans sa sortie la sous-ministre voulait aussi englober les sujets un peu envahissants comme les études « de genre », celles sur le « décolonialisme », le « post-colonialisme », la « race », le féminisme et autres joyeusetés « intersectionnelles », tout ceci rédigé bien entendu en « écriture inclusive ».

La simple consultation des sites web de certaines universités permet de confirmer que certains de ces sujets sont effectivement dans les programmes.

Par exemple, l’université Paris 8 – Vincennes offre un Master « Etudes sur le genre » :

Les études de genre font l’objet d’une attention grandissante dans l’espace public (médias, débats politiques). Les questions de la domination masculine, des LGBTQI, des stéréotypes de genre, etc., sont devenus des enjeux sociaux contemporains de premier ordre. Face aux menaces internationales qui pèsent actuellement sur la conception de la science et des formes de transmission du savoir, les études de genre apparaissent comme un levier de la pensée critique, et sont en cela fortement attaquées. Ainsi, offrir une formation de qualité sur le genre s’inscrit dans la tradition de Paris 8 de développer une pensée critique en prise avec le monde contemporain…

Master Etudes sur le genre – Université Paris 8 (univ-paris8.fr)

ainsi qu’un Laboratoire d’études de genre et de sexualité (LEGS) :

La question des constructions « genrées » et des rapports de sexe concerne d’une manière ou d’une autre l’ensemble des pratiques sociales et symboliques, publiques et privées, collectives et individuelles. Elle se pose désormais de manière explicite dans de nombreux champs de pensée et de savoir. Son traitement requiert ainsi la collaboration d’approches multiples. Dans cette perspective, l’UMR LEGS se donne pour tâche et pour défi de faire travailler ensemble humanités, sciences sociales, et arts.

UMR 8238 : Laboratoire d’études de genre et de sexualité (LEGS) – Université Paris 8 (univ-paris8.fr)

La propension de l’Université à étudier et diffuser des idées « progressistes » n’est pas vraiment nouvelle et cela fait des décennies qu’une gauche que l’on peut qualifier d’extrême s’est retrouvée sur une communauté de pensée… dans les camps palestiniens du Proche Orient ou sur le « Petit Livre rouge » de Mao. Ce qui apparaît novateur aujourd’hui est la volonté de vouloir expliciter et réparer les discriminations dont certaines minorités sont supposées avoir été victimes (minorités sexuelles, femmes, citoyens issus de la « diversité », etc.). Ainsi va la vie intellectuelle en France, plutôt portée par la pensée « de gauche », plutôt protégée par un système universitaire public, reprenant aujourd’hui les sujets en vogue. Comment s’en étonner ? Mais l’Etat ne doit pas s’interdire de faire l’inventaire des recherches en cours, majoritairement financées par les contribuables. Heureusement celles concernant ces nouvelles modes assimilées à « l’islamogauchisme » semblent minoritaires et il faut s’assurer qu’elles le restent. Quand on voit le développement anarchique de l’écriture « inclusive » contre les principes de l’Académie française on comprend qu’il faille rester vigilant. La liberté de pensée et de recherche c’est bien, l’imposition de principes minoritaires à la majorité, c’est plus discutable.

Le CNRS a accepté du bout des lèvres de

C’est dans cet esprit [ouvert et respectueux] que le CNRS pourra participer à la production de l’étude souhaitée par la Ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation visant à apporter un éclairage scientifique sur les champs de recherche concernés.

Communiqué de presse du CNRS du 17/02/2021

Ouf !

Des jeux olympiques en question

Les jeux olympiques qui devaient initialement se dérouler au Japon à l’été 2020 ont été reportés à l’été 2021 pour cause de pandémie mondiale. Il se murmure que l’hypothèse d’une annulation serait sur la table, la crise sanitaire étant loin d’être résolue et le rassemblement de centaine de milliers de personnes dans une même ville deux semaines durant étant sans doute inopportune dans les conditions actuelles. Ou alors les jeux se dérouleraient sans spectateurs physiques mais uniquement à la télévision ?

Dans un cas comme l’autre ce n’est pas grave, il ne s’agit que de sport ! On pourrait même suggérer que les jeux olympiques de l’été 2024 qui doivent être organisés à Paris suivent la voie de l’annulation, on y survivrait, les finances publiques françaises feraient ainsi quelques économies et les parisiens éviteraient ainsi nombre d’énervements et de crises qui vont immanquablement être générés par l’organisation de manifestations sportives dans une ville qui n’est vraiment pas faîte pour ça.

La retraite retardée

Une conférence s’est tenue hier entre l’Elysée et les chefs d’Etat des cinq pays africains du groupe « G5 Sahel » sur la présence de l’armée française dans le Sahel. Il a été annoncé le maintien de cette force étrangère dans la zone sahélienne. Alors que dans le même temps les Etats-Unis d’Amérique ont acté le retrait de leurs troupes d’Afghanistan en négociant avec les rebelles talibans, leur donnant ainsi les clés d’un retour prochain au pouvoir à Kaboul, la France retarde encore le moment inévitable où il lui faudra évacuer le Sahel. Les arguments sont toujours les mêmes et surtout le mantra « en protégeant le Sahel du terrorisme religieux, on protège la France ».

L’occident n’arrivera pas à « pacifier » l’Afrique sahélienne et encore moins à y instaurer la démocratie. Cela fait des décennies qu’il essaye, avec le succès que l’on constate. Les armées locales excellent dans la technique du coup d’Etat, mais fort peu dans la défense de leurs pays, et ce malgré les milliards d’euros déversés sur elles par l’Europe ainsi que des centaines de « conseillers techniques » censés les former sur place. Cela ne marche tout simplement pas. Probablement la présence des forces militaires françaises empêche, au moins provisoirement, les religieux de prendre le pouvoir à Bamako et dans les capitales avoisinantes, mais, à moins de les y laisser à vie, ce moment viendra un jour, de gré ou de force.

La junte militaire malienne au pouvoir est d’ailleurs encline à négocier avec ces groupes religieux et sécessionistes, si elle n’a pas déjà commencé à le faire. Les populations locales, très naturellement, commencent à contester et rejeter la présence armée de la France dans leurs pays. Il se murmure que les chefs militaires français sont réalistes sur l’impossibilité d’atteindre leurs buts de guerre. Les citoyens français se demandent eux-aussi pourquoi des soldats meurent dans ce désert et s’il est bien nécessaire d’y dépenser autant de sous. Toutes les conditions sont réunies pour entamer ce repli… qui vient d’être repoussé à plus tard !

Un repli ordonné marquera évidement une défaite, comme celle des Etats-Unis en Afghanistan ou en Irak, mais permettrait de façon réaliste de redéployer l’armée française sur des tâches plus efficientes comme le renforcement de la protection du territoire national, et de peaufiner la tactique du « cassage de gueule » consistant en des opérations extérieures coup de poing en tant que de besoin si les intérêts vitaux français sont menacés, mais en renonçant à occuper durablement des pays tiers. Cela n’a jamais fonctionné, ni en Algérie, ni au Vietnam, ni en Angola, ni au Mozambique… et il y a très peu de chances que cela fonctionne au Sahel.

Lire aussi : 13 militaires français tués au Mali en novembre – Keep on rockin’ in the free world (rehve.fr)

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ELLIS Bret Easton, ‘American psycho’.

« American psycho » est le grand œuvre de Bret Easton Ellis, dans la même veine que les précédents mais encore plus cynique et sanglant. C’est l’histoire d’un yuppie new-yorkais à la fin des années 1990, riche, nageant dans le consumérisme tape-à-l’œil permis à cette classe de nouveaux riches. Jusqu’ici rien que de très classique dans le monde d’Ellis si ce n’est que Patrick Bateman, le yuppie en question, est un psychotique dangereux dont on ne saura pas s’il exécute les crimes atroces décrits dans le roman, ou s’il ne fait que les rêver.

Le mode descriptif du milieu dans lequel évolue Bateman est proprement hilarant. Celui-ci n’est obnubilé que par les marques des habits portés par lui et ceux qu’il rencontre. Chaque fois qu’un personnage intervient dans le scénario, Bateman note par le menu détail toutes les marques portées, des chaussures à la cravate, avec souvent mention du prix, ce qui prend à chaque fois une dizaine de lignes. C’est un peu lassant mais l’effet de répétition marque l’inanité de ces personnes dont l’une des principales activités consiste à d’abord réfléchir dans quel restaurant hype ils vont pouvoir réserver pour leurs repas, puis de parler de rien dans ces lieux tout en cherchant à reconnaître qui de leurs congénères dînent aux tables à côté ou qui couche avec qui ? Une autre obsession est celle du corps et tout ce beau monde passe un temps infini à soigner ses abdos dans les clubs chics de musculation et les boutiques vendant des produits de beauté de luxe.

Il n’est jamais question d’activités professionnelles dans ce roman comme si c’eut été vulgaire de le faire. L’argent coule à flot de toute façon et sa provenance n’a guère d’importance. Le côté sombre de Bateman transparaît dans les chapitres consacrés à ses crimes particulièrement horribles.

Le style d’Ellis est fait de courts chapitres alternant la description d’une soirée dans une boîte chic avec celle d’une orgie-tuerie sanguinolente menée par Bateman. Il est basé sur la répétition de comportements vides de sens de cette population new-yorkaise qui a perdu tout contact avec la vraie vie. Bien entendu, l’excès et la concentration de ces personnages, souvent ubuesques, dans les 500 pages de ce roman lui donnent son côté désopilant. Publié en 1991 il brosse une réalité qui éclatera au grand jour lors de la crise qui fera exploser la planète financière en 2008 où l’on découvrira les comportements asociaux et frauduleux d’un clan de financiers surpayés ayant perdu tout contact avec la réalité et abandonné toute barrière morale. Le pouvoir laissé à ces escrocs clinquants généra une des grosses crises financières du monde capitaliste occidental qui coûta beaucoup à l’ensemble des contribuables dans les pays concernés. Bret Easton Ellis a bien cerné ces personnalités dans « American Psycho » !

Une énième faillite d’Air France

Le pédégé d’Air France a annoncé ce week-end que la société qu’il dirige ne pourra pas rembourser le prêt « Covid » que les contribuables lui ont octroyé. Il y en aurait pour 7 milliards d’euros qu’il va falloir capitaliser et, sans doute, accompagner de nouveaux financements si l’on veut éviter la cessation des paiements de cette compagnie touchée de plein fouet par l’effondrement du transport aérien depuis le déclenchement de la pandémie planétaire du coronavirus.

Une faillite d’Air France fait partie des événements récurrents de la vie des contribuables français qui ont dû mettre la main au porte-monnaie à plusieurs reprises pour sauver cette compagnie d’un désastre financier, le plus souvent pour mauvaise gestion des hauts-fonctionnaires nommés pour la diriger et de la rigidité d’une caste de pilotes ne voulant rien entendre pour rogner leur statut. L’Etat français a toujours estimé qu’il était de son devoir de maintenir en vie une société de transport aérien plus ou moins nationale dont il détient toujours 14% du capital, cette participation risquant donc de monter si le prêt de 7 milliards est capitalisé. Pour des raisons un peu obscures, mais toujours très couteuses, les contribuables ont souvent été mis à contribution pour renflouer Air France qu’une logique purement libérale aurait dû laisser tomber en faillite, c’est-à-dire rachetée par une autre compagnie (le « darwinisme social »).

L’Histoire se répète et il va encore falloir payer pour « sauver Air France ». Comme il est probable que le transport aérien ne va pas retrouver de sitôt les niveaux de trafic d’avant crise, il va donc bien falloir restructurer la compagnie française qui ne nous a pas habitués jusqu’ici à beaucoup de souplesse en la matière… Il va donc très probablement falloir encore payer dans les années à venir sans que personne n’ait encore vraiment répondu à la question : à quoi sert une participation publique dans le capital d’une compagnie aérienne ?

On avance en Nouvelle Calédonie

En pleine agitation concernant la vente d’une usine de nickel dont le groupe d’acheteurs est contesté par les indépendantistes qui ont entrepris d’occuper et de détériorer l’outil industriel concerné, les représentants du parti indépendantiste calédonien FLNKS ont démissionné du gouvernement. De retournements d’alliances en copinages divers, la nouvelle majorité qui se dégage et qui emportera sans doute la majorité dans les rangs du gouvernement calédonien serait indépendantiste.

C’est une bonne nouvelle pour ce territoire qui doit encore organiser un troisième référendum sur l’indépendance d’ici à 2022 en application de l’accord de Nouméa de 1998 sur la décolonisation de la Nouvelle-Calédonie. Espérons que cette étape fera pencher définitivement les électeurs en faveur d’une indépendance raisonnée pour, enfin, régler le problème politique que pose à la France l’existence de cette colonie. Le problème financier ne sera, lui, jamais résolu car il est très probable que des générations de contribuables de France métropolitaine vont continuer à payer pour « accompagner » cette indépendance comme prix des erreurs du passé ! Ce serait un petit mal pour une grande avancée si l’indépendance était finalement adoptée.

Lire aussi : La dépendance de la Nouvelle-Calédonie reste légèrement majoritaire à l’issue du référendum du 4 octobre – Keep on rockin’ in the free world (rehve.fr)

« Phantom of the Paradise » de Brian de Palma

1974, Brian de Palma réalise « Phantom of the Paradise » ou le mythe de Faust adapté au monde du glamrock de l’époque. Winslow a composé et interprète une cantate mais il se fait maltraiter par le producteur Swan (joué par le musicien et acteur Paul William qui a aussi écrit la bande originale du film ainsi que de nombreux autres hits) qui veut la faire chanter par d’autres. Swan a passé un acte avec le diable qui lui assure une éternelle jeunesse. S’en suivent bien des évènements au cours desquels Winslow signe lui aussi un pacte avec Swan pour que Phoenix, la chanteuse qu’il a choisie soit son interprète. Ensemble, ils se rendent « du côté de chez Swan » pour finaliser la cantate qui sera jouée en public et aboutira à un incroyable final avec la mort de Swan et de Winslow, et le triomphe de Phoenix.

Un beau film, une très belle musique, à revoir régulièrement !

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KOUCHNER Camille, ‘La familia grande’.

Sortie : 2021, Chez : Editions du Seuil.

Camille Kouchner révèle dans ce livre comment son beau-père, un juriste-politologue connu, a violé de façon régulière à la fin des années 1980′, son frère jumeau, baptisé « Victor » dans le récit. La révélation publique de cette perversion crée actuellement un choc et l’impétrant, Olivier Duhamel, 70 ans aujourd’hui, a démissionné de toutes ses fonctions et disparu de la scène publique et médiatique qu’il aimait tant fréquenter du temps de sa gloire.

Ce récit décrit une famille de babyboomers engagée dans la défense des idées humanistes de gauche de l’après deuxième guerre mondiale. Evelyne Pisier, la mère de Camille et « Victor », Paula leur grand-mère, ont des personnalités fascinantes qui ont basé leurs vies entières sur les grandes idées de la liberté et du féminisme. Evelyne se mariera avec Bernard Kouchner, père des jumeaux Camille et « Victor » et de leur grand frère, qui, lui aussi, vibrionne au cœur des grandes idées humanistes de gauche du XXème siècle, notamment via son engagement comme médecin du monde dans les guerres du Biafra et dans bien d’autres pays en voie de développement.

Olivier Duhamel, fils du ministre radical et ancien résistant Jacques Duhamel (1924-1977), qui fréquente ce microcosme parisien « progressiste », adopte rapidement cette famille improbable et brillante, épouse Evelyne et accueille tout son petit monde l’été dans sa vaste villa de Sanary où défile également tout un aéropage d’intellectuels et de politiques sous le soleil et la convivialité méditerranéennes.

Ambiance détendue voire libertaire et exigence intellectuelle caractérisent l’atmosphère au sein de la « familia grande » dont Duhamel devient le gentil organisateur. Mais les limites vont être franchies et l’irréparable va être commis. Duhamel obtint des fellations de son beau-fils plusieurs années durant. « Victor » s’en ouvre auprès de Camille en exigeant son silence. Plusieurs années après les faits, la famille va progressivement être informée mais tout faire pour que la révélation ne sorte pas à l’extérieur. Evelyne, déjà à la dérive après le suicide de sa mère, protège son mariet accuse même ses enfants de « l’avoir trahie ». « Victor » a fait sa vie à l’étranger avec sa femme et ses enfants et veut à tout prix oublier cette période maudite. Camille culpabilise de n’avoir pas su empêcher la maltraitance de son jumeau. Bref, le mal fermente, la honte et la haine rongent la famille jusqu’à ce que, 35 ans après les faits, Camille obtienne l’agrément de « Victor » pour publier son livre.

Outre l’information choc, cet ouvrage-catharsis relève aussi du règlement de comptes général avec cette famille si séduisante à l’extérieur mais tellement perverse à l’intérieur, certainement un cas d’école que Freud eut apprécié au plus haut point. Le style d’écriture est rapide : courtes phrases parfois sans verbe ni sujet, ne négligeant pas l’anaphore, langage parlé. L’objet du récit n’est pas la littérature, mais la révélation. Il atteint son but et cette famille chahutée n’a pas fini de ressasser ce drame. Depuis la publication l’accusé se fait silencieux. Il est en principe à l’abri de la justice car ses crimes sont prescrits. A la pédophilie il a ajouté l’inceste homosexuel, sans que l’on sache bien aujourd’hui, en notre époque de « mariage pour tous » si l’inceste homosexuel est équivalent ou plus condamnable que l’inceste hétérosexuel…

Pour ceux qui l’aurait oublié, la famille est en principe le cadre de l’éducation, de l’amour et de la responsabilité, mais elle peut être aussi parfois l’antre du silence et de la perversion, quelles que soient les catégories socio-professionnelles. « La familia grande » le rappelle cruellement.

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SPRINGORA Vanessa, ‘Le Consentement’.

Sortie : 2020, Chez : Editions Grasset & Fasquelle / Le Livre de Poche

Vanessa Springora avait 14 ans au mitan des années 1980′ lorsque Gabriel Matzneff, 49 ans, écrivain, la séduisit. 35 ans plus tard, elle fait le récit d’une emprise dont elle s’est défaite avec difficulté et qui l’a durablement traumatisée.

Lui était un écrivain prolifique et sulfureux, introduit dans le tout Paris littéraire, désigné par « G » dans le récit. Amateur de relations sexuelles avec de jeunes enfants mineurs, il détaillait à loisir ses ébats sexuels dans des journaux intimes qui étaient publiés et faisaient la joie gourmande du microcosme de Saint-Germain-des-Prés. Il fallut attendre la publication du livre de Springora en 2020 pour que Matzneff désormais âgé de plus de 80 ans commence à être mis devant ses responsabilités et qualifié de pédocriminel. Il est depuis définitivement ostracisé par le petit monde qui l’avait encensé mais l’avait un peu oublié ces dernières années, bien qu’il reçut encore le prix Renaudot en 2013. Ses crimes étant prescrits, son sort de vieux monsieur pervers n’a sans doute plus beaucoup d’importance.

Le récit d’une de ses nombreuses victimes a certainement valeur de thérapie pour elle et c’est tant mieux. Ses courts chapitres font aussi, et surtout, le procès d’une époque, et plus précisément de l’élite culturelle de ce temps. Mai 68, Simone de Beauvoir, la théorie psychologique dévoyée, une philosophie libertaire promue par de grands penseurs, notamment français, sont passés par là. Le fameux slogan « il est interdit d’interdire » a été érigé en mode de fonctionnement dans le microcosme se croyant au-dessus des lois de la nature, conduisant à l’abandon d’un cadre pour l’éducation des enfants et la démission de l’autorité parentale.

Un père absent, une mère « tolérante », une époque conciliante et un milieu littéraire nombriliste, il n’en fallut pas plus pour que Vanessa Springora tombe dans les griffes du prédateur à un âge où son « consentement » ne pouvait pas être éclairé. Il lui faudra quelques années pour se déprendre du pédophile séducteur, quelques décennies pour s’en remettre et écrire ce livre, le récit plutôt froid des grandes erreurs d’une époque, pendant que celle d’aujourd’hui en commet de nouvelles.

Il se murmure à Saint-Germain-des Prés que Matzneff cherche à publier sa réponse « Vanessavirus » mais qu’il ne trouve pas d’éditeur.

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