L’escroquerie continue

Lors des récentes élections présidentielles françaises, tous les candidats ont rivalisé de mesures visant à « préserver le pouvoir d’achat » des citoyens en une période de retour à l’inflation. Cela consiste en réalité à faire payer par les uns ce que les autres ne peuvent ou ne veulent pas payer. C’est généralement le contribuable qui est mis à contribution. Lorsque le prix de l’essence est subventionné par l’Etat comme c’est actuellement le cas et affiché sur toutes les stations-service, l’Etat prend en charge entre 15 centimes par litre acheté par le consommateur, c’est-à-dire que le contribuable rembourse entre 15 centimes/litre au consommateur. Lorsque le contribuable est également consommateur de carburant, l’opération est plus ou moins neutre. Si ce dernier est un gros rouleur et est peu imposé, il tape dans la poche du contribuable, et vice-versa.

Dans le cas de l’électricité où le producteur historique EDF est forcé par son actionnaire majoritaire, l’Etat, à livrer de l’électricité à bas coût à des distributeurs « indépendants », le transfert est un peu plus sinueux mais est largement similaire puisque EDF, société publique surendettée et non maître de ses prix de vente, doit être régulièrement recapitalisée par l’Etat, donc le contribuable. L’imposition de prix de vente « bas » à EDF revient à précipiter l’inévitable recapitalisation de ce producteur d’énergie par les contribuables.

Un autre grand classique de campagne électorale est l’annonce de baisse d’impôt sans annoncer quelles dépenses publiques diminueront en conséquence ou quel autre impôt augmentera pour compenser celui qui est annoncé comme devant baisser.

Dans une malhonnêteté intellectuelle toute française, les dirigeants expliquent que ces dispositifs sont destinés à éviter aux français de se heurter aux hausses des prix :

Pour plus de pouvoir d’achat dès cet été : maintien des boucliers gaz et électricité, « prime Macron » jusqu’à 6000 euros sans charges ni impôts, indexation des retraites sur l’inflation, suppression de la redevance télé et baisse des impôts de succession.

Mesure n°1 tract électoral Macron 2ème tour (24/04/2022)

L’Etat ne sait plus dire non aux nouvelles dépenses exigées par les citoyens, c’est probablement l’une de ses plus grandes défaillances. L’exemple de l’acceptation du financement sur fonds publics de la coupe du monde de rugby en 2023 et des jeux olympiques en 2024 en est probablement la plus flagrante illustration. En termes de priorité tout le monde est d’accord pour placer l’école, le système de santé, la recherche, la police, l’armée, etc… bien plus prioritaires que le sport, et pourtant la France a préféré financer les jeux du cirque plutôt que ses instituteurs.

Et c’est ainsi que le dernier budget de la République en équilibre date de 1974, une époque où le président Macron n’était même pas né…

Bonne nouvelle : la théorie économique est confirmée

L’inflation est de retour dans le monde, et particulièrement dans les pays occidentaux. Depuis le début de la crise sanitaire les économistes avaient du mal à comprendre comment après avoir déversé tant d’argent « central » sur les économies, sans aucun rapport avec l’évolution de la production qui était au ralenti, nous n’avions pas constaté un retour de l’inflation.

Il y a sans doute eu un peu d’inertie mais cette création monétaire débridée ajoutée à la hausse significative des prix des matières premières a déclenché le retour de l’inflation qui semble durable en cette année 2022. La théorie économique est donc toujours d’actualité : si l’on crée plus de monnaie que n’en nécessite l’évolution de la production, la différence va dans l’inflation. Nous en sommes là !

Les conséquences sont diverses :

  • Les sexagénaires rajeunissent en se souvenant des années 1980 où l’inflation était à deux chiffres et que c’est un gouvernement… socialiste qui a cassé la spirale inflationniste, notamment en coupant le lien entre salaires indexés et inflation.
  • Les banques centrales ont déjà commencé à faire remonter les taux d’intérêt ce qui va ralentir la croissance en renchérissant le coût de la dette.
  • Les pays financièrement mal gérés et en déficits publics permanents, comme la France, vont devoir payer des charges d’intérêt de plus en plus importantes compte tenu des niveaux extravagants de leurs dettes.

La prochaine crise risque d’être financière et toucher plus gravement les pays surendettés…

Pendant la guerre, le gaz à flots continus

La guerre de la Russie contre l’Ukraine remet au goût du jour la dépendance énergétique de nombreux pays européens à l’égard de Moscou mais le plus étonnant est l’espèce d’équilibre de fait, accepté par les belligérants et l’Europe. Alors que les combats font rage avec leur cortège d’exactions, de civils et militaires tués de part et d’autre, de villes dévastées par les bombes, la Russie continue à envoyer son gaz dans les pipelines en direction de l’Ouest, y compris le pipeline traversant l’Ukraine.

L’utilisation de l’arme d’un embargo/coupure de l’approvisionnement du gaz russe effraie tout le monde : la Russie qui du coup verrait disparaître les revenus correspondants, les pays européens qui devraient demander à leurs citoyens de réduire leur consommation. Alors les bombardements russes comme ukrainiens prennent bien soin de ne pas risquer d’endommager les pipelines qui sont à leur portée sur le territoire de l’Ukraine, les autres tuyaux d’approvisionnement se trouvant dans d’autres pays. Le gaz circule joyeusement et il est payé rubis sur l’ongle à des cours extravagants compte tenu de la loi du marché. Le gaz passe d’Est en Ouest et les sous font le chemin inverse. On voit même la Russie payer à l’Ukraine les droits de passage dus au titre du transit de son gaz par les oléoducs traversant ce pays…

En voyant cet accord tacite inattendu entre des nations qui ne se parlent plus qu’à coups de bombes, on se dit que la guerre mondiale n’est pas encore pour tout de suite !

Les bonnes âmes occidentales qui n’osent toujours pas dire à Mme. Michu qu’il va falloir qu’elle diminue sa consommation et que, même après restriction, elle paiera plus cher pour se chauffer, parlent de « diversifier » les approvisionnements c’est dire d’aller acheter des hydrocarbures au Qatar ou en Arabie-Saoudite, pays guère plus recommandables que la Russie et tout aussi capables de couper le robinet si leurs intérêts le commandaient.

On parle de « diversifier » la consommation d’hydrocarbures et non de la diminuer, c’est bien là le problème. Les programmes électoraux présidentiels français d’avril dernier de nombre de candidats misaient sur l’arrêt des projets éoliens, notamment :

Protection de nos paysages : pas d’éolien sans accord des populations.

Mesure 24 de Valérie Pécresse

Interdire tout nouveau projet d’éoliennes.

Eric Zemmour

Et sans parler de l’inénarrable Stéphane Bern qui a pris la tête d’une croisade contre les éoliennes en 2021 en les qualifiant de « supercherie ». Par les temps qui courent, tous ces pourfendeurs d’énergie non carbonées vont peut-être devoir ravaler leurs arguments de « bobos en circuits courts ». Certes, l’énergie éolienne n’est sans doute pas exempte de défauts et ne va pas tout résoudre, mais c’est probablement une diversification aussi intéressante que d’aller acheter du pétrole au Qatar qu’il convient de ne pas négliger. La diversification doit concerner non seulement l’origine mais aussi la nature de l’énergie. D’ailleurs on entend beaucoup moins M. Bern ces derniers temps ce qui est de toute façon une bonne chose.

Lire aussi : Le goût de la polémique
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Des oligarques clinquants

Les « oligarques » russes sont l’une des cibles des sanctions occidentales prises contre la Russie à la suite de sa guerre menée contre l’Ukraine. Ces sanctions consistent pour le moment à geler leurs actifs identifiés en Occident.

Ces affairistes russes ont créé des fortunes considérables en rachetant à vil prix les entreprises d’Etat privatisées à la suite de la dissolution de l’URSS, principalement sous l’ère du président Eltsine. Reconnaissons-leur qu’ils semblent avoir réussi à gérer correctement les entreprises acquises même si le prix d’achat largement sous-évalué permettait d’absorber quelques erreurs de gestion, au moins dans les premières années. Notons qu’un processus assez similaire s’est déroulé en Ukraine dont l’économie est toujours largement dans les mains d’oligarques qui n’ont pas grand-chose à envier à leurs collègues russes en termes de corruption et de prévarication.

Ce qui est assez comique c’est que nombre de ces affairistes, un peu m’as-tu-vu, sont allés acquérir et domicilier leurs actifs de prestige en… Occident. En gros, les usines polluantes sont en Russie et les yachts clinquants sont à Monaco. Il est vrai qu’ils y sont plus visibles que sur la mer Noire mais les « oligarques » sont ainsi punis par où ils ont péché.

Un site web a été mis en place pour répertorier les biens qui ont pu être rattachés à ces affairistes sanctionnés. On peut leur faire confiance pour avoir caché leurs actifs autant qu’ils le pouvaient sous des montages leur assurant un anonymat, mais comme ils n’aiment rien mieux que parader sur leurs joujoux clinquants la piste de leurs biens n’est souvent pas très compliquée à remonter comme l’illustre le site web monté à cet effet : https://cdn.occrp.org/projects/russian-asset-tracker/en/

L’un des plus flamboyants est Roman Abramovich, que l’on a vu d’ailleurs participer aux négociations menées au début du conflit entre l’Ukraine et la Russie comme conseiller du Kremlin semble-t-il. Le garçon qui aurait trois nationalités (russe, israélienne et portugaise) est à la tête d’un empire dans les hydrocarbures et la sidérurgie, en Russie, mais aussi d’une société de capital-investissement basée à Londres prenant des participations un peu partout, y compris aux Etats-Unis d’Amérique. Il a acheté, entre autres « danseuses » un club de fouteballe britannique performant dont il peut difficilement cacher qu’il en est le propriétaire puisqu’il parade dans les stades les jours de match. Sentant venir le vent du boulet lors du déclenchement de la guerre en Ukraine il a annoncé officiellement qu’il mettait en vente son club alors qu’il n’était pas encore sous sanction et espérant pouvoir conclure la transaction rapidement. Hélas pour lui, le Royaume-Uni a rapidement gelé ses actifs et le club fait partie du gel. Cependant, il aurait eu le temps d’amarrer deux de ses yachts en Turquie, pays qui n’applique pas les sanctions occidentales.

La morale de l’histoire est qu’un investissement en dehors du pays dont on détient la nationalité présente toujours un risque politique supplémentaire par rapport à son propre pays. Les « oligarques » sont en train de confirmer ce principe élémentaire de l’économie. Pas sûr qu’ils en comprennent bien les tenants et aboutissants puisqu’il semble qu’ils soient en train de réorienter massivement leurs investissements de prestige vers les pays du Golfe persique, pour le moment plus conciliants avec la Russie et ses affairistes.

La vraie question qui se pose est de savoir pourquoi ces oligarques préfèrent localiser leurs résidences secondaires princières, et autres actifs tape-à-l’œil, à Nice ou Londres, plutôt que dans l’Oural ou sur les bords de mer d’Azov. Cela relève probablement d’un manque de confiance dans la Russie pour préserver la valeur de ces biens (un peu comme ces français qui avaient des comptes bancaires en Suisse à la fin du siècle précédent) mais aussi par leur besoin de parader et de briller ce qu’il est plus valorisant de faire à Monaco qu’à Sotchi.

Dur d’être russe et riche !

Compétition de la dépense publique

La campagne électorale présidentielle française s’achève avec le premier tour demain. C’est un véritable championnat mondial de celui qui proposera le plus de dépenses publiques. La lecture des douze tracts électoraux des douze candidats retenus est édifiante à ce niveau et sont une succession d’annonces de nouvelles dépenses et de baisses d’impôts[1]. Rares sont les mesures qui vont dans le sens d’une tentative de maîtriser le gouffre du déficit des finances publiques, mais il en existe heureusement quand même quelques-unes. La crise sanitaire de 2020-2021 durant laquelle le dogme du « quoi qu’il en coûte » a été appliqué sans limite a fait tomber toutes les barrières de la bonne gestion. Il est toujours vivace dans les esprits au cœur de la campagne présidentielle. Si ce concept a été largement appliqué par toutes les démocraties, la France a encore réussi à battre les records du pays ayant le plus dépensé par habitant. La guerre entre la Russie et l’Ukraine donne une nouvelle excuse pour encore repousser le moment du retour aux réalités.


[1] La candidate du parti conservateur LR propose même : « Un vrai statut rémunéré pour les sportifs de très haut niveau qui leur permettra de se consacrer entièrement à leur pratique ».

La hausse de l’inflation mondiale depuis quelques mois est la première sanction de ces politiques de la dépense publique sans compter rendue possible par de la création monétaire indirecte (rachat de dettes publiques par les banques centrales ou « quantitive easing »). C’est aussi le retour de la théorie économique : la création de monnaie centrale déconnectée de l’évolution de la production se traduit par de l’inflation. Nous y sommes.

La prochaine crise devrait être financière mais il est vulgaire de parler de ces problèmes en France en pleine campagne électorale. L’avenir risque de nous rappeler assez rapidement aux affres de la vraie vie.

Les consommateurs face à leurs contradictions

La compagnie pétrolière multinationale TotalEnergies, dont le siège social est en France, a beaucoup investi en Russie ces dernières décennies et fournit une partie de ses clients, multinationaux eux-aussi, à partir de ressources produites et achetées en Russie. Les bonnes âmes crient au scandale du fait que cette entreprise continue à opérer en Russie, tout en faisant le plein de leurs automobiles et en se plaignant du prix des carburants. TotalEnergies est accusée de « crimes de guerre » et autres joyeusetés sur les plateaux médiatiques et au Café du Commerce et personne ne se demande comment la cuve de fioul de Mme. Michu sera remplie, ou à quel prix, si Total coupe ses approvisionnements en Russie. La France ne produisant plus d’hydrocarbures il faut bien acheter ceux-ci à l’extérieur, si ce n’est pas en Russie, il faut les remplacer par une autre source ou alors réduire la consommation. Le problème est que la plupart des pays exportateurs d’hydrocarbures ne sont pas à proprement parler dirigés par des régimes en accord avec les valeurs démocratiques occidentales. C’est le dilemme auxquelles sont confrontées les compagnies comme TotalEnergies, elles vont le résoudre progressivement loin des indignations et des simplismes de plateaux télévisés.

L’Etat français est par ailleurs lancé dans une vaste opération de transfert des coûts de l’énergie des consommateurs sur les contribuables pour atténuer la hausse des prix sur le pouvoir d’achat de Mme. Michu. L’une des solutions possibles serait de supprimer la niche fiscale dont bénéficient les journalistes et d’en réaffecter les effets pour absorber cette hausse des prix de l’énergie, ce ne serait qu’une goutte d’eau dans la mer, bien sûr, mais cela permettrait à la presse d’être plus à l’aise pour critiquer les politiques de l’Etat, sans donner l’impression continuelle de cracher dans la bonne soupe.

La dépense publique comme programme présidentiel

Les candidats à l’élection présidentielle française des 10 et 24 avril dévoilent progressivement les programmes de dépenses publiques (ou de baisses d’impôt, ce qui revient au même en termes budgétaires) qui leur tiennent lieu de programmes électoraux. Tout est bon pour exciter l’intérêt de Mme. Michu : on augmente telle prestation, on recrute dans telle corporation de fonctionnaires, on aide telle profession, on baisse tel impôt, on supprime telle redevance… Seules quelques rares mesures vont plutôt dans le sens d’un minimum de bonne gestion, les candidats de droite républicaine annoncent vouloir augmenter l’âge de départ à la retraite ce qui est aussitôt en partie absorbé par la volonté de revaloriser le niveau minimum de ladite retraite.

On sait que ces périodes électorales sont propices à toutes les annonces démagogiques mais l’élection actuelle semble battre des records en la matière. Après les effets de la crise sanitaire sur les finances publiques on voit les impacts de la guerre en Ukraine peser sur les contribuables avec la prise en charge par les finances publiques de toute une série de dépenses privées, des consommateurs comme des entreprises.

Comme souvent, la France dépense plus par citoyen en ces temps de crise que la plupart des pays occidentaux, l’effet sur les finances de la République est dévastateur et il faudra des générations avant de pouvoir apurer la situation.

La France est en risque, risque d’augmentation des taux d’intérêt et risque d’accès au financement, mais aucun candidat ne semble véritablement s’en préoccuper. Vouloir tendre vers un équilibre des dépenses et des recettes (comme essaye de le faire tout ménage) est immédiatement qualifié de « programme de rigueur » et donc inacceptable. Ainsi va la vie politique française. Les contribuables vont devoir le payer un jour, cela ne se dit pas en période électorale, mais, en France, on ne le dit pas non plus le reste du temps, c’est ce qui est irresponsable.

Il va falloir payer

Félix/Charlie Hebdo (26/01/2022)

La Russie a lancé sa guerre contre l’Ukraine avec des buts pas vraiment clairs. La conquête en cours amène à des milliers de morts (des deux côtés), des millions de réfugiés, des sièges de villes et des destructions significatives des infrastructures ukrainiennes, y compris des immeubles civils. Les bombardements ne sont pas massifs comme ceux pratiqués par la Russie en Tchétchénie ou en Syrie, les villes ne sont pas rasées, mais les dommages sont importants. Une fois les hostilités terminées il va falloir payer pour la reconstruction. Que la Russie soit perdante ou gagnante de cette guerre, il est peu probable qu’elle sera candidate pour financer la reconstruction de l’Ukraine. C’est sans doute à l’Europe et aux Etats-Unis d’Amérique que va échoir cette charge, des pays déjà surendettés après deux années de crise sanitaire.

Le mur de la dette occidentale est à peu près aussi vertigineux que l’incompréhension occidentale face aux agissements actuels de la Russie. Les conséquences financières des désordres mondiaux actuels risquent d’être aussi dévastatrices que la guerre actuelle, l’accumulation gigantesque des dépenses, d’abord sanitaires puis maintenant guerrières, sans recettes en face sinon la création monétaire va ébranler le système financier mondial. On voit mal comment la planète pourra éviter une sévère restructuration financière dans les mois à venir qui devrait se traduire, au mieux par une inflation sévère et durable, ou pire par des défauts de paiement publics et privés, et le cortège de faillites qui ira avec.

« Protéger les français » en taxant les contribuables

Devant la crise qui sévit sur le marché de l’énergie, le gouvernement français assure « protéger les français » des hausses significatives sur les matières premières, essentiellement le gaz, de façon à limiter l’augmentation du marché sur la facture des consommateurs. En réalité on ne fait que transférer sur le contribuable ce que le consommateur ne veut pas payer. Le dispositif consiste à indemniser les fournisseurs français de gaz avec de l’argent public de façon qu’ils puissent continuer à facturer leurs clients à un prix qui ne déclenche pas l’ire de Mme Michu-consommatrice et en espérant que Mme. Michu-contribuable ne s’apercevra de rien. En contrepartie, il est prévu, lorsque le prix de marché du gaz baissera de ne pas répercuter la baisse sur le consommateur tant que les fonds publics mis en œuvre pour compenser l’augmentation n’auront pas été récupérés.

Ce dispositif plutôt malin, consiste donc en une avance de trésorerie faite par l’Etat aux fournisseurs de gaz. Le problème est que l’on sait quand a lieu la hausse mais que la baisse dans le futur reste hypothétique, au moins dans un futur prévisible. Le risque est fort que « l’avance de trésorerie » ne se transforme en une charge définitive pour le contribuable.

C’est d’ailleurs un sport national en France de faire payer le contribuable au lieu du consommateur ou du cotisant. Il en est ainsi des retraites, des charges médicales, de la culture ou de la SNCF, secteurs largement subventionnés par l’argent public. Ainsi va la gestion des finances publiques en France qui explique que le dernier budget équilibré de la République date de… 1974 !

StoptAntiPubAntiCovid

La pandémie de coronavirus ayant tendance à se dissiper et les Français étant très majoritairement vaccinés, les mesures barrières sont progressivement levées. Il en est une qui, hélas, subsiste : la campagne de publicité pour le vaccin ! Enregistrée avec des voix horripilantes, diffusée à un rythme effréné sur tous les médias publics, cette campagne développe un fort taux d’abrutissement des auditeurs et laissera des traces dans leurs neurones.

Comme toute publicité, le taux de pénétration du message est lié à l’intensité de sa répétition. Que ce soit pour acheter un aïe-phone où pour se faire vacciner, il faut saturer le cerveau du consommateur avec des messages simples et répétitifs, le plus souvent et le plus longtemps possible.

C’est proprement insupportable pour l’auditeur-téléspectateur résistant qui tente de rester à l’abri des dommages collatéraux déclenchés par la publicité à haute dose. Alors baissons le rythme de ces publicités pro-vaccination débilitantes, proportionnellement à la diminution du taux d’incidence du virus !

Faisons tout pour préserver les citoyens de l’abrutissement publicitaire !

Les avoirs des dirigeants russes

Un certain nombre de dirigeants russes, dont le président et son ministre des affaires étrangères, font l’objet de sanctions occidentales par gel de leurs avoirs. Ces annonces sont diffusées haut et fort par différents Etats européens mais personne ne précise le montant de ces avoirs saisis ! Le citoyen ignore donc complètement l’effet de telles mesures. On peut imaginer que MM. Poutine ou Lavrov, entre autres, ne sont pas stupides au point d’avoir laissé des comptes bancaires ou des actifs à leurs noms dans des pays occidentaux. S’ils ont des fortunes à cacher en dehors de la Russie, il existe suffisamment de paradis fiscaux ou, tout simplement, de pays amis disposés à les accueillir pour ne pas courir le risque de se les faire saisir en Occident. Il est étonnant que les médias français passant en boucle cette information sur le gel des avoirs ne se posent pas la question de quelles valeurs il est question ?

Ce n’est cependant pas le cas de nombre d’oligarques russes qui paradent dans de luxueuses demeures à Londres, sur la Côte d’azur et ailleurs, sans parler de ceux qui achètent des clubs de fouteballe. On se demande bien pourquoi ils préfèrent Nice à la mer Noire pour passer leurs vacances, mais c’est ainsi, ils ont beaucoup investi en Europe. Rappelons que la fortune de la plupart d’entre eux a été constituée lors de la privatisation des entreprises d’Etat soviétiques dans les années 1990, qui fut l’une des plus gigantesques opérations de spoliation de biens publics réalisée dans le monde à l’époque contemporaine.

Leur cas est plus complexe car on peut leur faire confiance pour avoir mis en place des montages juridiques complexes et multinationaux pour cacher leurs titres de propriété occidentaux et rendre juridiquement difficile leur saisie. Même les Balkany, bien moins riches et avisés, ont réussi à cacher leurs véritables avoirs au fisc français durant des décennies… Par ailleurs, saisir les avoirs des oligarques pose également des questions politiques : sont-ils responsables de la guerre en Ukraine ? Que se passera-t-il avec les avoirs occidentaux en Russie qui subiront probablement le même sort ?

L’Etat cherche à forcer Monsieur le Marché de l’énergie, en pure perte…

Nous sommes en campagne électorale, cela n’a échappé à personne, et un élu à la recherche d’électeurs aiment moins que tout leur annoncer des augmentations de biens ou de services avant que ceux-ci ne se rendent dans l’isoloir. Il existe actuellement des tensions sur le marché de l’énergie où la demande excède largement l’offre pour toute une série de raison, dont la reprise économique mondiale qui s’avère plutôt une bonne nouvelle. Les fournisseurs d’énergie achètent actuellement leurs matières premières plus chères sur les marchés et cherchent donc à les revendre plus chères également à leurs consommateurs.

Mais sur ces motifs d’accroissement des pris largement exogènes, l’Etat français ne peut pas grand-chose sinon regarder passer les trains telles les vaches dans les prés normands., ou alors, faire payer par les contribuables ce que les consommateurs ne veulent pas assumer. C’est exactement ce qui est train de se passer quand l’Etat impose à EDF de vendre de l’électricité à bas coût à des intermédiaires ou distribue un « chèque inflation » à 20 millions de citoyens. A la fin il y a bien quelqu’un qui paye mais l’Hommo-politicus, dans sa frénésie court-termiste pour garder son poste, a souvent pensé qu’il était moins pénalisant pour lui de faire payer le contribuable que le consommateur. C’est la raison des décisions de redistribution actuelles, on prend dans les poches des uns pour donner aux autres… une vieille histoire française !

Le plus ironique dans le cas d’EDF c’est que les syndicats ouvriers du groupe ont déclenché une grève la semaine dernière pour protester contre cette mesure étatique qui va encore accroître la fragilité financière du producteur national d’électricité déjà lourdement endetté et déficitaire. Les ouvriers en lutte contre les consommateurs modestes, on aura tout vu.

On se souvient qu’en 2012, la ministre de l’écologie Ségolène Royal avait déjà pris une décision autoritaire pour limiter les effets de l’augmentation des tarifs EDF régis par une formule légale. Deux ans plus tard, le conseil d’Etat avait considéré cette décision comme illégale et avait rétabli cette augmentation à titre rétroactif et le consommateur avait finalement payé cette augmentation…

Une présidence finalement… normale

Voici bientôt cinq ans que les électeurs français ont élu un jeune président qui promettait monts et merveilles au pays et, surtout, de mettre fin au « monde d’avant », celui des compromissions politiques, des partis à organisation idéologique et verticale, des réformes ensuquées dans l’immobilisme national, des déficits budgétaires incontrôlés, des prébendes et du clientélisme. Ce qui n’empêchait pas ce candidat président d’un genre nouveau de parader en maillot de bain en couverture de Paris-Match, quelques mois avant l’élection de mai 2017. Les vieilles méthodes présentaient encore quelques avantages car en France si on ne paraît pas en maillot de bain dans Paris-Match on a peu de chances d’être élu président.

Presque cinq années plus tard le bilan est mitigé et les grands espoirs de changement dans les comportements politiques se sont envolés, comme le déficit des finances publiques. Certes la crise sanitaire est passée par là, mettant un terme à l’emblématique réforme des retraites qui devait marquer le quinquennat, et à bien d’autres dans la foulée, mais après une première année sur les chapeaux de roue marquée par une réforme de la SNCF les premiers ennuis sont arrivés pour l’équipe au pouvoir qui a ressorti les vieilles recettes de la distribution d’argent pour calmer les colères des « gaulois réfractaires ».

Cela a commencé avec les émeutiers, dits « gilets jaunes », fin 2018 en faveur de qui les contribuables ont été mis à contribution pour quelques milliards d’euros et cela a continué dans des proportions bien plus catastrophiques avec l’apparition de la pandémie de Covid-19 début 2020 contre laquelle la France a, bien entendu, dépensé plus d’argent par habitant que les autres pays. Et cela est en train de se terminer avec la distribution à tout va propre à toutes campagne présidentielle car ce président « nouveau monde » va très probablement essayer de rempiler pour cinq années supplémentaires.

Les normes de bonne gestion budgétaire européennes qui ont été provisoirement assouplies le temps de passer la crise sanitaire, ont vocation à être rétablies sous peu. La France, qui déjà ne les respectait pas avant leur levée, ayant gouté au plaisir de dépenser sans contrainte, est en train de manœuvrer pour faire dégrader ces normes de bonne gestion budgétaire. Notre président « nouveau monde » s’est fait rattraper par les mauvaises habitudes du pays. Il n’aura pas particulièrement démérité mais il aura agi comme les autres, peut-être avec en plus l’énergie de sa belle jeunesse et pas encore tout le cynisme égocentrique de ses prédécesseurs, mais cela n’aura pas duré très longtemps. La meilleure illustration de cette dérive est celle de l’évolution du déficit budgétaire français en points de la production nationale :

la trajectoire d’un président qui croyait être différent !

La revanche de Zemmour

L’un des candidats à l’élection présidentielle française de 2022, Éric Zemmour, était journaliste avant d’être candidat. Il défend désormais dans ses meetings grosso-modo les mêmes positions que celles affichées précédemment dans ses émissions médiatiques et ses livres, celles d’une vision conservatrice de la société, d’une idée de la France blanche et chrétienne, si possible encore grande et conquérante. Ses compétences pour gérer un pays, une entreprise, une famille ou une simple organisation, sont inconnues et probablement proches de zéro. Malgré le racolage politique dont il s’est fait le héraut il y a probablement assez peu de risques qu’il puisse être élu président de la République. En revanche, il rencontre un franc succès au Café du Commerce des plateaux télévisés et dans les séances de promotion de ses livres. Les médias l’adorent car ses jugements à l’emporte-pièce et ses slogans de circonstance provoquent les disputes dont ils sont friands pour améliorer leurs audiences.

Avant qu’il ne se déclare officiellement candidat à l’élection, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA), chargé de faire respecter une certaine égalité dans le traitement médiatique des candidats avait décidé que son temps de parole serait décompté exactement comme s’il était candidat. La chaîne de télévision CNEWS appartenant au groupe Bolloré qui l’employait a déploré cette « atteinte inqualifiable » à la liberté d’expression, a sorti Zemmour-journaliste de l’émission qui l’abritait une heure chaque soir pour réintroduire immédiatement Zemmour-candidat dans quasiment toutes les émissions de la journée via des reportages permanents sur les déplacements, saillies et polémiques dont sont friands les téléspectateurs, les sujets concernant les autres candidats étant généralement traités… la nuit aux heures de faible écoute. On ne peut imaginer meilleure illustration du « je respecte la lettre de la loi et j’en détourne l’esprit » !

Le patron du groupe Bolloré qui détient de nombreux médias, dont CNEWS, entend diffuser ses idées conservatrices et catholiques traditionnalistes dans le pays en influant sur le résultat des élections présidentielles d’avril 2022. C’est sans doute la raison pour laquelle il a investi une partie de ses sous pour acheter des médias. C’est une sorte de soft-power utilisé par le patron capitaliste de façon avisée. Nous sommes dans une économie libérale donc personne ne peut empêcher un patron du CAC40 d’acheter des organes de presse, surtout lorsque ceux-ci sont quasiment au bord de la faillite, mais nous sommes aussi en démocratie « à la française » alors les contribuables financent une administration, le CSA, en charge de limiter les excès vers lesquels tendent naturellement ces propriétaires capitalistes, afin d’essayer d’assurer un relatif pluralisme de la presse dans notre pays. Ce n’est pas facile et lesdits propriétaires entendent récupérer en soft-power, à défaut de rendement financier,l’argent qu’ils mettent dans leurs « danseuses ». Ils s’y entendent généralement bien…

Plus intéressant est le narcissisme qui anime ces capitalistes. Leur puissance économique et financière ne leur suffit plus. Non contents de truster les meilleures places dans les classements des réussites boursières et des plus grosses richesses mondiales, ils veulent aussi influer les orientations politiques du pays. Ils pourraient se présenter à des élections ou fonder des partis, mais ils préfèrent agir plus discrètement via des organes de presse. MM. Arnault, Pinault, Bolloré, Lagardère, Niel, Pigasse, et d’autres, investissent dans la presse et, dans de nombreux cas, sauvent ces médias de la faillite. Notre vieille démocratie essaye de préserver la « liberté de la presse », c’est tout à son honneur, mais elle affronte de redoutables prédateurs, jamais plus efficaces que lorsqu’il s’agit d’exploiter le gogo à qui ils font avaler des torrents de publicités abrutissantes (le hard-power, les sous) et leurs idées politiques (le soft-power). L’alliance Bolloré-Zemmour le montre tous les jours !

La loi du marché à l’épreuve dans le secteur de l’hôtellerie-restauration

L’un des effets collatéraux de la pandémie actuelle de Covid19 est une redistribution des cartes dans le secteur économique de l’hôtellerie-restauration. La fermeture de ces établissements durant les périodes de confinement a mis en chômage partiel l’essentiel de son personnel dont les salaires ont été payés par les contribuables dans le cadre de la stratégie du « quoi qu’il en coûte ».

A la réouverture des établissements, une partie du personnel a refusé de revenir dans ces emplois, souvent physiquement pénibles et peu rémunérés. Le secteur explique qu’il compte 270 000 postes actuellement non dotés. Du fait de cette situation, la capacité hotellière et restauratrice a globalement baissé par fermeture de chambres d’hôtel et diminution des services dans les restaurants. C’est mathématique et le secteur s’adapte.

Nous sommes dans une économie libérale qui ne sait pas obliger des citoyens à travailler dans une activité contre leur volonté. Comme il semble que la demande des consommateurs reste à peu près au même niveau qu’avant le début de la crise, la loi du marché implique que l’offre s’adapte et que le secteur recrute pour satisfaire cette demande et, probablement, améliorer les conditions de travail et de rémunération pour le rendre à nouveau attractif. Des négociations ont été initiées avec le secteur et auraient abouti à une augmentation moyenne des rémunérations de 16%.

Les syndicats ont manifestement eu quelques arguments à faire valoir pour obtenir cette amélioration dont on verra assez vite si elle motive 270 000 salariés à revenir vers le secteur. La question qui n’a pas été vraiment comprise c’est où sont passés les 270 000 employés qui n’avaient pas réintégré les hôtels et restaurants ? A priori ils avaient trouvé un refuge suffisant sécurisé (aides publiques ou autres emplois ?) pour garder leurs moyens de pression sur leurs anciens employeurs sur le thème : « si les salaires n’augmentent pas nous ne revenons pas ».

Ce fut plutôt bien joué et les règles habituelles de Monsieur le Marché ont joué normalement, comme il se doit en économie plus ou moins libérale. Il est vrai que l’intervention publique a permis aux salariés d’être rémunérés par les contribuables et de tenir pendant la période de fermeture. S’ils avaient été licenciés sans salaire durant le confinement leur position de négociation aurait probablement été moins forte mais tel ne fut pas le cas.

On verra assez vite si cette augmentation générale des rémunérations de 16% suffit à faire revenir au bercail les salariés évadés et si elle va également se traduire par une augmentation des prix des chambres et des plats, ce qui va probablement arriver. Le secteur s’ajuste, les coûts de production augmentent et cet accroissement sera absorbé par l’augmentation des prix de vente et/ou la baisse des marges. Il va y avoir un nouveau partage de la valeur ajoutée, lisez « Salaires, prix et profits » de Marx si vous souhaitez comprendre comment fonctionne ces équilibres.

Les effets collatéraux des affaires Tapie

On apprend aujourd’hui la condamnation pénale en cour d’appel de certains des pions de l’affaire de l’arbitrage frauduleux au bénéfice de l’affairiste Bernard Tapie (1943-2021). Le principal concerné est décédé récemment et se trouve donc de fait sorti de la procédure pénale en appel. Il est considéré relaxé conformément à la décision en première instance. Mais sa condamnation civile à rembourser l’Etat (et donc les contribuables) de la somme d’environ 500 millions d’euros reste en vigueur. En principe ledit Etat devrait se récupérer sur la succession de l’impétrant en espérant que celle-ci soit suffisante.

En revanche, l’une des pièces rapportées de cette affaire, Stéphane Richard, vient donc d’être condamné en appel pour complicité de détournement de fonds publics. Le garçon de 60 ans, ancien haut fonctionnaire recyclé dans le privé comme pédégé de l’opérateur téléphonique français Orange, était directeur de cabinet de la ministre des finances à l’époque où cet arbitrage frauduleux a été entériné par l’Etat. Parti pantouflé chez Orange en 2009, il en devient pédégé un an plus tard. Il est donc à ce poste depuis plus de 10 ans et ambitionne d’y rester. Sa condamnation, contre laquelle il affiche l’intention de se pourvoir en Cour de cassation, risque de lui valoir son poste tant il serait délicat qu’une entreprise détenue à plus de 20% par l’Etat maintienne à sa tête un homme condamné.

Cette incertitude managériale n’est pas un drame non plus. Stéphane Richard a, semble-t-il, fait son job chez Orange qu’il dirige depuis plus de 10 ans. Même s’il n’avait pas été impliqué dans cette escroquerie il est temps qu’il passe la main. Cette compagnie arrivera à le remplacer par quelqu’un d’aussi compétent, le CAC40 arrivera à l’oublier et les abonnés d’Orange pourront continuer à téléphoner.

La Biélorussie menace

Mécontent des sanctions européennes qui frappent les dirigeants de son pays, le satrape biélorusse menace l’Europe de couper le robinet du gaz russe, dont une partie transite par son pays pour arriver en Europe, en cas de nouvelles sanctions. Les médias rabâcheurs affichent cette information en tête de gondole afin d’inquiéter Mme. Michu pour son chauffage cet hiver. Si cette menace était mise en œuvre cela couperait aussi illico le robinet des dollars reçus par la Biélorussie pour le transit du gaz et la Russie pour la vente de cette matière première. Il n’est pas sûr que la Biélorussie pourrait tenir très longtemps sans cette ressource dans une telle hypothèse. Le grand frère russe pourrait sans doute l’aider un peu mais serait lui-même soumis à l’amputation de ses revenus.

Il est donc peu probable que la menace ne soit jamais mise à exécution. Moscou a d’ailleurs officiellement annoncé qu’il n’y aurait pas de coupure par la voix du porte-parole de son ministère des Affaires étrangères :

« Il s’agit d’une déclaration du président de la Biélorussie. Je tiens tout de même à rappeler la déclaration du président Poutine selon laquelle la Russie a toujours rempli ses obligations contractuelles. Et que cela plaise ou non à qui que ce soit, la Russie a toujours été, est et restera potentiellement un pays garant de la sécurité énergétique du continent européen. »

RT France

Lire aussi : La Russie aux avant-postes du soutien à la Biélorussie

Nous sommes en économie libérale

https://www.ecologie.gouv.fr/prix-des-produits-petroliers

L’augmentation récente des prix de l’énergie, qui a suivi l’effondrement de ces prix en 2020 du fait de la crise de la Covid-19, rappelle quelques vérités que nombre de commentateurs à courte vue s’évertuent à passer sous le tapis. Evidemment, personne ne se plaignait quand les cours baissaient mais tout le monde râle quand ils augmentent. L’augmentation du pouvoir d’achat générée durant la période de la crise sanitaire où les cours du pétrole et des énergies similaires ont baissé drastiquement s’est traduite en France par une explosion de l’épargne des ménages.

Lire aussi : https://rehve.fr/2020/04/lepargne-des-menages-risque-detre-entamee/

La baisse du pouvoir d’achat déclenchée par la hausse de l’énergie va normalement se traduire par une désépargne équivalente. Pour les ménages qui n’auront pas épargné en 2020 durant la période d’énergie à faible coût, certains vont devoir arbitrer dans leurs dépenses, peut-être se désabonner de Netflix ou renoncer à l’achat du maillot de Lionnel Messi (157,99 EUR à la boutique du PSG) pour pouvoir payer leurs factures de gaz, certains autres ne le pourront pas et le gouvernement réfléchit à leur distribuer des subventions (chèque énergie par exemple) pour compenser cette hausse.

Lire aussi : https://rehve.fr/2021/08/le-maillot-a-15799-eur/

La France est importatrice d’une partie de son énergie, y compris l’uranium qui alimente ses centrales nucléaires, elle est donc dépendante de la loi de l’offre et de la demande sur les marchés, à moins qu’elle ne trouve un pays producteur généreux qui lui fasse cadeau de pétrole et de gaz, ou accepte de lui vendre à des cours inférieurs au marché, hypothèse peu probable dans un avenir prévisible. La Chine est importatrice de sacs Hermès, elle est donc tributaire des prix de vente de ces accessoires décidés par la firme parisienne à moins que cette dernière n’accepte de baisser ses prix, hypothèse improbable à court terme. Quand on importe on est dépendant de ses exportateurs, c’est assez simple à comprendre. Ces lois du marché peuvent être atténuées par différentes mécanismes nationaux mais elles sont incontournables et les augmentations de prix de produits importés sont payées par les pays consommateurs.

La Russie, gros producteur de pétrole et de gaz, rappelle qu’elle signait dans le passé avec les pays importateurs des contrats de fourniture à long terme dans lesquels les prix étaient fixés sur la durée longue desdits contrats, situation avantageuse lorsque le marché monte mais désavantageuse dans le cas contraire. Avec un petit sourire en coin le président russe Poutine vient de rappeler que la Russie sert en priorité les contrats long terme que l’occident a abandonné par idéologie au profit de contrats où les prix, dit « spot », sont alignés sur les variations journalières du marché… La même Russie subventionne d’ailleurs ses prix bas intérieurs pour les consommateurs russes avec les prix haut extérieurs payés par les pays importateurs.

En France, les candidats à l’élection présidentielle d’avril 2022 rivalisent d’idées plus ou moins saugrenues pour savoir « qui va payer » cette hausse des prix de l’énergie : consommateurs ou contribuables ? La réponse la plus probable est que les deux catégories vont être mises à contribution, la hausse des prix sera payée par les consommateurs et certains d’entre eux verront une partie de cette hausse compensée par des subventions à recevoir de l’Etat (payées par les contribuables). Toute la question est de décider comment et où situer la limite entre ceux qui toucheront des subventions et ceux qui n’en bénéficieront pas, en attendant que le marché s’équilibre. Il est délicieux de constater combien même les tenants de la philosophie politique la plus libérale sont tellement tétanisés à l’idée que Mme. Michu se révolte devant la hausse des prix qu’ils ne rêvent que de faire payer les contribuables pour épargner Mme. Michu… qui est elle-même contribuable.

Au-delà de ce problème immédiat qui va bien trouver une solution financière d’une façon ou d’une autre, ce qui s’annonce à moyen terme c’est la fameuse « transition écologique » qui devra se traduire par des changements de comportements des consommateurs et, très probablement, par une hausse moyenne de ce que les citoyens du monde devront payer pour l’énergie qu’ils consommeront demain. Il y aura encore des arbitrages à faire dans le futur, et probablement bien plus drastiques et douloureux que ceux que nous affrontons aujourd’hui.

Une campagne présidentielle qui promet

La campagne pour les élections présidentielles d’avril 2022 est lancée et on peut craindre qu’elle ne soit au niveau des précédentes, c’est-à-dire plutôt affligeante. La multitude des candidats potentiels de l’extrême gauche à l’extrême droite les pousse à multiplier les promesses démagogiques et, pour ceux qui sont aux commandes, à accélérer les dépenses tout aussi démagogiques.

Kiro/Le Canard Enchaîné (19/05/2021)

Le pouvoir, lui, continue à distribuer les sous pour tenter de calmer la colère populaire. Le « nouveau monde » a rejoint l’ancien en abandonnant toute idée de retour à l’équilibre budgétaire et la modération du train de vie de l’Etat. L’argent « magique » a décérébré même les plus rigoureux. Tout cela se paiera un jour !

Valérie Pécresse annonce son intention de réunir une « conférence avec les partenaires sociaux pour augmenter les salaires nets sans que cela ne coute plus cher aux entreprises ».

Lire aussi : https://rehve.fr/2021/08/valerie-pecresse-a-des-idees/

Mougey/Le Canard Enchaîné (15/09/2021)

Anne Hidalgo propose de doubler les salaires des enseignants sur la durée du quinquennat.

Le pouvoir, lui, continue à distribuer les sous pour tenter de calmer la colère populaire. Le « nouveau monde » a rejoint l’ancien en abandonnant toute idée de retour à l’équilibre budgétaire et la modération du train de vie de l’Etat. L’argent « magique » a décérébré même les plus rigoureux. Tout cela se paiera un jour et les impôts ont d’ailleurs déjà commencé à augmenter !

Lire aussi : https://rehve.fr/2020/05/et-hop-une-premiere-augmentation-dimpot-a-lhorizon/

Il y a quelques années une tentative avait été faite d’introduire dans la constitution une « règle d’or » interdisant un budget des finances publiques en déficit. Cette mesure n’avait évidemment pas été adoptée tant la France est dépensière quelle que soit la couleur politique au pouvoir. Rappelons que le dernier budget de l’Etat équilibré (c’est-à-dire que les dépenses sont égales aux recettes, voire inférieures) date de 1974, date à laquelle le président Macron n’était pas encore né.

On pourrait peut-être essayer maintenant de constitutionaliser une « règle d’intelligence » forçant tout dirigeant ou candidat promettant d’augmenter une dépense « x » d’expliquer par quelle baisse de dépense « y » il compensera le coût de son annonce.