« The Big Short » d’Adam McKay (2015)

Un film passionnant pour expliquer la spéculation « à la baisse » menée par quelques aventuriers de la finance lors de la crise des subprimes de 2008 qui avaient eu la clairvoyance d’anticiper l’effondrement du marché de ces titres hypothécaires. Comme ils étaient spéculateurs, eh bien, ils ont spéculé et ont gagné beaucoup d’argent. C’est la base de la finance : un jeu à somme nulle, ce que perdent les uns est gagné par les autres, sauf lorsque tout s’effondre, ce qui aurait été le cas en 2008 si les contribuables privés n’étaient pas venus au secours des spéculateurs.

Les noms des vrais personnages sont repris par le scénario, les techniques utilisées sont détaillées (Credit Default Swap [CDS], Collateralized Debt Obligations [CDO], Mortage Backed Securities [MBS]…), mais il est mieux d’avoir un peu de culture financière pour tout suivre, et le déroulement haletant de cette incroyable explosion des marchés due à la rapacité sans limite d’une bande de forbans de la finance se croyant au-dessus de tout et de tous. Le plus extraordinaire dans cette affaire fut qu’ils furent sauvés par les contribuables car ils étaient « too big too fail », la chute de leurs établissements qui aurait été moralement justifiée aurait entraîné encore plus d’inconvénients économiques que leur sauvetage.

Certains des personnages du film affichent quelques états d’âme lorsqu’ils réalisent la manière dont ils s’enrichissent : spéculer à la baisse des titres hypothécaires (CDO) signifie que, si elle se réalise, des millions de petits propriétaires qui eux-mêmes spéculaient sur la hausse de leurs biens immobiliers vont être expropriés, voire ruinés. C’est ce qui s’est passé dans la vraie vie. La morale de l’histoire fut aussi qu’un monde basé uniquement sur la spéculation fait perdre la tête à ses acteurs qui renoncent à tout sens de la mesure, et même à l’intelligence. L’Etat américain n’a pas été non plus sans tâche dans cette histoire car en autorisant, voire favorisant, l’octroi de financements bancaires au « petit peuple » pour lui permettre ainsi de bénéficier de la hausse du marché immobilier, il donnait à ces citoyens un moyen d’arrondir leurs fins de mois sans y contribuer avec des fonds publics, jusqu’à ce que la hausse de l’immobilier s’inverse, ce qui ne devait pas manquer d’arriver, et arriva !

Il fallut une dizaine d’années pour que la planète financière et le marché immobilier récupère ses pertes. Il y eut quelques réformes des marchés financiers internationaux pour cantonner certains excès du monde financier, mais sans doute pas au point d’assainir un système qui porte en lui les germes de crises régulières. Heureusement les contribuables restent fidèles au rendez-vous pour absorber les débordements jusqu’à, peut-être, la super-crise qui fera tout exploser.

Lire aussi : Margin Call

AGHION Philippe au Collège de France, leçon donnée le 06/10/2020 : « Destruction créatrice et richesse des nations » 1/6

Covid et économie.

Chaire : Destruction créatrice et richesse des nations
Cours : Économie des institutions, de l’innovation et de la croissance

Le livre « Le Pouvoir de la Destruction Créatrice » (Philippe Aghion, Céline Antonin, Simon Bunel – 2020) va servir d’architecture à ce cours.

Il y a d’abord eu des modèles épidémiologiques d’Imperial College prévoyant des centaines de milliers de morts mais qui ne prenaient pas en compte les réactions de la société face à la menace (masques, gestes barrière, etc.) qui permirent de réduire les dégâts. Les épidémiologistes se sont alors mis à parler aux économistes qui savent prendre en compte les interactions, les effets des politiques, etc.

Le covid représente un choc d’offre et demande.

Le nombre de décès/jour augmente significativement à partir de début mars en Europe jusqu’à 4 000/j et suit aux Etats-Unis avec un mois de retard jusqu’à 2 600/j, puis la courbe redescend. Le pic n’a jamais atteint les premières prévisions épidémiologiques du fait des mesures qui ont été prises pour endiguer la contagion. Ce qui crée le choc économique ce ne sont pas les décès directement mais les mesures de confinement prises pour lutter contre les décès et la contamination.

On a mesuré la mobilité à partir de données Google de smartphones (Google mobility index) qui se sont effondrées de 70% en France et Italie, un peu moins en Allemagne et aux Etats-Unis. Si les gens se sont moins déplacés ils ont quand même utilisé le télétravail ou les transactions en ligne. On voit néanmoins dans les données de PIB trimestrielles une baisse aux T1 et T2 2020 de 10 à 20%, deux fois pire que la crise financière de 2008. Cela veut dire : vive le télétravail et vive le téléachat. Le PIB a moins baissé que la mobilité.

Comment minimiser le coût économique à court terme et remettre l’économie sur pieds ?

Le PIB a baissé à cause du choc d’offre : le confinement a obligé la fermeture de restaurants, hôtels, lignes aériennes… donc la production a automatiquement baissé (choc d’offre sur les secteurs directement affectés), le chômage a augmenté, l’incertitude également (on a peur de consommer) qui a un effet de demande qui va aussi baisser en affectant toute l’économie, y compris les secteurs non directement exposés.

Les mesures d’aide en France ont permis de limiter la baisse de consommation qui a été moins importante que la baisse du PIB, ces mesures ont été efficaces. Ce fut un mélange de politique fiscale et de politique monétaire.

Selon le modèle keynésien, à court terme c’est la demande qui détermine l’emploi et la production alors qu’à long terme il y a un ajustement de l’offre et la demande par les prix, c’est l’offre de production qui déterminerait la demande.

L’équilibre sur le marché des biens et services : Y [le PIB] = C(Y) [consommation, fonction croissante du PIB, « plus on produit, plus on épargne »] + I(r) [investissement, fonction décroissante du taux d’intérêt] + G [dépense publique]. Finalement, plus le taux d’intérêt est faible plus la production est élevée et vice versa.

C’est la Banque Centrale qui détermine le taux d’intérêt, et donc le niveau de production, à travers sa politique de vente/achat d’actifs financiers. Le Quantity Easing actuel fait que les banques centrales achètent tout et n’importe quoi, y compris de la dette privée… et font ainsi baisser les taux mais aux risques d’inflation et de bulles financières. La banque centrale détermine le taux ce qui fixe le niveau de production et donc l’emploi. C’est la politique monétaire.

Il y a ensuite la politique budgétaire : j’augmente G par exemple, je fais de la dépense publique. Si Y est constant c’est donc l’épargne qui va baisser, l’offre de capitaux (I) pour les entreprises va baisser et donc le r devrait augmenter mais il est fixé, donc c’est le Y (la production) qui augmente. En augmentant G, cela fait du revenu supplémentaire qui est dépensé donc la demande augmente et le niveau de production Y aussi ! Ce modèle à court terme ne différencie pas dans le G les dépenses de fonctionnement et d’investissement de l’Etat.

On a deux manières d’augmenter (ou baisser) le Y : politique budgétaire ou politique monétaire, ou les deux en même temps.

Les effets du confinement

Dans le secteur directement affecté par la covid on a forcé la décroissance du niveau de production Y en « fermant » l’économie. La production était à son niveau d’équilibre et on l’oblige à en sortir. Comme je réduis l’emploi dans le secteur affecté cela revient à réduire la demande dans le secteur non directement affecté, et donc sa production.

La réponse macroéconomique

Dans le secteur affecté il ne sert à rien d’augmenter G puisqu’il est interdit de produire davantage du fait du confinement. En revanche la politique budgétaire va essayer d’atténuer le choc de demande du secteur non affecté.

La politique monétaire d’achats d’actifs financiers fait encore baisser le taux d’intérêt et permet aussi de compenser en partie la baisse de la production.

L’action conjuguée des gouvernements et des banques centrales a été positive.

De la théorie à la réalité

Politique budgétaire : subventions aux employés et aux entreprises, délais paiement impôts, prêts bancaires garantis par les Etats. Politique monétaire : quantity easing de la FED et la BCE.

Cette combinaison explique que la consommation a beaucoup moins baissé que l’activité (PIB). Mais ce modèle général cache les inégalités et le problème du soutien aveugle qui empêchera les restructurations (certaines activités vont disparaître : destruction créatrice). Comment protéger et permettre la réallocation vers de nouvelles activités ?

Comment repenser notre modèle économique et social à plus long terme ?

Le covid est un révélateur de déficiences plus profondes et préexistantes.

Chaînes de valeur

Contraste France-Allemagne sur le nombre de décès de beaucoup inférieur à l’est du Rhin : pourquoi y avait-il plus de respirateurs, de masques, de tests en Allemagne ? Cela révèle des problèmes industriels qui ont empêché la France de faire rapidement du testing à grande échelle. De ce fait le confinement en France a été beaucoup plus dur et impactant sur la baisse du PIB français.

On a regardé dans les statistiques de la commission européenne les données concernant les produits « anti-covid » : composants pharmaceutiques, instruments (respirateurs…), équipements de protection (masques, gants…). Au début des année 2000 la France et l’Allemagne étaient comparables en matière d’importations et d’exportations de ces biens. Aujourd’hui, la France a légèrement augmenté son niveau d’import/export de ces produits quand l’Allemagne l’a explosé. Cela veut dire que l’Allemagne n’a pas fait de protectionnisme (ses importations ont aussi beaucoup augmenté) mais elle a fait de l’innovation. En 2019 les allemands présentaient un surplus des exports sur les imports de 20 milliards d’euros sur les produits « anti-covid » quand la France était en très léger excédent. Les importations françaises viennent d’ailleurs surtout d’Allemagne, des Pays-Bas et de Belgique, un peu moins de Chine et des Etats-Unis.

Dans le secteur pharmaceutique France-Allemagne, la production domestique de la France stagne et celle de l’Allemagne progresse, alors que les avoirs français à l’étranger grimpent quand ceux de l’Allemagne sont stables. Cela signifie que la France a beaucoup plus délocalisé que l’Allemagne.

A la demande du gouvernement français nous avons élargi cette étude à l’ensemble des industries « critiques » et avons analysé les dépôts de brevets (enregistrés à la fois aux Etats-Unis, en Europe et au Japon, donc des brevet significatifs). Dans le domaine pharmaceutique et médical la France était bonne au milieu des années 1990’ et s’est détériorée par rapport aux meilleurs depuis pour aboutir aujourd’hui loin de la « frontière technologique ». Dans l’énergie nucléaire la France était et reste dans le peloton de tête. Pour les véhicules du futur la France est proche de la frontière technologique mais en dégradation depuis la décennie 2000. Dans l’aérospatiale, très bon classement de la France et stabilité de celui-ci. Electroniques, résultats mitigés. Isolation thermique la France se maintient proche de la frontière technologique. Idem pour les machines agricoles et conception informatique de composants industriels.

Maintenant que la France a de nouveau un commissaire au plan, elle va pouvoir se relancer dans la définition d’une nouvelle politique industrielle active pour endiguer la désindustrialisation dans les filières stratégiques, par création de nouvelles entreprises, nouvelles activités, non pas en fermant des usines en Chine…

On montre aussi, et nous y reviendrons, que plus on automatise et plus baisse les coûts de production et améliore la productivité. L’augmentation conséquente des marchés (effet taille) compense les pertes d’emploi (effet de substitution) dues à cette robotisation. L’utilisation renforcée de l’intelligence artificielle et des technologies de l’information est un moyen beaucoup plus efficace pour la croissance que de jouer sur les droits de douanes supposés protéger un marché. Plus on automatise et mieux on maîtrise les chaînes de valeur, et en même temps on crée de l’emploi.

Le modèle social

Le début de la réflexion sur quel type de capitalisme :

  • Le modèle américain présente peu de chômage mais un risque de pauvreté accru lors des crises et une couverture santé limitée (US cut throat capitalism)
  • Le modèle allemand : chômage et risque de pauvreté faible, couverture santé pleine
  • Le modèle européen : chômage élevé, risque de pauvreté faible, couverture santé pleine

La crise du covid illustre parfaitement ces modèles. On a regardé les conséquences sur le chômage, le taux de pauvreté et la couverture santé en appliquant aux prévisions de chômage du FMI les taux de pauvreté de de couverture santé constaté dans le passé. On constate en 2020 une explosion du chômage et des pertes de couverture santé quand en Allemagne le chômage augmente légèrement et tout le monde conserve sa couverture santé. Les comparaisons sont à peu près similaires entre les Etats-Unis et les autres pays européens. On a des résultats similaires quand on mesure le risque de pauvreté avec l’évolution du chômage, Etats-Unis versus pays européens.

La covid montre l’importance d’avoir des filets de sécurité en cas de crise et permet de se positionner sur savoir si nous voulons un modèle américain ou pas. Les opposants à l’Obamacare vont peut-être revoir leur position une fois que sera fait le bilan social du covid aux Etats-Unis !

Innovation

Quand on regarde les statistiques de dépôt de brevet par habitant on constate que les Etats-Unis sont les meilleurs mais qu’un pays comme la Suède est juste derrière, or la Suède a un modèle social mais a mené des réformes structurelles importantes dans les années 1990’ expliquant cette bonne performance. Les Etats-Unis ont un écosystème de l’innovation très performant que nous sommes très très loin d’atteindre en Europe, ce qui explique leur 1er rang en matière de brevets. Ils sont défaillants en matière de modèle social mais ils sont très bons pour la culture de l’innovation. Le défi est de garder la protection et d’améliorer l’innovation comme l’ont fait les pays scandinaves dans les années 1990’.

Société civile et confiance

Il faut le marché (sans marché, pas d’innovation, l’URSS n’a pas su transformer sa recherche fondamentale en innovation sauf dans les domaines militaire et spatial où elle était en concurrence avec les Etats-Unis), il faut l’Etat pour assurer les risques macroéconomiques (exemple du covid actuel), investir et protéger les citoyens comme les firmes, redistribuer. Il faut aussi la société civile (réciprocité, normes sociales, altruisme…) qui s’assure que la séparation des pouvoirs soit effective, que l’exécutif ne truste pas tout le pouvoir ni réalise de collusion entre l’Etat et le marché. Dans le cas du covid il a fallu un Etat pour confiner, pour l’imposer au besoin par coercition. Mais dans certains pays la société civile a complété l’action de l’Etat expliquant les meilleurs résultats de certains pays (Allemagne, Suède par exemple).

Des analyses statistiques montrent également la corrélation entre le niveau de défiance de la société civile à l’encontre de l’Etat, les compagnies… et le niveau des réglementations existantes. En France par exemple, on constate une grande défiance mais toujours plus de normes : on déteste l’Etat mais on demande toujours plus de règles. La covid nous fait constater qu’en France on s’est trop reposé sur l’Etat sans suffisamment prendre en compte la société civile. C’est un défi pour la France de modifier cette répartition des pouvoirs et des responsabilités.

Conclusions

La covid est un révélateur :

  • Sur les chaînes de valeur, les pays qui exportaient très peu de produits anti-covid ont d’avantage souffert sur les plans sanitaire et économique. Faut-il simplement stocker des masques, par exemple, où intégrer ces produits dans une politique industrielle ? Faut-il des réformes horizontales ou verticales pour pousser l’innovation ? Du protectionnisme ou de l’investissement ? etc.
  • Le modèle social, peut-on rendre le capitalisme plus « douillet » sans qu’il ne soit moins innovant ?
  • Comment la France peut-elle donner un rôle plus important à la société civile (dialogue social, décentralisation, système électif proportionnel…) ?

AGHION Philippe au Collège de France, leçon inaugurale donnée le 01/10/2015 : « Les énigmes de la croissance »

Les énigmes de la croissance de la chaire Économie des institutions, de l’innovation et de la croissance

Une théorie schumpétérienne

Philippe Aghion développe une théorie schumpétérienne de la croissance économique basée sur la modélisation et l’empirisme. Les théories de la croissance existantes se sont révélées insatisfaisantes aux niveaux théorique comme empirique. La théorie néoclassique dominante était basée sur l’accumulation du capital : la production se fait avec du capital et c’est la croissance la croissance du stock de capital qui fait croître le PIB. C’est l’épargne venant de la production qui fait que le capital s’accumule, le reste de l’épargne non accumulée en capital partant en consommation. Ce modèle est censé produire une croissance durable même sans innovation (cas URSS par exemple).

Mais au bout d’un moment les rendements de l’accumulation de capital décroissent, la production permet d’accumuler de moins en moins. C’est le progrès technique qui va permettre de relancer la machine. Cependant cela ne permet pas d’expliquer pourquoi certains pays croissent plus vite que d’autres, ni pourquoi certains ne croissent plus.

En 1987 Aghion élabore un modèle de croissance avec Peter Howitt, également « schumpétérien » basé sur les principes suivants :

  • La croissance de long terme résulte de l’innovation
  • L’innovation résulte d’investissement (R&D, incitations économiques, …)        
  • Destruction créatrice : le nouveau remplace l’ancien

Ce modèle a été confronté à l’évidence empirique. La concurrence nuirait à l’innovation disent les innovateurs pour garder leurs rentes alors que l’on constate le contraire dans les chiffres. On a dialogué avec les empiristes et on s’est aperçu que les firmes innovantes ne partaient pas toutes de 0, mais qu’elles étaient souvent déjà innovantes. Donc je fais déjà des profits, la concurrence arrive, ampute mes profits et me pousse donc à innover pour faire d’autres profits qui vont plus que compenser ceux que je perds par ailleurs. J’innove pour échapper à la concurrence (escape competition) car je suis une firme « à la frontière technologique », celles qui en sont loin cessent d’innover quand la concurrence réduit leurs profits. On a concilié les empiristes avec la théorie !

Les énigmes de la croissance

Le « paradoxe argentin » 

  • De 1870 à 1930, l’Argentine présente un PIB/habitant stable à 40% du PIB/h états-uniens, ce qui signifie qu’elle croît au même rythme que les Etats-Unis.
  • A partir fin années 30, il y a une rupture de tendance et un décrochage par rapport au PIB/h américain. C’est à cette époque que l’Argentine a mis en place une politique de substitution aux importations qui a entraîné une baisse concurrence des pays étrangers. L’Argentine n’a pas su passer d’une économie du rattrapage à une économie de l’innovation comme celle des Etats-Unis. C’est grosso-modo le même diagnostique pour le Japon et France.            

Innovation, inégalités, et mobilité sociale

On constate une augmentation rapide des inégalités sociales depuis les années 80. Les inégalités mesurées par la part du Top 1% de la population d’un pays dans le revenu national augmentent parallèlement au nombre de brevets par habitants. L’innovation fait augmenter les marges et donc les revenus du Top 1% qui ne croit pas uniquement du fait de la spéculation et de la rente foncière, mais aussi par l’innovation. Celle-ci qui génère de la croissance mais les rentes de l’innovation sont temporaires du fait concurrence.

La destruction créatrice : le nouveau remplace l’ancien, favorise la mobilité sociale comme on le voit en examinant les indicateurs de cette mobilité entre la Californie, Etat innovant, et l’Alabama, qui ne l’est pas. La croissance par l’innovation fait fonctionner l’ascenseur social.

L’indicateur « gini » mesure l’inégalité pour la population au sens large, et non plus simplement le Top 1% versus 99%. Il est démontré que le « gini » reste stable avec l’innovation. Donc, certes on augmente le Top 1% mais l’inégalité générale est stable. C’est l’exemple de la Suède qui a mené des réformes structurelles, dont fiscales, majeures dans les années 1980-90 lui permettant d’assurer sa croissance.

Nous ne nous opposons pas à l’innovation au seul prétexte qu’elle augmente le Top 1% car elle génère de la croissance, de mobilité sociale tout en assurant la stabilité du « gini ». Il faut donc une fiscalité qui différencie les inégalités dues à l’innovation des autres : Steve Jobs (grande fortune générée par sa capacité d’innovateur) vs. Carlos Slim (grande fortune générée par sa rente monopolistique des télécom au Mexique).

Le débat sur la « stagnation séculaire »

Après les crises américaines de 1929 puis de 2008 nombres d’économistes ont prédit une « stagnation séculaire » post-crise. Les économistes schumpétériens pensent le contraire car l’innovation dans les technologies de l’information a amélioré la façon de produire des idées (interactions plus élevées dans la recherche) et la mondialisation a augmenté les effets potentiels de l’innovation (on gagnera plus d’argent avec le marché Monde).

Mais alors pourquoi la croissance de l’innovation ne s’accompagne plus d’une croissance de la productivité ? En fait c’est plutôt un problème de mesure des effets de l’innovation. Dans les Etats où il y a beaucoup de création destructrice comme les Etats-Unis, on aurait un impact négatif du nombre de brevets sur la productivité ! C’est en réalité un problème de mesure sur lequel nous menons actuellement des recherches. On ne sait pas mesurer les effets de l’innovation. Nous sommes confiants sur la possibilité de contrer le concept de « stagnation séculaire ».

L’Europe croît moins vite que les Etats-Unis car n’a pas fait les réformes structurelles nécessaires. La Suède les a faites dans les années 90’ et sa productivité s’est nettement améliorée, le Japon c’est l’inverse.

Penser les politiques de croissance

Philippe Aghion s’intéresse en tant que chercheur à ces politiques économiques quand certains de ses prédécesseurs s’en éloignent.

  • Les politiques peuvent être utilisées par le chercheur comme instrument pour identifier un effet causal qu’il cherche à mettre en évidence.
  • Influence du chercheur sur la politique éco. On peut casser les fausses idées ou structurer la pensée économique. Une politique industrielle colbertiste des « champions nationaux » biaise la concurrence et entrave la destruction créatrice et l’entrée de nouvelles firmes innovantes. Il vaut mieux soutenir horizontalement l’éducation, les PME innovantes… que de subventionner des secteurs industriels. En fait il faut être au centre, entre les deux pour la politique industrielle : on peut aider un secteur industriel mais d’une façon à favoriser la concurrence et non maintenir les rentes en place.
  • Débat en cas de crise entre relance keynésienne et réduction impôts/puissance publique. Synthèse : il faut des réformes structurelles plus politique économique proactive qui aura plus d’effets dans un environnement modernisé.

Next

La fantastique amélioration de l’accès aux données (ex. les nouvelles informations concernant la fiscalité individuelle) permet une recherche encore plus ciblée mais il ne faut pas laisser tomber la macroéconomie pour compléter les études empiriques comme celles d’Esther Duflot. Il faut maintenir le lien entre la macro et la micro.

Conclusion : ne craignions pas la nouveauté, l’innovation, etc. Cet enseignement au Collège de France et nos recherches en cours vont y contribuer.

Ça se tend chez Veolia

L’offre publique d’achat de Veolia sur Suez devient un peu poussive, les municipalités françaises bénéficiant des services de ces deux géants de la gestion de l’eau et de l’environnement commencent à s’inquiéter un peu du manque de concurrence qui pourrait résulter de leur fusion. La cession prévue dans l’opération des activités françaises de Suez à un fonds d’investissement, justement pour éviter que le nouvel ensemble ne se trouve en situation de monopole ne semble pas tellement calmer les collectivités locales clientes…

Eh oui Monsieur Veolia, il va falloir augmenter un peu le prix de l’offre pour calmer les consciences. Les pleines pages de publicité que vous publiez dans les journaux pour rassurer les salariés de Suez ne vont pas suffire :

Madame, Monsieur, vous qui êtes salariés de Suez,
Je souhaite toujours agir en transparence et c’est la raison pour laquelle, avant même la réalisation des différentes étapes nécessaires, je souhaite m’adresser à vous directement car vous êtes naturellement concernés par le projet historique de rapprochement entre Suez et Veolia que nous souhaitons bâtir.
…bla-bla-bla…bla-bla-bla…
Madame, Monsieur, ces engagements sont sans précédent et sans équivalent dans des opérations comme celle que je propose. Parce que sans vous, ce projet n’aurait aucun sens.
En définitive, vous n’avez rien à perdre dans ce projet, et, ensemble nous avons tout à y gagner.

Antoine FrérotPédégé de Veolia

Il s’agit de la logorrhée de circonstance lorsqu’un groupe veut prendre le contrôle d’un autre. Les pédégés n’arrivent pas à s’empêcher de pondre de telles tribunes qui ne trompent personne et n’engagent que ceux qui y croient. La vérité est que Suez a peut-être « tout à y gagner » mais va perdre son indépendance, son pouvoir et voir son top-management très probablement de faire débarquer avec moulte dédommagements et retraites chapeaux. Le petit peuple suivra le mouvement et ne sera probablement pas trop maltraité si les affaires sont bonnes, nous sommes en France après-tout et la protection des salariés n’est pas un vain mot. Les salariés des filiales à l’étranger risquent de n’être pas aussi préservés

Veolia a déjà annoncé revoir son offre à la hausse avant l’échéance du 30 septembre. Quant aux résultats de cette potentielle fusion, personne n’est vraiment en mesure de véritablement les anticiper. Avec quelques milliards de plus l’affaire devrait donc se conclure…

Lire aussi : Le capitalisme hexagonal s’agite

Bla-bla marketing

Le chroniqueur consommateur se fait fourguer par Le Printemps un drap housse en « Percale lavée », qualifié de « Décontracté chic » et relevé comme « Froissé naturel ». La vendeuse insiste sur l’exceptionnel confort apporté par cette matière. La créativité du marketing est sans bornes…
Au moins le produit est-il fabriqué en Europe (au Portugal) et non au Bangladesh, ce qui se sent dans le prix de 55 EUR car il doit s’agir sans doute d’un textile dit à « haute valeur ajoutée ». Avec, peut-être, du coton produit en Europe, l’Espagne et la Grèce étant pays producteurs ?
Après quelques nuits dans cette literie de jouvence le chroniqueur n’a évidemment ressenti aucune amélioration de confort de ce « froissé naturel » à 55 euros.
Ainsi vont le business et les gogos !

Mauvaises affaires au CAC 40

La firme LVMH (Louis Vuitton Moët Hennessy), mastodonte du CAC 40 spécialisée dans les produits de luxe et l’éphémère, avait annoncé en novembre 2019 le lancement d’une OPA (offre publique d’achat) contre le bijoutier américain Tiffany pour 16 milliards de dollars. C’était avant la crise sanitaire mondiale et la dévastation économique et financière qui s’en suivit a sérieusement réduit la valeur du bijoutier. LVMH cherche donc à se sortir de son offre de 16 milliards… C’est humain, mais en face les actionnaires de Tiffany ne souhaitent pas voir leur échapper le montant promis. C’est une affaire de gros sous qui va se régler devant la justice du Delaware. Cet Etat américain étant un paradis fiscal il n’est pas très sûr qu’il arbitre contre les intérêts d’une entreprise étatsunienne…

LVMH argue de la mauvaise gestion de Tiffany durant la crise pour revoir son offre. C’est le bal des faux-jetons : pourquoi payer 16 milliards quelque chose qui n’en vaut plus que la moitié ? Bien évidement la position de l’acheteur est opposée à celle du vendeur. Chacun utilise arguties et postures pour défendre ses intérêts. Les cabinets d’avocats vont adorer ce conflit. Que la justice passe !

Le capitalisme hexagonal s’agite

Veolia, grosse multinationale de la « gestion optimisée des ressources » comme l’indique son site web, ce qui signifie de façon plus concrète la gestion de l’eau, des déchets et de l’énergie, ex-Compagnie générale des Eaux, impliquée dans les années 70-80 dans de multiples scandales de financements politiques, lance une offre de rachat à 15,50 euros l’action, en plusieurs étapes, de son concurrent Suez, ex-compagnie coloniale crée à l’origine au XIXème siècle pour exploiter le juteux Canal de Suez, reclassée depuis dans la production de « … solutions innovantes pour accompagner [les] clients dans le passage d’un modèle linéaire qui surconsomme les ressources à une économie circulaire qui les recycle et les valorise. (SIC)», tout un programme…

Aussitôt se déchaînent les « banques conseils » prestant leurs conseils à prix d’or pendant que les gros cigares du CAC 40 salivent à l’avance devant ce combat de coqs sur un tas de fumier sentant bon les synergies, les honoraires et les règlements de comptes. C’est bien sûr le bal des faux-c… qui rivalisent en faux-jettoneries et en slogans de circonstance. Qu’on en juge :

 « L’urgence écologique est plus forte que jamais, face à l’état des ressources naturelles et au dérèglement climatique. La pression grandissante de l’opinion publique, le Green Deal européen et les plans de relance qui s’annoncent dans de nombreux pays font de l’ambition écologique une nécessité. Ce projet nous permettra de compléter les solutions que nous fournissons aux acteurs publics et privés afin de leur donner les moyens de réduire durablement leur impact environnemental. Cette opportunité historique permettra de construire le grand champion mondial français de la transformation écologique, tout en accélérant le développement international et en renforçant la capacité d’innovation du nouvel ensemble. Ce projet s’inscrit dans une approche amicale, tant nous partageons avec Suez les mêmes métiers, la même culture et les mêmes valeurs. »

Pédégé de Veolia

Ou :

« Le Conseil d’Administration de SUEZ considère l’approche hostile de Veolia incompatible avec l’intérêt de la société et de ses parties prenantes. Il confirme le caractère fortement créateur de valeur du plan stratégique de SUEZ en tant que société indépendante. »

Conseil d’administration de Suez

Un gros zizi veut s’emparer d’un plus petit, c’est le darwinisme capitaliste vieux comme le monde. Le petit risque de perdre et d’être dévoré, ce sont les risques du métier. Dans sa grande clairvoyance, Monsieur le Marché va arbitrer et choisir. Sans doute les 15,50 euros par action vont être augmentés, certainement quelques postes d’administrateurs Veolia vont être redistribués, des retraites chapeaux seront augmentées. Ah oui, on pourrait appeler le nouvel ensemble « Veolia-Suez » durant quelques années pour préserver les susceptibilités de certains et dans quelques années le « Suez » passera à la trappe des oubliés du CAC 40.

Malgré les affirmations péremptoires de l’attaquant, il y aura bien entendu des pertes d’emploi du nouvel ensemble. L’Etat sera « attentif » aux aspects sociaux de l’absorption du petit par le gros, exigera quelques engagements qui seront vite oubliés et la transaction devrait se faire, mais pour plus cher. Quand on voit le passé des deux belligérants on ne peut que sourire devant leur façon de se présenter comme « lavant plus blanc que blanc » pour le bien des consommateurs et de la planète…

Au niveau économique personne ne peut véritablement anticiper ce qu’il résulterait de cette opération si elle se faisait. Il y aurait moins de concurrence dans le secteur, mais plus de puissance dans les mains du survivant. Affaire à suivre !

L’arroseur arrosé

Parmi les débats houleux s’étant déroulés dans le cadre de l’Union européenne (UE) pour la mise au point d’un plan de relance économique européen de 750 milliards d’euros récemment annoncé, celui de la conditionnalité de l’attribution des sous de ce plan fut particulièrement intéressant. Les pays bien gérés (dits « frugaux ») se sont opposés aux pays mal gérés (dits « Club Méditerranée »), les premiers voulant soumettre à conditions le bénéfice des aides consenties aux seconds… Ceux-ci ont évidemment rué dans les brancards à l’idée que l’on puisse mettre son nez dans leurs affaires et décider comment les aides à eux octroyées seront utilisées.

L’ironie de l’histoire est que ce sont exactement ce que font la France ou l’Italie, par exemple, lorsqu’elles attribuent des aides à des pays pauvres : les riches imposent leur conditionnalité, ceux qui payent veulent décider de ce qui sera fait de leurs sous. On est toujours le va-nu-pieds de quelqu’un. La France et l’Italie sont les va-nu-pieds des pays européens bien gérés. La preuve en est qu’une partie de cette aide européenne, empruntée sur les marchés financiers, va être donnée sous forme de subvention par l’UE à ses va-nu-pieds, c’est-à-dire remboursée par les frugaux aux marchés financiers.

C’est bien le principe de la solidarité mais ce n’est jamais très agréable de se découvrir le pauvre de son voisin et de constater que celui-ci veut bien nous aider, mais à ses conditions… Nous en sommes là. Finalement un accord a été trouvé sur une conditionnalité douce, ménageant la chèvre (des « frugaux ») avec le chou (des va-nu-pieds).

Les finances publiques françaises en péril

Avec une unanimité inhabituelle, toutes les corporations touchées par la crise sanitaire, et donc, économique, se tournent vers l’Etat, et donc ses contribuables, pour appeler à l’aide. Les tribunes se multiplient dans la presse où sont publiées des lettres ouvertes au président de la République où chacune explique pourquoi il faut la sauver de la faillite.

Et l’Etat distribue des sous sans compter, « quoi qu’il en coûte » comme disait son chef il y a peu. Les prévisions de récession pour l’année 2020 varient entre -8 et -11% du produit intérieur brut (PIB) contre +1,5% en 2019. C’est colossal et des dispositifs d’urgence ont été mis en place pour soutenir l’économie (entreprises et individus) avec de l’argent public sous forme de dons ou de prêts. Pour le moment seuls les dons ont un impact sur les dépenses budgétaires, les prêts en auront plus tard s’ils ne sont pas remboursés, ce qui est hélas très probable pour nombre d’entre eux.

Certains secteurs ne vont pas se remettre de cette crise et devront être lourdement restructurés compte tenu des changements à attendre dans les habitudes de consommation. Les soutenir aujourd’hui c’est probablement reculer pour mieux… tomber plus tard. Espérons que le concept de « destruction créatrice » cher à Schumpeter va se révéler correct même en ces circonstances inattendues.

La distribution d’argent public permet en tout cas de maintenir à flot une économie sérieusement choquée par le petit virus. Les soutiens financiers du contribuable ne pourront pas durer éternellement à ce niveau. Pour le moment la République pare au plus pressé mais le réveil risque de s’avérer douloureux, et ce dès la rentrée.

Le gouvernement a présenté une troisième loi de finances rectificative pour l’année 2020 : les dépenses augmentent, les recettes baissent et les déficits explosent. De -93 milliards dans la loi de finances initiale, ces derniers passent à -222. Comme souvent, la France a démarré cette nouvelle crise en plus mauvaise situation financière que les pays avoisinants comparables, va dépenser plus d’argent public durant cette crise, et va donc se retrouver encore en queue de peloton en sortie de crise. Cela semble être son destin.

Pour le moment l’Etat arrive à emprunter pour financer cette déroute…

Les vessies, les lanternes et les mensonges politiques

Alors que les plans de relance amoncellent les centaines de milliards d’euros sur des citoyens éberlués et incrédules qui ne comprennent pas bien pourquoi des dépenses qui étaient impossibles hier le deviennent aujourd’hui du simple effet d’un petit virus baladeur, les dirigeants politiques continuent à mentir sur la question du « qui paiera in fine ? »

On a vu il y a quelques jours ces dirigeants affirmer avec force que les impôts n’augmenteront pas et, au même moment, prolonger la période de prélèvement de la CRDS qui devait s’arrêter en 2024. En matière de « pouvoir d’achat », une non-réduction équivaut à une hausse.

Lire aussi : « Et hop ! Une première augmentation d’impôt à l’horizon »

Voici maintenant qu’après l’annonce de la mise en place prochaine de financements de l’Union européenne dont une quarantaine de milliards pour la France, son président de la République explique doctement à la télévision que ces sous ne seront financés « … ni par notre endettement ni par nos impôts… [et que] Ce n’est pas le contribuable français qui paiera ». Et Mme. Michu de se demander : « mais alors qui paiera ? »

Eh bien elle connait la réponse, même inconsciemment et en dépit des bravades d’un président, c’est bien nous qui paierons. Et comment pourrait-il d’ailleurs en être autrement ? L’entourloupe présidentielle repose sur le fait que c’est l’Union européenne qui va s’endetter pour redistribuer l’argent à ses Etats membres et que certains d’entre eux pourraient recevoir une part sous forme de dons non-remboursables. Mais l’Union européenne devra bien rembourser, elle, sa dette sur son propre budget et celui-ci est bien doté à partir des contributions des Etats, elles-mêmes constituées sur les impôts payés par les ménages et les entreprises. Si le budget européen doit augmenter pour amortir cette dette commune il faudra bien augmenter les prélèvements sur les Etats (et donc leurs contribuables) ou inventer de nouvelles taxes européennes. Mais dans tous les cas ce sont bien les contribuables et les consommateurs qui financeront le remboursement de ces dettes. Dire le contraire est faire prendre des vessies pour des lanternes. C’est une vraie tartuferie qui relève de l’escroquerie intellectuelle ce qui, venant d’un président élu, est mal !

La République et les vaccins

On se souvient que le mois dernier une déclaration du chef d’un laboratoire producteur de vaccins (Sanofi) avait déclenché l’émotion des commentateurs car il avait expliqué que les Etats-Unis d’Amérique finançant une partie de la recherche en cours pour mettre au point un vaccin contre le coronavirus, se verrait réserver une partie de la production de ce vaccin si celui-ci était trouvé. S’en suivirent une série de réactions outragée y compris de la présidence de la République affirmant que « le vaccin [doit être] un bien public et mondial, c’est-à-dire extrait des lois du marché ».

Un mois plus tard la France annonce fièrement s’être alliée avec l’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas pour cofinancer la recherche du laboratoire AstraZeneca qui s’engage en contrepartie à fournir ces quatre pays avec 400 millions de doses de vaccins une fois le produit mis au point. Bref, ce qui est contestable pour les Etats-Unis ne l’est pas bien entendu pour la France… Une telle attitude relève d’un nombrilisme politique dont la France est hélas coutumière.

La vérité est que contrairement au slogan asséné par la République le vaccin est un produit dont la recherche est financée par des entreprises privées, éventuellement aidées par des fonds publics, produit dans des usines privées et commercialisés sur des marchés souvent publics, dans le cadre de programmes nationaux de lutte contre les maladies infectieuses. Il y a donc des investissements à mener (recherche, usines, circuits de distribution) et des recettes à encaisser pour amortir ceux-ci. Sauf quelques exceptions, les Etats ont laissé ce processus dans les mains du secteur privé depuis bien longtemps. Alors, comme pour la fourniture de masques de protection, chaque Etat cherche à privilégier sa propre population. C’est compréhensible !

Sauf à imaginer un système de recherche et de production de vaccins sous l’égide des Nations Unies (un doux rêve), la première entreprise qui va mettre au point le premier vaccin contre le coronavirus va ensuite produire une première dose qu’elle va livrer à un premier client qui sera considéré comme privilégié. On ne pourra pas d’un coup mettre sur le marché plusieurs milliards de doses. Il y a des pays-clients qui seront servis en premier et d’autres… en dernier, « lois du marché » ou pas ! De même, le premier pays qui va recevoir la première dose va bien devoir l’utiliser pour un premier patient qu’il faudra bien désigner. Bref, cette notion de « bien public mondial » s’avère particulièrement fumeuse et vide de sens.

Bienvenue dans l’industrie !

Les nouveaux mots à la mode sont « relocalisation » et « réindustrialisation », employés à tort et à travers sur les plateaux télévisés peuplés d’experts mondains et au Café du Commerce. Deux micro-évènements devraient pousser tous ces « sachants » de pacotille à un peu de réflexion préliminaire pour enrichir leurs interventions.

Depuis le début de la pandémie, nombre d’usines textiles ont été recyclées pour fabriquer des masques protecteurs. Il fallut quelques semaines pour monter en puissance à une période où l’Etat et les entreprises privées cherchaient à de procurer des masques partout à travers le monde pour compléter la production nationale insuffisante par rapport à la demande. Progressivement ces usines françaises ont augmenté les quantités produites et, dans le même temps, la demande diminuait. Le résultat est évidemment dans des stocks de masques invendus. Alors les producteurs privés se tournent vers la puissance publique (donc les contribuables) en exigeant que leurs stocks soient acquis par l’Etat !

L’industrie (même celle de la fabrication de masques qui ne fait pas appel à des processus de haute technologie) est quelque chose de plus lourd à mettre en œuvre que les services. Il faut des usines, des machines, des plannings, des stocks (de matière première, de produits intermédiaires et finis). Il faut respecter des normes environnementales contraignantes (donc coûteuses) en Europe. Le taux de production d’une usine doit se rapprocher le plus possible de 100% de sa capacité sous peine d’être écrasée par des frais fixes qu’elle ne pourra amortir sur une production trop faible. L’ajustement de la capacité de production à la demande doit être permanente mais nécessite une anticipation raisonnable et des investissements/désinvestissements qui prennent souvent des mois. On ne double pas la capacité d’une usine en deux jours, l’industrie présente une certaine rigidité par construction. Les producteurs de masques sont en train de s’en rendre compte…

Deuxième « poil à gratter », le syndicat des industries pharmaceutiques rappelle que si l’on veut « relocaliser » la production de principes actifs en France ou en Europe, outre les probables augmentations de coûts de production de ces produits, il faudra également que les citoyens acceptent de voir construire des usines chimiques, souvent classées « Seveso » dans leur environnement, car il s’agit bien de chimie. A l’heure où l’incendie de l’usine de Lubrizol à Rouen en 2019 continue à déclencher polémiques, enquêtes et actions en justice, il est bon de se rappeler que l’industrie présente des avantages mais aussi des risques. On imagine sans trop de difficultés la réaction des municipalités (et de leurs administrés) lorsqu’une demande de permis de construire une usine chimique sur leur territoire sera déposée…

Bref, tout est possible pour autant que tous les éléments de cette éventuelle réindustrialision / relocalisation soient pris en compte. La « démocratie » impose sans doute que ces sujets soient aussi traités sur les plateaux télévisés et les réseaux dits « sociaux », mais ce serait l’honneur des animateurs et participants à ces débats d’éclairer Mme. Michu sur l’ensemble de la question au lieu de lâcher des slogans dans la nature, propres à déclencher de l’audience stopper toute réflexion et analyse.

Et hop ! Une première augmentation d’impôt à l’horizon

Niant l’évidence, le pouvoir actuel continue à clamer qu’il n’y aura pas d’augmentation des impôts pour ne pas casser la reprise de la croissance comme cela avait été malencontreusement fait après la crise financière de 2008. Et tout le monde de se demander mais qui va payer pour tous ces milliards qui s’abattent sur les citoyens français ? Chacun pressent la réponse mais pas grand monde n’ose la formuler : c’est nous tous qui allons payer collectivement ces dépenses publiques pharaonesques et comme nos vies n’y suffiront pas, nos enfants continueront la tâche et probablement encore les générations qui suivront, et ceci dans l’hypothèse optimiste qu’aucune nouvelle crise du même ordre ne viendrait encore alourdir la barque au risque de la faire couler.

Nous allons tous payer par un mix d’impôts, de cotisations et de dépréciations d’actifs monétaires, financiers et/ou immobiliers. Le premier coup de semonce vient d’être tiré avec la très probable reconduction de la CRDS (Contribution au remboursement de la dette sociale) pour au moins une dizaine d’années. Cette taxe avait été créée en 1996 par le gouvernement de M. Juppé pour financer la CADES (Caisse d’amortissement de la dette sociale), un machin public dans lequel avait été transféré la dette de la sécurité sociale de l’époque (environ 35 milliards d’euros) puisqu’il était clairement avéré que les cotisations sociales ne pourraient jamais suffire au remboursement de celle-ci. On chargeât donc les contribuables de la payer à la place des cotisants. Depuis cette époque quasiment chaque gouvernement, renonçant à équilibrer les recettes et les dépenses sociales, a refourgué à cette CADES des dizaines de milliards de dettes sociales. C’est devenu un jeu de bonneteau : les cotisations encaissées étant insuffisantes pour financer les dépenses engagées, on transfère les déficits sur le contribuable qui les rembourse en payant la CRDS qui était annoncée à sa création comme « provisoire ».

Promis-juré, dès que la dette est remboursée on supprime la CRDS et tout est fini. Mais bien sûr, la France impécunieuse et mal gérée a continué à faire grossir cette dette sociale composée des déficits accumulés et la CRDS n’a jamais été abolie. Il a même fallu à plusieurs reprises proroger la durée de vie légale de la CADES… C’en est devenu une galéjade qui fait se tordre de rire tous les fiscalistes de la planète.

Devinez-quoi ? Compte tenu de nouveaux gigantesques déficits sociaux dus à la crise sanitaire, le gouvernement français étudie actuellement un projet de loi pour proroger une nouvelle fois cette CRDS au-delà de 2024 qui était la dernière date d’extinction annoncée (après déjà deux ou trois reports). Il serait même question d’en augmenter le taux qui est resté fixe à 0,5% des revenus depuis sa création. Et voici donc la première augmentation (ou prorogation, ce qui revient au même) d’impôt coronavirus. La vérité est sans doute encore pire : cette taxe va être permanente et il faudra bien un jour ou l’autre entériner cette situation dans le droit fiscal.

Devant cette absence de contrôle de ses dépenses et de sa dette, on comprend mieux pourquoi la France inspire tant de méfiance aux autres pays européens du nord plus rigoureux qui ne souhaitent pas « mutualiser la dette », c’est-à-dire payer pour un partenaire aux poches percées.

L’histoire du canapé délocalisé

C’est l’histoire d’un canapé orange acheté au Galeries Lafayette il y a quinze ans, un modèle à deux places, modeste et convertible en lit, recouvert d’un tissu orange, payé sans doute moins de 1 000 euros à l’époque et sans doute fabriqué dans des pays exotiques à bas salaires, bref, un produit sans intérêt (ni valeur ajoutée) de la mondialisation. Le temps est passé et le tissu mérite d’être changé, la structure du canapé pouvant a priori survivre encore de nombreuses années. Le devis reçu pour recouvrir ce meuble est de 2 100 euros soit plus de deux fois le prix d’un canapé neuf de même standing.

Pour ceux qui n’auraient pas encore bien compris ce que veut dire concrètement délocalisation-relocalisation ce petit exemple du canapé orange l’illustre à merveille et mériterait d’être cité dans les débats oiseux et verbeux sur le sujet de « la chaîne de valeurs » qui hantent les plateaux télévisés en ces temps de pandémie planétaire où Mme. Michu semble découvrir que même son comprimé de paracétamol est fabriqué en Asie…

Eh oui, l’heure de couture coûte plus cher dans le XIIIème arrondissement qu’au Bangladesh. Délocalisation veut dire dépendance mais faible coût donc favorable au pouvoir d’achat, relocalisation veut dire indépendance mais coût élevé donc défavorable au pouvoir d’achat, et cela joue particulièrement pour les produits à faible valeur ajouté comme un canapé, beaucoup moins pour un Airbus. Le propriétaire du canapé orange fait ses calculs pour déterminer s’il veut payer deux fois le prix d’un canapé neuf pour retapisser son canapé d’occasion. Il lui faut déterminer s’il est prêt à payer un surcoût d’environ 1 500 euros pour favoriser une couturière française et éviter un transport international du meuble. Ainsi va l’économie, l’indépendance et l’écologie ont un coût qui n’était pas payé jusqu’ici.

Enfin une bonne nouvelle

Kiro / Le Canard Enchaîné (08/01/2020)

La crise mondiale du virus baladeur a au moins un avantage en ce qu’elle a ramené l’affaire de la fuite de Carlos Ghosn à ce qu’elle est vraiment c’est-à-dire un dossier de cornecul délinquant qui a fui la justice du pays où il travaillait. Les autorités japonaises continuent à le rechercher bien sûr, mais chacun a mieux à faire que de suivre les aléas d’un aventurier aux petits pieds. On espère néanmoins que son action en justice contre Renault pour percevoir ses indemnités de rupture de contrat et autres retraites chapeaux va tomber d’elle-même. L’entreprise Renault est actuellement portée à bout de bras par les contribuables français et il pourrait être mal vécu qu’une partie de ces soutiens financiers en espèces sonnantes et trébuchantes puissent se retrouver dans les poches du fuyard à égo surdimensionné !

Lire aussi : Carlos et sa malle

Le prévisionniste qui se trompe

Patrick Arthus est polytechnicien, économiste, directeur de la recherche et des études de la banque Natixis. Il s’est beaucoup trompé dans sa carrière de prévisionniste mais ce sont les risques du métier. En 2008 pendant qu’il se trompait dans son analyse de la crise financière occidentale, il ne voyait pas non plus que se développait au cœur de la banque qui l’emploie un des plus grands scandales financiers de la Vème République lorsque qu’un quarteron de dirigeants irresponsables et incompétents a joué avec l’argent des petits déposants des banques populaires et des caisses d’épargne sur le casino des marchés financiers. Les contribuables ont alors sauvé Natixis de la faillite.

Au moins M. Arthus, qui prévoyait une crise financière de courte durée en 2008, admit que ses prévisions étaient erronées. Il est chevalier de la légion d’honneur, on ne sait pas bien pourquoi.

La dernière théorie de M. Arthus est intéressante en ce qu’il prévoit que l’émission massive de monnaie centrale en cours dans la plupart des pays pour survivre à la crise sanitaire ne va pas générer une inflation galopante comme le postulent les sciences économiques mais une baisse de la valeur des actifs immobiliers. Dans un cas comme dans l’autre l’émission de monnaie sans rapport avec la production va dévaloriser les actifs. Que ce soient l’épargne de Mme. Michu ou la valeur de son bien immobilier quand elle en a un, elle va y perdre et se retrouvera avec moins de richesse une fois la crise passée. L’avenir dira si les prévisions de M. Arthus se révèlent une nouvelle fois erronées.

Les milliards tombent comme les obus à Gravelotte

Comme souvent, à situation équivalente, la France va dépenser plus d’argent public (celui des contribuables) que d’autres pays occidentaux pour essayer d’amortir les effets économiques dramatiques de la crise sanitaire en cours. De prêts garantis par l’Etat en fonds de secours d’urgence, de mesures de chômage partiel en annulations de charges, les contribuables français se sont engagés dans des dépenses considérables, qui vont peser sur les finances publiques pour des décennies. Comme toujours en France, les revendications sociales sont fortes et même accrues à la suite de cette crise. Durant la période de confinement, ceux qui ont fait leur travail sur le terrain veulent des augmentations de salaires pour risques pris (personnel soignant, employés des magasins de distribution alimentaire, éboueurs, etc.), ceux qui ont été mis en chômage partiel (financé par l’Etat et non leurs employeurs) se verraient bien poursuivre ainsi jusqu’à que le risque soit complètement circonscrit et ceux qui sont d’ores et déjà sans emploi émargent en masse à l’assurance chômage.

Tout le monde se plaint, tout le monde critique, tout le monde attaque l’Etat, chacun en veut plus pour sa corporation et se scandalise qu’elle ne soit pas considérée comme prioritaire et pendant ce temps les contribuables se sont fouiller les poches sans même s’en apercevoir. Les experts de plateaux télévisés regardent leurs courbes d’audience, sondent l’humeur de Mme. Michu sur l’Hydroxychloroquine et l’interroge : « Etes-vous en faveur de l’augmentation des salaires du personnel soignant ? Oui-oui-oui » en oubliant la question conséquente : « Etes-vous prête à payer plus de cotisations sociales ? Non-non-non ! ».

En réalité le robinet des aides publiques est déjà largement ouvert et coule à flot. Le chroniqueur a pu constater qu’il a été crédité en 8 jours du chômage partiel de son employée de maison, que l’association d’insertion qu’il conseille a obtenu la garantie de l’Etat pour un prêt bancaire de 30 000 euros sur simple déclaration sur le site Internet de la Banque publique d’investissement (BPI), qu’un petit commerçant qu’il aide dans sa gestion a touché deux fois 1 500 euros d’aide en avril et en mai compte tenu de la fermeture de son magasin (soit plus que son salaire mensuel), etc. Il serait peut-être opportun que quelques journalistes regardent un peu plus loin que la niche fiscale dont ils bénéficient indûment, pour constater, chiffrer et relater ce qui fonctionne dans notre pays au lieu de chercher sans relâche à mettre en difficulté leurs interlocuteurs politiques.

Les décideurs français sont à l’image de leurs électeurs et gèrent une crise, incroyable il y a encore 6 mois, comme ils le peuvent. Il y a certainement des erreurs commises, il y a des changements de pieds, il y a des questions sans réponse un jour dit, il y a des décisions prises qui ne satisfont pas tout le monde, il y a 26 000 morts connus à ce jour (sur une moyenne annuelle d’environ 650 000 en régime de croisière) mais la situation est gérée sans doute pas plus mal que dans les pays avoisinants. La seule chose que cette crise ne semble pas en voie de régler est le pessimisme tapageur des français, leur propension à se plaindre de tout et leur réflexe pavlovien à critiquer tout le monde sauf eux-mêmes.

La CGT ne dévie pas de sa ligne

Kiro / Le Canard-Enchaîné (04/02/2019)

Alors que l’entreprise Renault est soutenue à bout de bras, un peu par ses actionnaires, beaucoup par les contribuables nationaux, pour éviter sa cessation des paiements, le syndicat CGT parvient à faire annuler la décision de réouverture post-confinement de l’usine de Sandouville, ouverture dont les conditions sanitaires avaient été négociées et acceptées par les autres syndicats de l’usine. Pour atteindre son but la CGT a utilisé un vice de forme dans la procédure de communication de la direction avec les représentants syndicaux. Des courriels auraient été utilisés à la place de courriers recommandés.

Cette entrave n’a fait que retarder de quelques jours la réouverture qui était souhaitées par les autres syndicats. Elle marque en tout cas la constance de la CGT qui suit sa ligne quoi qu’il arrive : retraite à 60 ans (sauf pour ceux qui bénéficient déjà d’une retraite à un âge inférieur et qui doivent le conserver), semaine de travail à 32 heures pour tous, pas de reprise du travail s’il n’y a pas zéro risque pour la santé, financement de toutes ces mesures par les contribuables et les cotisants.

Fiston-Lagardère reste en place, l’assaut d’Amber raté de peu

L’assemblée générale du groupe Lagardère a rejeté à 79% toutes des résolutions proposées par le fonds activiste Amber Capital qui voulait prendre le pouvoir en remplaçant tous les administrateurs par des individus de son cru avec pour mission de remplacer le grand chef Arnaud Lagardère dont le mandat arrive à échéance l’an prochain. Grâce à ses nouveaux « amis » Bolloré et Sarkozy, le fiston Lagardère a sauvé son poste et son système. Le « loup » Bolloré étant désormais dans la bergerie il n’est sûr que Lagardère garde longtemps sa place dans l’édifice. D’ailleurs, Vivendi le groupe qu’il préside a continué à acheter des actions depuis l’assemblé générale du 5 et se retrouve aujourd’hui avec plus de 13% du capital du groupe Lagardère qui a publié les résultats de son assemblée assortis d’un remerciement ému :

La Société remercie ses actionnaires de la confiance qu’ils ont exprimée, en soutenant la stratégie claire, responsable et ambitieuse qui leur est présentée avec transparence depuis de nombreuses années.

COMMUNIQUÉS DE PRESSE Lagardère – 06/05/2020

L’affaire ne va sans doute pas en rester là. A suivre…

Lire aussi : La chasse est ouverte

Coronavirus en France : des morts et un enterrement de première classe

La pandémie de coronavirus a fait à ce jour 25 000 morts en France (pour un nombre annuel moyen de décès de 640 000 morts) mais aussi un enterrement de première classe, celui des réformes qui étaient en cours et déclenchaient moulte grèves et émeutes depuis un an et demi. Compte tenu de l’effondrement économique actuel de la République qui va entraîner des faillites d’entreprises en masse et de nouveaux chômeurs en nombre, sans doute pour plusieurs années, on voit mal le pouvoir actuel reprendre la marche forcée des réformes qui bouleversent le quotidien des citoyens, notamment celle des assurances retraites et chômage.

Ces évolutions dans les modes de fonctionnement de la France ont été annoncées comme « suspendues » au début de la crise sanitaire. On peut craindre que le provisoire ne devienne définitif ce qui posera un problème juridique car une partie de ces réformes a déjà été votée par le Parlement. Faudra-t-il défaire ce qui a déjà été fait ?

Une fois encore la France va se cacher derrière une crise pour ne pas réformer alors qu’elle n’a pas profité des intermèdes entre deux crises pour le faire comme l’ont pratiqué les pays européens mieux gérés, majoritairement ceux du nord. Alors évidemment les pays mal gérés comme la France se retrouvent en plus mauvaise position pour affronter les dépenses supplémentaires rendues nécessaires par la prise en charge de la crise actuelle. Et bien entendu les pays « cigales » réclament la « solidarité » des pays « fourmis » pour les aider… Cette histoire est un éternel recommencement !