Renoncement à l’équilibre des finances publiques

Le gouvernement renonce pour le moment à modifier la constitution pour y introduire la soi-disant règle d’or, interdisant ou contrôlant les déficits de la République. Ce n’est pas grave, cette règle existe déjà au niveau de la réglementation européenne, il suffit de la respecter. C’est n’est pas grave car cela laissera plus de temps à nos gouvernants pour analyser les hausses d’impôt et baisse de dépenses qui sont incontournables.

L’abrutissement des masses par la publicité s’aggrave

Une soirée au cinéma permet de constater que les annonces pour les films à venir sont désormais entrecoupées de publicités commerciales. Cette pratique invasive nouvelle est destinée à forcer le spectateur à ingérer de la publicité commerciale s’il veut regarder jusqu’au bout le programme de ses prochaines séances. A priori la majorité des citoyens n’est pas passionnée par la publicité ; durant les matchs de fouteballe suivis à la télévision depuis son salon M. Michu profite des pauses publicitaires pour aller s’ouvrir une bière ou évacuer les précédentes aux toilettes, s’évitant ainsi le spectacle abrutissant de messages de pub répétés jusqu’à la nausée pour envahir les neurones des gogos et déclencher leurs décisions d’achat au supermarché du coin ou chez leurs concessionnaires automobiles. Avec ce saucissonnage des annonces des prochains films qui seront à l’affiche, les commerçants espèrent ainsi forcer les consommateurs à visionner leurs messages.

Les téléspectateurs exaspérés par la pub, peu nombreux finalement, cherchent à adapter leurs consommations de télévisions et de radios en se limitant aux chaînes le moins possibles envahies par les commerçants. Ce sont essentiellement les chaînes du service public, et encore, celles-ci font-elles malgré tout l’autopromotion de leurs propres programmes et n’échappent pas aux émissions sponsorisées qui permettent de refourguer par la fenêtre les commerçants qui ont été évacués des ondes par la porte.

L’apparition forcée de pop-ups sur son écran de terminal dès que l’on navigue sur un site internet « gratuit » relève du même écœurant gavage. Désormais l’internaute a acquis le réflexe pavlovien de fermer tous ces pop-ups avant de pouvoir commencer réellement sa navigation. L’invasion est plus légère sur les sites payants. Normal puisque sur Internet : « la marchandise est l’internaute lui-même » dont les données de navigation sont stockées et revendues.               

Les progrès de l’intelligence artificielle permettent malheureusement d’encore mieux cibler le pilonnage publicitaire des neurones du consommateur. Celui-ci se voit proposer des produits commerciaux choisis en rapport avec les clics qu’il a fait les jours précédents sur des sites vendant des produits similaires. Le chroniqueur a déjà constaté que lorsqu’il écoutait une radio publique sur l’application Radio-France de son téléphone mobile et coupait le son pour s’épargner la voix gnangnan de la nunuche promouvant une autre émission, la publicité abrutissante reprenait exactement au moment où il l’avait coupé deux minutes avant…

On est en plein dans la légendaire phrase d’un ex-pédégé de TF1 (Patrick Le Lay) qui expliquait doctement que l’art du business de la télévision était de vendre du « temps de cerveau disponible des téléspectateurs » aux annonceurs. Cet illustre personnage avait dirigé cette chaîne après sa privatisation et en avait fait une réussite commerciale et un désastre culturel. On est aussi au cœur du système marchand qui nous gouverne : pour produire il faut bien vendre, et pour vendre il faut bien promouvoir quitte à abrutir le consommateur et à provoquer ses non-besoins. Ce système a de bons côtés, il en a aussi de très mauvais desquels il devient de plus en plus difficile de se prémunir. C’est là sa supériorité sur tous les autres !

Esther Duflot face à l’abrutissement des masses

Dans une série de conférences données à New-York à l’invitation de l’ambassade de France, Esther Duflot a rappelé que la confiance des citoyens est deux fois plus importante pour les météorologistes que pour les économistes… Prix Nobel d’économie 2019 avec deux équipiers dont son mari pour leurs travaux sur la réduction de la pauvreté dans le monde, elle mentionne que les économistes sont très mauvais pour la prévision (merci du rappel) mais que leurs données et analyses peuvent tout de même aider à comprendre le présent. Transmis à Mme. Michu !

Des expatriés dépités au Royaume-Uni

Depuis hier le Royaume-Uni a récupéré sa souveraineté pour gérer l’immigration sur son territoire, y compris celle de citoyens de l’Union européenne dont elle ne fait plus partie. Un régime transitoire a été mis en place pour ces citoyens de l’Union présents depuis au moins 5 ans sur le territoire britannique. Ils doivent se faire enregistrer pour la délivrance d’un titre de séjour les autorisant à rester sur place, au moins pour quelques années. La réciprocité a également été acquise pour les britanniques résidant dans les 27 pays membres de l’Union.

Certains de ces expatriés s’émeuvent d’un tel régime, les français n’étant pas les derniers à se plaindre, comme d’habitude. Et les journalistes présents sur place recueillent des « c’est honteux », « c’est un scandale », etc.

La mondialisation a fait oublier un peu trop rapidement aux citoyens du monde que « chez les autres » ce n’est pas encore exactement pareil que « chez soi ». Il y a ce que l’on appelle en matière d’investissement le « risque politique » : un citoyen d’un pays A installé dans un pays B est soumis à la Loi de son pays d’accueil qui peut être différente ou évoluer différemment de la Loi du pays A. C’est le b-a-ba de tout investissement à l’étranger. La libre circulation et d’installation des personnes qui a cours au sein de l’Union européenne ne l’a pas à l’extérieur où les lois nationales s’appliquent.

L’expatrié français installé à Londres va devoir désormais obtenir un titre de séjour qui peut bien entendu lui être refusé. Il semble d’ailleurs que c’est justement l’immigration débridée des citoyens de l’Union dans leur pays qui a causé le vote en faveur du brexit. Il n’est donc pas étonnant que la Grande-Bretagne reprenne le contrôle de son immigration. C’est le retour à la période d’avant la libre circulation des personnes qui n’est pleine et entière que depuis finalement pas si longtemps que ça, et qui souffre d’ailleurs toujours d’exceptions significatives. Les gens ont la mémoire sélective…

Cela étant dit, il est peu probable que le Royaume-Uni expulse sauvagement et rapidement ses immigrés originaires de l’Union. Cela devrait se passer de façon ordonnée et progressive, mais les non britanniques devront obtenir à l’avenir un titre de séjour et de travail pour s’installer et travailler en Grande-Bretagne, c’est ainsi que cela peut se passer quand on élit domicile à l’extérieur de son pays d’origine. A ne pas oublier !

Carlos et sa malle

Coco – Charlie-Hebdo (01/2020)

Carlos Ghosn, 65 ans, ex-pédégé de constructeurs automobiles, recherché par la justice japonaise pour délinquance financière, réfugié au Liban dont il détient la nationalité en plus de celles de la France et du Brésil, a fait organiser une conférence de presse à Beyrouth pour expliquer pourquoi il a fui Tokyo où il était sous contrôle judiciaire. Il a défendu sa position devant un parterre de journalistes triés sur le volet. Il n’est pas sûr que la justice japonaise ait apprécié le show auto-justificateur…

Plus intéressant, il a saisi l’occasion pour taper sur tout le monde et, notamment, accuser ses successeurs d’incompétence en insistant sur oh combien les groupes Renault-Nissan-Mitsubishi se portaient bien lorsqu’il les dirigeait et oh combien ils sont en perte de vitesse depuis qu’il n’est plus aux commandes. Il a prédit que l’alliance Renault-Nissan serait en sursis.

Il serait sans doute plus judicieux qu’il se préoccupe maintenant de son propre sort plutôt que de tirer des plans sur la comète sur l’avenir des entreprises qu’il dirigeait et qui l’accusent de détournement de fonds. Il serait plus responsable de ne pas clamer ces sornettes, devant des journalistes avides de cancans, qui immanquablement agitent les cours de bourse et sont d’une vulgarité à la hauteur du personnage, comme si l’avenir de ces entreprises ne reposait que sur Super-Carlos, deus ex-machina de l’industrie automobile ! Les centaines de milliers d’employés de ces groupes, toujours au travail, apprécieront…

La conférence de presse a été organisée par l’inénarrable Anne Méaux, 65 ans, dont le site web affiche fièrement sur sa page de garde :

« Image 7 s’est lancé en 1988 sur des présupposés qui se sont révélés étonnamment modernes. Nous avons parié sur la liberté, l’indépendance, l’absence de hiérarchie, l’intelligence collective et nous disons non aux silos. […] Plus le monde se complexifie, plus on a besoin « d’honnêtes hommes », qui, par leur culture, leur compréhension de la société et de ses transformations, vont aider les chefs d’entreprise à remettre les choses dans leur contexte et à hiérarchiser les problèmes. »

https://www.image7.fr/

La radio de service public en grève depuis près de deux mois

Charlie-Hebdo

Une autre grève se déroule en France depuis des semaines et qui ne concerne pas le projet de réforme des retraites mais un simple plan de restructuration incluant une réorganisation du groupe de radios publiques, une baisse des dépenses de 60 millions d’euros (sur un budget total dans les ~600 millions) et une baisse de 300 personnes (sur un effectif total de ~4 500). Des négociations sont en cours entre syndicats et direction mais chacun campe sur ses positions. La grève se traduit par la non-diffusion de nombre d’émission remplacées par des playlists.

Le groupe Radio-France est financé par une redevance payée par les citoyens avec leurs impôts locaux. Il n’est pas prévu à ce stade de rembourser une partie de cette taxe aux contribuables. Comme toutes les entreprises, Radio-France doit se restructurer pour s’adapter. Comme toutes les entreprises publiques, Radio-France doit faire des efforts de productivité pour une utilisation optimisée de l’argent des contribuables.

Evidement, comme bien d’autres services publics, il y a certainement matière à réduire la voilure. Radio-France maintient deux orchestres symphoniques, est-ce la vocation d’une radio publique de produire de la musique classique ou ne doit-elle pas se limiter à diffuser celle qui existe par ailleurs ? Si la réponse est « oui » à la première question, a-t-on besoin de deux orchestres pour ce faire ? Et il y a sûrement bien d’autres domaines d’activités du groupe Radio-France où l’on peut se poser des questions similaires. Si la réponse est que tout est nécessaire, à ce moment il fait financer et se retourner vers les contribuables soit on est capable de réduire la voilure soit il faut augmenter ses impôts ou aller prendre l’argent d’un autre poste pour le transférer sur le budget de Radio-France. Les radios publiques sont déjà envahies de publicités commerciales ou institutionnelles abrutissantes pour compenser la baisse des ressources publiques.

Les syndicats rabâchent les mêmes illusions :

On défend un financement correct du service public de radio qui puisse nous permettre de continuer à faire des productions de qualité.

https://mediateur.radiofrance.fr/chaines/franceinfo/entretien-avec-une-organisation-syndicale-representative-de-radio-france/

Evidement tout irait mieux si l’on pouvait traire indéfiniment le contribuable, mais ce n’est pas le cas et celui-ci se révolte. Tout le monde réclame des sous : les hôpitaux, les forces de sécurité, les étudiants, les paysans… Mais le contribuable est aussi un citoyen qui bénéficie de la redistribution de la République. La France reste embourbée dans cette contradiction qui fait s’opposer le citoyen-bénéficiaire au citoyen-contribuable.

En attendant, la grève ne gêne que les auditeurs, généralement âgés ou tendant à le devenir, elle risque de durer encore un moment…

Rapacité et démesure

Kiro / Le Canard Enchaîné (08/01/2020)

L’ex-dirigeant des groupes automobiles Renault et Nissan, sous contrôle judiciaire au Japon depuis un an pour de sombres histoires de détournement de fonds au détriment de ses employeurs, non déclaration de certains revenus et autres joyeusetés du même acabit, a quitté illégalement le Japon pour fuir au Liban, l’un des trois pays dont il détient la nationalité avec le Brésil et la France. Il va sans doute devoir y rester un moment car il est désormais l’objet d’un mandat d’arrêt international émis par la justice japonaise. On saura un jour si les accusations portées contre lui sont fondées ou non. Mais le plus important dans cette affaire n’est pas tant son volet illégal que son aspect légal : comment un mandataire social, fût-il un dirigeant efficace, a pu accumuler de tels revenus octroyés légalement par ses actionnaires ?

Il est en effet confirmé qu’outre sa rémunération annuelle de l’ordre de 17 millions d’euros il est bénéficiaire de retraites complémentaires, à verser jusqu’à sa mort par les groupes qu’il dirigeait, s’élevant à un total de plusieurs dizaines de millions d’euros. Ces montagnes d’argent ont été octroyées « normalement » et semblent être légales ; et c’est bien là une grande partie du problème. Avec de telles rémunérations on attise la rapacité de dirigeants-employés qui deviennent des accumulateurs compulsifs. Il n’y a rien qui puisse justifier des sommes aussi démesurées versées à un seul individu par une entreprise.

C’est l’un des travers du monde capitaliste qui devra un jour l’examiner de près car il est contre-productif. L’ex-dirigeant en fuite en est l’un des avatars, il n’est sans doute pas pire qu’un autre, il est juste l’un de ces forbans qui trustent les places de capitaines des grandes multinationales et dont la plus grande réussite consiste d’abord à faire croire à des actionnaires qu’ils sont irremplaçables.

Cerise sur le gâteau : il semble que l’appartement qu’il occupe actuellement à Beyrouth soit l’un des logements fastueux achetés par Nissan dans différentes capitales afin que son dirigeant puisse y séjourner au cours de ses voyages. N’étant plus le patron de Nissan il ne devrait théoriquement pas pouvoir résider dans cet appartement. Encore un mystère de cette affaire de peu d’intérêt.

Grèves, réformes et vacances

La France, et tout particulièrement sa région Ile de France, est perturbée par des grèves du secteur des transports publics. Les négociations sont difficiles et ont connu différents épisodes, le gouvernement a un projet : les syndicats ouvriers sont contre, les syndicats patronaux sont pour, mais les premiers ont une forte capacité de nuisance qu’ils mettent en œuvre depuis un mois.

Fin décembre dernier, et après trois semaines de grève et de discussions, alors qu’approchaient les fêtes de surconsommation de fin d’année, tout ce petit monde s’est donné rendez-vous pour… après les congés : le gouvernement en fixant une nouvelle session de négociations à partir du 7 janvier et les syndicats ouvriers une nouvelle manifestation le 9 janvier, une fois digérées les agapes de Noël et du réveillon.

Cet unanimisme pour rester tranquille durant les vacances est touchant ! C’est également une bonne nouvelle : un pays qui privilégie ses congés à une négociation sur ses retraites est finalement un pays qui ne va pas si mal que ça.

Le patronat est en vacances

La France est très perturbée par la grève des transports publics qui s’opposent au projet de réforme des retraites du gouvernement. Les syndicats ouvriers sont contre, les syndicats patronaux sont pour. Les premiers luttent, les seconds sont aux abonnés absents. Jusque-là rien de bien neuf dans le paysage social français.

On ne peut pas dire que le patronat en fasse trop pour défendre ses positions et soutenir le gouvernement. Ce silence est étonnant : manque de courage ou absence de conviction ?

Une bonne nouvelle pour l’Afrique

En réunion à Abidjan, les présidents ivoirien et français annoncent que le franc CFA va être remplacé en Afrique de l’Ouest par une nouvelle monnaie, l’ECO dont la gestion sera sensiblement réformée. Il n’y aura plus d’administrateur français dans les instances de la Banque centrale de Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et celle-ci n’aura plus à déposer une partie de ses réserves auprès du Trésor français. Cependant, il semble que le cours fixe entre l’Euro et l’Eco serait maintenu et que la France continuerait à garantir la convertibilité de l’Eco. Ces deux derniers points, s’ils étaient confirmés, limitent sérieusement l’ampleur de la réforme.

Il serait souhaitable de couper définitivement le cordon monétaire entre la France et ses anciennes colonies. Si l’on se contente de changer le nom de la devise mais de continuer à attendre que la France garantisse son cours et sa convertibilité, on ne va pas bien loin dans ce sens. Espérons que ne n’est qu’une première étape vers un changement plus radical donnant la responsabilité monétaire pleine et entière aux Etats africains.

Grève ou vacances ?

Kiro – Le Canard Enchaïné

Les transports publics sont en grève depuis dix jours et transforment Paris en vaste capharnaüm à cause d’un projet de réforme des retraites en France. Ceux qui doivent se déplacer pour travailler font ce qu’ils peuvent. Les partenaires sociaux (hors représentants patronaux) et le gouvernement s’affrontent sur les termes de cette réforme, chacun expliquant sur les plateaux télévisés que l’autre est responsable de la pétaudière. Et voici que s’annoncent les vacances de Noël et la perspective que ces grèves gênent les citoyens dans le déroulement de leurs congés. C’est une possibilité, effectivement. Même le premier ministre implore les syndicats pour qu’ils marquent une trêve dans leur action pour ne pas perturber les congés des citoyens.

Cette soudaine inquiétude est intéressante en ce qu’elle marque une priorité : il apparaît plus grave de perturber les vacances des français plutôt que leur travail.

Coupons la moustache de la CGT

Les syndicats ouvriers ont réussi à mobiliser les citoyens contre le projet de réforme des retraites : grèves et manifestations au programme dans le pays. Les partis extrêmes de droite comme de gauche réclament l’abaissement de l’âge de la retraite à 60 ans, les partis républicains non majoritaires ne veulent rien changer et le parti au pouvoir veut remplacer l’organisation multi-systèmes de retraire par un environnement d’une retraire universelle unique.

La Confédération Générale du Travail (CGT) reprend du poil de la bête et son moustachu de secrétaire général frétille dans les rues et sur les plateaux télévisés. Son programme est simple :

  • Rejet total du projet actuel de réforme proposée par le pouvoir.
  • Elargissement des domaines d’application des « régimes spéciaux » plus favorables que le régime général.
  • Retour à la retraite à 60 ans pour tous, sauf ceux qui bénéficient déjà d’un âge de départ inférieur à 60 ans et qui doivent le conserver.
  • Pour le financement : instauration d’une taxe de 50% sur les dividendes versés aux capitalistes du CAC40 et l’on pourra même financer au-delà des régimes de retraite.

Une discussion raisonnée est délicate sur un tel argumentaire, on se croirait revenu aux temps de l’avenir radieux du socialisme. Après tout, une telle politique peut être de nouveau mise en œuvre si elle était votée par le parlement. Mais nous sommes en France, alors à défaut de l’emporter dans les urnes on met le débat dans la rue. Le plus malin gagnera !

Il faut faire payer le voisin…

Eternelle antienne de la politique française : on est d’accord pour réformer du moment que c’est le voisin qui paye ! Le projet de réforme systémique des retraites françaises percute de plein fouet ce refrain : « il faut augmenter les prestations dont je bénéficie mais diminuer les cotisations que je paye ».

Le débat actuel entre les parties est probablement sans issue tant chacune campe sur ses positions partisanes. La mauvaise foi est de mise, les idéologies sont au programme. Et de toute façon personne ne peut vraiment anticiper ce que sera l’équilibre, ou le déséquilibre, financier des retraites au-delà des cinq à dix années à venir… Le système des retraites c’est de l’assurance, il y a donc des cotisations qui rentrent et des prestations qui sortent. Sur le long terme il faut que les unes et les autres soient grosso-modo du même montant. Ce n’est pas le cas en France et nos retraites sont également financées par l’impôt pour environ 30%), et donc les contribuables, car notre République ne sait pas équilibrer dépenses et recettes.

Ce que l’on peut prévoir avec une probabilité relativement élevée c’est que les prestations dépasseront les cotisations sur encore les dix prochaines années, que la retraite soit calculée en annuités ou en points, avec un régime universel ou un multi-systèmes. Il y aura donc des déficits à combler, et donc de l’argent nouveau à trouver ou des prestations à diminuer. L’une des façons « élégantes » de faire c’est d’augmenter progressivement la durée de cotisation, en gros, travailler plus longtemps ce qui évite de trop baisser les rentes en faisant augmenter les cotisations non pas sur les taux mais sur la durée. Financièrement cela revient au même, politiquement pas tout à fait. C’est ce qui se pratique depuis 1983, année au cours de laquelle l’âge de départ en retraite a été ramené de 65 à 60 ans suite à la première alternance de gauche de la Vème République. Depuis, la France revient progressivement vers cet âge de 65 ans mais il s’agit bien entendu d’une « provocation » pour tous les syndicats ouvriers. De leur côté, les syndicats patronaux approuvent.

Au-delà, les questions de méthodes des systèmes de calcul, la vérité vraie qui fait peur est que pour éviter une baisse trop visible des pensions il va falloir continuer à reporter la date de départ en retraite à taux plein. Et ce, au moins pour une génération. Au-delà, personne ne sait bien ce que sera la conjoncture de l’emploi (s’il y a moins de chômeurs, il y a plus de cotisants, si les rémunérations moyennes augmentent, les cotisations vont suivre la même direction, et vice-versa). Le nouveau système proposé, s’il était mis en œuvre, devrait permettre un ajustement permanent des pensions versées, à la hausse comme à la baisse. Cela aussi fait peur.

Réforme des retraites : la dérive de la presse !

Une journée de revendication est programmée pour le 5 décembre prochain en France. Différentes corporations veulent afficher leur opposition au projet de réforme du système des retraites. Des grèves lourdes sont annoncées dans les transports publics et vont sérieusement perturber le fonctionnement du pays. Elles sont renouvelables.

La presse qui adore faire peur à l’annonce de ce genre d’évènement et vendre cette angoisse à ses consommateurs, passe son temps et ses articles à deviser sur l’écume des choses. Les habituels « experts » de plateaux télévisés sont convoqués à longueur d’émissions pour échanger à l’infini sur le niveau de blocage du pays, et sa durée, que provoquera cette grève. Un sujet « clé » également répété ad nauseam est le résultat des sondages exprimant le niveau de soutien à cette grève des personnes sondées. Des débats sur le fond de la réforme proposée ? Nenni, on préfère ânonner que la réforme n’est pas claire et que les citoyens ne sont informés de rien ! Le contraire fut étonnant tant la majorité des médias se refusent à aborder le fond du projet.

Celui-ci est fort bien expliqué dans le rapport Delevoye « Pour un système universel de retraite » de 138 pages. Ensuite la loi définitive sera celle qui sera votée par le parlement mais en attendant, tous les grands principes et changements du projet sont sur la table. Il suffit de télécharger ce rapport, de le lire et d’en débattre. C’est en principe le rôle d’une presse intelligente.

De deux choses l’une : soit les journalistes n’ont pas même pris le temps de lire ce document, auquel cas nous leur indiquons bien volontiers le lien de téléchargement, soit ils l’ont lu mais préfèrent débattre de l’accessoire pour vendre de l’émotion plutôt que de la réflexion. Dans un cas comme dans l’autre ils participent avec enthousiasme à l’abrutissement des masses au lieu d’en élever le niveau de compréhension sur ce sujet complexe.

L’un des sujets favoris des journaux télévisés est le reportage sur Mme. Michu retraitée qui explique que « après avoir payé toutes ses factures » il ne lui reste que 300 euros pour vivre. On ne sait pas bien ce qu’il y a dans « toutes ses factures » mais qu’importe le gogo est accroché et sort ses mouchoirs. Ce que l’on attend d’une presse intelligente est d’expliquer les différentes solutions et alternatives possibles pour améliorer le sort de Mme. Michu et non pas simplement faire sangloter dans les chaumières. Elles sont de plusieurs ordres :

  1. On baisse les factures à payer par Mme. Michu, ce sont alors ses fournisseurs* qui doivent rogner sur leurs revenus,
  2. On fait payer tout ou partie de ces factures « par l’Etat », ce sont alors les contribuables qui verront augmenter leurs impôts ou d’autres citoyens qui verront baisser leurs prestations
  3. On augmente la retraite de Mme. Michu, ce seront alors les cotisants (employés et/ou employeurs) qui verront augmenter leurs prélèvements ou d’autres retraités qui verront baisser leurs prestations
  4. Ou un mix de toutes ces mesures

* Certains d’entre eux proposent déjà des offres low cost comme les fournisseurs d’accès internet et de téléphone. Le chroniqueur s’en félicite d’ailleurs qui bénéficie d’un abonnement mobile à 10 EUR/mois 4G avec appels et SMS illimités en France et vers les départements d’outre-mer hors Mayotte, plus 40Go d’internet mobile par mois. La box internet haut-débit est facturée 20 EUR/mois sans accès à la télévision (qui n’est pas vraiment nécessaire puisque la télévision numérique publique offre une trentaine de chaînes financées par la redevance déjà payée par la grande majorité des citoyens). Le coût total de communications est donc de 30 EUR/mois. Ce fournisseur est REDbySFR.

Un « expert » normalement constitué devrait être en mesure de développer ce genre de raisonnement sur un mode pédagogique : tout est possible mais tout a des conséquences qu’il faut gérer et arbitrer. Hélas, trois fois hélas, nos « experts » préfèrent le mode Café du commerce à celui de la raison.

Rappelons tout de même que la corporation des titulaires de cartes de presse (c’est-à-dire sans doute aussi un Morandini ou une Chazalle…) bénéficie d’une niche fiscale sous forme d’un abattement forfaitaire sur leurs revenus taxables pour « frais d’emploi », d’autres avantages existaient mais ont été supprimés au fur et à mesure du temps. Le secteur de la presse est également subventionné par les contribuables via le reversement d’aides aux journaux et réseaux de distribution pour les aider à combler leurs déficits d’exploitation car ces journaux sont vendus en dessous de leurs coûts de production et, malgré tout, de moins en moins de lecteurs les achètent. Elles sont publiées par le ministère de la Culture avec un peu de délai. Les derniers chiffres concernent 2015, année où 53 millions d’euros ont été distribués à 326 journaux, le premier bénéficiaire étant le Parisien – aujourd’hui en France avec 7,8 millions d’euros en 2015. Viennent ensuite Libération, Le Monde, Le Figaro, La Croix, Ouest-France… mais on trouve aussi à des niveaux bien plus modestes des journaux comme La Dépêche du Pays de Bray, La Gazette du Val d’Oise, L’Hebdo de l’Ardèche, etc.

Voir aussi : tableau des aides 2015

Ces subventions payées par les contribuables pourraient aussi servir à régler les factures de Mme. Michu, ou rester dans les poches des contribuables… Malgré tout, elles ne sont pas complètement illégitimes, sont votées par le parlement sur un mode démocratique et permettent de maintenir en vie une presse qui est de moins en moins viable au niveau financier. Elles pourraient en revanche générer un comportement responsable des journaux et journalistes qui en sont les bénéficiaires et sont ainsi un peu reconnus comme service public, qualification qui devrait être un gage de qualité et non de populisme.

Paresse intellectuelle

La presse et la politicaille continuent à ânonner dans les médias que « le gouvernement est dans le flou et ne sait pas où il va » concernant la réforme du système de retraite en France. Cette assertion est étonnante puisque, comme nous l’avons déjà souligné ici, le système envisagé est parfaitement expliqué dans le rapport Delevoye disponible depuis juillet 2019. Les grands principes d’une retraite universelle par points, ainsi que du mode de valorisation du point, sont détaillés dans ce document de façon assez pédagogique. Il suffit de le lire. Ce qui n’est pas encore arrêté puisqu’en cours de négociation sont les modalités de transition du système actuel vers le système universel qui dépendront, bien sûr (nous sommes en France), du rapport de force entre les corporations qui vont perdre des avantages dans cette réforme et la conviction du pouvoir en place à dérouler son projet.

Voir : Rapport Delevoye

Lire aussi : La réforme des retraites

Evidemment, ce rapport fait 132 pages sur un sujet complexe et cela peut prendre un peu de temps à déchiffrer bien que formulé de la façon sans doute la plus explicative possible sur une telle matière. En principe même un journaliste de Paris-Match est en mesure de comprendre et de restituer. Éric Woerth, qui est diplômé d’HEC et ancien ministre du budget de droite devrait aussi y arriver s’il faisait un petit effort et investissait juste la moitié du temps qu’il passe à rédiger des Tweets crétins à la lecture de ces 132 pages :

En vérité, c’est le bal des incompétents qui se retrouvent unanimes pour danser la valse de la démagogie sur un sujet grave qui engage l’avenir des citoyens. Plutôt que d’opter pour l’intelligence, de lire ce projet et d’en formuler des critiques et contrepropositions fondées, ils continuent le concours de celui qui fera pipi le plus loin dans la cour de maternelle.

On a les dirigeants que l’on mérite !

Sniff…

Le chroniqueur-investisseur liquide ses valeurs Natixis avec une moins-value de 85%. Une fois séchées ses larmes, il se souvient que Natixis fut l’un des plus grands scandales financiers de la Vème République ! On y vit une bagarre d’égos qui voulurent transformer l’alliance capitalistique des caisses d’épargne et des banques populaires en une banque d’affaires, tout ceci pour satisfaire leurs besoins de standing et leurs ambitions démesurées. Laissés à eux-mêmes par un contrôle défaillant de leurs actionnaires, ils ont livré à la spéculation forcenée l’épargne populaire déposée par Mme. Michu à la caisse d’épargne ou à la banque populaire. Des dirigeants de rencontre sont alors tombés à partir de 2006 dans tous les pièges tendus aux incompétents ambitieux : les subprimes, les rehausseurs de crédit, les pyramides de Ponzi vendues par les Madoff et autres escrocs, les traders-fraudeurs, etc. En 2008, la crise financière mondiale révèle ces dérives et la banque n’évite la faillite que grâce au soutien des contribuables. Son cours en bourse s’est effondré depuis longtemps et les mauvais investisseurs n’ont plus que leurs yeux pour pleurer !

Cette banque dirigée par des forbans et contrôlée par des incompétents aurait du normalement être laissée en faillite et les responsables de ce désastre orientés vers la case prison. Il n’en fut rien : la République décida de sauver la banque et nombre de ses dirigeants furent révoqués avec de très confortables indemnités. Depuis Natixis continue d’exister en tant que banque d’investissement, sans doute mieux gérée qu’auparavant. La moins-value financière constatée par les investisseurs de la première heure est à la hauteur de l’incompétence de ceux qui l’ont amené à l’un des gros scandales financiers de notre temps et sans que personne n’ait vraiment endossé la responsabilité de l’escroquerie.

Le système des retraites selon la CGT

Philippe Martinez, chef du syndicat CGT explique ce matin sur France Culture sa vision du système de retraites que l’on peut résumer ainsi :

  • Rejet total du projet actuel de réforme proposée par le pouvoir en place établissant, notamment, une retraite universelle dite « à points » et la suppression des régime spéciaux.
  • Elargissement des domaines d’application des « régimes spéciaux » plus favorables que le régime général.
  • Retour à la retraite à 60 ans pour tous, sauf ceux qui bénéficient déjà d’un âge de départ inférieur à 60 ans et qui doivent le conserver.
  • Que les opposants aux régimes spéciaux viennent se lever tous les jours à 3 heures du matin pour conduire un bus à Saint-Denis et on les réinterrogera ensuite sur ce qu’ils pensent de ces traitements plus favorables.
  • Et pour le financement : instauration d’une taxe de 50% sur les dividendes versés aux capitalistes du CAC40 et l’on pourra même financer au-delà des régimes de retraite.

Tout est dit ! Il suffit maintenant de trouver une majorité de parlementaires pour voter pour une réforme allant dans le sens de ces propositions. Si on ne peut rassembler une telle majorité, eh-bien c’est une autre réforme qui sera votée. Ainsi va la démocratie.

La mère des réformes pour les retraites

Après plus d’une année de travail un « haut-commissaire à la réforme des retraites » a présenté un rapport en ce sens au premier ministre. Le document de 132 pages est assez facilement compréhensible par ceux qui prennent la peine de le lire et qui sont plutôt rares si l’on en juge par les réflexions et questions assénées au Café du commerce et sur les plateaux télévisés.

Le rapport prend acte que le système des retraites français date de 1945 et qu’il est nécessaire de le faire évoluer pour s’adapter à notre société du XXIème siècle. Il s’agit en gros de maintenir un système par répartition (les actifs payent pour les retraités) et qui tend à l’universel c’est-à-dire un système unique où chacun accumule des points durant sa vie active et se les voit restituer sous forme de rente lors de sa retraite. La valeur du point est la même pour tous. Les plus de 40 systèmes existant de retraites spécifiques devraient donc être fusionnés dans un seul avec des conditions de solidarité particulières pour la prise en compte des carrières différentes.

La rente versée à la retraite sera fonction du nombre de points acquis et… de la valeur de celui-ci. Alors évidement comme lors de toute réforme, il y aura des gagnants et des perdants. Ceux qui ont à perdre s’agitent et ceux qui vont gagner sont silencieux. C’est à qui défendra le mieux les intérêts particuliers de certains, l’intérêt général étant allègrement passé aux oubliettes. Les syndicats opposés et les journalistes mobilisent leurs troupes et s’égosillent en questionnant : « mais comment sera fixé la valeur du point ? Celle-ci peut-elle baisser ? ». Il suffit de lire le rapport, la réponse est claire :

La détermination de l’évolution des retraites. Si la règle de revalorisation par défaut sera l’inflation, le Conseil d’administration aura la possibilité de proposer une règle pluriannuelle de revalorisation des retraites. Le cas échéant, cette modalité d’évolution permettra, compte tenu des prévisions économiques réalisées, d’ajuster la revalorisation des retraites à la situation du pays, sans dépendre trop fortement des évolutions conjoncturelles du cycle économique.

La détermination de la revalorisation de la valeur du point. Si la règle de revalorisation par défaut tiendra compte de l’évolution du revenu moyen par tête (RMPT), le Conseil d’administration aura la possibilité de proposer une autre règle de revalorisation, au regard d’une analyse pluriannuelle de la situation du système.

La détermination de l’évolution de l’âge du taux plein par génération. Si la règle par défaut consistera à s’assurer que les éventuels gains d’espérance de vie soient partagés à 2/3 pour l’allongement de la durée de vie en activité et à 1/3 pour l’allongement de la durée de vie en retraite, le Conseil d’administration pourra proposer de moduler cet âge par génération. Pour ce faire, il tiendra compte des évolutions de gains d’espérance de vie constatées au sein de la population française.

Tout est dit, le point évoluera comme l’inflation sauf… lorsqu’il évoluera différemment. Il pourra effectivement baisser ou augmenter en fonction de l’équilibre financier à long terme du système. C’est déjà le cas aujourd’hui où l’on joue à chaque réforme (tous les 4 ou 5 ans) sur les paramètres habituels : âge légal de départ, durée de cotisation et revalorisation (ou gel) des rentes. La proposition sur la table est de faire la même chose de façon plus transparente. Nous verrons ce que sera la loi finale mais les grands principes du rapport vont dans le bon sens.

Les actifs dévalorisés du fouteballe

Un feuilleton financiaro- footeux déroule ses épisodes depuis quelques semaines. Le pousseur de baballe Naymard, acheté plusieurs centaines de millions d’euros par un club parisien en 2017 (222 millions a priori), a des états d’âme et est annoncé dans un autre club. Cette somme de 222 M est versée par le club acheteur au club vendeur, c’est un investissement. Le salaire versé au joueur est une autre histoire. Il s’agit en fait d’un achat d’actif, un peu comme si une société achetait un bâtiment ou une usine, mais il s’agit d’un pousseur de baballe avec deux jambes et quelques neurones.

Comptablement les 222 millions sont inscrits au bilan du club et sont amortis sur la durée du contrat du joueur, exactement comme une machine est amortie sur sa durée de vie estimée. Si le joueur est revendu avant le terme de son contrat et que la somme convenue pour le transfert est inférieure à la valeur nette inscrite au bilan, eh bien il faudra comptabiliser une perte, ou un gain dans le cas contraire. Et même si la transaction n’est pas conclue mais que la valeur de marché du joueur est inférieure à sa valeur nette comptable le club devra déprécier son bilan et enregistrer une perte.

Le cas actuel de Naymard est caractéristique de cette situation. Le garçon souvent blessé ne joue plus beaucoup et ne semble plus intéresser grand monde au prix proposé. Son club voudrait s’en débarrasser mais sans devoir enregistrer de perte comptable. En face du coté des acheteurs, peu semblent intéressés par payer un tel prix pour un pousseur de baballe qui ne tient pas ses promesses. C’est un cas d’investissement assez classique, ce qui est plus inhabituel est qu’il porte sur un humain mais la logique comptable est la même. Ainsi va la fouteballe aujourd’hui !

Les déserteurs du FMI !

Cabu – Charlie Hebdo 2011

Une nouvelle fois un chef du Fonds monétaire international (FMI) déserte son poste avant son terme et avec la même nonchalance que nombre de ses prédécesseurs.

  • 2019, Christine Lagarde démissionne pour prendre un poste à la Banque centrale européenne
  • 2011, Dominique Strauss-Kahn démissionne pour aller en prison
  • 2007, Rodrigo Rato démissionne pour prendre un poste dans une banque d’affaires (il finira en prison pour une affaire de corruption liée à la faillite de la banque Bankia dont il était le chef)
  • 1987, Jacques de la Rosière démissionne pour prendre un poste à Banque de France

et sans doute d’autres encore auparavant.

La légèreté avec laquelle ces apprentis-responsables délaissent les fonctions importantes qui leur sont confiées par la communauté internationale, le plus souvent pour des maroquins qu’ils estiment plus en rapport avec leurs petits prestiges personnels, est confondante. Il est regrettable qu’au moins 3 français se soient lâchement débinés au milieu de leurs mandats, le cas de M. Strauss-Kahn est un peu particulier puisque c’est la police qui a mis fin à ses activités, mais le résultat est le même. Il est d’ailleurs probable que s’il n’avait pas été impliqué dans un crime il aurait quand même démissionné pour se présenter à l’élection présidentielle française de 2012. La police new-yorkaise a permis à la République française d’éviter un tel naufrage.

Il faudrait interdire aux Etats qui ont couvert de telles désertions de pouvoir représenter un nouveau candidat national pour au moins les deux mandats suivants.