Mort d’Alan White, batteur du groupe de rock progressiste Yes

Alan White (1948-2022) a été le batteur du groupe de rock progressiste Yes de 1972 à ces dernières années. Il est mort aujourd’hui aux Etats-Unis. Il avait remplacé Bill Bruford, batteur depuis la création du groupe en 1968, parti rejoindre King Crimson, autre groupe légendaire du rock progressiste britannique avec Genesis. White a participé à cette aventure du rock apparut après l’époque hippie et balayée par la vague punk à la fin des années 1970.

Ces trois groupes phares d’une période révolue continuent à jouer et à tourner aujourd’hui, mais ils se font vieux, la pendule tourne et certains disparaissent… la fin d’une époque !

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Mort d’Andy Fletcher, membre fondateur de Depeche Mode

Andrew Fletcher (1961-2022), claviériste britannique et cofondateur du groupe électrorock Depeche Mode est mort aujourd’hui à 60 ans. Ils étaient autre à l’origine : Martin Gore, Dave Gahan, Vincent Clark et Andy. Clark a quitté le groupe en 1981, Andy le déserte aujourd’hui, il reste les deux premiers. Ensemble ils ont écrit et joué parmi les tubes les plus emblématiques des années 1980-1990. Le groupe continuait à composer et à tourner pour le plus grand plaisir des vieux fans.

Lire aussi : Depeche Mode – 2013/06/15 – Paris le Stade de France & Depeche Mode – 2010/01/19 – Paris Bercy & Depeche Mode – 2006/02/21 – Paris Bercy
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BOILE Anthony, ‘The Stranglers – Black and White’.

Sortie : 2020, Chez : Discogonie.

Une analyse pertinente du troisième disque des Stranglers, « Black and White » (1978), dans cette jolie collection, « Discogonie », dont chaque volume est consacré à un disque de rock. Anthony Boile est un historien de l’art qui est manifestement un amateur de ce groupe marquant du post-punk et qui dure toujours depuis le mitan des années 1970.

Chaque chanson du disque est détaillée dans un chapitre dédié ce qui donne l’occasion de revenir sur la personnalité des musiciens et leurs références artistiques dans le contexte de l’époque. C’était la guerre froide, la crise économique, l’américanisation abêtissante de la jeunesse occidentale, le jubilé de la reine Elisabeth insultée par les Sex Pistols… le mouvement punk a balayé les hippies et les babas, choqué les bourgeois et fait exploser le monde du rock. Les Stranglers font partie de cette vague avec une spécificité musicale liée aux claviers de Dave Greenfield (1948-2020) que l’on a souvent comparé à Ray Manzarek des Doors.

A l’époque de « Black and White » la musique des Stranglers était rugueuse et ses membres ne dédaignaient pas de faire le coup de poing contre les journalistes ou les hooligans qui perturbaient leurs concerts. Ils se sont depuis un peu embourgeoisés mais continuent à produire des disques et à faire des tournées.

Au fur et à mesure du déroulement des chansons de l’album, Boile se penche sur les références politiques et littéraires de ce groupe engagé, l’intérêt du bassiste Jean-Jacques Burnel pour Mishima, celui du guitariste Hugues Cornwell pour Asimov, le nihilisme de tous qui a donné ces albums de légende dont « Black and White est l’un des symboles. L’auteur détaille aussi de façon intéressante les techniques musicales spécifiques qui marquent l’originalité du groupe.

« Black and White » : le livre est évidemment à lire en écoutant cet album charnière d’un groupe détonnant et attachant.

« THIS MUCH I KNOW TO BE TRUE – Nick Cave & Warren Ellis” de Andrew Dominik

Nick Cave continue à mettre sa vie artistique en scène avec ce nouveau film « This is much I know to be true » tourné au printemps 2021. Il s’agit d’une prestation live avec son compère Warren Ellis, tournée dans une ancienne église transformée en studio, les peintures religieuses parent toujours les murs, l’intérieur du bâtiment a été dépouillé de tout élément architectural ou mobilier offrant ainsi un immense espace dédié à la prestation musicale. Au centre trône un piano à queue autour duquel se répartissent les deux musiciens. La scène est cernée par un grand cercle en rail sur lequel roulent des caméras. Des choristes et des cordes interviennent sur certains morceaux qui sont tous joués par nos deux compères : Nick au chant et au piano, Warren au violon ou au clavier. Ils interprètent des morceaux de « Ghosteen » (dont la tournée programmée en 2020 a été annulée pour cause de pandémie) et de « Carnage » .

Lire aussi : Nick Cave & Warren Ellis – 2021/10/13 – Paris Salle Pleyel

Le résultat est subtil, tout en inspiration, loin du monde matériel, tourné vers la magie qui inspire les grands artistes, et le tragique de la vie de Nick Cave. Voila qui compense quelque peu l’annulation de la tournée « Ghosteen » pour cause de pandémie et nous replonge dans la magie de la tournée « Carnage » l’an dernier.

Nick Cave et son compère Warren Ellis continuent à mettre leur vie artistique en disques et en films, pour notre plus grand bonheur.

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Décès du musicien allemand Klaus Schulze

Klaus Schulze (1947-2022) est mort ce 28 avril. Il a été l’un des fondateurs de la musique électronique et l’un des premiers utilisateurs inventifs du synthétiseur. Membre éphémère du groupe allemand avant-gardiste Tangerine Dream, l’un des pionniers de la « musique planante » à la fin des années 1960. Il a sorti de très nombreux disques et créé ce style « space rock » fait de nappes de synthétiseur s’empilant les unes sur les autres pour donner ces harmonies électroniques propices aux médiations enfumées et intergalactiques.

Mort du rocker belge Arno

Triste nouvelle : le cancer dont souffrait Arno Hintjens depuis deux ans a eu raison du rocker flamand (1949-2022) qui s’est éteint ce 23 avril. Nous n’entendrons plus sa voix rocailleuse rocker nos âmes avec tendresse, humour et énergie, en français, en anglais ou en flamand. Musicien de textes et de scène, il a dédié sa vie au rock et aux tournées. Rocker du bonheur, il a chanté la vie et le bonheur de vivre, des petites choses aux grandes idées.

Adieu l’artiste !

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Le Bataclan « woke »

Au Bataclan, célèbre salle de concert rock parisienne, en plus des « hommes » et des « femmes », les toilettes accueillent les « non binaires » et les handicapés. On vit vraiment une époque formidable !

Lloyd Cole – 2022/03/29 – Paris le Bataclan

Lloyd Cole, né en 1961 au Royaume-Uni, toujours fidèle, pose ses guitares au Bataclan pour une soirée musicale délicieuse au milieu d’une courte tournée de petites salles de grandes villes européennes. Une carrière qui paraît sans fin et une discographie qui continue à s’enrichir, des formations à géométrie variable, majoritairement solo ces dernières années après un démarrage rock tonitruant avec les Commotions au début les années 1980 post-punk, près de 25 disques caractérisant ces époques dont une incursion dans l’électronique (Plastic Wood en 2001, Electronics en 2013), la richesse de cet artiste évidemment est sa voix de velours, posée sur des compositions subtiles et des textes tellement british, empreint de références littéraires et d’humour, alors il la promène depuis des années sur la scène pop-folk avec ses guitares électroacoustiques et son élégance naturelle tous les deux ou trois ans. Le passage par Paris est de rigueur !

Ce soir son ancien compère des Commotions, le guitariste Neil Clarck, est présent pour la deuxième partie de la soirée après un cours break que Llyod introduit en suggérant que les gens de « son âge », comme lui, feront ce qu’ils ont à faire durant cette pause… Neil joue une guitare électroacoustique et retrouve son rôle de guitariste-solo des Commotions. Il est également apparu sur certains des disques solos de Cole, dont le dernier, Guesswork (2109).

Ces deux musiciens complices, blanchis sous le harnais, se connaissent sur le bout des doigts, et les voir ensemble sur la même scène offre un régal des sens. Les jeunes spectateurs qui pensaient retrouver la période rock des Commotions à laquelle ils n’étaient pas nés, restent un peu dubitatifs face au romantisme qui émane de ce concert et dont les reprises de Rattlesnakes, Jennifer, Perfect Skin confirment tout l’intérêt. Les plus anciens continueront à suivre avec bonheur et sans nostalgie le parcours de cet artiste original qui a opté pour la douceur après avoir délaissé l’électricité de ses premières années.

C’est ainsi, le punk est mort, vive le crooner !

Setlist : Past Imperfect (Lloyd Cole and the Negatives song)/ Kids Today/ Rattlesnakes (Lloyd Cole and the Commotions song)/ Music in a Foreign Language/ My Bag (Lloyd Cole and the Commotions song)/ The Afterlife/ Moments and Whatnot/ Patience (Lloyd Cole and the Commotions song)/ Vin Ordinaire (Lloyd Cole and the Negatives song)/ Late Night, Early Town/ Are You Ready to Be Heartbroken? (Lloyd Cole and the Commotions song)/ Women’s Studies/ The Over Under/ Sentimental Fool/ Why I Love Country Music (Lloyd Cole and the Commotions song)/ Like a Broken Record/ Weeping Wine/ Jennifer She Said (Lloyd Cole and the Commotions song)/ 2cv (Lloyd Cole and the Commotions song)/Period Piece/ Woman in a Bar/ Ice Cream Girl/ Myrtle and Rose/ Night Sweats/ Violins/ Hey Rusty (Lloyd Cole and the Commotions song)/ Perfect Skin (Lloyd Cole and the Commotions song)/ Lost Weekend (Lloyd Cole and the Commotions song)

Encore : No Blue Skies/ Forest Fire (Lloyd Cole and the Commotions song)

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90 Wardour Street – London

Façade de l’ex-Marquee Club – 90 Wardour Str – London

Il y a 45 ans à l’été 1977, le chroniqueur enfiévré découvrait Londres et la musique rock en pleine explosion punk. Un premier concert à l’Hammersmith Odeon du groupe The Jam met dans l’ambiance. Les trois musiciens mod-revival, à peine sortis de l’adolescence, pantalons et cravates noirs sur chemises blanches, jouent devant un rideau blanc sur lequel est apparaît en lettres noires et coulantes : The Jam.

The Jam (Paul Weller) / Photo Richard Young

Ce trio à l’allure proprette déclenche l’enfer sur scène, sautant comme de beaux diables de leur boîte sur des riffs hallucinés. Leurs « vieilles » idoles sont The Who et The Small Faces. Puis, inspirés par le mouvement punk, dont ils restent un peu à l’écart, ils en délivrent l’énergie brute. La jeunesse londonienne adore, des filles aux cheveux bleus et oranges sur leurs T-shirts déchirés se succèdent pour danser dans les allées de cette salle de concerts-rock mythique de la capitale britannique. Leur premier disque In the City vient de sortir au milieu de la tornade musicale punk qui saisit le Royaume-Uni. Il est joué intégralement ce soir-là, In the City est même repris en rappel, sans doute par manque de chansons pour ce groupe qui ne joue ses propres compositions que depuis quelques mois et dont ce premier disque comporte trois reprises.

The Jam mènera sa route jusqu’au début des années 1980 puis le guitariste-chanteur Paul Weller empruntera le chemin de traverse d’une carrière solo plutôt réussie, créant différents groupes, dont Style Council, ou chantant sous son propre nom. Le mouvement britpop (Oasis, Pulp, Blur) des années 1990 l’éleva au rang de Modfather.

Eberlué par cette nouvelle expérience le chroniqueur la poursuivra durant son séjour par de fiévreuses soirées au Marquee Club, une petite salle où se produisent des groupes dont beaucoup vont devenir célèbres. La scène est à peine surélevée, entre piste de danse et bar louche, les spectateurs s’y pressent dans la chaleur de l’été et la fumée des cigarettes. Nous sommes en pleine période punk, la mode est de cracher sur le monde, musiciens et spectateurs ne s’en privent pas et il faut parfois jongler pour éviter les glaviots… Tout est plutôt déglingué au Marquee mais quel bonheur d’y suivre en direct le monde en marche du Rock qui va bientôt déboucher sur new wave, cold wave et la suite.

On ne connait aucun des groupes qui se produisent sinon par la lecture rapide de la presse rock (New Musical Express et Melody Maker). En ce mois d’août 1977 on se souvient notamment des Boomtown Rats, groupe irlandais qui vient de sortir son premier single et dont le chanteur Bob Geldorf s’engagera par la suite dans l’organisation de concerts en soutien à des causes humanitaires comme le Live Aid en 1985 (contre la famine en Ethiopie). Ce soir-là au Marquee, il termine en mini-slip, trempé de sueur comme les spectateurs, après une prestation scénique physique et désordonnée. Il y eut aussi Kingfish, le groupe monté par l’américain Bob Weir, l’un des guitaristes du Grateful Dead. Et tant d’autres soirées rock où le bonheur était de voir l’histoire musicale rock s’écrire sous nos yeux !

Programme du Marquee Club d’août 1977

45 ans plus tard plus rien ne subsiste du club au 90 Wardour Street, à deux pas de Piccadilly Circus, sinon une plaque commémorative informant que Keith Moon a joué ici avec les Who dans les années 1960. Pourquoi Moon et pas tous les autres qui se sont produits au Marquee, Hendrix, Bowie, The Rolling Stones, Joy Division, Roxy Music, The Sex Pistols, Ultravox, Dire Straits, The Buzzcocks et tant d’autres ? Qu’importe, après tout, Keith Moon témoigne aussi pour eux : fantasque, brillant et autodestructeur, il meurt en 1978 en pleine gloire à 32 ans d’une surdose de médicaments destinés à lutter contre son alcoolisme…

Mort de Marc Lanegan

Isobel Campbell & Mark Lanegan, la Cigale, Paris, 06/06/2008

Le musicien américain auteur-compositeur Marc Lanegan est mort hier à 57 ans en Irlande. Il était réputé pour sa voix sépulcrale qu’il mit au service de la cause grunge de Seattle. Ami de Kurt Cobain il fut aussi guitariste membre du groupe Queens of the Stone Age et de Screaming Trees avant de mener une carrière solo et la production de disques folk-blues à l’ambiance sombre dans laquelle sa voix décavée a fait merveille. Il collabora également avec Isobel Campbell du groupe Belle and Sebastian, un résultat très réussi en disques et en concerts.

Lire aussi : https://rehve.fr/2007/01/isobel-campbell-mark-lanegan-20070130-paris-le-trabendo/
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https://rehve.fr/2008/06/isobel-campbell-mark-lanegan-20080606-paris-la-cigale/
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Mort du musicien britannique Ian McDonald

Ian McDonald (1946-2022) est mort ce 11 février d’un cancer. Il fut l’un de cocréateurs du groupe King Crimson et participa à son disque fondateur : In the Court of the Crimson King (1969) dont il cosigne toutes les compositions. Multi-instrumentiste il joue en particulier de la flûte et du saxophone. Ce disque majeur a lancé le rock progressiste et fut très marquant pour l’époque. McDonald n’est pas resté longtemps dans le groupe qu’il a quitté pour co-fonder en 1976 le groupe Foreigner, de bien moindre intérêt, sorte de grosse machine américaine sans beaucoup d’inspiration. Il est revenu joué du sax sur l’album Red des Crimson en 1974, autre disque capital du groupe, ouvrant la voie de la musique répétitive des guitares métalliques, filon que King Crimson continue d’exploiter aujourd’hui.

Lire ausi : https://rehve.fr/2000/06/king-crimson-20000624-paris-le-grand-rex/

Le groupe est toujours dirigé par l’exceptionnel guitariste-auteur-compositeur Robert Fripp (75 ans), qui, outre son immense talent de musicien a su également s’entourer d’artistes d’exception comme Ian McDonald.

Lire aussi : https://rehve.fr/2017/03/john-wetton-est-mort-le-31-janvier-2017/

Lire aussi : https://rehve.fr/2017/01/greg-lake-est-mort-le-9-decembre-2016/

Suzanne Vega – 2022/02/17 – Paris la Cigale

Après quelques reports dus à la situation sanitaire, Suzanne Vega nous revient à Paris à la Cigale (avant un autre concert à l’Olympia le 22 juin) pour un show intimiste, accompagnée de son fidèle guitariste irlandais Gerry Leonard. Elle n’a pas produit beaucoup de nouvelle musique malgré la pause Covid mais a rassemblé dans un disque live d’anciennes compositions plus ou moins liées à New-York, sa ville d’adoption (elle est née en Californie à Santa-Monica). Enregistré au Café Carlyle le 11 septembre 2020, le disque s’appelle An Evening of New York Songs and Stories, et c’est d’ailleurs le nom de sa tournée actuelle.

Pas vraiment de nouveauté donc, ni dans les morceaux choisis ni dans leur interprétation ; si tout de même, une reprise de Blondie, autre égérie new-yorkaise, en plus trash, des années punk 1970-1980. Qu’importe, car on ne se lasse pas du charme tranquille de cette artiste intemporelle qui envoute son public de sa musique folk chantée avec une si jolie voix. Evidemment elle nous raconte toujours un peu les mêmes histoires dont celle de son premier amoureux de Liverpool : In Liverpool/ On Sunday/ No reason to even remember you now…

Mais le charme opère dès qu’elle entre en scène, et encore plus lorsqu’elle ouvre le show avec Marlene on the Wall :

Even if I am in love with you
All this to say, what’s it to you?
Observe the blood, the rose tattoo
Of the fingerprints on me from you

Elle s’accompagne merveilleusement bien à la guitare électro-acoustique et Gerry apporte sa touche électrique énergisante à un show poétique et parfait. Nous sommes à New-York, peut-on entrer dans l’univers musical de cette ville dans évoquer son enfant terrible : Lou Reed ? Bien sûr que non alors elle interprète Walk on the Wild Side qu’elle a déjà à son catalogue depuis quelques années.

An Evening of New York Songs and Stories : un concert dispensable, mais pourquoi faudrait-il s’en passer ?

Setlist : Marlene on the Wall/ Freeze Tag/ Caramel/ Gypsy/ In Liverpool/ The Queen and the Soldier/ Frank & Ava/New York Is My Destination/ New York Is a Woman/ Walk on the Wild Side (Lou Reed cover)/ Left of Center/ I Never Wear White/ Some Journey/ Luka/ Tom’s Diner

Encore : Dreaming (Blondie cover)/ Tombstone/ Rosemary

Encore 2 : Blood Makes Noise

Madonna « The Confessions Tour » (2007)

Enregistré au stade de Wembley à Londres en 2006, la vidéo du show de Madonna fait plaisir à revoir. La tournée suit la sortie de l’excellent album Confessions on a Dance Floor en 2005. L’artiste américaine est dans une forme resplendissante, entourée d’une troupe de danseurs et danseuses, un quart ballet, trois-quarts hip-hop. Tout ce petit monde produit un show brillant et un peu tape-à-l’œil. Les musiciens sont plutôt en arrière-scène pour laisser le devant à la mise en scène orientée domination, sado-masochisme et provocations religieuses, sexuelles et politiques.

Les tableaux scéniques se succèdent dans un déluge d’écrans gigantesques, de cages barreaudées où les danseurs-bellâtres se jettent dans des performances physiques éblouissantes et de références sulfureuses comme sur Live to Tell où la Madone chante crucifiée sur une gigantesque croix en diamants, la tête sertie d’une couronne d’épines, sur fond d’images d’enfants africains censées contester les positions de l’Eglise sur la lutte contre le SIDA en Afrique. Le Vatican appréciera…

Derrière tout ce fatras de technologie scénique, de costumes et de muscles, il y a surtout Madonna la musicienne et la chanteuse qu’il ne faut pas oublier. Que l’on apprécie ou pas ses performances physiques ou le côté un peu simpliste des messages dont elle se fait le chantre, elle reste tout simplement une artiste innovante et exceptionnelle.

« Meat Loaf » est mort

« Meat Loaf », né Marvin Lee Aday en 1947 au Texas, est mort à 74 ans, a priori des suites de la Covid-19. Il fut le rocker d’un disque devenu légendaire en 1977 : « Bat out of Hell », vendu à plus de 40 millions d’exemplaires. Un album brillant, écrit par Jim Steinman, sur lequel on retrouve des musiciens du E-street Band de Bruce Springsteen, Max Weinberg (batterie) et Roy Bittan (piano), Ellen Foley, choriste (ex-copine de Mick Jones, guitariste des Clash) ainsi que l’immense guitariste-producteur Todd Rundgren. Le résultat est un disque éclatant, baroque, symphonique, un déchaînement instrumental sur lequel se pose la voix aigüe et urgente de Meat Loaf. Bref, un jalon du rock des années 1970.

L’homme était physiquement aussi imposant que ses prestations étaient démesurées et sa musique excessive. Meat Loaf a commis une dizaine d’autres albums et joué dans des films et des séries.

Angela Merkel et Nina Hagen vous saluent bien

Alors que la chancelière allemande Angela Merkel va laisser la place après 16 années de pouvoir, l’armée allemande lui présente ses adieux en jouant un morceau choisi par elle de… Nina Hagen. Pour les plus jeunes, rappelons que Nina est une chanteuse née en Allemagne de l’est en 1955 au temps du mur. Elle sortit un premier hit à Berlin-Est : « Du hast den Farbfilm vergessen » (« Tu as oublié la pellicule couleur ») devenu mythique et c’est justement ce morceau choisi par Mme. Merkel que la Bundeswehr lui a joué en version instrumentale

En 1978, elle a suivi à l’ouest son beau-père déchu de sa nationalité est-allemande, elle monte un groupe, le Nina Hagen Band, qui sort un disque éponyme révolutionnaire dans lequel elle fait déjà preuve d’une incroyable agilité vocale et d’un talent pour grimacer de façon clownesque qu’elle exprime sur scène (voir vidéo). Ses musiciens ont des allures improbables, moitié bande à Baader, moitié drag-queens, mais s’avèrent de redoutables instrumentistes. Elle a poursuivi ensuite sa carrière avec la production d’une vingtaine de disques plus ou moins réussis, agrémentés de quelques provocations dont elle a le secret.

Une artiste originale à laquelle il était plutôt inattendu que la chancelière Merkel se réfère dans le cadre de sa cérémonie d’adieux à l’armée nationale. Un clin d’œil de cette grande dirigeante qui confirme en plus qu’elle a très bon goût. On ne sait pas à ce stade ce que Nina Hagen a pensé de ce choix…

Patti Smith en concert acoustique au Panthéon pour les 50 ans de FIP

Patti Smith en concert au Panthéon par Christophe Abramowitz ©Radio France

Après ses deux concerts au Grand Rex en octobre, Patti Smith (75 ans) est de retour à Paris pour jouer au Panthéon dans le cadre de l’anniversaire des 50 ans de la radio FIP. Elle succède à Sting dans ce lieu majestueux. Elle est accompagnée de son fils Jackson à la guitare, sa fille Jesse aux claviers et de Tony Shanahan à la basse sur les derniers morceaux.

Le show est diffusé sur FIP et réservé, sur place, à quelques happy few. Patti passe par quelques chansons de son répertoire plutôt peu jouées et une reprise de Bob Dylan. Elle chante avec sa voix grave et on l’imagine tout sourire sous ses cheveux gris, épanouie après toutes ces années de combat et d’écriture, mais toujours sincère et convaincue. Ce court concert se termine sur un People Have the Power plus apaisé que son habituelle version jouée en électrique le poing levé !

People have the power to dream
People have the power to strike
People have the power to vote
People have the power to love

Et notre poétesse-punk tire sa révérence rappelant aux spectateurs « Don’t forget it: USE YOUR VOICE ».

On peut la réécouter sur le podcast FIP, une radio de bon goût !

https://www.fip.fr/emissions/live-a-fip/patti-smith-en-concert-au-pantheon

« Le pansement Schubert » à la salle Gaveau

A la suite de la sortie de son récit « Le pansement Schubert », la violoncelliste et art-thérapeute Claire Oppert. Se produit ce soir avec son trio (violoncelle, piano [Roustem Saitkoulov, le mari] et violon [Maxim Vengerov]), le Dr Gomas, spécialiste des soins palliatifs, Éric Fiat, professeur de philosophie et d’éthique médicale et Elodie Navarre, comédienne.

La soirée commence par l’andante du trio op. 100 de Schubert puis les pièces musicales sont ponctuées des interventions parlées. Claire Oppert parle avec beaucoup de sensibilité de son expérience musicale pour accompagner la douleur, le Dr Gomas de sa collaboration avec Claire dans le cadre d’un essai clinique pour suivre et mesurer les effets de la musique sur les patients, un effet généralement apaisant et le philosophe Fiat de la vie et de l’œuvre de Schubert (un peu romancée tout de même) avec une délicate admiration et des digressions vers La Fontaine. La dernière partie de la soirée voit revenir le trio accompagné de la comédienne qui lit quelques chapitres du livre de Claire Oppert pendant que les musiciens jouent les pièces qui sont citées dans ces chapitres et utilisées comme « pansement ».

Lire aussi : https://rehve.fr/2021/04/oppert-claire-le-pansement-schubert/

La salle Gaveau est pleine, sans doute en grande partie par des spectateurs qui ont croisé la maladie ou la souffrance chez leurs proches ou pour eux-mêmes. Tous sont admiratifs de voir ces esprits brillants et subtils consacrer leur art et leurs connaissances pour accompagner le cheminement des malades, le plus souvent vers leur fin. Tous se félicitent que notre vieille démocratie française consacre encore des ressources humaines et financières à cette noble tâche.

Programme

  • Franz Schubert, Trio op. 100, II. Andante
  • Franz Schubert, Impromptu op. 90 n°3
  • Piotr Tchaïkovski, Trio op. 50, I. Pezzo elegiaco

Nick Cave & Warren Ellis – 2021/10/13 – Paris Salle Pleyel

Alors que le monde était confiné, Nick Cave et son compère Warren Ellis ont composé et enregistré Carnage. A Nick les textes et à eux deux la musique. Le résultat est joué pour deux soirées Salle Pleyel en formation réduite : Nick et son piano à queue, Warren avec un mini-clavier, son violon et sa flute (une guitare est positionnée derrière lui mais ne sera pas utilisée), un bassiste-batteur-DJ et trois choristes.

Les trois hommes portent costume gris, chemises blanches pour Nick et Warren, boots en croco pour ce dernier, chemise noire à poids blancs pour le troisième. Bel hidalgo longiligne, la voix de plus en plus grave, le cheveux noir-geais permanenté vers l’arrière, Nick Cave délivre son chanté-parlé comme une longue thérapie musicale face au tragique des thèmes qui l’assaillent : Dieu, le temps, le chaos du monde, et, bien sûr, la perte de son fils qui plane au-dessus de certains morceaux.

Plutôt guilleret sur scène, Cave se tourne vers Ellis pour traduire ses propos, esquisse quelques acrobaties et retourne vers son piano et une musique si sombre pour des mots poétiques et éthérés. Un très beau concert, deux rappels et un immense bonheur répandu sur cette sympathique Salle Pleyel.

Seule faute de goût, le prix du billet à 93 euros !

A reindeer frozen in the footlights steps back into the woods 
My heart it is an open road where we ran away for good 
Look over there, look over there 
The sun, a barefoot child with fire in his hair 
And then a sudden sun explodes 
It was you, it was you and only you
And it's only love driving through the rain
Rolling down the mountains like a train
(Carnage)

Setlist

Spinning Song (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Bright Horses (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Night Raid (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Carnage/ White Elephant/ Ghosteen (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Lavender Fields/ Waiting for You (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ I Need You (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Cosmic Dancer (T. Rex cover)/ God Is In The House (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Hand of God/ Shattered Ground/ Galleon Ship (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Leviathan (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Balcony Man

Encore : Hollywood/ (Nick Cave & the Bad Seeds cover)/ Henry Lee (Nick Cave & the Bad Seeds cover)