Arcade Fire – 2022/09/15 – Bercy

Kronic à venir

Setlist : Rhapsody in Blue (George Gershwin song)/ Age of Anxiety I/ Ready to Start/ Black Wave/Bad Vibrations (First time since 2008)/ It’s Never Over (Hey Orpheus) (Régine on B-stage)/ My Body Is a Cage (Win and Régine on B-stage)/ Afterlife/ Reflektor/ Age of Anxiety II (Rabbit Hole)/ The Lightning I/ The Lightning II/ Rebellion (Lies)/ Month of May (Tour debut)/ The Suburbs / The Suburbs (Continued)/ Unconditional I (Lookout Kid)/ Haïti (with Boukman Eksperyans)/ Sprawl II (Mountains Beyond Mountains)/ Everything Now

Encore : End of the Empire I-III (Encore performed on B-stage)/ End of the Empire IV (Sagittarius A*)/ Pendant que les champs brûlent (Niagara cover)/ Wake Up (with a 15mn-outro a cappella outside the arena)

Shine au Planétarium de Bretagne

« Shine » est un tribute-band consacré au Pink Floyd : six papys de Lannion épaulés par deux choristes plus jeunes, dont l’une joue du saxophone. Manifestement les anciens, musiciens amateurs, ont été de grands fans de ce groupe mythique et ont décidé en 2020 de se faire plaisir en rejouant la musique des Britanniques. Ils se composent de deux claviers, un guitariste, un bassiste, un batteur et un chanteur. Les instrumentistes sont d’un bon niveau et quand le concert commence sur les nappes de clavier de Shine on your crazy diamond le public replonge dans au cœur des mystères de cette musique de légende. Le petit problème apparaît lorsque le chanteur entre en scène… sa voix n’est pas vraiment à hauteur de celles de ses glorieux anciens.

Qu’importe on se régale de la set-list qui intègre tous les classiques du Pink Floyd : Confortably numb, Money, Saucerful of Secrets, Another Brick in the Wall, Mother, On the Turning Away… Nous sommes sous le dôme d’un planétarium sur lequel sont projetées les images de galaxies et d’étoiles en mouvement, si bien adaptées à cette musique planante qui a marqué nos jeunes années.

Evidemment, on est loin de la sophistication de l’original et de l’immense talent des musiciens britanniques, mais les papys se font plaisir et nous font passer un bon moment. Mention spéciale pour l’une des choristes qui joue aussi (bien) du saxophone et pour le guitariste très bon instrumentiste.

Joe Jackson – 2022/07/12 – Salle Pleyel

Kronic à venir

Setlist : One More Time/ Big Black Cloud/ Sunday Papers/ Dave/ Look Sharp!/ Fabulously Absolute/ Solo (So Low) (Joe piano solo)/Real Men (Joe piano solo)/ Knowing Me, Knowing You (ABBA cover) (Joe piano solo)/ Love at First Light (Joe piano solo)/ The Blue Time/ Blaze of Glory/ Fool/ Sing You Sinners (Tony Bennett cover)/ Is She Really Going Out With Him?/ It’s Different for Girls/ I’m the Man

Encore : You Can’t Get What You Want (Till You Know What You Want)/ Steppin’ Out

Flammarion, « David Bowie »

Sortie : 2022, Chez : Flammarion.

Les éditions Flammarion ont demandé à une vingtaine de photographes qui ont eu, à un moment ou à un autre, à photographier l’artiste David Bowie de rassembler quelques un de leurs meilleurs clichés et de les introduire en quelques lignes.

Cela donne un ouvrage de qualité sur la rockstar et les différents personnages qu’il incarna. Les amateurs ont déjà vu la plupart des images mais ce livre de photos a sa place dans toute bibliothèque d’admirateur du musicien. On se replonge avec bonheur dans les photos du Thin White Duke, celles de la tournée « Heroes », celle publiée en couverture de Libération le jour de sa mort où l’artiste est allongé avec sa fille encore nourrisson posée sur son ventre, devant une fenêtre donnant sur la ville de New York, celles de l’époque London Boy, bref un retour passionné sur la carrière à l’incroyable créativité du musicien britannique.

St. Vincent – 2022/07/05 – Philharmonie de Paris

Kronic à venir

Setlist : Digital Witness/ Down/ Birth in Reverse/ Daddy’s Home/ New York/ …At the Holiday Party (not on setlist)/ Prince Johnny (solo version, not on setlist)/ Los Ageless/ Sugarboy/ Fast Slow Disco/ Pay Your Way in Pain/ Cheerleader/ Year of the Tiger/ Fear the Future

Encore : Your Lips Are Red/ The Melting of the Sun

The Dandy Warhols – 2022/06/15 – Paris l’Olympia

Fidèles à la scène parisienne, les Dandy Warhols sont de retour après la pause liée au Covid pour un concert bien envoyé à l’Olympia. Pas de nouveauté depuis leur passage en 2016, toujours installés en ligne, les quatre musiciens jouent imperturbablement leur catalogue : Courtney (chant et guitare), Pete (guitare), Zia (key- bass) et Brent (batterie).

Zia en chemisier-jupette est resplendissante derrière ses claviers et ses tatouages. Peut-être un peu plus délicieusement dodue que la dernière fois elle jongle entre ses instruments au milieu de généreux éclats de rire. Ses trois compères sont plus sombres et détachés. Pete porte un pantalon argenté et sous son éternel chapeau, économe de ses gestes déchaîne les cordes de ses guitares. Courtney, grande bringue en cheveux longs nattés arrive sur la scène et en repart avec sa sacoche en cuir qu’il porte en bandoulière et dont on ne sait toujours pas ce qu’elle contient. Avec son habituelle économie de parole il commence par essayer de se rappeler la dernière fois que le groupe est passé par Paris… c’était en 2016 au Trianon.

Leur rock reste détonnant et réjouissant. Les sonorités garage et saturées qu’ils affectionnent font fureur chez un public convaincu. Les morceaux s’enchaînent sous la rhythmique inusable de Courtney jouée sur sa guitare tenue avec le manche presque vertical. Ce rythme régulier, plein, inébranlable ressemble à celui du train à vapeur des conquérants de l’Ouest. Au milieu des grands espaces, rien ne l’arrête. Et justement les Dandy sont de l’Ouest, Portland, Oregon sur les rives de la côte pacifique, elle aussi lieu des grandes houles de l’océan dont la force évoque leur musique. Sa voix rocailleuse et entrainante est diffusée alternativement via deux micros dont l’un la traite de façon métallique.

Sous son chapeau, regardant plutôt ses cordes que le public, Pete assure sa partie avec brio et larsen. Il triture ses guitares et ses pédales et renforce le côté rock psychédélique de l’ensemble. Ses doigts effleurent à peine son instrument qu’un son étourdissant en jaillit aussitôt. On le dirait sur un nuage déchainant l’éclair zébrant la mélodie.

Zia est toujours aussi sympathique, s’activant sur ses key-bass à grands renforts de moulinets lorsqu’elle bat le rythme avec son tambourin à main qu’elle frappe sur sa hanche. Sur Well They’re Gone elle souffle une petite ritournelle triste dans un clavier à vent. Comme à son habitude elle va se promener cinq minutes en coulisses au milieu du show pendant que Courtney improvise pour faire patienter le public en attendant son retour.

Tous les hits du groupe sont délivrés sans pause ni coup férir. Une machine bien huilée, chacun y trouve son bonheur.

La fin du concert s’annonce quand une nouvelle guitare est passée à Pete sur laquelle il joue les longs glissandos réverbérés introduisant Godless :

Hey, I said you were Godless then
It seems like you're a soulless friend.
As thoughtless as you were back then,
I swear that you are Godless.

Et alors que résonne les derniers accords sur You’re Godless/ You’re Godless/ You’re Godless… Courtney remballe sa sacoche en cuir marron qu’il n’a toujours pas ouverte. Les hommes quittent la scène sur les derniers larsens laissant Zia manipuler ses machines. Elle nous gratifie de son habituelle chansonnette a cappella avant de rejoindre ses camarades et poursuivre route ordinaire d’un groupe de rock, hier à Bruxelles, demain à Zurich.

Il n’y a pas de rappel. C’était juste un concert en or des Dandy Warhols à Paris !

Set-list :  Be-In/ Ride/ Crack Cocaine Rager/ Not If You Were the Last Junkie on Earth/ We Used to Be Friends/ STYGGO/ Arpeggio Adaggio/ I Love You/ Hard On for Jesus/ Well They’re Gone/ Nobody’s Diary (Yazoo cover)/ You Were the Last High/ Holding Me Up/ Catcher in the Rye/ Be Alright/ Bohemian Like You/ Horse Pills/ Get Off/ Godless/ Zia Outro/ Highlife (A cappella version)

Visiter aussi : https://www.danstafaceb.com/portfolio-the-dandy-warhols-olympia-paris-15-juin-2022/

The Smile – 2022/06/06 – Paris la Philharmonie

La créativité sans borne de Thom Yorke leader-fondateur du groupe britannique Radiohead fondé en 1985, l’amène à décliner son imagination musicale via un nouveau groupe, The Smile, monté avec son compère Jonny Greenwood par ailleurs guitariste de Radiohead, non dépourvu d’inspiration créative lui non plus, c’est le moins que l’on puisse dire, et Tom Skinner,batteur du groupe de jazz Sons of Kemet. Ce nouveau groupe est produit par Nigel Godrich, l’indéboulonnable producteur, et membre caché, de Radiohead. Le trio et ses machines passe pour deux soirées à la Philharmonie de Paris dans le cadre du festival Days Off.

Avec de pareils calibres réunis dans une nouvelle formation, autant dire que les deux soirées sont complètes et la Philharmonie est pleine des admirateurs de ces musiciens qui déclinent leur inventivité sous la forme d’un groupe restreint monté à l’occasion de la crise sanitaire qui a réduit leurs interactions sociales et musicales. Le quatrième membre de ce supergroupe est évidemment le fatras de machines électroniques qui parsèment la scène de la grande salle Pierre Boulez sur lesquelles Thom et Jonny vont s’escrimer lorsqu’ils lâchent les cordes des bass et des guitares dont ils se saisissent selon les morceaux joués. Quelques problèmes techniques sur le lancement de Waving a White Flag obligent Yorke à faire quelques aller-retours entre les machines capricieuses afin de faire rentrer les récalcitrantes dans le rang.

On aurait pu craindre un Radiohead au rabais, que nenni ! ces trois-là s’expriment d’une manière originale sous l’aile protectrice de leur producteur historique Nigel Goodrich. Jonny et Thom alternent les instruments (guitares, bass, claviers, machines) et la voix de ce dernier plane loin au-dessus de l’âme des spectateurs, éthérée dans les morceaux mystiques, saccadée lors des parties plus électro, elle est l’instrument principal de ce combo impromptu. Les morceaux se déroulent avec harmonie, du romantique au mécanique, dans un dépouillement sophistiqué qui tend à la pureté.

Les instruments forment le cadre harmonieux où se pose la voix de Yorke qui vrille les âmes et touche vraiment au sublime. Qu’elle soit plaintive ou vigoureuse, décrochée et solitaire dans les aigus ou rythmée par le beat des machines, de Radiohead à The Smile, en passant par les performances solos de cet artiste britannique si inspiré, cette évolution vers plus electro était déjà sensible dans l’évolution de la production discographique du groupe Radiohead, dans celle aussi de Thom Yorke qui a sorti plusieurs disques sous sa seule signature, plus « DJ », que rock, d’ailleurs également joués à la Philharmonie en 2019, où les boucles synthétiques remplacent les guitares. The Smile assure une harmonieuse synthèse entre les deux.

Au sortir de ce show intriguant et fascinant, les fans historiques de Radiohead attendent toujours la prochaine production du groupe qui seul, jusqu’ici, les enthousiasme complètement, leur âge moyen les rendant tout de même moins réceptifs à l’électronique…

Setlist : The Smile (William Blake song) (Read by Cillian Murphy)/ The Same/ The Opposite/ You Will Never Work in Television Again (with Robert Stillman)/ Pana-Vision/ The Smoke/ Speech Bubbles/ Thin Thing/ Bodies Laughing/ Open the Floodgates/ Free in the Knowledge/ A Hairdryer/ Waving a White Flag (Started again due to sequencer difficulties)/ We Don’t Know What Tomorrow Brings/ Skrting on the le publicSurface

Encore : Just Eyes and Mouth/ Feeling Pulled Apart by Horses (Thom Yorke song)

1ère partie : Robert Stillman

[Portfolio] – The Smile Festival Days Off 2022

Mort d’Alan White, batteur du groupe de rock progressiste Yes

Alan White (1948-2022) a été le batteur du groupe de rock progressiste Yes de 1972 à ces dernières années. Il est mort aujourd’hui aux Etats-Unis. Il avait remplacé Bill Bruford, batteur depuis la création du groupe en 1968, parti rejoindre King Crimson, autre groupe légendaire du rock progressiste britannique avec Genesis. White a participé à cette aventure du rock apparut après l’époque hippie et balayée par la vague punk à la fin des années 1970.

Ces trois groupes phares d’une période révolue continuent à jouer et à tourner aujourd’hui, mais ils se font vieux, la pendule tourne et certains disparaissent… la fin d’une époque !

Lire aussi : Décès de Chris Squire
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Mort d’Andy Fletcher, membre fondateur de Depeche Mode

Andrew Fletcher (1961-2022), claviériste britannique et cofondateur du groupe électrorock Depeche Mode est mort aujourd’hui à 60 ans. Ils étaient autre à l’origine : Martin Gore, Dave Gahan, Vincent Clark et Andy. Clark a quitté le groupe en 1981, Andy le déserte aujourd’hui, il reste les deux premiers. Ensemble ils ont écrit et joué parmi les tubes les plus emblématiques des années 1980-1990. Le groupe continuait à composer et à tourner pour le plus grand plaisir des vieux fans.

BOILE Anthony, ‘The Stranglers – Black and White’.

Sortie : 2020, Chez : Discogonie.

Une analyse pertinente du troisième disque des Stranglers, « Black and White » (1978), dans cette jolie collection, « Discogonie », dont chaque volume est consacré à un disque de rock. Anthony Boile est un historien de l’art qui est manifestement un amateur de ce groupe marquant du post-punk et qui dure toujours depuis le mitan des années 1970.

Chaque chanson du disque est détaillée dans un chapitre dédié ce qui donne l’occasion de revenir sur la personnalité des musiciens et leurs références artistiques dans le contexte de l’époque. C’était la guerre froide, la crise économique, l’américanisation abêtissante de la jeunesse occidentale, le jubilé de la reine Elisabeth insultée par les Sex Pistols… le mouvement punk a balayé les hippies et les babas, choqué les bourgeois et fait exploser le monde du rock. Les Stranglers font partie de cette vague avec une spécificité musicale liée aux claviers de Dave Greenfield (1948-2020) que l’on a souvent comparé à Ray Manzarek des Doors.

A l’époque de « Black and White » la musique des Stranglers était rugueuse et ses membres ne dédaignaient pas de faire le coup de poing contre les journalistes ou les hooligans qui perturbaient leurs concerts. Ils se sont depuis un peu embourgeoisés mais continuent à produire des disques et à faire des tournées.

Au fur et à mesure du déroulement des chansons de l’album, Boile se penche sur les références politiques et littéraires de ce groupe engagé, l’intérêt du bassiste Jean-Jacques Burnel pour Mishima, celui du guitariste Hugues Cornwell pour Asimov, le nihilisme de tous qui a donné ces albums de légende dont « Black and White est l’un des symboles. L’auteur détaille aussi de façon intéressante les techniques musicales spécifiques qui marquent l’originalité du groupe.

« Black and White » : le livre est évidemment à lire en écoutant cet album charnière d’un groupe détonnant et attachant.

« THIS MUCH I KNOW TO BE TRUE – Nick Cave & Warren Ellis” de Andrew Dominik

Nick Cave continue à mettre sa vie artistique en scène avec ce nouveau film « This is much I know to be true » tourné au printemps 2021. Il s’agit d’une prestation live avec son compère Warren Ellis, tournée dans une ancienne église transformée en studio, les peintures religieuses parent toujours les murs, l’intérieur du bâtiment a été dépouillé de tout élément architectural ou mobilier offrant ainsi un immense espace dédié à la prestation musicale. Au centre trône un piano à queue autour duquel se répartissent les deux musiciens. La scène est cernée par un grand cercle en rail sur lequel roulent des caméras. Des choristes et des cordes interviennent sur certains morceaux qui sont tous joués par nos deux compères : Nick au chant et au piano, Warren au violon ou au clavier. Ils interprètent des morceaux de « Ghosteen » (dont la tournée programmée en 2020 a été annulée pour cause de pandémie) et de « Carnage » .

Lire aussi : Nick Cave & Warren Ellis – 2021/10/13 – Paris Salle Pleyel

Le résultat est subtil, tout en inspiration, loin du monde matériel, tourné vers la magie qui inspire les grands artistes, et le tragique de la vie de Nick Cave. Voila qui compense quelque peu l’annulation de la tournée « Ghosteen » pour cause de pandémie et nous replonge dans la magie de la tournée « Carnage » l’an dernier.

Nick Cave et son compère Warren Ellis continuent à mettre leur vie artistique en disques et en films, pour notre plus grand bonheur.

Lire aussi : « 20 000 jours sur terre » de Iain Forsyth & Jane Pollard

Clap Your Hands Say Yeah – 2022/05/09 – Paris La Maroquinerie

Photo Robert Gil

Le groupe américain Clap Your Hands Say Yeah (CYHSY), emmené par son fondateur-guitariste-chanteur Alec Ounsworth, se produit à la Maroquinerie. En première partie, une jeune femme solitaire à la voix douce s’accompagne aux claviers ou à la guitare. Sa dernière chanson voit les CYHSY monter sur scène pour l’occasion. Un prêté pour un rendu, elle assure ensuite les claviers pour le show du groupe phare de la soirée.

Coiffé de son inévitable casquette-bonnet, Alec Ounsworth emmène son groupe indépendant new-yorkais avec énergie et bonhommie pour un agréable concert dans cette petite salle parisienne. Fondé en 2004, CYHSY rassemble une bande de musiciens de Brooklyn qui se sont connus dans les collèges arty de New York et ont monté ce groupe « indépendant » sous la houlette de son créateur, Alec, guitariste virtuose et compositeur élégant.

Les musiciens enthousiastes déroulent leur musique joyeusement électrique pour le plus grand bonheur d’un public initié. La voix haut perchée d’Ounworth posée sur son jeu de guitare débridé réchauffe l’atmosphère d’une fin de printemps parisien déjà caniculaire. Mais c’est de la bonne chaleur, celle de musiciens heureux et créatifs.

Lire aussi : Les autres chroniques

Décès du musicien allemand Klaus Schulze

Klaus Schulze (1947-2022) est mort ce 28 avril. Il a été l’un des fondateurs de la musique électronique et l’un des premiers utilisateurs inventifs du synthétiseur. Membre éphémère du groupe allemand avant-gardiste Tangerine Dream, l’un des pionniers de la « musique planante » à la fin des années 1960. Il a sorti de très nombreux disques et créé ce style « space rock » fait de nappes de synthétiseur s’empilant les unes sur les autres pour donner ces harmonies électroniques propices aux médiations enfumées et intergalactiques.

Mort du rocker belge Arno

Triste nouvelle : le cancer dont souffrait Arno Hintjens depuis deux ans a eu raison du rocker flamand (1949-2022) qui s’est éteint ce 23 avril. Nous n’entendrons plus sa voix rocailleuse rocker nos âmes avec tendresse, humour et énergie, en français, en anglais ou en flamand. Musicien de textes et de scène, il a dédié sa vie au rock et aux tournées. Rocker du bonheur, il a chanté la vie et le bonheur de vivre, des petites choses aux grandes idées.

Adieu l’artiste !

Lire aussi : Lire aussi : https://rehve.fr/2016/05/arno-paris-le-trianon/
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Le Bataclan « woke »

Au Bataclan, célèbre salle de concert rock parisienne, en plus des « hommes » et des « femmes », les toilettes accueillent les « non binaires » et les handicapés. On vit vraiment une époque formidable !

Lloyd Cole – 2022/03/29 – Paris le Bataclan

Lloyd Cole, né en 1961 au Royaume-Uni, toujours fidèle, pose ses guitares au Bataclan pour une soirée musicale délicieuse au milieu d’une courte tournée de petites salles de grandes villes européennes. Une carrière qui paraît sans fin et une discographie qui continue à s’enrichir, des formations à géométrie variable, majoritairement solo ces dernières années après un démarrage rock tonitruant avec les Commotions au début les années 1980 post-punk, près de 25 disques caractérisant ces époques dont une incursion dans l’électronique (Plastic Wood en 2001, Electronics en 2013), la richesse de cet artiste évidemment est sa voix de velours, posée sur des compositions subtiles et des textes tellement british, empreint de références littéraires et d’humour, alors il la promène depuis des années sur la scène pop-folk avec ses guitares électroacoustiques et son élégance naturelle tous les deux ou trois ans. Le passage par Paris est de rigueur !

Ce soir son ancien compère des Commotions, le guitariste Neil Clarck, est présent pour la deuxième partie de la soirée après un cours break que Llyod introduit en suggérant que les gens de « son âge », comme lui, feront ce qu’ils ont à faire durant cette pause… Neil joue une guitare électroacoustique et retrouve son rôle de guitariste-solo des Commotions. Il est également apparu sur certains des disques solos de Cole, dont le dernier, Guesswork (2109).

Ces deux musiciens complices, blanchis sous le harnais, se connaissent sur le bout des doigts, et les voir ensemble sur la même scène offre un régal des sens. Les jeunes spectateurs qui pensaient retrouver la période rock des Commotions à laquelle ils n’étaient pas nés, restent un peu dubitatifs face au romantisme qui émane de ce concert et dont les reprises de Rattlesnakes, Jennifer, Perfect Skin confirment tout l’intérêt. Les plus anciens continueront à suivre avec bonheur et sans nostalgie le parcours de cet artiste original qui a opté pour la douceur après avoir délaissé l’électricité de ses premières années.

C’est ainsi, le punk est mort, vive le crooner !

Setlist : Past Imperfect (Lloyd Cole and the Negatives song)/ Kids Today/ Rattlesnakes (Lloyd Cole and the Commotions song)/ Music in a Foreign Language/ My Bag (Lloyd Cole and the Commotions song)/ The Afterlife/ Moments and Whatnot/ Patience (Lloyd Cole and the Commotions song)/ Vin Ordinaire (Lloyd Cole and the Negatives song)/ Late Night, Early Town/ Are You Ready to Be Heartbroken? (Lloyd Cole and the Commotions song)/ Women’s Studies/ The Over Under/ Sentimental Fool/ Why I Love Country Music (Lloyd Cole and the Commotions song)/ Like a Broken Record/ Weeping Wine/ Jennifer She Said (Lloyd Cole and the Commotions song)/ 2cv (Lloyd Cole and the Commotions song)/Period Piece/ Woman in a Bar/ Ice Cream Girl/ Myrtle and Rose/ Night Sweats/ Violins/ Hey Rusty (Lloyd Cole and the Commotions song)/ Perfect Skin (Lloyd Cole and the Commotions song)/ Lost Weekend (Lloyd Cole and the Commotions song)

Encore : No Blue Skies/ Forest Fire (Lloyd Cole and the Commotions song)

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90 Wardour Street – London

Façade de l’ex-Marquee Club – 90 Wardour Str – London

Il y a 45 ans à l’été 1977, le chroniqueur enfiévré découvrait Londres et la musique rock en pleine explosion punk. Un premier concert à l’Hammersmith Odeon du groupe The Jam met dans l’ambiance. Les trois musiciens mod-revival, à peine sortis de l’adolescence, pantalons et cravates noirs sur chemises blanches, jouent devant un rideau blanc sur lequel est apparaît en lettres noires et coulantes : The Jam.

The Jam (Paul Weller) / Photo Richard Young

Ce trio à l’allure proprette déclenche l’enfer sur scène, sautant comme de beaux diables de leur boîte sur des riffs hallucinés. Leurs « vieilles » idoles sont The Who et The Small Faces. Puis, inspirés par le mouvement punk, dont ils restent un peu à l’écart, ils en délivrent l’énergie brute. La jeunesse londonienne adore, des filles aux cheveux bleus et oranges sur leurs T-shirts déchirés se succèdent pour danser dans les allées de cette salle de concerts-rock mythique de la capitale britannique. Leur premier disque In the City vient de sortir au milieu de la tornade musicale punk qui saisit le Royaume-Uni. Il est joué intégralement ce soir-là, In the City est même repris en rappel, sans doute par manque de chansons pour ce groupe qui ne joue ses propres compositions que depuis quelques mois et dont ce premier disque comporte trois reprises.

The Jam mènera sa route jusqu’au début des années 1980 puis le guitariste-chanteur Paul Weller empruntera le chemin de traverse d’une carrière solo plutôt réussie, créant différents groupes, dont Style Council, ou chantant sous son propre nom. Le mouvement britpop (Oasis, Pulp, Blur) des années 1990 l’éleva au rang de Modfather.

Eberlué par cette nouvelle expérience le chroniqueur la poursuivra durant son séjour par de fiévreuses soirées au Marquee Club, une petite salle où se produisent des groupes dont beaucoup vont devenir célèbres. La scène est à peine surélevée, entre piste de danse et bar louche, les spectateurs s’y pressent dans la chaleur de l’été et la fumée des cigarettes. Nous sommes en pleine période punk, la mode est de cracher sur le monde, musiciens et spectateurs ne s’en privent pas et il faut parfois jongler pour éviter les glaviots… Tout est plutôt déglingué au Marquee mais quel bonheur d’y suivre en direct le monde en marche du Rock qui va bientôt déboucher sur new wave, cold wave et la suite.

On ne connait aucun des groupes qui se produisent sinon par la lecture rapide de la presse rock (New Musical Express et Melody Maker). En ce mois d’août 1977 on se souvient notamment des Boomtown Rats, groupe irlandais qui vient de sortir son premier single et dont le chanteur Bob Geldorf s’engagera par la suite dans l’organisation de concerts en soutien à des causes humanitaires comme le Live Aid en 1985 (contre la famine en Ethiopie). Ce soir-là au Marquee, il termine en mini-slip, trempé de sueur comme les spectateurs, après une prestation scénique physique et désordonnée. Il y eut aussi Kingfish, le groupe monté par l’américain Bob Weir, l’un des guitaristes du Grateful Dead. Et tant d’autres soirées rock où le bonheur était de voir l’histoire musicale rock s’écrire sous nos yeux !

Programme du Marquee Club d’août 1977

45 ans plus tard plus rien ne subsiste du club au 90 Wardour Street, à deux pas de Piccadilly Circus, sinon une plaque commémorative informant que Keith Moon a joué ici avec les Who dans les années 1960. Pourquoi Moon et pas tous les autres qui se sont produits au Marquee, Hendrix, Bowie, The Rolling Stones, Joy Division, Roxy Music, The Sex Pistols, Ultravox, Dire Straits, The Buzzcocks et tant d’autres ? Qu’importe, après tout, Keith Moon témoigne aussi pour eux : fantasque, brillant et autodestructeur, il meurt en 1978 en pleine gloire à 32 ans d’une surdose de médicaments destinés à lutter contre son alcoolisme…

Mort de Marc Lanegan

Isobel Campbell & Mark Lanegan, la Cigale, Paris, 06/06/2008

Le musicien américain auteur-compositeur Marc Lanegan est mort hier à 57 ans en Irlande. Il était réputé pour sa voix sépulcrale qu’il mit au service de la cause grunge de Seattle. Ami de Kurt Cobain il fut aussi guitariste membre du groupe Queens of the Stone Age et de Screaming Trees avant de mener une carrière solo et la production de disques folk-blues à l’ambiance sombre dans laquelle sa voix décavée a fait merveille. Il collabora également avec Isobel Campbell du groupe Belle and Sebastian, un résultat très réussi en disques et en concerts.

Lire aussi : https://rehve.fr/2007/01/isobel-campbell-mark-lanegan-20070130-paris-le-trabendo/
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https://rehve.fr/2008/06/isobel-campbell-mark-lanegan-20080606-paris-la-cigale/
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