Nous sommes bien peu de choses…

Riss/Charlie-Hebdo (18/03/2020)

L’épidémie du coronavirus « Covid 19 » continue à se répandre sur la planète devant des citoyens médusés et incrédules, spécialement dans les pays riches qui se croyaient définitivement à l’abri de ce genre de mésaventures, assis sur leurs certitudes technologiques. C’était une erreur que nous pouvons méditer tout à loisir, confinés dans nos logements pour quelques semaines. Ou comment un simple virus met la planète à genoux ; nous sommes décidément bien peu de choses !

Les polémiques franchouillardes circulent encore plus vite que le virus, entretenues par le bouillon de culture que sont les médias radio-télévisés et les médias dits-sociaux. Les deux principales concernent l’insuffisance de masques destinés à protéger ceux qui les portent de la contagion et la question de savoir si le système de santé français permettra d’absorber le pic de l’épidémie et de traiter en réanimation ceux qui le nécessiteront lorsque ledit pic sera atteint.

Les journalistes et médecins de plateaux télévisés ânonnent sans relâche qu’il y a une pénurie de masques tout particulièrement pour le personnel soignant, et pour bien d’autres professions en général. Pénurie il y a : les dirigeants et les producteurs de masques font ce qu’ils peuvent pour y remédier. Les premiers ont réquisitionné toutes les productions faîtes en France afin d’empêcher qu’elles puissent être exportées puisque, grosso-modo, la plupart des pays européens font face à une très forte demande de ces accessoires. D’après les informations sérieusement sourcées les capacités de production nationales augmentent progressivement sans pour autant rejoindre la demande également en forte augmentation. Les polémistes mondains font pleuvoir la critique sur le pouvoir en place, coupable d’aveuglement et de mondialisme, voire de comportements criminels « on envoie nos soignants au casse-pipe…[1] » et bla-bla-bla. Il semble qu’il existait un stock stratégique de masques détenu par l’Etat il y a une dizaine d’années mais que celui-ci aurait été déstocké après avoir été jugé inutile, cette décision faisant suite à la polémique de grande ampleur apparue à la suite de la décision publique de stocker plusieurs dizaines de millions de vaccins contre la grippe H1N1 en 2009, vaccins finalement non utilisés. Les mêmes commentateurs avaient alors raillé la ministre de la santé de l’époque Roselyne Bachelot, avaient ironisé sur toutes les antennes sur ce « scandale d’Etat ». Les mêmes aujourd’hui, ou leurs successeurs de la même engeance, tombent à bras raccourcis sur « l’imprévoyance du gouvernement »… Bon, il y divergence entre l’offre et la demande de masques, celle-ci devrait se résorber progressivement, c’est évidemment ennuyeux mais ce n’est pas non plus la peine de ne parler que de ça cela ne fait pas avancer la résolution du problème plus vite. Des gens sérieux et opérationnels s’en occupent en dehors des plateaux télévisés.

Deuxième sujet récurrent : y-aura-t-il assez de lits de réanimation pour accueillir les 5% de malades gravement atteints au pic de l’épidémie ? Là encore la question est rabâchée à toutes les sauces par les commentateurs mondains et assénée à tout intervenant sur le sujet. La réponse est : « on ne sait pas » puisque personne n’est en mesure d’évaluer combien de patients seront à traiter le moment venu. Ce que l’on sait c’est que les responsables développent tout ce qu’ils peuvent pour augmenter ce nombre lits de réanimation et lisser la courbe de l’épidémie pour essayer d’atténuer la divergence entre l’offre et la demande. Il y aurait 5 000 lits de réanimation disponibles en temps normal et l’on devrait atteindre 10 000 lits sous peu. S’il y a 20 millions de personnes contaminées et que 5% nécessitent des soins intensifs cela ferait un besoin d’un million de lits de réanimation si toutes ces personnes étaient malades au même moment, d’où les actions de confinement en cours pour lisser la courbe de progression de la maladie. Il est probable que, comme en Italie, nous n’y arriveront pas complètement et qu’il y aura sans doute des décès qui auraient pu être évités si le système de santé offrait 1 million de lits de réanimation au lieu de 10 000. On peut polémiquer sur ces simples statistiques, chercher des têtes à couper, parler dans le vide, surfer sur la peur et l’ignorance comme en ce moment sur les ondes radio-télévisées, mais plus difficile est de réfléchir sur ce sujet épineux. Après tout, il est assez simple de passer de 10 000 lits de réanimation x milliers (ou millions), il suffit de payer.

Si demain la République veut accroître ses stocks de sécurité de masques, de blouses, de lits de réanimation, de personnel soignant, etc. il suffit de dépenser plus. Ce n’est pas un problème technique mais une question budgétaire. Nous avons un parlement qui examine chaque année le budget de la sécurité sociale, dépenses comme recettes, et qui peut le doubler, le tripler ou le décupler. La difficulté sera évidemment d’expliquer aux citoyens comment ces augmentations seront financées car il faudra dans ce cas accroître les cotisations, les impôts, diminuer d’autres budgets pour compenser, sans doute un peu des trois. Et cela risque d’être douloureux mais c’est la grandeur de nos démocraties de prendre ce genre de décisions démocratiquement !

Rappelons une nouvelle fois que la corporation des titulaires de cartes de presse donneurs de leçons bénéficie d’une niche fiscale sous forme d’un abattement forfaitaire sur leurs revenus imposables pour « frais d’emploi ». Ces subventions financées par les contribuables devraient, à tout le moins, générer un comportement responsable des journaux et journalistes qui en sont les bénéficiaires. Ils sont ainsi reconnus un peu comme service public, qualification qui devrait être un gage de qualité et non de beaufitude.

Une solution serait peut-être de résilier cette niche fiscale imméritée et d’en allouer le produit à la reconstitution d’un stock de masques chirurgicaux. Ce serait sans doute ainsi une bien meilleure utilisation des fonds publics.


[1] Ivan Rioufol de Valeurs Actuelles sur un plateau

Les plateaux télévisés encombrés « d’experts » bavards

Depuis que la France est devenue l’un des épicentres européens de l’épidémie de coronavirus, ce sujet sanitaire occulte tous les autres. Outre les journalistes qui se sont tous érigés en experts épidémiologiques, un nombre significatif de représentants du corps médical se succède sous les spotlights pour édifier les spectateurs d’avis et de commentaires dispensables, souvent contradictoires, parfois polémiques. Les journalistes-experts adorent insister sur lesdites contradictions en pointant le fait que untel a dit ceci il y a deux jours et dit maintenant cela. Ils n’ont pas encore admis qu’une épidémie est évolutive et peu prévisible, alors les tactiques et stratégies mises en place évoluent au jour le jour en fonction de la situation. C’est ce pourquoi les contribuables payent leurs dirigeants politiques.

En revanche, on s’étonne un peu que ces médecins variés aient tant de temps à perdre sur les ondes radio-télévisuelles. Compte tenu des circonstances ne serait-il pas plus opérationnel pour le système de santé qu’ils soient au travail dans leurs cabinets et hôpitaux plutôt qu’à bavasser sur les plateaux ? Ensuite on a des décisions politiques liées à cette crise sanitaire qui sont prises tous les jours, elles-mêmes basées sur un « conseil scientifique » plutôt transparent qui publie désormais ses analyses via des communiqués lisibles par Mme. Michu. Alors Messieurs les professeurs de plateaux télévisés, le mieux est que vous alliez travailler pour appliquer les instructions politiques, aider vos collègues surchargés, ou que vous vous reposiez de vos efforts, mais votre envahissement des ondes est juste du temps perdu et détourné de la juste cause.

Le goût de la polémique

Les journalistes et commentateurs mondains, piliers de plateaux télévisés de chaînes d’information en continu, se sont érigés en experts épidémiologiques depuis que l’Europe, et tout particulièrement la France, est attaquée par un virus contre lequel il n’existe à ce stade ni traitement ni vaccin. Les mêmes qui ricanaient en 2009 face à la commande de vaccins faite par souci de prudence par l’Etat contre la grippe H1N1, puis finalement annulée, raillent aujourd’hui les autorités de santé de n’être pas assez prudentes en maintenant pour demain le premier tour d’élections municipales alors que le pays s’enfonce dans la crise sanitaire et les mesures de confinement.

Rappelons que la corporation des titulaires de cartes de presse bénéficie d’une niche fiscale sous forme d’un abattement forfaitaire sur leurs revenus imposables pour « frais d’emploi ». Ces subventions financées par les contribuables devraient, à tout le moins, générer un comportement responsable des journaux et journalistes qui en sont les bénéficiaires. Ils sont ainsi reconnus un peu comme service public, qualification qui devrait être un gage de qualité et non de beaufitude.

Une solution serait peut-être de résilier cette niche fiscale imméritée et d’en allouer le produit à la recherche pour un vaccin contre le coronavirus actuel. Ce serait sans doute ainsi une bien meilleure utilisation des fonds publics.

Bonne nouvelle : on ne manque pas de candidats pour les élections municipales !

Alors que depuis des mois les débats mondains d’une presse mal informée et peu compétente nous abreuvent de prévisions pessimistes sur la crise des vocations pour les élections municipales : plus personne ne voudrait être maire, nous faisons face à une « crise des vocations », c’est un risque énorme pour notre démocratie et bla-bla-bla et bla-bla-bla.

Ce matin le journal Le Monde rapporte que le Ministère de l’intérieur lui a communiqué qu’à la date limite de dépôt 20 765 listes rassemblant 902 465 candidats avaient été déposées officiellement. Pour environ 36 000 communes cela fait donc une moyenne de 25 candidats par commune. Malgré tout, 106 communes n’auraient aucune liste candidate, ce qui concerne donc 0,29% du total des 36 000 communes. On a vu pire comme « crise de vocations »…

Les débatteurs mondains se sont lamentés sur les maires qui se plaignaient et menaçaient de ne pas se représenter en oubliant complètement qu’il y avait bien d’autres candidats prêts à prendre la relève. C’est une nouvelle illustration du syndrome français : on généralise ce qui est minoritaire et va mal. C’est d’ailleurs une bonne chose que des politiques passent la main, c’est le temps qui passe. Ainsi va la vie !

Il est probable que de tous les élus municipaux qui ont menacé de ne pas se représenter ces dernières semaines, bien peu ont tenu leur engagement ; l’attrait du pouvoir sans doute. Il n’y avait pas lieu de trop s’inquiéter, au moins pour cette fois-ci.

Les vœux

Traditionnellement le président de la République présente ses veux à la télévision le 31 décembre à 20h. Tout aussi traditionnellement à partir du matin de ce dernier jour de l’année, la presse tente d’anticiper ce que le président va dire à 20h. Chacun y va de son analyse de comptoir, de sa prévision de Mme. Soleil. Cela fait du temps d’antenne inutile, évitant de fatiguer les neurones de Mme. Michu et des journalistes.

Le mieux, pour ceux qui sont intéressés par ce discours des vœux (généralement insipide et sans saveur), serait tout simplement d’attendre 20h pour le découvrir. Les plateaux télévisés pourraient ainsi se consacrer à des sujets plus intéressants

Rappelons tout de même que la corporation des titulaires de cartes de presse bénéficie d’une niche fiscale sous forme d’un abattement forfaitaire sur leurs revenus imposables pour « frais d’emploi ». Ces subventions financées par les contribuables devraient, à tout le moins, générer un comportement responsable des journaux et journalistes qui en sont les bénéficiaires. Ils sont ainsi reconnus un peu comme service public, qualification qui pourrait être un gage de qualité et non de beaufitude.

Détournement de fonds publics et de niches fiscales

France 2, chaîne de télévision publique financée par les contribuables, diffuse une enquête morbide en quatre épisodes, dont les deux derniers ce dimanche à 13h15, heure de grande écoute, sur le viol et l’assassinat d’Elodie Kulik dans des conditions sordides il y a une vingtaine d’années. Ce type d’émissions racoleuses à grand renfort de « docufictions », d’interviews d’ex-journalistes et d’ex-policiers ou magistrats, et, lorsque c’est possible, de séquences de familles en pleurs. Cette malheureuse n’aurait pas été violée sans doute le « documentaire » aurait été réduit à deux ou trois épisodes

Ce genre d’émissions ne devraient pas avoir sa place sur les chaînes du service public. L’argent du contribuable doit être plutôt dépensé pour la production de programmes plus évolués et moins vulgaires. Cerise sur le gâteau, l’émission est présentée par un journaliste qui bénéficie des niches fiscales comme le reste de sa corporation. C’est dire que les contribuables financent non seulement ce voyeurisme télévisuel mais également le pouvoir d’achat de celui qui les présente.

C’est la double peine pour une République qui ne sait plus enrayer la spirale vers la bêtise. Au moins pourrait-elle faire en sorte d’éviter que de l’argent public ne finance cette décadence !

Réforme des retraites : la dérive de la presse !

Une journée de revendication est programmée pour le 5 décembre prochain en France. Différentes corporations veulent afficher leur opposition au projet de réforme du système des retraites. Des grèves lourdes sont annoncées dans les transports publics et vont sérieusement perturber le fonctionnement du pays. Elles sont renouvelables.

La presse qui adore faire peur à l’annonce de ce genre d’évènement et vendre cette angoisse à ses consommateurs, passe son temps et ses articles à deviser sur l’écume des choses. Les habituels « experts » de plateaux télévisés sont convoqués à longueur d’émissions pour échanger à l’infini sur le niveau de blocage du pays, et sa durée, que provoquera cette grève. Un sujet « clé » également répété ad nauseam est le résultat des sondages exprimant le niveau de soutien à cette grève des personnes sondées. Des débats sur le fond de la réforme proposée ? Nenni, on préfère ânonner que la réforme n’est pas claire et que les citoyens ne sont informés de rien ! Le contraire fut étonnant tant la majorité des médias se refusent à aborder le fond du projet.

Celui-ci est fort bien expliqué dans le rapport Delevoye « Pour un système universel de retraite » de 138 pages. Ensuite la loi définitive sera celle qui sera votée par le parlement mais en attendant, tous les grands principes et changements du projet sont sur la table. Il suffit de télécharger ce rapport, de le lire et d’en débattre. C’est en principe le rôle d’une presse intelligente.

De deux choses l’une : soit les journalistes n’ont pas même pris le temps de lire ce document, auquel cas nous leur indiquons bien volontiers le lien de téléchargement, soit ils l’ont lu mais préfèrent débattre de l’accessoire pour vendre de l’émotion plutôt que de la réflexion. Dans un cas comme dans l’autre ils participent avec enthousiasme à l’abrutissement des masses au lieu d’en élever le niveau de compréhension sur ce sujet complexe.

L’un des sujets favoris des journaux télévisés est le reportage sur Mme. Michu retraitée qui explique que « après avoir payé toutes ses factures » il ne lui reste que 300 euros pour vivre. On ne sait pas bien ce qu’il y a dans « toutes ses factures » mais qu’importe le gogo est accroché et sort ses mouchoirs. Ce que l’on attend d’une presse intelligente est d’expliquer les différentes solutions et alternatives possibles pour améliorer le sort de Mme. Michu et non pas simplement faire sangloter dans les chaumières. Elles sont de plusieurs ordres :

  1. On baisse les factures à payer par Mme. Michu, ce sont alors ses fournisseurs* qui doivent rogner sur leurs revenus,
  2. On fait payer tout ou partie de ces factures « par l’Etat », ce sont alors les contribuables qui verront augmenter leurs impôts ou d’autres citoyens qui verront baisser leurs prestations
  3. On augmente la retraite de Mme. Michu, ce seront alors les cotisants (employés et/ou employeurs) qui verront augmenter leurs prélèvements ou d’autres retraités qui verront baisser leurs prestations
  4. Ou un mix de toutes ces mesures

* Certains d’entre eux proposent déjà des offres low cost comme les fournisseurs d’accès internet et de téléphone. Le chroniqueur s’en félicite d’ailleurs qui bénéficie d’un abonnement mobile à 10 EUR/mois 4G avec appels et SMS illimités en France et vers les départements d’outre-mer hors Mayotte, plus 40Go d’internet mobile par mois. La box internet haut-débit est facturée 20 EUR/mois sans accès à la télévision (qui n’est pas vraiment nécessaire puisque la télévision numérique publique offre une trentaine de chaînes financées par la redevance déjà payée par la grande majorité des citoyens). Le coût total de communications est donc de 30 EUR/mois. Ce fournisseur est REDbySFR.

Un « expert » normalement constitué devrait être en mesure de développer ce genre de raisonnement sur un mode pédagogique : tout est possible mais tout a des conséquences qu’il faut gérer et arbitrer. Hélas, trois fois hélas, nos « experts » préfèrent le mode Café du commerce à celui de la raison.

Rappelons tout de même que la corporation des titulaires de cartes de presse (c’est-à-dire sans doute aussi un Morandini ou une Chazalle…) bénéficie d’une niche fiscale sous forme d’un abattement forfaitaire sur leurs revenus taxables pour « frais d’emploi », d’autres avantages existaient mais ont été supprimés au fur et à mesure du temps. Le secteur de la presse est également subventionné par les contribuables via le reversement d’aides aux journaux et réseaux de distribution pour les aider à combler leurs déficits d’exploitation car ces journaux sont vendus en dessous de leurs coûts de production et, malgré tout, de moins en moins de lecteurs les achètent. Elles sont publiées par le ministère de la Culture avec un peu de délai. Les derniers chiffres concernent 2015, année où 53 millions d’euros ont été distribués à 326 journaux, le premier bénéficiaire étant le Parisien – aujourd’hui en France avec 7,8 millions d’euros en 2015. Viennent ensuite Libération, Le Monde, Le Figaro, La Croix, Ouest-France… mais on trouve aussi à des niveaux bien plus modestes des journaux comme La Dépêche du Pays de Bray, La Gazette du Val d’Oise, L’Hebdo de l’Ardèche, etc.

Voir aussi : tableau des aides 2015

Ces subventions payées par les contribuables pourraient aussi servir à régler les factures de Mme. Michu, ou rester dans les poches des contribuables… Malgré tout, elles ne sont pas complètement illégitimes, sont votées par le parlement sur un mode démocratique et permettent de maintenir en vie une presse qui est de moins en moins viable au niveau financier. Elles pourraient en revanche générer un comportement responsable des journaux et journalistes qui en sont les bénéficiaires et sont ainsi un peu reconnus comme service public, qualification qui devrait être un gage de qualité et non de populisme.

Convergence ou coagulation

Riss – Charlie Hebdo 2018

Les râleurs continuent de râler, tout le monde réclame des sous, certains en obtiennent (que les autres vont devoir payer), les préavis de grève se multiplient. Rien ne va : les retraites, le pouvoir d’achat, le fonctionnement des hôpitaux, les prix agricoles, les impôts trop hauts, les dépenses trop faibles, les bourses étudiantes insuffisantes, etc.

Pendant ce temps la presse glose pour savoir si l’on risque une « coagulation des revendications », une « convergence des luttes », une « fédération des colères » ou une « cristallisation des actions » samedi prochain pour le premier anniversaire du déclenchement des émeutes de novembre 2018. Les experts de plateaux télévisés s’échangent des sondages sur les sentiments de Mme. Michu mais toujours aussi peu d’analyse ni de pédagogie pour expliquer à ladite Mme. Michu que ce qui sera donné d’une main sera évidemment repris de l’autre.

Et comme le président de la République a déjà plus ou moins annoncé l’enterrement de première classe du plafond de déficit des finances publiques fixé à 3% du produit intérieur brut, toutes les corporations se lèchent les babines en se préparant à mordre avec bonheur dans la dépense publique pour arracher la part la plus grosse. On dirait une volée de ménagères guettant l’ouverture des Galeries Lafayette le premier jour des soldes !

Incompétence et hystérie de la presse

Impayable : hier soir la police de Glasgow annonce avoir arrêté un homme qui pourrait être Xavier Dupont de Ligonnès qui est soupçonné du meurtre de sa femme et de leurs quatre enfants à Nantes et qui a disparu de la circulation depuis 10 ans. On a retrouvé les corps des cinq premiers mais jamais le sien, laissant supposer toutes sortes d’hypothèses pour ce qui le concerne. La presse et ses acteurs qui adorent ce genre d’histoires ont produit depuis nombre d’articles, de livres et de documentaires retraçant ce que l’on sait des meurtres et ce que l’on imagine de la fuite de celui qui en est le principal accusé.

Alors quand la nouvelle de l’arrestation possible de celui qui est soupçonné d’avoir commis cette tuerie est rendue publique, les radios et télévisions d’information continue se jettent sur l’affaire comme un nuage de crickets sur un champ de sorgho. Les ridicules logo « Edition spéciale » fleurissent comme des fleurs sur un tas de fumier et leurs soirées sont consacrées à répéter en boucle ce qu’ils ne savent pas. Tous et toutes s’y mettent avec un enthousiasme désarmant.

Les empreintes digitales de la personne seraient comparables avec celles de l’accusé alors on s’en lèche les babines sur les plateaux médias où sont convoqués avec concupiscence tous les soi-disant experts de cette affaire criminelle mystérieuse. Une équipe de police française serait en route vers l’Ecosse pour réaliser des tests ADN. En attendant les envoyés spéciaux des chaînes font le pied de grue devant l’aéroport de Glasgow à répéter qu’ils ne peuvent pas en dire plus à ce stade. Tous les journaux parus ce matin ont titré sur cette arrestation.

Las, les tests ADN réalisés ce matin ont montré que la personne arrêtée n’est pas le soupçonné. Elle est donc relâchée à Glasgow sans autre forme de procès. Depuis ce soir ce sont encore des « éditions spéciales » à tous les étages pour répondre à la question existentielle « Affaire Ligonnès : y-a-t-il eu défaillance [de la police] ? ». On croit rêver ! Les journalistes font tout de même, du bout des lèvres, amende honorable mais cherchent maintenant les coupables de leur déroute en dehors de leur profession.

En réalité, pour douloureuse que soit cette affaire criminelle pour les familles qui y sont impliquées, elle n’est qu’un fait divers qui ne justifie en rien tout ce tapage médiatique, que l’on ait ou pas retrouvé le principal accusé. Au mieux cela peut générer trois lignes d’information en dernière page de l’édition du journal une fois le fait établi. Mais non ! Des journalistes de circonstance, unanimes, ont fait leurs choux gras d’une rumeur de caniveau sans aucun intérêt, montrant le peu de cas qu’ils font de leur mission de vérification et d’analyse de l’information qu’ils diffusent, décrédibilisant encore un peu plus leur profession. Au moins auraient-ils pu employer un peu plus le conditionnel, mais ce doit être une conjugaison que l’on n’enseigne plus dans les écoles de journalisme. Pas plus que la hiérarchie de l’information d’ailleurs, comme s’il n’y avait rien de plus approprié à publier hier soir et ce matin qu’une rumeur de commissariat de police concernant un obscur dérangé du 22 long rifle alors que le Moyen-Orient est à feu et à sang, que l’économie mondiale ralentit, que le parlement français traite de la loi bioéthique et de l’immigration, etc. ?

Ainsi va la presse de nos jours : hystérie, précipitation et incompétence. Tous les risques se justifient pour un scoop de caniveau.

La presse adore les « gilets jaunes »

Les plateaux médiatiques adorent la contestation actuelle. D’abord car il n’y a aucune analyse à faire sinon répéter jusqu’à la nausée qu’il ne faut pas confondre les gentils « gilets jaunes » avec les méchants casseur, que le mouvement est inédit car spontané et sans représentant ou gloser sur la pluie de sondages testant le sentiment des français vis-à-vis du mouvement.

Ensuite les politicards s’affrontent sur le sujet au mépris de toute cohérence, où l’on voit la droite conservatrice parader en gilet jaune, l’extrême droite appeler à ouvrir les Champs Elysées aux manifestants, un ancien président socialiste (dont le gouvernement a fait voter la hausse actuelle des taxes sur le carburant) expliquer comment lui écoutait la contestation, Christine Boutin ou Isabelle Balkany tweeter compulsivement leur amour des « gilets jaunes ». Bref, c’est le grand guignol qui constitue le fonds de commerce d’une grande partie de la presse qui se régale.

Enfin, il y a des émeutes et la vision des voitures brûlées dans les rues des beaux quartiers parisiens déclenche une excitation pavlovienne dans l’œil de journalistes qui ne se lassent pas de montrer ces images qu’ils assortissent de leurs banalités.

En fait, comme souvent en France une minorité de citoyens utilise sa capacité de nuisance pour bloquer le pays, et une minorité dans la minorité casse les biens desdits citoyens. Ces perturbateurs se sentent investis d’une mission souveraine qui ne peut pas attendre les prochaines élections pour s’exprimer, ils investissent donc la rue et se souviennent que leurs ancêtres ont guillotiné un roi ! 

La minute de silence à la radio

En ce jour de commémoration du centenaire de l’armistice de la guerre de 14-18, les journalistes de radio s’écoutent parler en commentant un défilé de dirigeants mondiaux sur le pavé parisien. Mais il y a une chose qu’ils n’aiment pas c’est la minute de silence propre à ce genre de cérémonie. Une minute de silence  nécessite en principe… le silence, c’est-à-dire se taire, fermer sa bouche, mettre ses cordes vocales au repos pour 60 secondes. Se taire pour un journaliste c’est une maladie honteuse, alors généralement au bout de 15 secondes ils reprennent la parole pour aligner les banalités qu’ils affectionnent. Ainsi va notre société qui privilégie la communication sur le fond.

La presse ventile le vide

Un remaniement ministériel est annoncé depuis quelques jours suite à l’abandon de poste du vieillard félon qui occupait le fauteuil de ministre l’Intérieur. Le président et le premier ministre prennent leur temps pour mettre en œuvre ce mouvement. Après tout rien ne presse, un ministre intérimaire a été désigné et, surtout, les fonctionnaires de ce ministère font leur boulot. Les citoyens ne semblent pas trop s’émouvoir de cette situation plus préoccupés par leur quotidien que par cette éphémère agitation médiatique de salons parisiens.

Le plus édifiant dans cette histoire est que la presse ne sait pas se taire quand elle ne sait pas ou même dire « je ne sais pas, passons au sujet suivant ». Elle ne connait pas ni quels ministres seront remplacés, ni par qui. Alors sur les plateaux télévisés chacun y va de son pronostic, certains font allusion avec un air entendu à des informations confidentielles qu’ils auraient obtenues, d’autres à des contacts au plus haut niveau qui seraient les leurs, untel saurait que tel élu aurait refusé une proposition, qu’un autre aurait sollicité un poste… En fait, très peu de monde doit savoir quelque chose et c’est très bien ainsi. Un remaniement ministériel ce n’est pas une vente aux enchères, discrétion et efficacité doivent être de rigueur. Mais cela, un journaliste de rencontre le vit comme une « entrave au devoir d’informer ».

Dans les écoles de journalisme on doit donner des cours sur le thème « remplir le vide sur les ondes quand on ne sait rien ». On peut penser que cet enseignement est de qualité car télévisions et radios françaises pullulent d’experts capables de tenir un plateau en moulinant dans le vide jusqu’à épuiser leurs auditeurs sans rien leur apprendre. Cette attitude est un étrange mélange entre autosatisfaction, nombrilisme et inculture. Heureusement il reste encore quelques médias où l’intelligence et la compétence priment sur la ventilation. Soutenons-les pour qu’ils survivent !

L’écume inutile de la politique

On le sait, suite à la démission du ministre de l’intérieur, vieillard irresponsable de 71 ans abandonnant le navire après une année au service de la République, un remaniement ministériel est nécessaire car il faut au moins remplacer le déserteur. En attendant, un intérimaire a été nommé en la personne du premier ministre. Il y a du monde sur le pont.

Les nominations n’ont pas encore été annoncées au bout de plusieurs jours alors les journalistes mondains et l’opposition à court d’idées glosent sans fin sur cette défaillance du pouvoir en place. Dans la réalité, la maison est tenue par les hauts fonctionnaires et il n’y a pas défaillance du pouvoir. Vu d’ailleurs le calibre du partant, on peut penser que ces dits fonctionnaires étaient déjà aux commandes lorsque le ministre âgé était à leur tête.

Ce déchaînement éphémère permet une fois de plus aux occupants des médias de s’exonérer de travailler sur les vrais sujets. Plutôt que de lire le projet de loi de finances 2019 (274 pages) et de l’expliquer aux citoyens, les journalistes de circonstance préfèrent parier sur l’heure exacte d’annonce de la composition du nouveau gouvernement. Plutôt que d’annoncer leurs programmes alternatifs de gouvernement les oppositions politiques diverses choisissent d’invectiver le pouvoir devant la télévision à l’assemblée nationale au sein de laquelle ils sont rémunérés par les contribuables pour travailler et non pour jouer au ballon.

Le chef du groupe Les Républicains à l’assemblée a fait aujourd’hui cette déclaration inoubliable au premier ministre qui l’écoutât avec sérénité :

« … quand les premiers soutiens désertent ou n’y croient plus, c’est une Bérézina annoncée. Ce n’est pas votre capacité à composer un gouvernement qui va rassurer les français. Depuis une semaine, la tragi-comédie continue. Vous n’arrivez même plus à dissimuler l’affaiblissement du pouvoir exécutif… Le président de la République a perdu son autorité, son crédit, son image personnelle est durement entachée. Votre politique est un échec. Le chômage, les impôts, le pouvoir d’achat, tous les indicateurs sont au rouge. Vous êtes aujourd’hui incapable de proposer un gouvernement crédible à la France tant c’est le vide autour de vous monsieur le premier ministre. Ma question est donc simple : jusqu’à quand cette mascarade va-t-elle continuer monsieur le premier ministre ? »

Ce garçon, Christian Jacob, joue le rôle de l’aboyeur en chef de la droite depuis si longtemps. Ex-ami de Jean-François Coppé, voilà des années qu’il injurie ceux qui ne sont pas dans son camp. Les comptes rendus des débats de l’assemblée nationale en attestent. Il faut quand même une drôle de constitution d’esprit pour exercer un tel métier. Sur sa fiche signalétique de l’assemblée nationale il se déclare « agriculteur » ; cela doit tout de même faire un moment qu’il n’a pas fait de récolte, il préfère manifestement le champ de bataille des questions au gouvernement que les champs de colza. Il fait partie de ce personnel politique qui abaisse le débat et abrutit ceux qui l’écoutent. Il a 58 ans, et sans doute encore sur la scène pour longtemps…

Valls dans Paris-Match plutôt qu’à l’Assemblée nationale


Manuel Valls, ex-premier ministre français et actuel député, s’expose dans Paris-Match avec sa nouvelle fiancée. Il aurait l’intention de porter plainte contre le torchon parisiano-pipole. Il n’a pas toujours été opposé à Paris Match et on se souvient de ces images gnan-gnan de 2013 avec une ancienne fiancée, validées à l’époque par l’impétrant :

Le garçon bénéficie d’une double nationalité française et espagnole. Il serait intéressé par la mairie de Barcelone où il passe beaucoup de temps. S’il bossait un peu plus à Paris dans son job à l’Assemblée nationale, pour lequel il est correctement payé par les contribuables nationaux, plutôt qu’à faire le dindon en Rayban à Barcelone il prendrait moins de risque d’être la cible de la presse de caniveau. Ces comportements de midinettes tuent la politique et la pensée. Au boulot M. Valls, et au boulot à Paris pour le moment !

Lire aussi : Les ambiguïtés de la double nationalité

Une affaire de ploucs à la une

Après la mort de Johnny Halliday, dit « l’idole des jeunes » il y a bien longtemps, ses familles décomposées s’opposent dans la presse et devant les tribunaux pour de sombres histoires de sous. Certains auraient été déshérités au profit d’autres. Les artistes de variété et les fans franchouillards prennent parti sur les plateaux télévisés. Les journalistes se régalent : enfin un sujet qu’ils peuvent commenter du haut de leur immense paresse intellectuelle…

Nous sommes en présence d’une affaire de ploucs enrichis qui se déchirent les restes d’une vedette dont on ne sait d’ailleurs pas bien s’ils sont composés de plus d’actifs que de dettes. Il eut été plus élégant qu’ils entendent avec discrétion sur le cadavre de leur père et mari.

Un nouvel os à ronger pour la presse

Le nouveau débat qui fait fureur sur les plateaux télévisés concerne le « rythme des réformes » : est-il trop intense ? Se concentrer sur la forme des changements plutôt que sur le fond permet aux journalistes, « communicants » et autres experts de service de leur éviter de lire et travailler sur les nombreux textes législatifs qui sont actuellement en discussion. Certains d’entre eux sont assez complexes et mériterait un véritable investissement de la presse pour qu’elle puisse faire son travail pédagogique et critique desdits textes.

On a même entendu certains journalistes expliquer qu’ils frôlaient le « burn-out » pour essayer de suivre et de comprendre la volonté réformatrice du gouvernement issu des dernières élections présidentielles en France. Alors à défaut d’analyser ces réformes, la presse préfère discuter de leur rythme. Qu’elle se rassure, la niche fiscale dont bénéficie les journalistes et les subventions versées par les contribuables pour la diffusion des journaux ne semblent pas encore atteints par l’ouragan réformateur. Gageons que s’ils l’étaient un jour, nous en entendrions parler !

La publicité a envahi les ondes publiques

C’est désormais un fait acquis pour tout le monde, la publicité commerciale a envahi les ondes des radios et télévisions publiques. La redevance fiscale payée par les contribuables nationaux (c’est-à-dire moins de la moitié des foyers fiscaux) ne suffit pas à couvrir les dépenses de l’audiovisuel public, ou alors les responsables de cet audiovisuel n’ont pas réussi à ajuster leurs dépenses aux revenus de cette redevance.

Sous l’impulsion du président Sarkozy, son gouvernement avait à l’époque mis fin à la publicité sur la télévision publique à partir de 20h et l’étape suivant visait à l’interdire complètement. Elle ne fut jamais menée à terme, sans doute face à la réalité des chiffres qui sont têtus et à la croyance qui veut que les auditeurs/téléspectateurs ne soient pas disposés à payer en fonction de la qualité.

Alors l’envahissement de la réclame est maintenant presque complet, qu’elle soit qualifiée de commerciale ou d’institutionnelle la publicité utilise le même procédé qui consiste à se mettre au niveau du moins disant et à matraquer le plus intensément possible des messages abrutissants répétés jusqu’à la nausée par des voix généralement horripilantes débitant des stupidités. La méthode est maintenant rodée : abrutissez les masses avec des slogans idiots, à force de répétition ils rentreront dans les crânes, c’est inévitable. Mao a fait de même avec son petit livre rouge, l’économie libérale prend le contrôle des cerveaux en désactivant un grand nombre de neurones et en attisant le désir d’éphémère à force de slogans souvent mensongers, cela déclenche des réflexes compulsifs d’achats inutiles. Ainsi va le business !

Pour ceux qui ont encore un peu d’énergie et de volonté d’échapper à la propagande il reste quelques chaînes audiovisuelles élitistes : France Culture, Arte… qui elles font leur autopromotion mais de façon un peu moins stupide que les vendeurs d’aspirateurs. Combien de temps vont-elles résister ?

Rhabillons les journalistes

Avez-vous remarqué que sur les plateaux télévisés d’information où se réunissent très (trop) régulièrement des journalistes pour donner leurs avis et prévisions sur tous les sujets, ceux-ci portent généralement une veste, ou un haut pour les femmes, de moins en moins de cravate et lorsque parfois les caméras filment sous la ta table, nombre d’entre eux sont en jeans.

Ils considèrent qu’étant cadrés généralement au niveau de leurs bustes, il n’est pas nécessaire de soigner son apparence en dessous de la ceinture… S’ils achètent des costumes ils peuvent ainsi en revendre les pantalons sur Le Bon Coin pour financer leurs jeans. Bonne affaire !

La popularité, intérêt majeur des médias

Les médias français présentent comme une nouvelle importante la baisse de popularité du président de la République. Ils l’annoncent ces derniers jours dans leurs grands titres juste après le cyclone du Texas et glosent depuis sur ce non-sujet en organisant force débats « d’experts et communicants » qui parlent pour dire pas grand-chose sur ce fait qui ne justifie guère l’analyse.

Evidemment les médias qui fonctionnent quasi-uniquement les yeux rivés sur leurs taux d’audience qui génèrent les bonus de leurs vedettes imaginent donc que la politique doit suivre la même loi. Ce n’est pas le cas puisque l’intérêt général peut justifier le mécontentement temporaire des citoyens qui pourront toujours voter autrement aux prochaines échéances si le temporaire lui paraît trop long. Le pouvoir actuel semble a priori prêt à prendre le risque de l’impopularité pour mener à bien les réformes qu’il a annoncées dans son programme de campagne et qu’il croit utiles à la République. Evidemment, un tel raisonnement dépasse largement la capacité de compréhension d’un communicant ou le mode de fonctionnement de la majorité des journalistes.

Les cinq prochaines années diront si la République peut contourner le court terme pour baser une réflexion et une stratégie de moyen terme !

Les journalistes qui se croient indispensables

On se souvient que la présentateur du journal télévisé de la deuxième chaîne de télévisions publique avait été informé à l’orée de cet été, un peu abruptement semble-t-il, qu’après 19 ans de ce job à lire des dépêche à la télévision à 20h pour la France âgée, la chaîne allait changer de présentateur. On ne parle pas d’1 an, pas de 9 ans, mais de 19 ans passé à faire la même chose. Un changement de titulaire de ce poste ne semblait pas complètement incongru.

M. Pujadas n’était d’ailleurs pas licencié mais on lui proposait de poursuivre sa carrière sur la chaîne dans d’autres émissions, sans doute moins satisfaisantes pour les égos surdimensionnés qui aiment tellement montrer leur joli minois dans le petit écran qu’ils en deviennent gravement dépendants.

Dans une interview au Monde du 21/08/2017 le garçon nous explique avoir un nouvel emploi sur la chaîne d’information en continu du groupe Bouygues. Il reste relativement discret quand on lui demande son sentiment sur les conditions de son remplacement à la présentation du journal du soir du groupe publique :

« Je n’ai pas à porter de jugement sur cette décision. L’explication ne m’a pas été donnée, je pense qu’il y a peut-être une raison non formulée, mais ce n’est pas à moi qu’il faut la demander. »

Il pourrait attaquer plus frontalement son ancien employeur mais on imagine qu’en tant que présentateur vedette à forte ancienneté, les conditions financières de son départ ont du être satisfaisantes, d’où sa modération. Il laisse quand même planer le doute sur « une raison non formulée » qui ne pourrait être que politique.

La blessure d’égo est telle que ce genre de personnage n’imagine pas une seconde qu’ils puissent lasser après 19 ans au même poste et que leur remplacement soit généré par le besoin de renouvellement. Dans un genre similaire, Patrick Poivre d’Arvor, présentateur du journal télévisé du groupe Bouygues durant 21 ans avait été poussé dehors par ses employeurs et l’impétrant s’était répandu en interview amères au point qu’il avait été condamné par la justice pour non respect de « l’obligation de non-critique » contenue dans son contrat indemnitaire de départ.