« Edward Weston — Modernité révélée » à la Maison européenne de la photographie

Le photographe américain Edward Weston (1886-1958) est exposé à la Maison européenne de la photographie (MEP), des photos de ses débuts durant les années 1900 agrandies avec des techniques de prise de vue privilégiant le flou artistique et des méthodes d’agrandissement en noir-et-blanc balbutiantes. Le rendu des tirages est sombre et bien loin de la netteté flamboyante des clichés d’aujourd’hui, dont celle de Tyler Mitchell à voit dans les salles attenantes.

Après une carrière de photographe du quotidien (mariages, fêtes de famille, portraitiste) il va progressivement évoluer vers des photos sobres et minimalistes, des portraits intimes et dépouillés de toutes fioritures comme la série des nus sur les dunes sableuses de la Vallée de la Mort, ou celles sur des gros plans de légumes où l’on voit des poivrons à l’écorce nouée et torsadée ressemblant à une musculature d’athlète.

Weston a beaucoup épousé ses modèles qui toutes lui ont inspiré de très beaux portraits, et de nombreux divorces…

On quitte cette rétrospective pour s’orienter vers l’exposition « Tyler Mitchell — Wish This Was Real », jeune photographe contemporain, (il est né en 1995), qui se consacre à la photo communautariste du milieu afro-américain, rendue sur des clichés de très grandes dimensions, mise-en-scène avec des couleurs violentes, consacrée le plus souvent à des portraits en pied, mais aussi à des photos intimistes d’intérieurs de cette communauté, aux détails touchants, des photos encadrées de petits-enfants, posées sur un vaisselier en bois…

De Weston à Mitchell, un siècle s‘est écoulé, technologies et modes de prises de vue ont évolué, mais l’œil et la vision du photographe est toujours là pour faire la différence entre photos de vacances et témoignages d’une époque.