Un film de fiction sur le monde étrange des « coachs en développement personnel » : le héros devenu coach à succès se retrouve entraîné dans un imbroglio criminel, familial et amoureux dont l’issue reste incertaine à la fin de ce long métrage. L’intrigue se déroule plutôt bien mais le plus intéressant est la description de cet univers des gourous représenté par le business florissant du héros interprété, plutôt bien, par Pierre Niney (« Coach Matt »). A mi-chemin entre psychothérapies de groupe et réunions politiques extrêmes, le gourou domine les quelques centaines de personnes qui se bousculent à ses réunions (que l’on peut payer en quatre échéances…) et les milliers d’autres qui suivent ses vidéos publiées sur les réseaux dits « sociaux ». Lui-même, sans diplôme d’aucune sorte, leur assène des slogans appris auprès de son maître, un gourou américain qui a encore mieux réussi et qui veut d’ailleurs le recruter.
Avec talent il exerce une emprise sur les âmes un peu à la dérive qui payent pour ses prestations scéniques censées les aider à réussir, ou tout simplement à vivre. Comme dans la vraie vie, le pouvoir politique cherche à réglementer cette activité qui peut être destructrice pour les âmes faibles. A ce jour la profession de coaching reste toujours libre, dans la réalité comme dans le film, malgré les tentatives de l’encadrer.
On voit d’ailleurs « Coach Matt » aller défendre sa profession sur le plateau de Cyril Hanouna qui joue son propre rôle de même que l’équipe de « commentateurs » qu’il menait sur C8 avant la fermeture de cette chaîne de télévision. L’assimilation entre les deux activités, le coaching de masse et le talkshow racoleur du genre Hanouna, est plutôt édifiante. Toutes deux brassent pas mal d’air. Elles cherchent à embarquer du public à peu de frais et surfent plutôt sur la faiblesse de caractère des participants que sur leur intelligence. Le fait que M. Hanouna ait accepté de jouer son propre rôle dans ce film ne le met pas forcément en valeur compte tenu du message général négatif infusé par le film sur ces gourous des temps modernes. Peut-être ne s’en est-il pas aperçu ?
La morale de l’histoire est que l’on peut faire faire beaucoup de choses, y compris mauvaises, à une foule sous emprise. L’Histoire est peuplée d’exemples de ce type. Le mieux est d’arriver à gérer soit même sa vie et, si malgré tout on a besoin d’une aide extérieure, faire appel à des professionnels ou à son entourage plutôt qu’à des coachs-gourous.

