HELIAS Pierre-Jakez, ‘Le Diable à quatre’.

Sortie : 1993, Chez : Editions de Fallois.

Après « Le cheval d’orgueil », récit merveilleux publié en 1975 sur la vie en Bretagne au début du XXe siècle, Pierre-Jakez Hélias (1914-1995) s’essaye au roman avec « Le Diable à quatre », une histoire de vengeance longuement murie mais jamais vraiment aboutie. La victime, fille de l’assistance publique, se sort de sa condition à la force de son caractère et de son travail. Elle reste l’objet de moqueries et d’agressions au cœur d’un petit village breton où la lutte des classes se mêle à la bêtise moyenâgeuse de certains nantis.

« La Grande », devenue femme d’affaires et maire du bourg, va ruminer sa vengeance contre celui qui l’a violée, qu’elle a du épouser puis a immédiatement chassé du pays (plutôt que de le tuer) car une fille est née de cette agression. 25 ans après elle décide de régler ses comptes tout en préservant sa fille dont le père est un voyou. Et puis après avoir réuni le père et son enfant, elle-même retrouvé sa fille dont les circonstances de la conception l’avait éloignée, elle part poursuivre sa thérapie personnelle en empruntant les routes du monde où elle avait chassé ce violeur dont elle reste sans doute secrètement amoureuse.

Une histoire bien sombre qui se termine mal pour les deux principaux protagonistes qui sont allés jusqu’au bout de la haine pour l’une, du remord pour l’autre, sans jamais vraiment se remettre du péché originel qu’il a fallu endurer pendant 25 ans.