FLAUBERT Gustave, ‘L’éducation sentimentale’.

Un classique du XIXème siècle qui se relit avec délice. C’est la chronique du temps qui passe dans le Paris pré et post révolution de 1848. Frédéric, le héros, papillone entre les femmes qu’il séduit, ses terres et ses rentes, ses amis et de vagues engagements politiques. Il surnage dans la superficialité qui caractérise la bourgeoisie de cette époque encore mélangée avec une noblesse qui défend son statut. Tout ce petit monde ne travaille pas, fréquente les dîners en ville et les champs de course, prospère sur son inutilité et découvre la révolution avec stupeur sans comprendre ce qui se passe vraiment.

C’est le début de la fin d’une époque de l’Histoire de France que Flaubert narre avec brio, dans un style riche et fluide bien que parfois un peu ampoulé. La lecture ce cet auteur déclenche un ennui élégant dont on ne se lasse pas, même au bout de 500 pages.

Deux forbans en Turquie

Drapeau_TurquieL’agitation politique actuellement constatée en Turquie relève beaucoup d’un clash d’égos entre deux fortes personnalités confondant la religion avec le pouvoir politique, leurs intérêts particuliers avec l’avenir de leur pays. Exilé aux Etats-Unis d’Amérique Fethullah Gülen ferraille avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, le pouvoir d’un intellectuel à réseaux contre celui d’un dirigeant politique armé de la puissance d’un Etat, le combat est inégal ! Autrefois alliés ils se sont séparés lorsque l’un a mis à jour la corruption gangrenant l’entourage du second.

Le gouvernement turc accuse M. Gülen d’avoir fomenté le récent coup d’Etat militaire qui a échoué. C’est possible, le pays est régulièrement agité de coups d’Etat qui doivent bien être pensés par quelqu’un ! La spécificité du débat actuel réside dans le fait que les deux ex-partenaires se rangent chacun derrière la religion islamique comme guide de leur action. A défaut de choisir entre Dieu et le pouvoir politique, ils aboutissent à désorganiser leur pays en attisant les haines recuites, les comportements déraisonnables et le recul de leur pays qu’ils disent pourtant vouloir promouvoir.

Dans un proche et moyen Orient en proie à la guerre, quasiment sans interruption depuis 1948, le monde aurait besoin d’une Turquie apaisée, leader raisonné et moderne d’une région dévastée, capable de montrer l’exemple et de parlementer avec toutes les parties, un pont entre Occident et Orient. Du fait de l’aveuglement de deux forbans, le pays, au contraire, opte pour les règlements de compte, la valse des alliances opportunes et la démagogie généralisée. Triste situation !