Panique et hystérie, les deux mamelles qui abreuvent les marchés

Les médias adorent édifier Madame Michu avec des mots savants pour tenter de lui faire comprendre comment sa petite épargne va être ou non préservée de la crise financière.

On parle ces jours-ci de nervosité ou de volatilité des marchés. Il faut comprendre en réalité incompétence pour mesurer la valeur des actifs financiers, absence totale de self-control face à des évènements qui se précipitent, incapacité à prévoir quoi que ce soit, spéculation effrénée pour essayer tout de même de gagner à la baisse ou à la hausse, irrationalité totale, etc.

C’est ainsi que Messieurs les Marchés ont fait baisser la bourse de Paris de -4,68% lundi, puis augmenter de +1,63% mardi et mercredi sera un autre jour. Cherchez la logique ? Il n’y en a pas au-delà de quelques vagues déclarations politiques de solidarité et de plans de rigueur qui n’engagent que ceux qui les croient, ce n’est qu’hystérie.

Crise en vacances

Avez-vous remarqué que l’un des points majeurs d’analyse des médias quand il y a une crise en été est le délai que mettent les dirigeants concernés à interrompre leurs vacances pour revenir au boulot ? C’est effectivement un passionnant critère de résolution des crises. Sarkozy est resté au Cap Nègre jusqu’à hier soir malgré le feu sur lequel soufflait Messieurs les Marchés depuis une semaine, Cameron le britannique a mis deux jours à revenir de Toscane pour gérer les émeutes britanniques. Les journalistes glosent sur ce délai à défaut de comprendre ce qui se passe, et de toutes façons, que les dirigeants rentrent immédiatement ou restent en vacances, les médias trouveront quelque chose à y redire, et Messieurs les Marchés aussi.

Reconnaissons au moins à nos dirigeants que, en vacances ou pas, ils triment et n’ont guère de temps pour eux au cours de leurs mandats.

Les « forces » du marché

Eh voilà, la bourse de Paris termine en baisse de -5,45% aujourd’hui mercredi. Des traders mondains passent et repassent dans les journaux télévisés derrière leurs écrans cathodiques (ça fait sérieux et techno) pour montrer, désespérés, des graphiques plongeant vers l’abysse. Mais bande de butors, triple-buses, crétins des Alpes, ânes bâtés, bachibouzouks, si les cours baissent c’est parce que VOUS vendez, alors ne prenez pas ces airs ahuris et dévastés devant les soi-disant forces du Marché !