Suzanne Vega – 2012/06/11 – Paris la Cigale

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Suzanne Vega poursuit son projet solo de réédition en acoustique de tout son catalogue : la série Close-Up déjà riche de trois disques. Solo ou presque, le fidèle Gerry Leonard est aux guitares sur ces enregistrements comme sur scène ce soir.

Suzanne Vega est toujours un délice de subtilité musicale et d’élégance féminine. Pour l’intro de Marlene on the Wall elle chausse un chapeau-claque pour annoncer le show, pour le reste elle est habillée de noir et de rouge à lèvres, avec une longue veste et un foulard bohème autour du cou.

Guitariste de talent, son instrument électro-acoustique sonne clair comme sa voix est brumeuse et feutrée. Gerry l’accompagne avec talent et électricité, ne négligeant pas à l’occasion quelques charges électroniques. Plus souvent qu’à son habitude Suzanne abandonne sa guitare et entame quelques discrets pas de danse sur ses ballerines en chantant.

Quelques nouvelles chansons tout de même, notamment celles écrites pour le livret d’une pièce de théâtre de Carson McCullers, écrivaine américaine du XXème siècle dont elle évoque la vie dissolue. Instant of the Hour After raconte une fin de soirée alcoolisée entre Carson et son amour :

On your cheek, that sweet/ shadow falling./ The pulse in your neck, how I’ll/ know it, right to the end./ How I love you/ How I loathe you./ All you can say is:/ “Reverberating acuity”/ “Lousy simile”/ “Vacant majesty.”/ In the instant of the hour after.

Une soirée avec Suzanne c’est une ballade en musique sur le chemin escarpé d’un folk urbain nuageux. Sa voix est une caresse, une direction ; ses compositions sont une mélancolie, une raison de vivre ; son personnage est une élégance sans égal. La douceur exsude de tous ses gestes, l’intelligence marque ses créations et New York rôde au-dessus de ses chansons.

Ce même soir un autre new-yorkais se produit à Paris, entre Lou Reed et Suzanne il a fallu choisir, il n’y a pas à regretter.

Cette reconstitution de toute son œuvre en acoustique est la meilleure des idées (même si assortie semble-t-il de quelques considérations mercantiles de récupération de droits), on a déjà oublié la période où elle était accompagnée d’un groupe. Cette évolution vers plus de simplicité et de sérénité est salutaire, elle nous laisse l’image d’une artiste accomplie en pleine possession de ses moyens, diffusant une pureté sans égale !

Warm up : James Walsh