Depeche Mode – 2013/06/15 – Paris le Stade de France

Depeche Mode au Stade de France, un boulot bien fait pour un concert sans surprise. Les trois compères viennent de sortir leur dernier disque : Delta Machine. Sur scène ils sont renforcés par le duo habituel claviériste et batteur. La scène est gigantesque et dépouillée, les images projetées sur les vastes écrans frappent et font apparaître les musiciens tels de petits nains qui commandent la Machine Delta telle la sixième flotte US dans l’océan.

Cette bande se connaît sur le bout des doigts depuis des années, Just Can’t Get Enough date de 1981… Archétype de la musique new wave des années 1980/90 ils ont survécu à tout et continuent de diffuser leur pop synthétique et glaçante avec un bonheur plus ou moins égal. Ils sont quasiment les seuls à avoir traversé ces décennies sans vraiment changer d’inspiration.

Tout est réglé au millimètre sur scène, jusqu’au déshabillé de Dave au bout du troisième morceau, qui tombe la veste pour laisser apparaître ses muscles tatoués sous son éternel gilet. Le garçon tient la route malgré certaines années d’excès et anime l’ensemble avec talent. Il a tenté une incursion solo il y a quelques années avec deux disques pas inoubliables (Paper Monsters et Hourglass) mais c’est au cœur de Depeche Mode qu’il est le meilleur. Sa voix profonde n’est jamais mieux portée que par les sombres harmonies de Martin Gore, la tête pensante du trio. Dave réussit de loin en loin à caser quelques compositions dans les disques du groupe mais elles sont rarement aussi réussies que celles de Martin.

Ces deux-là semblent faits pour créer ensemble et quand chacun s’essaye à la spécialité de l’autre le résultat n’est pas bouleversant. Les shows réservent toujours une ou deux pauses où Martin vient chanter sur le devant de la scène (un peu comme l’instant Keith Richard au milieu des concerts des Rolling Stones), ce soir ce sera pour une belle reprise de Higher Love.

Delta Machine n’est pas encore très connu des fans et d’un abord un peu complexe, alors le retour sur les classiques déclenche l’enthousiasme. Trente ans plus tard Depeche Mode continue à faire danser les stades avec la même ferveur sur A Question of Time, Black Celebration et autres comètes tubesques de la galaxie synthpop.

Performance sympathique, voix définitivement marquante de Dave sur une musique oh combien efficace ; c’est le cocktail gagnant des Depeche Mode depuis tout ce temps, de quoi passer une excellente soirée du mois de juin à Paris.

Setlist : Intro/ Welcome to My World/ Angel/ Walking in My Shoes/ Precious/ Black Celebration/ Policy of Truth/ Should Be Higher/ Barrel of a Gun/ Higher Love (Sung by Martin)/ Judas (Acoustic)/ Heaven/ Soothe My Soul/ A Pain That I’m Used To (‘Jacques Lu Cont’s Remix’ version)/ A Question of Time/ Secret to the End/ Enjoy the Silence/ Personal Jesus/ Goodbye

Encore : Home (Acoustic)/ Halo (‘Goldfrapp Remix’ version)/ Just Can’t Get Enough/ I Feel You/ Never Let Me Down Again

Une bande de flibustiers

La bande organisée accusée d’escroquerie dans l’affaire de l’arbitrage privé rendu en faveur de Tapie-l’affairiste au détriment des contribuables, la bande organisée donc, est dévoilée progressivement. Après l’un des juges arbitre mis en examen, voici l’ex-patron de l’entité publique portant les créances compromises du Crédit Lyonnais et l’ex-directeur de cabinet du ministre des finances Lagarde à leur tour mise en examen pour escroquerie en bande organisée.

La ministre Lagarde, relevant elle de la cour de justice de la République en tant qu’ancienne ministre, a été placée sous statut de témoin assisté dans une enquête ouverte pour « complicité de faux et complicité de détournement de fonds publics ». Excusez du peu ! Mais c’est moins infâmant que mis en examen pour escroquerie en bande organisée.

Le prochain de la bande à être entendu sera Claude Guéant, cela promet ! Pour le moment il se débat dans une sombre histoire de primes touchées en liquide lorsqu’il étaitdirecteur de cabinet du ministre de l’intérieur et dont une partie au moins expliquerait selon lui des factures d’électro-ménager payées en liquide pour 20 à 25 000 euros, et retrouvées par hasard dans ses dossiers lors d’une perquisition judiciaire dans le cadre de l’affaire Tapie précitée…