La Centrafrique à la dérive

La Centrafrique continue à s’enfoncer dans l’anarchie et la violence, en voie de somalisation disent certains, un territoire sans Etat ni autorité où l’Homme est rendu à sa vraie nature. En fait, depuis la chute de l’ubuesque empereur Bokassa en 1981 ce pays n’est qu’une succession de coups d’Etat menés par des militaires dépenaillés et avinés, les populations sont livrées au pillage et au sida, des bandes armées écument la brousse, tuent, volent et violent sans vergogne avec parfois une coloration ethnique, mais le plus souvent juste l’appât du gain et la déshumanisation complète de cette voyouterie locale. La communauté internationale et africaine lève régulièrement des forces d’interposition, aussi impuissantes qu’inefficaces. C’est… désespérant !

Le 25 juillet, l’ONU s’est fendue d’un communiqué inquiet :

25 juillet 2013 – La mission politique des Nations Unies en République centrafricaine a dit jeudi sa préoccupation devant les violations des droits de l’homme qui auraient été commises dans le pays.

Un porte-parole du Secrétaire général, Ban Ki-moon, a déclaré depuis New York que le Représentant spécial du Secrétaire général en République centrafricaine, Babacar Gaye, avait rencontré hier des organisations non gouvernementales (ONG) qui l’ont informé de massacres de civils, de viols et d’autres violations commis de manière systématique par des soldats de la coalition Séléka.

« Elles l’ont également informé que les défenseurs des droits de l’homme avaient été ciblés et menacés par la Séléka et mentionné plusieurs tentatives de suppression des preuves d’abus, de pillage, de destruction de biens publics et de recrutement d’enfants», a affirmé le porte-parole.

Les hostilités ont éclaté en République centrafricaine en décembre 2012, lorsque la coalition rebelle Séléka a lancé une série d’attaques, pris le contrôle des principales villes du pays et avancé sur la capitale, Bangui. Les rebelles ont renversé le pouvoir de l’ancien Président François Bozizé en mars dernier.

De son côté, le Bureau intégré des Nations Unies en République centrafricaine (BINUCA) a condamné la semaine dernière les informations faisant état de multiples exécutions extrajudiciaires, accompagnées d’actes de torture et de mutilations.

Ngombet Jérôme, comptable de l’Association des femmes juristes de Centrafrique (AFJC), une ONG locale, est parmi les victimes identifiées.

«Ces exécutions ont eu lieu, selon toute vraisemblance, lors de contrôles de routine dans les zones rurales et dans la ville de Bangui », a indiqué le BINUCA dans un communiqué, avant de demander l’arrêt immédiat de ces graves violations.

Dimanche prochain un nouveau président de la République, arrivé au pouvoir par les armes, prêtera serment pour une soi-disant période de transition avant de prochaines élections démocratiques. Eternel recommencement  alors que les lance-roquettes continuent à tonner dans le pays à feu et à sang depuis 40 ans. Avec la Somalie et la Centrafrique, le continent africain démontre par l’absurde à quels tragiques errements peuvent mener des pays sans Etat.

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