A quoi sert le forum de Davos ?

Le World economic forum (WEF) vous connaissez ? C’est le machin mondain où se pressent chaque année le gratin des pédégés mondiaux, quelques politicards en mal de reconnaissance et la presse globale qui adore ce genre de rassemblements pipole. Le tout se déroule géographiquement dans une station de ski de luxe en Suisse à Davos, tout est donc réuni pour que le forum vole la vedette aux oscars d’Hollywood.

Le forum pond une abondante littérature qui passe aux oubliettes d’une année sur l’autre et que sans doute pas grands monde ne lit, toutes ces sommités n’ayant que fort peu de temps pour dévorer ces milliers de pages, généralement assorties de joyeux graphiques colorés, incompréhensibles et inexplicables du genre :

 ou encore :

Néanmoins, cette année, au milieu de cette logorrhée verbeuse émerge une analyse frappée au coin du bon sens concernant l’inégalité croissante des revenus qui aurait un effet dépressif sur les classes moyennes, particulièrement dans les pays émergents :

Closely associated in terms of societal risk, income disparity is also among the most worrying of issues. It raises concerns about the Great Recession and the squeezing effect it had on the middle classes in developed economies, while globalization has brought about a polarization of incomes in emerging and developing economies. This is true despite the obvious progress in countries such as Brazil and lower levels of poverty in several developing countries in Asia and in Africa.

Un groupe de travail doit sans doute plancher sur cet intéressant constat. Venant des participants aux WEF qui cumulent sans doute les plus gros salaires et fortunes jamais accumulés de toute l’histoire du capitalisme, leurs conclusions et recommandations risquent d’être intéressantes…

Sainte MAM a des visions

Incroyable : Michèle Alliot-Marie (MAM), 67 ans, ex-député pendant plus de 25 ans, ministre durant plus de 15 ans, chefaillonne du RPR pendant quelques années, multi-cumularde, raide comme un passe-lacet, qui a du quitter ses dernières fonctions ministérielles (affaires étrangères) après avoir proposé à l’assemblée nationale de fournir au régime familiale Ben Ali en Tunisie les moyens de répression nécessaires pour mettre les opposants locaux, tout en tripatouillant gentiment et familialement avec ledit régime, MAM donc, née il y a 67 printemps en région parisienne mais d’origine du pays basque français, sort de son placard et se fait parachuter chef de la liste électorale de droite du grand sud-ouest pour les prochaines élections européennes.

Elle explique, à 67 ans, qu’elle n’a rien demandé mais précise dans Sud-Ouest de ce jour :

« Je comptais me consacrer à l’échéance de 2017 en élaborant un projet qui réponde au rejet des Français de la politique, à leur angoisse devant l’avenir et à leur désillusion du pouvoir socialiste. Mais de nombreux élus du Grand Sud-Ouest m’ont sollicitée pour que je me présente. »

MAM-67-ans fait don de sa personne pour sauver le grand sud-ouest. On en a des larmes aux yeux et l’on croule sous la reconnaissance.

Qu’est ce qui peut pousser un parti, l’UMP en l’occurrence, à aller chercher un apparatchik de 67 ans pour diriger une liste électorale ? C’est un mystère ! Elle est sympathique cette MAM-de-67-ans, un peu raide mais sympathique, mais elle n’a jamais cassé trois pattes à un canard durant sa trop longue carrière publique. Alors utilisons sa soi-disant notoriété pour promouvoir les jeunes recrues de l’UMP locale, mais par pitié ne la faisons pas rempiler au parlement, fut-il européen, où elle ne mettra sans doute les pieds que de loin en loin.

Et en plus on apprend que : « Pour 2017 [élections présidentielles], je ne sais pas ce que je ferai. Je verrai à ce moment-là. » En 2017 elle aura 70 ans et envisage, peut-être, de poursuivre le sacrifice de sa personne en se présentant à la fonction suprême. Une telle abnégation force le respect mais que l’UMP nous en préserve. N’y-a-t-il personne dans ce parti pour lui recommander doucement de prendre sa retraite, quitte à lui décerner une breloque ou deux pour l’y aider, une présidence d’honneur par-ci, une décoration par-là.