Madonna – 2020/02/27 – Paris le Grand Rex

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Après 2h30 de retard sur l’horaire annoncé sur les billets, une bande préenregistrée est diffusée dans le Grand Rex par laquelle la voix de la Madone annonce le début du show et se conclut par un mystérieux : « Don’t forget: nothing of this is real! » et la star apparait au milieu d’un groupe de danseuses toutes grimées à l’identique en espions façon guerre froide pour chanter Vogue. S’en est suivi un concert presque sans musiciens mais avec des danseurs/danseuses et la voix toujours superbe de Madonna.

Cette tournée assure la promotion de son dernier disque « Madame X » sorti en juin de l’an dernier et passe dans des salles de taille modeste. Elle fait le choix de rester en « résidence » une semaine ou deux dans les villes qu’elle traverse pour assure suffisamment de concerts pour ses fans. Par suite d’une blessure aux Etats-Unis elle a dû annuler quelques shows pour éviter de travailler tous les soirs. Elle a expliqué à ses suiveurs des réseaux dits sociaux (15 millions d’abonnés sur Instagram tout de même) qu’elle a dû modifier les parties les plus difficiles de son show pour gérer ses douleurs. Celui de ce soir est maintenu, celui d’hier a été annulé… Les affres du pré-confinement entraîneront aussi l’annulation des soirées parisiennes début mars… Un peu tourneboulée cette tournée !

Tous les concerts parisiens débutent avec deux à trois heures de retard, on se demande bien pourquoi. Ce soir l’attente sera en partie occupée par quatre musiciens installés devant le rideau, dont une trompettiste, venus réinterpréter en instrumental les tubes madonnesques.

Les danseuses en Vogue, perruques blondes, impers mastic et lunettes noires poursuivent leur chorégraphie devant deux escaliers monumentaux posés au milieu de la scène, empruntés par les espionnes. A un moment Madonna titube et semble louper une chaise sur laquelle elle est censée retomber mais emportée par le mouvement la défaillance passe presque inaperçue.

Pour chaque acte les escaliers sont démontés et remontés comme des Lego pour composer de nouvelles scènes. A l’issue du premier acte Madonna marque le pas, demande une chaise et, seule sur la scène, s’y assoit un moment pour parler au public et, sans doute, se reposer. Elle semble pleurnicher, est-ce de l’ivresse ou la souffrance éprouvée ? Puis le show reprend dans des décors recomposés. Au milieu des bellâtres-danseurs de sa bande Madonna a repris sa ronde dans un foisonnement de costumes superbes.

A 61 ans elle a un peu perdu de son énergie, ses blessures ne l’aident pas. Elle est très (trop) bavarde, peut-être pour reprendre son souffle, mais elle chante toujours magnifiquement. Le concert est aussi une occasion de présenter ses engagements : en faveur du Malawi, « ils n’ont rien et ils sont heureux, nous avons tout et nous sommes malheureux. », et d’un groupe de chanteuse cap-verdiennes découvertes à Lisbonne qui font plusieurs apparitions durant le concert en y apportant une touche africaine. Icone queer depuis toujours, Madonna réjouit les nombreux membres de la communauté LGBT présents à cette soirée avec en apothéose l’affichage du drapeau arc-en-ciel sur le final qui déclenche un hourvari frénétique alors que la star quitte la scène.

Madonna vieillit comme tout le monde. Les performances de ses shows d’antan ne sont plus de mise, il va falloir s’y résigner. Pour les prochaines tournées pourquoi ne pas en revoir le format avec un plus classique « chanteuse et musiciens » pour réinterpréter avec plus de dépouillement le fantastique catalogue de cette artiste originale ? Car ne l’oublions pas, au-delà de ses falbalas, Madonna est d’abord une superbe musicienne dont la voix et les compositions peuvent se passer allègrement des chorégraphies, surtout si elle n’est plus en mesure de les mener.

Setlist : Act I

Madame X Manifesto (Video Introduction)/ Vogue/ I Don’t Search I Find/ American Life

Act II

Coffin (Video Interlude)/ Batuka/ Fado Pechincha (Isabel De Oliveira cover)/ Killers Who Are Partying/ Crazy/ La Isla Bonita (with excerpts of « Welcome to My Fado Club »)/ Medellín/ La vie en rose (Édith Piaf cover)/ Extreme Occident

Act III

Rescue Me (Dance Interlude)/ Frozen/ Come Alive/ Future/ Like a Prayer Encore : I Rise