BRONTË Emily, ‘Les Hauts de Hurle-Vent’.

Sortie : 1847, Chez : Le Livre de Poche n°105 (édition 1984)

L’un des romans les plus célèbres de la littérature britannique, voire mondiale, « Les Hauts de Hurle-Vent » ont marqué non seulement par la noirceur de l’atmosphère qui y est narrée mais aussi par la personnalité de son auteure Emily Brontë (1818-1848). Elle publia par ailleurs de nombreux poèmes en plus de cet unique roman sorti un an avant sa mort, de tuberculose, à 30 ans.

L’intrigue se passe dans l’environnement triste et montagneux du Yorkshire, là où vécut Emily avec ses deux sœurs et leur frère (deux autres sœurs aînées décèdèrent encore jeunes ainsi que leur mère) dans le presbytère dont leur père était le pasteur. L’intrigue démarre sur le thème d’un enfant abandonné, Heathcliff, recueuilli à Londres qui est ramené dans la famille Linton. Il va y semer un cataclysme émotionnel et matériel durable. On suit ses effets sur trois génération de Linton et de la famille Earnshaw qui lui est liée, entre la demeure de Hurlevent (Wuthering Height) et celle de Thrushcross Grange quelques kilomètres plus bas dans la vallée.

A la recherche désespérée de reconnaissance, Heathcliff va tomber amoureux de Catherine Earnshaw, la fille de son père adoptif. Et même une fois celle-ci mariée à un Linton, puis décédée, il continuera ses noirs desseins avant de rejoindre Catherine dans sa tombe au terme d’une folie destructrice qui ne laissera que ruines et dévastation dans les cœurs et les âmes de ce petit coin du Yorkshire. Le personnage d’Heathcliff est sans doute largement inspiré par celui de son frère Branwell addict aux drogues et à l’alcool et dont les violentes crises de délire ont marqué sa courte vie (il est décédé peu de temps avant elle et lui a probablement transmis la tuberculose dont il souffrait). Il n’est question dans ce récit que de malfaisance, de mort et de folie. Il est d’un romantisme sombre et surtout d’une incroyable maturité de la part de son auteure.

Dès ses plus jeunes années, Emily a créé des mondes imaginaires avec ses sœurs Charlotte, Anne et son frère, dans lesquels ils évoluaient ensemble et qui lui inspirèrent son abondante création poétique. Charlotte et Anne vont-elles aussi publier des romans, dont « Jane Eyre » pour la première. On ne sait pas grand-chose de la vie affective d’Emily sinon qu’elle dût être plutôt stérile compte tenu de l’époque et de l’environnement dans lesquels elle vécut. Mais la puissance de l’imagination et la réalité d’une vie dure et isolée, seulement illuminée par une culture classique assez exceptionnelle pour une femme à l’époque, lui ont permis d’écrire ce roman d’amour violent. C’est le miracle de l’écriture fondée sur l’inspiration.

Ce roman de légende a aussi guidé nombre de cinéaste et de musiciens, dont Kate Bush ou Genesis pour son album « Wind and Wuthering » qui reprend quelques extraits du livre dans ses paroles.

L’abrutissement publicitaire se poursuit même en période de confinement

Les radios et télévisions publiques diffusent plusieurs fois par heure des messages publicitaires informant les citoyens de l’épidémie de coronavirus en cours et des gestes « barrière » à appliquer pour en limiter les risques. Ils sont dévidés avec le même ton commercial traînant et horripilant que les publicités pour les barils de lessive. Sont-ils vraiment utiles ? Y-a-t-il encore vraiment dans ce pays des citoyens qui ignorent que nous sommes atteints par une pandémie et qu’il faut se laver les mains régulièrement ? C’est tout de même assez peu probable.

Mais c’est sans doute aussi la mission de service public radiotélévisé d’abrutir ses auditeurs et spectateurs en leur rentrant de force dans le cerveau ces messages sanitaires en utilisant les méthodes abêtissantes du marketing de masse. Il faut donc supporter, ce n’est pas très grave, juste un peu agaçant.