Il fait froid sur Venise, la première vision en sortant de la gare ferroviaire pour emprunter le vaporetto en direction de l’hôtel est l’incroyable architecture de cette ville construite sur une lagune de la mer Adriatique. Les immeubles au bord des canaux sont à la fois sublimes et un peu délabrés, les briques rongées par l’humidité, le crépi vieillissant, mais tout tient et les gondoles se faufilent au milieu de ce dédale aquatique toujours animé.
Le second choc est l’incroyable richesse artistique et religieuse de cette ville dont on avait un peu oublié qu’elle fut si puissante et influente du temps de sa gloire, du Moyen-âge à la Renaissance, avant que Napoléon 1er, le grand massacreur du continent vienne mettre fin à cette splendeur. Les premiers pas sur la place Saint-Marc permettent de s’en souvenir en un quart de seconde.
La ville sur pilotis n’est qu’accumulation de musées, d’œuvres d’art et de musées flamboyants qu’une vie suffirait probablement à peine à découvrir. La basilique Saint-Marc, le musée attenant avec son célèbre quadrige de chevaux et de sublimes mosaïques, le palais d’Oro, l’église Santa Maria di Formosa ou celle de San Salvador (qui contient les reliques de San Téodoro qui a longtemps protégé la ville), la basilique Santa Maria Della Salute, le Palais des Doges, la galerie dell’ Accademia exposant les peintures vénitiennes de la Renaissance, l’église Santa Maria dei Frari avec un retable de grandes dimensions (7x3m) peint par Titien (~1488-1576) représentant l’assomption, Marie montant au ciel, portée par des anges devant les fidèles réjouis…
La Scuola Grande di San Rocco (église et scuola) est un éblouissement. Surnommée la « Sainte Chapelle vénitienne » tant sa décoration peinte par le Tintoret (~1518-1594) est impressionnante par sa qualité et les dimensions gigantesques des toiles qui la portent et présentent des scènes bibliques des ancien et nouveaux testaments aux couleurs sombres et angoissantes. Même les murs qui entourent l’escalier sont terrifiants et représentent sans doute des scènes des épidémies de peste qui ont ravagé la cité.


Et si l’on veut sortir du centre-ville, 5mn de vaporetto à partir du palais des Doges vous amènent à la basilique di San Giogio Magorre, au bout du Grand Canal, avec son petit port de plaisance à l’ombre du campanile.

Et partout on peut déguster ces merveilleux cappuccinos à la saveur si transalpine, au bar, où s’arrêtent parfois d’élégants Italiens, chevelure blanche, costume sombre, pochette claire et chaussures vernies, la classe italienne !

A la Fenice, quelques vieilles Italiennes fardées et bien habillées dans les ors de leurs loges, font bonne figure pour les 2h50 de l’opéra de Verdi, « Simon Boccanegra »…

Une histoire de doge, de tyrans et de pouvoir !

