YON Adèle, ‘Mon vrai nom est Elisabeth’.

Sortie : 2025, Chez : Editions du sous-sol.

Adèle Yon est une jeune autrice trentenaire, normalienne, qui au cours de ses études a mené des recherches généalogiques sur son arrière grand-mère que les rumeurs et informations familiales disaient schizophrène. Son enquête a servi de base à une thèse de doctorat en 2024 avant d’être transformée en récit.

L’univers familial dans lequel elle plonge apparait plutôt sombre, composé de secrets accumulés et d’une époque où la psychiatrie était balbutiante. Alors il est question pour Elisabeth « Betsy » d’un amour éperdu, d’un internement psychiatrique désespéré (dix-sept ans durant), de neurochirurgie barbare, d’un retour douloureux chez ses parents, du rejet par son mari. Beaucoup de souffrance et de malheur qui ne furent pas sans conséquences sur les générations suivantes où l’on compta quelques suicides et un pesant silence.

Par cette écriture thérapeutique Adèle Yon cherche aussi à briser l’enchaînement du malheur et, en mettant à jour la vérité du parcours de son arrière-grand-mère, s’assurer que les générations suivantes pourront suivre un destin plus apaisé. Le texte est séparé en trois origines, chacune rendue avec une police de caractère spécifique : les courriers anciens échangés entre Betsy et son mari durant la guerre, les courriels reçues et envoyés à l’époque contemporaine et la rédaction d’Adèle qui digresse aussi sur le processus de la connaissance familiale acquise sur base de documents sans âme dont il faut tenter de reconstituer le contexte. Elle complète cette quête par une plongée dans l’univers medico-psychiatrique de l’époque qui permet de mieux comprendre le sort barbare auquel a été soumis son ancêtre.

Le dernier chapitre est un résumé de la vie dévastée de Betsy telle que déduite par l’autrice après ses années de recherche et de dialogues avec ceux qui l’ont approchée. C’est simplement la vraie histoire d’une femme martyrisée. Un récit émouvant et perspicace.