Alors que les prix de l’énergie augmentent du fait de la guerre dans le Golfe Persique l’Etat voit s’accroître les taxes proportionnelles qu’il perçoit sur le prix des carburants à la pompe et… diminuer les recettes fiscales qu’il anticipe au titre du budget 2026 du fait de la dépression économique qui couve à cause de cette crise énergétique.
Des dirigeants politiques de tous bords appellent déjà à « rendre l’argent aux Français », agitant le concept de « cagnotte » sous le nez de Mme Michu qui entend déjà les sous tintinnabuler dans le porte-monnaie de l’Etat. En réalité, parler de « cagnotte » en période de graves déficits budgétaires est tout simplement une hérésie économique et financière, propre à la démagogie politique érigée en mode de fonctionnement depuis très longtemps.
Le budget 2026 a été adopté par le parlement en déficit d’environ 135 milliards d’euros pour un total de dépenses de 460 milliards ce qui donne un déficit budgétaire de 30%, c’est-à-dire que pour 100 EUR dépensés la France va devoir en emprunter 30. Et il est à craindre que ce déficit ne s’accroisse par rapport à la prévision à cause des conséquences économiques de la crise géopolitique en cours. On pourrait parler de « cagnotte » à partir du moment où des économies de dépenses ou des suppléments de recettes permettraient de ramener à 0 ce déficit de 135 milliards et c’est seulement à partir du premier euro suivant la mise à 0 du déficit qu’il y aurait éventuellement des sous « mis de côté ». Et encore, ceux-ci devraient être affectés en priorité au remboursement de la dette très significative qui est laissée aux générations futures, plutôt qu’à de nouvelles dépenses. On est encore loin de ce cas de figure qui n’a plus été atteint depuis 1974, date du dernier budget de l’Etat exécuté en équilibre, c’est-à-dire avec un déficit égal ou supérieur à 0. En attendant, toute recette inattendue tombe dans le trou abyssal du déficit du pays !
Ce concept de « cagnotte » était déjà apparu dans les années 2000 alors que, sous le gouvernement socialiste du premier ministre Jospin, une gestion des finances publiques un peu plus rigoureuse que l’habitude et la croissance économique avaient généré des recettes permettant de ramener le déficit à un vingtaine de milliards en 2000 et 2001. Mais il s’agissait toujours d’un déficit rendant l’idée de « cagnotte » toujours aussi incohérente.
Ainsi va la vie politico-financière française. La crise économique sourd, la crise financière s’annonce et des dirigeants de rencontre glosent sur une « cagnotte » à redistribuer aux Français.

