KRASZNAHORKAI Laszlo, ‘La mélancolie de la résistance’.

Sortie : 1989, Chez : Gallimard.

Laszlo Krasznahorkai est un écrivain hongrois né en 1954 qui reçut le prix Nobel de littérature en 2025. Il convenait donc de faire connaissance avec lui. Ce roman de 1989 est basé sur une histoire absurde : un groupe de forains, traînant avec eux un cadavre de baleine, débarquent dans une petite ville hongroise en hiver. Il y a soudainement un déclenchement de violence qui entraîne l’intervention de l’armée pour rétablir l’ordre.

On suit le déroulement de cette aventure à travers les yeux de personnages incongrus, souvent alcoolisés qui observent ce qui se passe tout en se plongeant dans d’improbables et sombres introspections du monde et d’eux-mêmes.

…nous sommes les misérables sujets d’un échec insignifiant au sein de cet éblouissant univers, et toute l’histoire de l’humanité se résume, pour vous citer un exemple pertinent, aux pitoyables fanfaronnades de pauvres parias stupides et sanguinaires repliés dans les lointaines coulisses d’une scène gigantesque, à la douloureuse confession d’une erreur, la lente reconnaissance d’une vérité cruelle : ce monde n’est pas franchement une brillante réussite.

Réflexion de M. Eszter, l’un des personnages..

Le style est plutôt ardu, des phrases-chapitres très longues, lourdes comme les nuits d’hiver dans lesquelles se déroulent beaucoup de scènes. Il fait penser à celui de l’écrivain roumain Mircea Cartarescu (https://rehve.fr/2020/03/cartarescu-mircea-solenoide/), sans doute le style propre à cette région d’Europe centrale et orientale. Les intervenants sont rustres ou délirants, collants comme la neige salle dans les caniveaux du bourg. Ces phrases sans fin pour développer les raisonnements absurdes de personnages à la dérive relèvent un peu de l’exercice de style et très peu d’un récit haletant.

Bref, un roman un peu interminable…