Sortie : 1956, Chez : Les Editions Mondiales (Le Livre de Poche n°1 536).
Un grand classique de John Steinbeck (1902-1968), écrivain américain, prix Nobel de littérature 1962, célèbre pour ses romans à la fibre sociale, se déroulant généralement en Californie, l’Etat où est né l’auteur, à l’époque de la Grande Dépression économique des années 1930.
« Tendre jeudi » se situe dans un contexte plus joyeux, celui de la ville de Monterey alors que Doc y revient après avoir servi son pays durant la Iie guerre mondiale. Il y retrouve son petit laboratoire de biologies, ses recherches sur la sexualité des céphalopodes et ses amis qui rêvent de le marier pour le sortir de sa solitude en le remerciant ainsi de sa constante générosité à leur égard. Ca tombe bien car la maison close du coin de la rue vient d’accueillir une nouvelle recrue, arrivant à Monterey avec ses plaies et ses bosses. Alors tout ce petit monde, généralement alcoolisé du matin au soir va s’organiser pour que Suzy tombe dans les bras de Doc.
C’est l’occasion de plonger dans cette humanité californienne : l’épicier mexicain un peu escroc sur les bords, Fauna la mère maquerelle employeuse de Suzy, la « grosse Ida » tenancière du bistrot local, Hazel le simplet du village qui ne veut que le bien de Doc, par tous les moyens… tout ce petit monde s’active sous le soleil de la « Rue de la Sardine » de Monterey (titre du roman précédent d Steinbeck) et, finalement, arrivera à marier Doc à Suzy.
On découvre un Steinbeck joyeux dans cette atmosphère d’après-guerre qui prête plus facilement à l’optimisme que le cœur de la Grande Dépression où se déroulaient « Les raisins de la colère » ou « Des souris et des hommes » qui furent la chronique de ces années de dévastation aux Etats-Unis. Cette histoire légère dans une Californie sous le soleil est celle d’une Amérique positive et triomphante, qui le restera pour quelques décennies avant de devoir affronter de nouveaux désastres que Steinbeck n’était plus là pour raconter.

