Aimee Mann – 2005/07/08 – Paris la Cigale


Aimee Mann, l’une des plus intéressantes song writers américaines du moment nous reçoit à La Cigale au milieu de son Forgotten Arm tour pour nous narrer l’étrange et triste histoire de John et Caroline, personnages du concept-album éponyme de sa tournée.

John est un vétéran du Vietnam, devenu boxeur, en proie à la drogue. Un looser dont Caroline est folle amoureuse. Ils chargent leurs tourments dans une vieille Cadillac et parcourent l’Amérique en traînant leur dépression au hasard des motels vers le Mexique. Elle dessine son homme avec une ancre tatouée sur l’épaule. Il trace un oiseau qui ne pourra pas survivre dans sa cage. Et elle comprend que cette histoire va lui briser le cœur. Mais la seule chose qu’elle saura faire c’est ouvrir la porte. Il n’arrive à rien, même plus à se désintoxiquer, mais parfois des moments de tendresse illuminent leur route désespérée jusqu’au knock out.

Très grande, très blonde, très fragile, Aimee Mann joue de la guitare en nous déroulant les étapes d’une fuite américaine. On se croirait dans un film de Wim Wenders, un sombre naufrage à la recherche de nos illusions. Entourée d’un groupe solide elle nous conte cette histoire avec une grande douceur et la ponctue d’extraits de ses disques précédents qui déjà abordaient ses obsessions d’addiction. Elle est dans la tradition du folk-rock américain, mélancolique et puissant, dont la monotonie des rythmes appuie encore la révélation du déroulement de vies ordinaires.

Une artiste exquise, un concert émouvant dont on ressort complètement sous le charme.

Kissinger Henry, ‘La Nouvelle Puissance Américaine’.

Sortie : , Chez : . Ecrit en 2001, cet ouvrage nous délivre une puissante analyse des relations internationales en ce début de 21ème siècle. La puissance américaine y est passée au crible de ce spécialiste des affaires du Monde. Les raisonnement sont précis et structurés, toutes les hypothèses sont envisagées et calmement démontées avec de constantes références à l’Histoire des derniers siècles. Tout paraît plus simple à la lecture de ces chapitres. On y rencontre le souffle de l’Amérique des conquérants confrontés aux réalités plus sordides de l’Humanité d’aujourd’hui, la sécurité nationale affrontant la sécurité collective de la planète. Il est rassurant de voir que la politique étrangère des Etats-Unis s’appuie non sur des coups de tête mais sur des doctrines forgées sur la théorisation de grands principes et à l’épreuve du terrain, que l’on soit ou non d’accord avec ces doctrines. En refermant ce livre, on a l’impression que le Monde peut finalement survivre s’il est dirigé par des hommes clairvoyants. Il semble que le New York Times en ait recommandé la lecture à l’équipe W. Bush !