Richard Hawley – 2012/10/10 – Paris la Cigale

Richard Hawley à la Cigale ce soir pour la sortie de son nouveau disque Standing At The Sky’s Edge. Grimmé façon Teddy-boy, jeans et cuir, mèche rebelle et gominée, mais toujours une voix de velours qui emporte tout sur son passage.

Quatre musiciens (bass, guitare, clavier & batterie) l’entourent, un pupitre devant lui, l’homme est serein et une réverbération dantesque nous donne l’impression d’assister à un office dans une cathédrale.

Le dernier disque est plutôt rock-énergique dans ses rythmes, mais passablement sombre dans ses textes qui racontent nos temps hallucinés. Le show démarre sur Standing at the Sky’s Edge, l’histoire morbide d’un Joseph qui tue sa femme et ses enfants, d’une Mary qui vend son corps pour se payer des chaussures avant de finir en prison…

They were standing at the sky’s edge/ And out there, there’s dangerous thinking/ They were standing at the river’s edge/ And watched their lives, slowly sinking away, away, away.

On se croirait dans Berlin de Lou Reed.

Le reste du disque est à l’avenant, il n’y est question que de solitude, d’amour mal embringués et d’âmes dévastées. Mais ces histoires sordides sont déclinées avec une voix formatée pour envoûter, et elle n’y manque pas. Sur scène les chansons sont étendues à l’infini et parsemées de solos de guitare réverbérés, de glissandos dégoulinants évoquant de la musique hawaïenne, mais aussi de sévères attaques sur les cordes, à réveiller les morts.

The Ocean termine le concert, une merveille de douceur tragique qui nous emporte. Richard Hawley extirpe sa musique du fond de son cœur et triture ses guitares pour nous dévoiler ses tourments. Guitariste hors pair, charmeur déprimant, poète maudit, un grand musicien qui rencontre un succès d’estime et fait vibrer d’émotion les salles où il se produit.

Setlist : Standing at the Sky’s Edge/ Don’t Stare at the Sun/ Hotel Room/ Tonight the Streets Are Ours/ Seek It/ Soldier On/ Leave Your Body Behind You/ Before/ Open Up Your Door/ Remorse Code/ Time Will Bring You Winter/ Down in the Woods/
Encore : Lady Solitude/ The Ocean

Il est temps d’arrêter M. Devedjian !

Patrick Devedjian, 68 ans, voit son élection de député invalidée par le conseil constitutionnel pour quelque obscur motif de suppléant qui n’aurait pas démissionné quand il fallait. Le garçon a acquis quelques galons de reconnaissance quand il s’est opposé au népotisme de la famille Sarkozy qui voulait placer le fiston à la tête de l’établissement gérant le site immobilier de la défense. Il reste malgré tout un requin nageant dans les eaux trouble de la politique depuis des décennies. Il a croqué bien des poissons, petits et moyens. A 68 ans il ferait mieux de se retirer et de laisser la place aux jeunes, il a fait son temps.