Coup d’Etat militaire avorté en Turquie

Drapeau_TurquieDes militaires sortent de leurs casernes en Turquie dans la nuit du 15 au 16 juillet et tentent de s’emparer du pouvoir. Ils représentent une part minoritaire de l’armée semble-t-il et le pouvoir les réduit rapidement. Il y a quand même deux cents morts, pour le moment, entre Ankara et Istanbul. Le parti religieux islamique au pouvoir profite de la reprise en main pour se lancer dans une purge de grande envergure. C’était prévisible.

Voilà qui devrait encore repousser négociations et conclusion d’un accord d’adhésion à l’Union européenne de ce pays, dont personne ne semble vraiment souhaiter une issue favorable. Il ne serait pas facile d’expliquer aux citoyens européens que la Turquie remplace le Royaume-Uni…

Attentat religieux islamiste de Nice

Le monde politique français est, comme à son habitude, à la hauteur de sa réputation mais fort peu à celle de l’évènement ! Les cadavres toujours allongés sur la promenade des Anglais à Nice, chacun dans l’opposition y va de ses accusations sur la « gauche-laxiste » et de ses propositions grandiloquentes.

« Il faut coordonner nos services de renseignement, renforcer le renseignement territorial… faire preuve de la plus grande détermination contre la radicalisation des esprits à l’école, dans les prisons, les réseaux sociaux… mobiliser tous les moyens contre la guerre faite à la France… Je ne suis pas enquêteur mais si tous les moyens avaient été pris, le drame n’aurait pas eu lieu » (Juppé)

« Le risque zéro n’existe pas mais je veux dire que tout ce qui aurait dû être fait depuis 18 mois n’a pas été fait… Il y a des décisions à prendre et une détermination à mener. La France ne peut pas laisser ses enfants se faire assassiner… Tout étranger ayant des liens avec des activités terroristes doit être expulsée (SIC)… Nous sommes en guerre. Une guerre totale.  » (Sarkozy)

« Le gouvernement a toujours réagi à contretemps, quand l’événement s’est produit… La France doit faire de la lutte contre l’insécurité et le terrorisme une priorité nationale… L’état d’urgence mis en place est une hypocrisie. Il y a eu bcp de communication et très peu d’action.  » (Ciotti)

Le pompon revient sans aucun doute à Henri Guaino, le colérique Les Républicains, candidat lui aussi aux élections primaires de la droite pour les élections présidentielles de 2017, qui a déclaré :

« On doit pouvoir stopper un camion qui ne répond pas aux sommations… Il suffit de mettre à l’entrée de la promenade des Anglais un militaire avec un lance-roquettes et il arrêtera le camion. »

L’option du lance-roquette pour protéger les manifestations festives n’est sans doute pas à exclure. Plus aisé peut-être serait d’interdire lesdites réunions, la roquette pouvant, éventuellement, causer de légers dommages collatéraux…

Rappelons juste pour sourire un peu en ces temps difficiles que M. Guaino, toujours étranglé par la colère et généralement à la limite de l’apoplexie, avait voté par erreur pour la loi sur le mariage pour tous en 2013. Il s’était bien entendu énervé lorsqu’il avait dû admettre son erreur.

Plus sérieusement, les premiers éléments de l’enquête semblent indiquer que les réseaux de surveillance télévisés très denses dans cette ville ont vu le camion pénétrer la zone piétonne, donné l’alerte au bout de 20 secondes et les policiers ont arrêté le camion terroriste en abattant son chauffeur au bout de 45 secondes. Il semble difficile de faire mieux !

Les messages cités ci-dessus sont généralement extraits des comptes Tweeter des impétrants. Il serait très utile que nos élus passent un peu moins de temps à tweeter ou à bêtifier agressivement sur les plateaux télévisés et un peu plus au parlement pour travailler et se mettre d’accord au-delà des partis sur comment renforcer la sécurité en France ! Il faudra sans doute aussi, hélas, faire comprendre aux citoyens avec toute la pédagogie qui s’impose (c’est-à-dire sans la démagogie qui s’expose en ce moment) que le fanatisme religieux qui anime ces « guerriers » de Dieu sera long à vaincre.

Compte tenu de ces circonstances dramatiques on devrait y arriver si l’on a affaire à des dirigeants et élus intelligents et de bonne composition. Evidemment cela demande un peu plus d’intelligence, de raison et de sens politique que pour publier des photos et des slogans sur un compte Tweeter.

Exposition « Après la Shoah »

Apres-la-Shoah_bras

Le Mémorial de la Shoah organise une exposition sur le retour des juifs européens survivants des camps vers leurs pays d’origine ou ce qu’il en reste. A partir de cartographies, d’images, de films et autres documents d’archive, on y découvre le sort peu enviable de cette communauté au milieu du chaos européen de l’après-guerre où des millions de réfugiés vont et viennent dans un continent en ruines où déjà la guerre froide installe son rideau de fer. De gigantesques camps de transit sont installés qui sont parfois même les camps de concentration recyclés…  Parfois encore des actes antisémites et de nouveau des pogroms accueillent les survivants comme en Pologne.

En France les survivants juifs de retour ne sont qu’une petite partie d’un flot de près de deux millions de personnes qui rentrent au pays : travailleurs du STO, prisonniers de guerre, déportés politiques, etc. Ils retrouvent, ou pas, des membres de leurs familles, leurs biens. Beaucoup veulent fuir la vieille Europe et émigrent vers les Etats-Unis, l’Australie et bien sûr aussi la Palestine quand le Royaume-Uni qui en assure le mandat les laisse entrer…

L’hôtel Lutétia ancienne kommandantur allemande est transformé en centre d’accueil et de débriefing des déportés de retour. Michel Rocard, jeune éclaireur protestant est sur place pour aider, comme de nombreux volontaires.

Des associations juives de secours international essayent de porter aide à ces personnes avec une attention particulière pour les enfants orphelins qui reviennent. Les gouvernements font ce qu’ils peuvent. Le sujet de la Shoah n’en est encore pas un, il ne le deviendra que trente ans plus tard. Les pays et les populations mettront des décennies à reconstruire et à assumer. Cette émouvante exposition en rappelle toute la difficulté.

ECHENOZ Jean, ‘Nous trois’.

Sortie : 1992, Chez : Les Editions de Minuit – « double » 66.

L’histoire courte et entremêlée de trois personnages qui se croisent et s’entrecroisent dans Marseille ravagée par un tremblement de terre, à Kourou sur le pas de tir des fusées et dans l’espace lors d’un vol habité dans une navette spatiale. L’un des trois est une femme mystérieuse qui attise les phantasmes des deux autres et il se passera ce qu’il doit se passer. On reste un peu sur sa faim devant le choix fait d’une fin qui ne termine rien du tout et aurait pu justifier quelques chapitres supplémentaires…

Mais le style d’Echenoz est brillant : jeux de mots, alternance des narrateurs, passages acrobatiques d’une situation à une autre, et imagination débordante pour créer l’environnement de cette histoire de séduction entre catastrophe naturelle et espace intergalactique