Petits arrangements sur le dos du contribuable

Claude Guéant, ancien préfet, ancien ministre, est placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête judiciaire préliminaire pour « détournement de fonds publics et recel ». Il a lui-même reconnu sur les plateaux télévisés avoir perçu des primes, versées en liquides, non fiscalisées, d’environ 10 000 EUR par mois entre 2002 et 2004, alors qu’il dirigeait de cabinet du ministre de l’intérieur de l’époque, Sarkozy. Il a précisé que ces sommes en liquide étaient destinées aux policiers assurant la protection de son ministre.

La justice décidera si ces primes en liquide sont légales ou non, et les sanctions légales à prendre, ou pas. A tout le moins un redressement fiscal doit être prononcé contre Guéant, ou les bénéficiaires finaux s’ils peuvent être identifiés, comme pour n’importe quel contribuable français pris en flagrant délit de fraude fiscale.

Comme souvent on reste impressionné par le sentiment d’impunité qui anime ces cadors de l’Etat. Comment en 2004 un si haut personnage n’a pu se poser la question de l’équité fiscale en versant en liquide de l’argent public à des fonctionnaires. On peut imaginer que certaines dépenses de l’Etat méritent de la discrétion pour des opérations de services secrets ou des paiements d’indicateurs par la police, mais des rémunérations versées à des fonctionnaires, en quoi peut-il être justifié qu’elles échappent à l’impôt sur le revenu ?

Que la justice passe !

Les vieillards de la République

Bernadette Chirac, 80 ans, pleure dans la presse corrézienne sur la suspension éventuelle du canton dans lequel elle est conseiller municipale et dézingue NKM en soutenant hardi-petit le clan corse Tiberi qui squatte le 5° arrondissement depuis des décennies. Après une visite de l’hôpital Trousseau, la Chirac, 80 ans, déclare :

« Les Tiberi sont de grands amis. Jean [79 ans, repris de justice, toujours maire du 5° arrondissement, NDLR] était un grand ami de mon mari. Xavière était une militante de campagne électorale tout à fait exceptionnelle. Tout ce que j’ai appris de la politique de terrain (…), c’est Xavière qui me l’a appris. Elle m’attendait et nous partions à l’assaut. »

Etc. etc…

NKM, candidate UMP à la mairie de Paris qui était présente durant cette charge chiraquienne en faveur du clan Tiberi qu’elle cherche à pousser dehors a dû apprécier !

Il est temps que ces vieillards de la politique française fassent place nette. La République n’a plus besoin d’eux. Ils l’ont servie à leur manière, avec du bon et du moins bon, en des temps sur lesquels il faut maintenant tourner la page. Comment mettre ces brontosaures de la République à la retraite ? C’est un des défis de la Nation.

L’Orient compliqué

Attablé au Cocteau, restaurant français de Beyrouth, avec des amis libanais, le chroniqueur essaye de comprendre ce pays compliqué… vaste tâche. A la table à coté, trône les survivants de la famille Gemayel, chrétienne et dans l’opposition. 800 000 réfugiés syriens se sont installés dans le pays depuis le début de la guerre civile dans ce pays voisin et tentaculaire. Ils sont là pour au minimum 10 ans disent mes interlocuteurs. Les ruines des guerres successives qui ont ravagé Beyrouth trônent au milieu des nouvelles constructions clinquantes, la ville est un immense chantier dans lequel circulent des berlines bling-bling, les banlieues tenues par le Hezbollah vivent en autarcie, tous les jours des accrochages au Sud avec Israël, des attentats pro-cons chiites, sunnites, chrétiens, druzes. Le Parlement est un embrouillamini de partis, de clans, de religions, de survivants aux assassinats politiques-religieux-claniques… Une partie de l’intelligentsia quel que soit son bord politique a ses habitudes à Paris, voire y réside craignant pour sa vie au Liban. Le dernier budget de l’Etat voté par le parlement remonte à des années, depuis il n’a pas pu s’entendre ou se réunir, la dépense publique est gérée par 1/12 de ce dernier budget officiel. Il n’y a d’ailleurs pas véritablement d’Etat, mais ce peuple à la chaleur méditerranéenne a su se déconnecter du fait politique pour survivre quoiqu’il arrive, voir prospérer pour certain.

Que le Liban est admirable et indéchiffrable !