Des économies faciles à réaliser

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Le gouvernement français a annoncé renoncer à sa candidature d’accueillir l’exposition universelle de 2025. Le premier ministre s’est fendu d’une missive adressée à l’organisation en charge de cet évènement pour l’informer, en gros, que la République ne garantirait pas financièrement cette exposition en France ce qui marque un coup d’arrêt à celle-ci. Dieu merci il reste trois pays candidats que sont le Japon (Osaka), la Russie (Ekaterinburg) et l’Azerbaïdjan (Bakou).

Les promoteurs français de cet évènement se plaignent bien entendu de ce revirement de l’Etat, tout en expliquant qu’aucun argent public n’aurait été engagé. Certes, mais ils avaient néanmoins besoin de la garantie du contribuable pour mener à bien leur organisation « privée ». La ville de Boston a renoncé à l’organisation des jeux olympiques de 2024 (que Paris finalement organisera) lorsque le comité olympique lui demanda sa garantie financière. Comme Boston l’an passé, le gouvernement français a estimé qu’il n’était pas opportun de faire peser sur les contribuables nationaux le risque financier d’organisations d’expositions un peu démodées.

L’essentiel de cet évènement devait se dérouler en banlieue parisienne sur le campus dit de Paris-Saclay où résident nombre de centres de recherche, d’universités et de grandes écoles, du secteur privé comme public. Le comité d’organisation composé d’élus et de diverses entreprises privées est mécontent et le fait savoir par la voix de son président Jean-Christophe Fromantin (élu des Hauts de Seine) :

« …les arguments invoqués par Matignon sont faux. C’est justement parce que nous étions soucieux de la dépense publique que nous avons, depuis le début, construit ce modèle privé qui a séduit de nombreux partenaires économiques. Une telle probité devrait être exigée à tous les grands événements internationaux que la France organise ».

La faille dans le raisonnement est que le projet est certes « construit sur un modèle privé » mais a tout de même besoin de la garantie de l’Etat, donc des contribuables et l’on peut prévoir sans beaucoup de risques de se tromper que cette garantie aurait été mise en jeu.

L’écueil dans cet évènement est qu’il vient après les ponctions déjà engagées sur les contribuables pour les organisations de jeux olympiques à Paris en 2024 et de la coupe du monde rugby l’année suivante. Trop c’est trop et il faut bien arrêter à un moment ou à un autre la machine à dépenser l’argent des contribuables. Il aurait été préférable de la stopper avant d’accepter les jeux olympiques de 2024 mais la malchance pour l’exposition universelle est que le couperet tombe sur elle.

Ainsi le campus de Paris-Saclay pourra se consacrer à ses travaux de recherches sans être perturbé par les flonflons d’une exposition consommatrice de temps et d’argent. Ces dépenses somptuaires ne sont pas prioritaires pour un pays surendetté, il est sain qu’elles soient contrôlées. La France ira installer son pavillon à l’exposition à Bakou et en survivra. Mettre fin au financement de ce type d’évènements et ainsi réduire la dépense publique est facile à faire : il suffit de le décider !