« Calder – Rêver en équilibre » à la fondation Louis Vuitton

Alexander Calder (1898-1976), artiste-sculpteur américain, est surtout connu du grand public français pour ses célèbres mobiles aux formes aérées, en couleurs ou en noir-et-blanc, composés de différents matériaux mais toujours le fruit d’un équilibre subtil entre l’air et la forme. L’exposition nous montre à voir ses nombreux autres talents, à commencer par les premières salles consacrées à sa passion du cirque et à la minutie avec laquelle il a recréé toutes les scènes en miniature avec personnages, animaux et ustensiles, et du simple fil de fer ainsi que la possibilité d’animer mécaniquement ces numéros. On peut ainsi voir un acrobate sauter sur un cheval ou un haltérophile soulever sa fonte. Sur une vidéo on voit l’artiste, déjà âgé, pousser le petit cheval et déclencher le saut de l’acrobate au bon moment. Il lui a suffit de fil de fer, de quelques ressorts et bobines, et de beaucoup d’ingéniosité pour réaliser ce très riche jeu de construction qu’il anime avec la malice d’un gamin devant son mécano. Il mettra cinq années pour développer ce cirque miniaturisé alors qu’il habitait Paris durant l’entre-deux-guerres.

Il réalise aussi des portraits très réalistes en tordant du fil de fer devant ses modèles qui posent. Ceux de Josephine Baker sont frappants de ressemblance. A Montparnasse où il fréquente Mondrian, Picasso, Fernand Léger et, même, Jean-Paul Sartre, il est connu sous le nom du « rois du fil de fer ». Il se met ensuite à la peinture abstraite, retourne aux Etats-Unis quand les nazis arrivent au pouvoir en Allemagne, se lance dans la construction d’œuvres abstraites et plus mobiles du tout, revient en France et aux mobiles avec une belle série consacrées aux poissons, crée des bijoux avec des fils en cuivre, se lance dans les sculptures monumentales exposées en extérieur devant des bâtiments publics, bref, une vie guidée par une inventivité sans limites.

ALEXANDER CALDER, « La Grande Viresse, 1969 »

« Rêver en équilibre » retrace le parcours d’un grand enfant à travers le XXe siècle qu’il a parcouru avec ses yeux ébahis et curieux pour nous en restituer la légèreté malgré les barbaries qui l’ont marqué.