Boris est sorti de l’hôpital

Coco / Charlie-Hebdo (23/10/2019)

Au début de la crise sanitaire, le premier ministre britannique Boris Johnson a fait partie des dirigeants occidentaux sceptiques quant à la gravité de ce virus, se vantant même à la télévision de ne pas respecter les gestes-barrière préconisés par le corps médical. Début 2020 le Royaume-Uni envisageait de suivre la stratégie de « l’immunisation de groupe » visant à laisser courir le virus pour qu’une majorité de citoyens s’auto-immunise quoi qu’il en coûte en nombre de morts.

Plus récemment, et devant les prévisions dramatiques de morbidité si on laissait la pandémie courir, M. Johnson s’est finalement résolu à ordonner le confinement de ses citoyens. Dans le même temps il informait le peuple qu’il était lui-même contaminé. Il dut être hospitalisé en soins intensifs la semaine dernière et se trouve maintenant en convalescence dans sa résidence, sans doute pas à 100% de ses capacités pour tenir la barre du Royaume.

Les négociations sur la relation future de la Grande-Bretagne avec l’Union européenne que Londres souhaitait conclure pour le 31 décembre 2020 sont au point mort et Boris Johnson a refusé de s’associer aux différents programmes de relance et de soutien mis en place dans le cadre de l’Union. Décidemment le Royaume-Uni reste tourné vers le large. Nous verrons dans 10 ans s’il a eu raison de persévérer dans son individualisme national.

Un nouveau tic verbal compulsif

On ne dit plus « des recommandations évolutives » mais des « injonctions contradictoires ». Ce nouveau terme est utilisé par les commentateurs mondains pour critiquer le fait que les positions des dirigeants et des scientifiques changent au fur et à mesure de la connaissance de ce méchant coronavirus.

Jul & Charles Pépin, ‘Platon la Gaffe – Survivre au travail avec les philosophes’.

Sortie : 2013, Chez : DARGAUD.

La BD hilarante, dessinée par Jul avec des textes du philosophe médiatique Charles Pépin, qui suit le stage de Kevin Platon au sein de l’entreprise COGITOP présidée par Jean-Philippe DIEU et dont le comité directeur est composé de Michel FOUCAULT (chargé de la vidéosurveillance et de la sécurité), Frédéric NIETZSCHE (directeur des ressources humaines) et de Jean-Paul SARTRE (directeur de la communication). Alors que le jeune Platon poursuit sa découverte de la vie en entreprise et assiste au combat des vendeurs ROUSSEAU et VOLTAIRE, aux colères de NIETZSCHE contre les français, au refus de DIOGENE de quitter son tonneau pour intégrer les open-spaces, à la surveillance de FOUCAULT qui a installé des caméras dans les toilettes où DESCARTES passe son temps en méditation, etc.

Chaques deux pages de dessins alternent avec deux pages de textes pour chacune des scénettes où se mêlent la vie ordinaire de l’entreprise avec les philosophes de l’antiquité à Saint-Germain-des-Prés. C’est désopilant et subtil, les travers de l’entreprise sont illustrés par les remarques des philosophes, tout ceci est gentiment caricaturé par deux auteurs plein d’humour. A ne rater sous aucun prétexte !