ROMAINS Jules, ‘Psyché 2/3 – Le dieu des corps’.

Sortie : 1028, Chez : Editions Gallimard.

Jule Romains (1885-1972), écrivain-poète français, normalien, membre de l’académie française, a publié une trilogie romanesque intitulée « Psyché » dont « Le dieu des corps » est le deuxième volume : un roman-récit sur l’amour et le désir. Un officier de marine se marie soudainement avec une belle et mystérieuse pianiste. Il tient la chronique de leur lune de miel de deux mois avant qu’il n’embarque et que les évènements ne les séparent, provisoirement.

Homme d’expérience, il découvre avec émerveillement, et narre avec une grande finesse, la beauté de son épouse et l’attrait réciproque qu’ils éprouvent. Publié en 1928, à une époque plutôt pudique dans la littérature, c’est un exploit de concentrer ses mots sur l’amour physique sans jamais déborder d’un cadre relativement stricte. Le texte est très subtil et si juste, tout en évocations et détails susurrés. Rien n’est voilé mais la force de l’attirance physique est dévoilée avec éclat comme fondation d’un amour parfait.

Certains chapitres rédigés en italique évoquent aussi le processus d’écriture du narrateur et ses interrogations sur le ressenti intérieur de sa femme sur ce qu’ils vivent ensemble, la passion des corps prélude à l’amour total. Apprenant qu’elle rédige également un journal il va obtenir qu’elle en partage quelques pages avec lui histoire de confronter leurs sentiments, ceux sur lesquels on peut rebuter à échanger oralement.

Une belle performance littéraire, celle d’une époque où le style et la richesse de la langue pouvaient remplacer la crudité des mots privilégiée dans le roman contemporain. C’est aussi une ode à l’écriture comme moyen de révéler le fond de son âme à celle qu’on aime. C’était en d’autres temps…