Pulp – 2026/07/06 – Paris le Zénith

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Dans les années 1990, le courant Britpop déferlait sur l’Europe continentale. Encore une fois le Royaume-Uni était à la manœuvre et montrait la route avec les groupes Oasis, Blur et Pulp, qui existent toujours aujourd’hui, avec une production discographique plus ou moins régulière.

Nous étions au concert de Pulp à l’Olympia en 1996, c’était il y a trente ans… Le groupe était notre préféré des trois. Mené par la forte personnalité de Jarvis Cocker auteur de textes ironiques et acides sur le monde qui nous entoure, et parfaitement mis en musique par un groupe créatif et joyeux avec notamment une excellente claviériste, Candida Doyle, dont le jeu donne son allure légère et romantique à l’ensemble, le batteur Nick Banks et le guitariste Mark Webber. Tous trois sont présents ce soir, renforcés par une équipe de cinq musiciens multiinstrumentistes dont une excellente violoniste-guitariste-choriste.

Candida, les mains ravagées par l’arthrite joue sur ses claviers avec deux doigts mais l’électronique fait des miracles pour combler ce handicap, de même qu’un compère claviériste. Candida est là, et c’est l’essentiel.

Lire aussi : Pulp – le dernier concert

Le groupe a sorti un disque studio, More, en 2025, dédié à Steve Mackey le bassiste du groupe décédé en 2023. C’est le premier CD depuis We Love Life en 2001. Des morceaux extraits de More seront joués ce soir de même que nombre des chansons du bon vieux temps de ce groupe dont la musique n’a pas pris une ride. Un concert échevelé mené en deux parties séparées par un entracte de vingt minutes ; pas de première partie.

Il fait une chaleur caniculaire à Paris et le Zénith est déjà transformé en four lorsque le show démarre à 20h précises. Il évolue vers le feu nucléaire alors que le groupe l’entame avec deux morceaux extraits de Different Class, leur disque de 1995 devenu l’emblème du courant Britpop.

Sorted for E’s & Wizz et, surtout, Disco 2000 aux riffs de guitare enthousiastes et communicatifs font se lever et trémousser d’un coup les cinq mille spectateurs menés par un Jarvis charismatique qui revient sur l’histoire tristounette de Deborah dont il fut secrètement amoureux mais qui ne voulait rien d’autre que rester son ami d’enfance :

Oh, Deborah, do you recall?
Your house was very small
With woodchip on the wall
And when I came around to call
You didn’t notice me at all

Du Pulp pur jus, une mélodie entraînante et dynamique pour narrer des historiettes un peu sombres.

Jarvis Cocker, jeune sexagénaire a toujours une allure haute et élancée, les cheveux longs et embrouillés sur son visage mangé par de grosses lunettes rectangulaires, une barbe légère et grisonnante. Tout ça sur son air intello lui donnent une allure d’Yves Saint-Laurent qui se serait égaré dans le Rock‘n’Roll. Habillé d’un jean noir et d’une élégante chemise, il a tôt fait de se débarrasser de sa veste tout à fait superflue dans une telle atmosphère. Il monte régulièrement sur les deux enceintes, manifestement disposées à cet effet devant lui, pour y exercer ses mouvements de danse, robotiques et saccadés, à la Kraftwerk.

Plutôt bavard et toujours aussi peu agile avec la langue française (bien que, comme il nous le rappelle, il ait vécu neuf ans à Paris), il revient sur leur premier concert dans la ville lumière, c’était le 19 octobre 1991 et aussi le premier déplacement du groupe en dehors du Royaume-Uni.

Spike Island introduit leur dernier disque, une histoire de retour à la créativité après l’abandon des ambitions. Eh bien ce revival nous l’avons devant nous et quelle heureuse surprise. Pulp est de retour !

This is Harcore clôt le premier set avec ses rythmes lents et inquiétants sur lesquels Cocker compare la vie d’un musicien déchu à celle d’une actrice porno… Ambiance !

La reprise se fait sur l’excellent Something Change en version acoustique à quatre musiciens rassemblés sur le devant de la scène. Jarvis joue d’une guitare douze cordes, il est d’ailleurs un excellent guitariste comme il le montrera à une ou deux autres reprises au cours du show. Cette chanson est une merveilleuse fable sur ce qui se serait passé s’il ne s’était pas passé ce qu’il s’est passé, appliquée à l’amour !

Et tout le monde repart sur scène pour un deuxième set enfiévré, on ne se préoccupe plus des thermomètres, les spectateurs encore valides partent en coulisse chercher des bières, les vieux sexa égarés sur le floor tètent leur thermos d’eau minérale tiède, en pleine ascension vers le septième ciel et Pulp continue de dérouler son histoire légendaire. A un moment Jarvis demande à des roadies de lui ramener les chocolats qui sont dans la loge, le garçon a besoin de sucre pour tenir, et il éparpille ce qui reste dans la boîte sur les premiers rangs du public.

Sur les écrans de fond de scène sont diffusées des images du Pulp d’il y a 30 ans et des animations sucrées aux couleurs poppy et criardes, façon publicités de soupes Campbell’s sérigraphiées à l’infini par Andy Warhol. Et puis comme Jarvis aime tout de même se mettre en avant on a aussi de gigantesques soleils rougeoyants qui se lèvent et se couchent, devant lesquels il prend la pose en contrejour, l’astre devant l’Astre. On adore !

Ce show épique se termine sur un Common People déchaîné, le morceau que tout le monde attendait

She came from Greece, she had a thirst for knowledge
She studied sculpture at Saint Martin’s College
That’s where I caught her eye
She told me that her Dad was loaded
I said « In that case, I’ll have rum and Coca-Cola »
She said « fine »
And then in thirty seconds time she said

I wanna live like common people
I wanna do whatever common people do
Wanna sleep with common people
I wanna sleep with common people like you »
Well,​ what else could I do?
I said « I’ll, I’ll see what I can do

Le final ébouriffant repris en chœur par une assistance épuisée et ravie termine une superbe soirée. Les lumières se rallument alors que la sono diffuse Hitsville U.K. du Clash

Setlist

Set 1

Sorted for E’s & Wizz (with the lyric changed from « Hampshire » to « Paris »)/ Disco 2000/ Spike Island/ Razzmatazz/ Slow Jam/ F.E.E.L.I.N.G.C.A.L.L.E.D.L.O.V.E./ Pink Glove/ Underwear/ Farmers Market/ This Is Hardcore (with « End of the Line » intro)/ Sunrise

Set 2

Something Changed (Acoustic)/ The Fear/ Have You Seen Her Lately? (First performance since 2012; voted for by the crowd over « Don’t You Want Me Anymore? »)/ Begging for Change/ O.U. (Gone, Gone)/ Acrylic Afternoons/ Do You Remember the First Time?/ Mis-Shapes/ Got to Have Love/ Babies (with « Spoken Word Version » intro)/ She’s a Lady (Not listed on the printed setlist; abridged; improvised with partial band backing after fan requests)/ Common People (with band introductions)/ A Sunset/ Don’t You Want Me Anymore? (First performance since 2012; not listed on the printed setlist)

Voir aussi : Pulp – 1996/07/08 – Paris l’Olympia