Alors que le banditisme corse se déchaine, incendies criminels, assassinats mafieux, et que la justice peine à traiter tous ces crimes et sanctionner leurs commanditaires, le Front de libération nationale corse (FLNC), tendance Union des combattants (UC) a organisé une « conférence de presse » clandestine au début de ce mois, à laquelle n’était invité que le journal local Corse Matin. Celui-ci a relaté le cadre habituel dans lequel s’est déroulé cette conférence, celui d’une quinzaine d’encagoulés armés, qui a permis à ces militants de contester le processus d’autonomisation de l’île actuellement négocié (difficilement) entre l’Etat et les représentant de cette collectivité territoriale, en le qualifiant de « mascarade » qui « aboutit à la négation de l’existence de notre peuple et au reniement des principales revendications de ces dernières décennies ». Le projet repose sur une modification de la constitution pour y intégrer certaines des « spécificités » corses.
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Appelant à la résistance contre la « caste de groupes financiers corses » ils menacent aussi les « étrangers » dont une majorité de « Français » qui arrivent en masse en Corse aboutissant à une « colonisation de peuplement galopante ».
S’adressant aux « envahisseurs », ils menacent :
En attendant que nos droits nationaux soient reconnus et respectés, nous n’avons qu’un message à leur adresser : restez chez vous… et dans le cas contraire, ne vous considérez pas en sécurité sur notre territoire national.
https://www.corsematin.com/article/francemonde/28329072980633/corse-le-flnc-rejette-la-mascarade-de-lautonomie-et-menace-les-envahisseurs-venant-vivre-sur-lile
Ces militants du FLNC sont réalistes. Il faudra bien rendre un jour son indépendance à la Corse qui a intégré la République française par accident, par suite du rachat malheureux de ce territoire à Gênes en 1768. Depuis la Corse va de mal en pis et son intégration dans la République n’a jamais été réalisée, la faute en reposant largement sur les deux parties. Il est temps de prendre acte de cet échec qui n’est satisfaisant pour personne et de mener un projet commun de progession vers une souveraineté pleine et entière de la Corse, quitte à ce que la France continue à s’y engager financièrement pour faciliter le processus. Mais une Corse indépendante et fière d’elle-même coutera toujours moins, financièrement et politiquement, qu’une Corse colonisée et mafieuse.
Un tel processus prendra des générations et devrait d’ailleurs être mené en parallèle avec la décolonisation des autres confettis de l’Empire : Nouvelle Calédonie, Polynésie et autres dépendances françaises d’outre-mer. Il n’y a aucun espoir que ces territoires acceptent un jour une assimilation apaisée dans la République, leur statut actuel les maintient, et les maintiendra, dans une dépendance malsaine qui explique en grande partie leur mal-être permanent qui se transforme régulièrement en émeutes. Pour apaiser la situation il est incontournable de les rendre à l’indépendance en les éloignant de la déresponsabilisation complète dans laquelle les maintient leur actuelle dépendance. La tâche ne sera pas facile, l’exemple inabouti du processus de décolonisation de la Nouvelle Calédonie est là pour le confirmer, hélas. Mais il faut la lancer, et le plus tôt sera le mieux ! La Corse pourrait être un bon point de départ.
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